Kevin Parent et Gilles Bélanger lors du lancement des fêtes du 150e anniversaire de Nouvelle le 8 novembre. Cet été, chacun de leur côté, ils animent la scène musicale de leur village natal.

Gilles Bélanger et Kevin Parent célèbrent Nouvelle

NOUVELLE — La musique occupe une place prépondérante en Gaspésie et les organisateurs soulignant l’anniversaire d’une communauté mettent toujours au programme des spectacles musicaux. Les gens célébrant en 2019 le 150e anniversaire de Nouvelle sont du nombre et ils peuvent compter sur deux ambassadeurs enthousiastes en Kevin Parent et Gilles Bélanger.

Notamment réputé pour avoir mis en musique les poèmes de Gaston Miron dans l’œuvre Douze hommes rapaillés, Gilles Bélanger présente tous les soirs, jusqu’au 28 juillet, la fresque historique L’eau, la pierre et le temps, à l’amphithéâtre du Parc fossilifère de Miguasha.

Ce parc, un joyau du Patrimoine mondial de l’UNESCO, recoupe incidemment les trois thèmes du spectacle. Les fossiles de vertébrés qui s’y trouvent remontent à 380 millions d’années, ils sont enfouis dans la pierre et ils ont été déterminants dans le passage de la vie aquatique à la vie terrestre.

S’inspirer du varech

«La partie Miguasha de Nouvelle occupe une place spéciale dans le cœur des gens d’ici. Moi, en plus, j’y ai possédé une terre de 1972 à 1977», note Gilles Bélanger.

Il était honoré que les organisateurs des fêtes du 150e de Nouvelle lui demandent de travailler à cette fresque musicale. «J’avais fait celles de Gaspé et de Rimouski et celle-là, c’était pour chez nous. C’est une façon de redonner. Un auteur a déjà dit qu’on réécrit souvent la même chose. Mes racines sont bien implantées ici. Je vais être sur le Plateau à Montréal et écrire des paroles où je parle de l’air salin et du varech. Nouvelle et la Baie-des-Chaleurs restent mes sources d’inspiration.»

Accompagné par la violoniste Marie-Andrée Gaudet, le bassiste Julien Brault et le guitariste Éric Goulet, Gilles Bélanger refait en musique, avec support multimédia, l’histoire de son village, de la rivière Nouvelle aux industries passées et présentes, en mettant l’accent sur les gens, dont le grand-père de Kevin Parent, Albéric, aujourd’hui âgé de 103 ans, pour qui il a composé une chanson.

Kevin Parent dans son «794»

Cinq soirs après la fin des spectacles de Gilles Bélanger, Kevin Parent entonnera aussi sa chanson sur Albéric, Face au vent, le vendredi 2 août, à l’hippodrome. Il y a invité ses amies France d’Amour, la percussionniste Mélissa Lavergne et d’autres musiciens, qui complèteront la formation.

«Je tenais à la présence de femmes sur scène. France est une amie et elle a été une inspiration pour moi. Elle avait entendu ma chanson Nomade sédentaire en 1993 et elle avait contacté sa compagnie de disques, ce qui a été un point tournant pour mon premier contrat de disque. Mélissa est une musicienne hors pair. Il y a toujours place à l’improvisation avec elle», aborde Kevin Parent.

Il tenait aussi à autre chose, soit inviter des musiciens et chanteurs de Nouvelle à monter sur une grande scène. C’est prévu pour le 3 août, au même endroit, pour le spectacle Clin d’œil d’ici.

«Ce sera varié. Il y a des gens qui jouent depuis longtemps, des plus jeunes et je voulais leur donner la chance de jouer avec un band, du son et un éclairage professionnels, le temps d’une chanson. Après, les Révoltés, un groupe de l’époque des orchestres dans les bars, feront cinq ou six chansons», explique-t-il.

Kevin Parent a aussi pris part à l’organisation du spectacle du lendemain, dimanche, à l’église du village. «C’est un spectacle aussi important que les deux autres, avec deux violonistes, une violoncelliste et Mélissa Lavergne aux percussions douces. C’est une rare occasion de voir un spectacle de musique classique, avec des chanteuses locales.»

Il était important pour lui aussi de redonner à sa communauté, une initiative qui s’est «fait organiquement» en 2018, dit-il. «Je me souviens de mes premiers spectacles à Montréal, il y a 25 ans. J’entendais dans la foule “beaucoup 794” et je savais qu’il y avait du monde de Nouvelle pour m’appuyer», dit-il.

Beaucoup, ou «boucou» est un mot que les Nouvellois utilisent à toutes les sauces, alors que 794 est l’indicatif téléphonique local.