Ranee Lee est l’une des grandes dames du jazz du Québec, qui participeront au spectacle «Sept grandes voix pour le jazz».

Jazz au féminin pluriel

Pour le spectacle «Sept grandes voix pour le jazz», qui fera partie de la première édition de Jazz en juin, le comité organisateur a voulu rassembler plusieurs grandes voix sur scène et marier plusieurs générations.

«Ça a commencé avec le fait qu’on pouvait avoir Sheila Jordan, raconte Patricia Deslauriers, qui assure la direction artistique du spectacle. Elle a 91 ans, c’est une grande dame du jazz vocal, une figure assez importante, une précurseure du be-bop, où la voix imite un peu le saxophone.»

Le premier contact de Patricia Deslauriers avec la chanteuse américaine remonte aux années 80, alors que l’animateur Gilles Archambault passait ses enregistrements à la radio. «Il passait souvent l’album où sa voix est accompagnée d’une contrebasse. J’avais 16 ans, je ne jouais même pas de contrebasse dans ce temps-là, mais je trouvais ça tellement beau. Là, j’aurai l’occasion de faire un duo avec elle. Disons que j’ai le petit genou mou!» indique la musicienne.

Les voix québécoises

La venue de Sheila Jordan l’a fait s’interroger sur les grandes dames du jazz au Québec. «Ranee Lee et Karen Young [qui font partie du spectacle] sont deux incontournables. Karen aime le jazz plus expérimental. Elle a fait des voix baroques, un peu de jazz électrique, c’est l’exploratrice. L’univers de Ranee est assez traditionnel, mais étoffé. Elle fait de grosses pièces, avec beaucoup d’arrangements», décrit-elle.

Nanette Workman, qui a interprété les chansons de Gershwin et de Porter en contexte symphonique, a chanté du jazz avec sa mère. Gabrielle Shonk a plutôt eu la piqure auprès de son père et rend hommage sur scène à Billie Holiday, même si elle n’est pas connue spécifiquement comme chanteuse de jazz.

Une autre jeune interprète, Marie-Claire Linteau — «qui a une technique et une drive fabuleuses», note Mme Deslauriers — chantera en duo avec Sheila Jordan. Deux voix de femmes qui ont sept décennies de différence seront ainsi réunies sur scène. 

L’Américaine Ariel Pocock s’est ajoutée à la dernière minute (si bien que le concert d’abord nommé Six grandes voix a dû être rebaptisé). Comme elle joue du piano, elle ira faire résonner l’instrument, en plus de chanter.

Musiciens expérimentés

D’ailleurs, même si les voix sont à l’avant-plan, le spectacle rassemble un groupe de musiciens plutôt exceptionnels, qui auront aussi leurs moments de gloire sous les projecteurs. La direction musicale et le piano sont sous la houlette de Jean-Fernard Girard. «Quand Céline Dion voulait faire du jazz, son équipe envoyait un avion privé à Jean-Fernand», indique Patricia Deslauriers, qui l’a côtoyé sur le spectacle Entre vous et moi. «Je l’ai choisi pour son affinité avec les chanteurs. Il est capable de monter de gros galas, des shows de télé, des spectacles avec orchestres symphoniques», souligne-t-elle.

François Rioux sera à la guitare, Marie-Josée Frigon au saxophone, Christian Pamerleau à la batterie et Patricia Deslauriers à la contrebasse.

«Ce sont tous des chefs d’orchestre, des gens qui ont mené leurs propres projets de jazz, alors il savent ce que c’est d’être en avant et ils savent se rallier à une idée commune et être conciliant», se réjouit-elle. «Ce sera une soirée unique, autant pour les interprètes que pour le public.»

Sept grandes voix pour le jazz sera présenté le 27 juin à 20h à l’Impérial. Le festival se poursuit jusqu’au 30. Info: jazzenjuin.com