Vanessa Duchel, Maxime Landry, Éléonore Lagacé et Michaël ont chanté une soixantaine d’extraits de morceaux des années 60 à nos jours. Chacun d’eux, parfois chanteur, parfois choriste, s’est acquitté de la tâche avec aplomb, entouré de trois musiciens.

«Francostalgie»: douillet et réconfortant

CRITIQUE / D’entrée de jeu, le titre, «Francostalgie», fait foi de tout. De toute évidence, personne n’est là pour regarder vers l’avenir, mais d’abord et avant tout pour savourer un long regard dans le rétroviseur, au rythme de tout ce que la chanson franco-québécoise a pu faire naître de succès au fil des décennies.

Au total, dans ce spectacle présenté en première mercredi soir au Capitole, c’est une soixantaine d’extraits de morceaux des années 60 à nos jours qui ont défilé, tambour battant, gracieuseté de quatre voix d’ici, Éléonore Lagacé, Maxime Landry, Vanessa Duchel et Michaël. Chacun d’eux, parfois chanteur, parfois choriste, s’est acquitté de la tâche avec aplomb, entouré de trois musiciens.

De La bohème, d’Aznavour, à Je reviendrai à Montréal, de Charlebois, en passant par Pour un flirt de Delpech et Si j’étais un homme, de Diane Tell, le répertoire a ratissé très large, dans toutes les époques. De tout pour tous, comme le dit si bien l’expression consacrée.

C’est par vidéo que l’animateur Michel Drucker a agi à titre de maître de cérémonie, livrant ici et là, de nombreuses anecdotes sur tous ces artistes qu’il a bien connus, les Barbara, Jean-Pierre Ferland, Michel Fugain et autres.

Ce choix de mise en scène, techniquement froid, n’avait rien pour insuffler un peu d’âme et de personnalité au spectacle, souvent orphelin d’émotions. En toile de fond, photos d’archives et animations visuelles ont servi d’enrobage visuel sage et convenu. 

Le spectateur qui déteste les surprises, heureux dans ses vieilles pantoufles, sera comblé par la proposition. Que du connu, du déjà entendu, du réconfortant et du douillet. À moins d’être pris de nostalgicite aiguë, on comprend mal l’intérêt de se taper pour la millième fois Salut les amoureux, Fais comme l’oiseau, Hélène ou La complainte du phoque en Alaska.

Qu’importe, à en juger par la réaction du public, des baby-boomers en très grande majorité évidemment, le spectacle semble avoir fait son lot d’heureux. Les extraits de chansons, défilant sans temps mort comme un juke-box emballé, ont souvent été accueillis par des «Oh!», des «Ah!» et de chaleureux applaudissements.

Évidemment, notre Céline nationale ne pouvait être ignorée. Vanessa Duchel a d’abord interprété une version très réussie de Pour que tu m’aimes encore, suivie de On ne change pas, également bien rendue par Éléonore Lagacé. La première, très en voix, s’est d’ailleurs attiré les applaudissements les plus nourris de la soirée.

À la clé, le résultat s’avère un show bouillon de poulet pour l’âme. Et qui sait, peut-être un jour les milléniaux devenus vieux se feront aller la fibre nostalgique à leur tour, sur des reprises de succès de Cœur de Pirate, Hubert Lenoir et Charlotte Cardin...

Francostalgie est présenté au Capitole du 17 au 21 juillet, du 24 au 28 juillet, et du 31 juillet au 4 août.