Brad Mehldau donnera seulement trois concerts au Canada, dont le premier à Québec.

Brad Melhdau: le virtuose touche-à-tout

C’est avec un quatuor cinq étoiles que l’éclectique pianiste de jazz Brad Mehldau amorcera à compter de mardi, à Québec, une courte série de trois spectacles en sol canadien. Les quatre musiciens qui seront à ses côtés sur la scène du Grand Théâtre sont des compagnons de longue date dont il admire le travail depuis longtemps.

Ambrose Akinmusire, Joel Frahm, Joe Sanders et Leon Parker ont tour à tour, chacun à leur façon, façonné le travail du réputé jazzman américain qui s’amène à Québec, Ottawa et Montréal après une série de douze représentations en six jours au Village Vanguard de New York. 

D’Akinmusire, il avoue, dans un échange de courriels avec Le Soleil, qu’il a toujours été attiré par sa «voix musicale singulière». Joel Frahm est un vieil ami de collège avec lequel il a donné ses premiers concerts. Il est fan «depuis longtemps» du travail de Sanders, particulièrement ses collaborations avec le pianiste Gerald Clayton. Quant à Parker, un partenaire de scène au début des années 90, «son jeu a une influence déterminante sur tout ce que j’ai fait par la suite».

Le nouveau festival Québec Jazz en juin a eu la main heureuse en réussissant à attirer Mehldau, 48 ans, virtuose pianiste dont l’œuvre musicale s’abreuve à divers courants, que ce soit le jazz fusion ou moderne acoustique, les sonorités de Radiohead, Paul Simon, Drake, et, depuis peu, celles de Sly and the Family Stone et du compositeur autrichien de la fin du 19e siècle, Anton Bruckner.

Influences littéraires

Artiste touche-à-tout, assoiffé de nouvelles explorations musicales, Mehldau compte présenter au public de la capitale un mélange de ses compositions originales (dont celles figurant sur son dernier album Finding Gabriel) inspirés des regrettés jazzmen Oliver Nelson, Hank Mobley et Thelonious Monk. «Ces temps-ci, ceux qui m’inspirent beaucoup sont la chanteuse Cecile McLorin Salvant et le pianiste Sullivan Fortner.»

«J’ai commencé ma carrière dans la musique classique et je n’ai jamais cessé de m’en inspirer, raconte le jazzman. Pour moi, toute la musique tire son origine de la même large source.» 

Admirateur de philosophes comme Nietzsche et Schopenhauer, également des textes sacrés de la Bible et du Coran, Mehldau estime que cette passion l’a amené à concevoir la littérature comme une «métaphore» de la musique. «Je trouve intéressant de voir comment l’inverse peut être aussi vrai, c’est-à-dire comment la musique peut nous enseigner quelque chose au sujet de la littérature.»

Le musicien originaire de la Floride a également contribué à la musique de quelques longs-métrages, dont Les yeux grands fermés, de Stanley Kubrick. «Mais ma première véritable collaboration a été avec le réalisateur français Yvan Attal, pour son Ma femme est une actrice. Je viens de terminer la trame sonore de son prochain film qui devrait sortir l’an prochain, Mon chien stupide. Ça représente pour moi une belle opportunité d’apprendre et j’ai appris beaucoup avec Yvan.»

Brad Mehldau est en spectacle mardi, à 20h, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.

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POUR Y ALLER 
Mercredi 26 juin, à 20h30
Place Marion Dewar, Ottawa
ottawajazzfestival.com ; 613-241-2633