En quelque 15 ans de carrière, on se doute que Marie-Mai a vu son public vieillir avec elle. Mais indéniablement, sa base se renouvelle : le ratio enfants-adultes devait être de deux pour un, samedi soir, dans l’amphithéâtre.

En famille avec Marie-Mai

CRITIQUE / Il y aurait presque une étude sociologique à faire autour de l’âge du public de Marie-Mai. Sans s’adresser vraiment directement à eux, elle continue d’attirer une quantité faramineuse d’enfants. Visiblement, ils étaient nombreux à avoir saisi l’occasion de la visite de la chanteuse au Centre Vidéotron pour lancer la semaine de relâche en s’offrant une sortie en famille.

Est-ce dû aux fans de la première heure qui sont à leur tour devenus parents et qui ont transmis leur admiration à leur progéniture? En quelque 15 ans de carrière, on se doute que Marie-Mai a vu son public vieillir avec elle. Mais indéniablement, sa base se renouvelle : le ratio enfants-adultes devait être de deux pour un, samedi soir, dans l’amphithéâtre.  

Les artistes qui détiennent un pouvoir d’attraction suffisant pour se produire en aréna ne sont pas légion au Québec. Marie-Mai fait ici figure d’exception et elle ne prend pas ce privilège à la légère, même si, comme elle l’a mentionné sur scène, elle ne dispose pas des moyens d’une Beyoncé ou d’une Rihanna. «Il ne faut pas avoir peur de rêver grand et d’avoir de l’ambition», a-t-elle souligné en remerciant son équipe. 

Munie d’un écran géant, d’une passerelle s’avançant au parterre, de huit danseurs, de chorégraphies dynamiques et d’une garde-robe bien garnie (robe-trench, combinaisons moulantes à paillettes, kit aux allures militaires et on en passe), l’auteure-compositrice-interprète joue plus que jamais la carte de la pop-star avec cette nouvelle tournée. 

Un chorégraphie dynamique était au rendez-vous pour les nombreux amateurs de Marie Mai.

Si les spectateurs n’ont pas souvent quitté leur siège dans les gradins, ce n’est pas faute d’énergie déployée sur scène. Ça tenait peut-être au programme, principalement axé sur les chansons plus récentes (et peut-être moins fédératrices) de Elle et moi. Comme c’est souvent le cas, les succès plus connus ont récolté les plus vives réactions : Ne m’écoute pas (avec Marie-Mai dans le rôle de Boogat), Emmène-moi, À bout portant, Différents et le combo Je cours et Sans cri, ni haine ont touché la cible, davantage que celui alliant Indivisible et Qui prendra ma place, moins réussi. C.O.B.R.A. et C’est moi, gardées pour le rappel, étaient en voie de finir de dégourdir l’amphithéâtre, mais nous étions en fin de parcours. La présence de Koriass le temps de Elle et moi a aussi offert un bon moment, mais le rappeur est passé en coup de vent. 

Questionnons ici la pertinence de couper l’élan du spectacle en y incluant un entracte, tueur d’ambiance s’il en est un. Pourquoi ne pas avoir plutôt offert une vitrine à un autre artiste en première partie? La pause toilettes/table de produits dérivés/bar (quoiqu’on a dû vendre davantage de barbotines que de bière, vu le jeune âge des spectateurs...) aurait pu avoir lieu sans saboter la progression de la prestation de Marie-Mai. Elle venait d’enflammer la salle avec une intense livraison de Mentir (bonifiée d’un extrait de Somebody Told Me des Killers) quand les lumières se sont allumées. Dommage. 

Au fil d’une prestation où les ballades ont parfois cassé le rythme, la chanteuse a cultivé une proximité avec ses fans en prenant le temps de serrer des mains, de s’offrir un bain de foule ou en faisant monter une jeune fille sur scène pour danser avec elle. Quitte à flirter avec le racoleur ou le convenu, elle n’a pas ménagé ses remerciements. Et pour rester dans le thème de la famille, Marie-Mai a terminé son concert en toute intimité en entonnant Ton histoire, écrite pour sa fille et dédiée à tous les enfants présents.

Pour voir les dates des prochains concerts de Marie-Mai à travers le Québec: http://mariemai.com/concerts/

L’auteure-compositrice-interprète joue plus que jamais la carte de la pop-star avec cette nouvelle tournée.