On a eu droit à toute une fête dimanche au Capitole avec The Cat Empire : une communion musicale et un concentré de joie.

Explosives retrouvailles avec The Cat Empire

CRITIQUE / Ça fait plus d’une décennie que The Cat Empire cultive son lien avec le public d’ici à renfort de spectacles festifs. Quand une relation dure depuis aussi longtemps, on peut commencer à penser que c’est du sérieux. Et si l’on se fie aux retrouvailles explosives organisées dimanche soir dans un Capitole affichant complet, c’est aussi du solide!

On ne pourra pas reprocher à la joyeuse bande de manquer de courage ou d’avoir froid aux yeux (ni ailleurs, pouvons-nous ajouter…), elle qui a quitté l’été australien pour notre interminable hiver. Ça tombe bien, difficile de trouver mieux qu’elle pour réchauffer une salle. Débarqué dans la capitale avec l’album Stolen Diamonds encore tout neuf, le groupe basé à Melbourne a montré qu’il n’a pas perdu la main. Il faut dire qu’il a été accueilli triomphalement par un parterre dense en bien décidé à faire la fête. On y était déjà à moitié!

«Ça fait longtemps qu’on tourne et Québec est l’un de mes lieux préférés. Et je le pense», a déclaré le souriant chanteur et percussionniste Felix Riebl assez tôt dans le concert. On a préféré à ce commentaire un peu convenu le bien senti «crazy bastards!» qu’il a échappé au terme d’une enfilade particulièrement survoltée de Two Shoes et Brighter Than Gold. Entre une foule sautant à l’unisson et de sportifs exercices de surf — on lève notre chapeau à cette spectatrice indéniablement souple qui a osé ce qu’on qualifierait de «split sur public» —, dire que le Capitole a pris son pied tient de l’euphémisme. Et à voir la mine ravie de Riebl, l’observation vaut autant pour ceux qui étaient sur scène que dans la salle. 

Virtuosité

Impossible à étiqueter (et c’est beaucoup ce qui fait son charme), The Cat Empire met de l’avant un métissage de pop, de rock, de jazz, de ska et de sonorités latines qui rate rarement sa cible. Porté par d’agiles instrumentistes, le groupe se donne de l’air en concert et s’est encore permis dimanche plusieurs parenthèses permettant à chacun de faire montre de sa virtuosité. Parmi les bons moments, citons le presque vertigineux échange de cuivres de How to Explain ou le long solo de batterie qui s’est invité dans Daggers Drawn… avant que la formation, bien rodée, ne se retourne sur un 10 ¢ pour revenir au programme normal. 

Enthousiaste et charismatique, Felix Riebl a butiné entre le micro et les percussions et n’a laissé aucun répit aux fans, qui n’en attendaient pas moins. Idem pour son co-leader Harry Angus, aussi habile de la voix que de la trompette. Démarré sur les chapeaux de roues, le spectacle a quand même pris des allures de crescendo, alors que The Cat Empire a revisité plusieurs chapitres de sa discographie. Ç’a culminé dans une Still Young du tonnerre, servie juste avant le rappel, que le public a réclamé (comme c’est devenu la coutume) en continuant d’entonner sa ritournelle jusqu’à ce que les Australiens reviennent sur scène. Bref, on a eu droit à toute une fête au Capitole : une communion musicale et un concentré de joie. 

The Cat Empire poursuit sa tournée nord-américaine jusqu’à la fin du mois. Des prestations sont prévues au MTelus de Montréal lundi et mardi.