Le violoniste Julien Chauvin effectuait ses débuts avec les Violons du Roy.

Don Quichotte à Paris: Concert de chevalerie

CRITIQUE / S’il a fallu patienter une bonne heure avant d’entendre Don Quichotte, le parcours musical parmi les compositeurs méconnus de l’école française du violon proposé par les Violons du Roy a fini par nous mener au chevalier errant imaginé par Cervantes, incarné avec une fiévreuse ferveur par le comédien Normand Chouinard.

Pour sa première présence au Palais Montcalm auprès de l’orchestre de chambre, le violoniste et chef Julien Chauvin a eu le souci de présenter les héros de sa patrie en donnant quelques repères historiques. Armé de son violon rouge à l’éventail sonore plutôt impressionnant, le Français a livré une prestation énergique (voire sautillante en début de programme), lors de laquelle sa maîtrise du répertoire ne faisait aucun doute. 

L’ensemble (sans les altistes) a brisé la glace avec la Sonate en sol mineur de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, qui se conclut sur un mouvement aussi ornementé que coloré. Avant le Concerto pour violon et orchestre en ré mineur de Jean-Marie Leclair, Chauvin a lancé en guise d’introduction : «Vous allez le comprendre très vite, l’arrivée des altos va tout changer». La pièce, au son plus ample et plus riche, a inspiré à l’invité des Violons une danse fébrile, pendant qu’il tirait de son instrument des notes courtes et chantantes, presque flûtées. Après un Aria plus solennel, le concerto se termine sur un inventif combat d’archets entre les premiers et les deuxièmes violons, menés respectivement par Pascale Gagnon et Pascale Giguère pour ce concert.

L’Ouverture et suite pour violon principal et orchestre en sol mineur de Johann Bernhard Bach (pour laquelle il se serait inspiré de la Suite en si mineur de son célèbre oncle J. S.) donne lieu, avec une ouverture un brin pompeuse, à des explorations musicales à travers cinq courtes danses. Le violon de Chauvin semblait chanter pendant l’Air, puis s’exaltait en duo avec le basson de Mary Chalk pendant la Fantaisie. 

Nous avions tout de même hâte de voir Normand Chouinard entrer en scène pour dire des extraits des adaptations théâtrales de Jean-Pierre Ronfard et Yves Jamiaque du fameux roman de Cervantes, entre les mouvements de la suite Burlesque de Quixotte de Telemann. Glorieux porte-­étendard de la bravoure, de la folie et du brûlant amour du Chevalier à la Triste Figure, le comédien a narré la charge contre les moulins à vent, a déclamé des vers à Dulcinée et mimé le pas fringant de Rossinante avec une passion convaincante. Le mariage entre les mots et la musique, qui accentuait les élans fantaisistes du récit, était bien réussi. 

Le concert, vu jeudi à 14h, était de nouveau présenté à 20h au Palais Montcalm.