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Musique

Un gilet en laine de Kurt Cobain aux enchères, trou de cigarette compris

NEW YORK — Le légendaire gilet en laine vert olive porté par Kurt Cobain lorsque le groupe Nirvana a enregistré son concert «Unplugged» en 1993 fait son retour aux enchères cette semaine.

Mis à prix 50 000 dollars, trou de cigarette compris, cet équivalent du Saint-Suaire pour les fans du héros grunge devrait s’arracher entre 200 000 et 300 000 dollars, d’après les estimations de la maison de vente Julien’s Auctions.

«Kurt a créé le look grunge, il n’a jamais porté des vêtements de scène», a déclaré à l’AFP Darren Julien, PDG de Julien’s Auctions. «Ce gilet, c’est le summum de tous les vêtements qu’il ait jamais portés».

Signe que le rock a pris de l’âge, ses reliques sont de plus en plus recherchées par les investisseurs, qui devraient se ruer sur les 700 objets proposés par «Icons & Idols: Rock’N’Roll», la vente organisée à New York --et sur internet-- les 25 et 26 octobre.

Autre pièce de choix de cette vente, la guitare Fender Mustang pour gauchers utilisée par Kurt Cobain durant la tournée «In Utero», qui pourrait atteindre jusqu’à 500.000 dollars.

La performance Unplugged, enregistrée par Nirvana pour la chaîne MTV en 1993, est d’autant plus mémorable qu’elle a été réalisée moins de six mois avant le suicide du chanteur, à l’âge de 27 ans, et que le disque n’a été mis en vente qu’après sa mort.

Écorché vif, en proie à la dépression et à la dépendance aux drogues, Kurt Cobain s’était ému auprès de l’animatrice Amy Finnerty des réactions du public, pensant que les spectateurs n’avaient pas apprécié cette session acoustique.

«Kurt, ils pensent que tu es Jésus Christ», l’avait-elle rassuré.

C’est la seconde fois que le gilet informe est mis en vente. Il avait été acheté 137.500 dollars en novembre 2015, déjà par l’entremise de Julien’s Auctions.

«Le rock’n’roll est le nouveau marché des beaux-arts», estime Darren Julien. «La génération Y commence à collectionner, et ils ne collectionnent pas Monet ou Picasso».

Les financiers de Wall Street sont selon lui les principaux acheteurs dans ce nouveau genre, et «même les fonds d’investissement commencent à acheter des objets ayant trait au rock pour diversifier le portefeuille de leurs clients».

Parmi les autres reliques proposées à la vente, cette semaine figurent une veste de velours noir portée par Micheal Jackson pour le 65e anniversaire d’Elizabeth Taylor, des guitares ayant appartenu à Elvis Presley, Paul McCartney et Madonna, et des paroles de chanson manuscrites, comme «Mr. Tambourine Man» de Bob Dylan.

Musique

Du rap québécois sur les ondes de BLVD

Les mordus de rap québécois ont dorénavant une émission radio à leur intention.

Du lundi au vendredi, de 20h à 21h, BLVD 102,1 présente Le Collectif, animé par Philippe Couture, qui fera la part belle à des artistes établis, comme Loud, FouKi, Koriass et Eman, ainsi qu’aux nouveaux talents de la scène locale. 

Il s’agit de la « toute première émission entièrement consacrée au rap québécois sur les ondes d’une radio privée, selon un communiqué émis lundi. «Nous sommes fiers d’endosser sur nos ondes ce mouvement en pleine effervescence», a fait savoir le directeur de la programmation de BLVD, Claude-Éric Girard. E

En plus d’entrevues avec des rappeurs d’ici, Le Collectif offrira du contenu web.

Musique

«La Traviata» à l’opéra de Québec: l’esthétique du désir

CRITIQUE / Oriol Tomas livre une Traviata qui, tel que promis, baigne dans la sensualité, l’esthétisme et le mouvement. Le chant et la musique de Verdi y fleurissent aussi, ce qui en fait un spectacle intéressant sous plusieurs aspects, malgré quelques lacunes dans le jeu.

Dans un opéra beaucoup joué, accessible, et dont la musique s’est fait connaître dans des propositions aussi populaires que le film Une jolie femme (Pretty Woman), le défi est de surprendre dans la forme tout en assurant une livraison vocale et musicale impeccable. 

Le metteur en scène montréalais Oriol Tomas a utilisé l’ouverture pour nous présenter une Violetta (Marianne Fiset) séduisante et majestueuse, dont le visage, en image vidéo, recouvre un majestueux élément de décor faisant à la fois penser à une ruche, à une cotte de mailles et à une scintillante robe à paillettes. Il a su amener de la vie et du mouvement grâce à six danseurs, trois hommes et trois femmes, qui impriment au chœur une sensualité assumée. Ils deviennent les conducteurs d’une masse de corps qui réagit aux chants et aux faiblesses de Violetta. Elle fait quelques pas et le chœur la suit, elle s’arrête et tout le plateau s’immobilise. La chorégraphie a bien su illustrer cette forte connexion entre la dame et la foule grisée de ses fêtes parisiennes.

Sous le charme de ces mouvements et des costumes floraux et inspirés de la haute couture de Sébastien Dionne, on arrive presque à faire fi de l’essentiel de la fable : cet amour brûlant entre Violetta et Alfredo (Rocco Rupolo), auquel on peine malheureusement à croire. 

Leurs mains, pourtant, glissent sur le corps de l’autre avec une avidité certes minutieusement placée par le metteur en scène, qui croit au pouvoir d’évocation d’une gestuelle soigneusement planifiée, mais crédible.

La voix de Marianne Fiset se déploie avec finesse et contrôle, une virtuosité, même, dans les aigus rapides de la fin du premier acte. La passion sirupeuse de Rupolo, qui tente de faire passer tous ses sentiments dans sa voix avec une intensité mal calibrée, si bien qu’elle s’égare souvent dans un trémolo lancinant, agace toutefois. Dans le triangle central composé de Violetta, Giorgio Germont (Gregory Dahl, dont la présence bienveillante et la force tranquille imposent respect et tendresse) et Alfredo, l’amoureux impétueux faire figure de maillon faible. Parmi les solistes, on notera Dominic Lorange, tout à fait dans la bonne énergie, flamboyante et panachée, tant dans le rôle de Gaston (en veston jaune au premier acte) qu’en Vicomte de Letorières (au deuxième).

Délices scénographiques

Le début du second acte nous livre d’autres délices scénographiques. Un peu de vapeur, des éclairages bleus, quelques actions en arrière-plan et une piscine apparaissent. Les feuilles frissonnent sur une grande couronne aux motifs art déco, qui reflétait plus tôt l’image démultipliée de Violetta, en plein dilemme amoureux. Il y a bien deux chaises longues quasi inutiles, sauf pour y déposer un ou deux accessoires. L’intérêt de la scène est toutefois cette joute vocale et morale entre Germont et Violetta, un beau moment de connivence. 

On retrouve une autre parade lascive, un peu plus appuyée, au troisième acte, alors que les matadors, les taureaux et les Tziganes débarquent chez Flora. Caroline Gélinas, qui joue l’hôtesse, portait sa coiffure et son maquillage rappelant les années 80 avec panache et jouait avec ferveur, mais sa voix manquait cruellement de volume. On sentait malheureusement un manque de rythme généralisé, la petite étincelle de plus. 

Violetta y entre vêtue d’une robe de tulle si volumineuse et étriquée qu’elle en étouffe presque le pauvre Alfredo qui se lance à ses pieds. L’affrontement entre ses deux courtisans à la table de jeu tombe un peu à plat. 

La voix de Marianne Fiset, pleinement déployée au troisième acte, donne à l’agonie de son personnage une aura de ravissement. Notre attention se porte aussi sur le chef espagnol Pedro Halffter, qui dirige les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec avec une belle aisance, des gestes harmonieux, un rythme fluide, en échangeant régulièrement des regards avec les chanteurs. 

L’opéra sera de nouveau présenté les 22, 24 et 26 octobre au Grand Théâtre de Québec.

Musique

«Pour déjouer l'ennui» de Pierre Lapointe: un album qui fait du bien

Revenir aux origines de l’album «Pour déjouer l’ennui», que Pierre Lapointe lancera cette semaine, implique de remonter deux ans en arrière. Pour sortir d’une période rude, le prolifique auteur-compositeur-interprète se lançait dans trois projets d’enregistrements et un spectacle avec orgue, en espérant retrouver sa foi en l’art et en l’humanité.

L’orchestral La science du cœur, le décapant Les beaux sans cœur et Pour déjouer l’ennui ont été écrits et enregistrés presque en même temps, en l’espace de quelques mois. «J’ai eu l’impression que pour une première fois dans ma vie, je faisais tout ce que j’aimais en même temps, sans réfléchir. Je porte ces trois énergies-là de façon très naturelle à l’intérieur de moi», souligne Pierre Lapointe.

Musique

Galas de l'ADISQ: trois questions à cinq révélations

Dans différentes sphères musicales, on peut dire qu’ils ont tous eu une grosse année. Au moment où l’ADISQ s’apprête à décerner ses trophées Félix — le 23 octobre pour le gala de l’industrie et le premier gala télévisé; le 27 octobre pour le grand gala —, «Le Soleil» a pris des nouvelles des jeunes artistes en lice pour le prix de la Révélation. Quatre sur cinq ont des racines dans la région, tous creusent un sillon qui leur est propre. Conversation avec la nouvelle garde de la musique québécoise.

Q Pouvez-vous résumer l’évolution que vous avez vécue dans la dernière année?

Musique

Lapointe succède à Legendre à l’Opéra de Québec

Jean-François Lapointe sera le directeur artistique de l’Opéra de Québec à compter de septembre 2020. Le baryton de réputation internationale succède à Grégoire Legendre, qui était à la barre de celui-ci depuis 25 ans et qui a fondé le Festival d’opéra de la capitale en 2011.

M. Lapointe, qui a œuvré pendant plusieurs années dans le même rôle auprès de la Société d’art lyrique du Royaume, considère que son arrivée «constitue une suite logique dans l’évolution de mon parcours professionnel. Mon mandat s’inscrit dans un désir de continuité» avec celui de M. Legendre, a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Musique

Electric Neon Clouds: la métamorphose de trois frères

Jérémy, Alex et Tommy Cornellier n’étaient même pas au secondaire lorsqu’ils ont lancé leur groupe My Hidden Side, en 2011, dans le sous-sol de la résidence familiale de L’Ancienne-Lorette. Les trois frères, qui ont bien grandi depuis, s’apprêtent à franchir une nouvelle étape de leur «jeune» carrière avec la naissance de Neon Electric Clouds, qui marque une rupture dans leur style musical.

Jeudi soir, lorsque le trio montera sur la scène du District Saint-Joseph, c’est à l’aboutissement de plusieurs années de travail auquel le public sera convié. À travers le EP Memories, la formation a pris son temps pour fignoler une transition vers une veine synth-pop, nourrie aux influences de la pop des années 80 et du indie/alternatif moderne. Un changement de cap qui s’inscrivait naturellement dans l’évolution musicale des trois frangins.

Musique

Notorious B.I.G. et Whitney Houston en lice au Rock and Roll Hall of Fame

Comme chaque année, le célèbre Rock and Roll Hall of Fame, le panthéon américain du rock et de la musique pop, a présenté sa liste d’artistes successibles d’intégrer ses rangs, une présélection qui inclut notamment le rappeur Notorious B.I.G et la chanteuse Whitney Houston.

Ses deux artistes décédés font partie d’une liste de 16 noms dévoilée mardi par la prestigieuse institution et qui inclut notamment les groupes Depeche Mode, Motorhead, Soundgarden, Nine Inch Nails et Judas Priest. Notorious B.I.G. — légende du hip-hop des années 90 et considéré comme l’un des meilleurs rappeurs de tous les temps — a été assassiné le 9 mars 1997 à l’âge de 24 ans, sur fond de rivalité entre la côte Est et la côte Ouest. Son meilleur ennemi Tupac Shakur, assassiné en 1996, a rejoint le Rock and Roll Hall of Fame en 2017. 

Whitney Houston, artiste féminine ayant reçu le plus grand nombre de récompenses de tous les temps, est morte à 48 ans en 2012 après une longue lutte contre une dépendance aux drogues. En 10 ans, la chanteuse de R&B était passée d’enfant chérie des Américains à la une des journaux à scandales. La nomination du groupe grunge Soundgarden est également faite à titre post-mortem pour son chanteur et leader Chris Cornell, qui s’est suicidé en 2017 à l’âge de 52 ans. 

Les noms des nouveaux intronisés au Hall of Fame de Cleveland, dans l’Ohio, seront dévoilés en janvier 2020. La cérémonie d’intronisation aura lieu le 2 mai. Les pionniers allemands de l’électro Kraftwerk font également partie de cette liste.  

Musique

Caveau de Johnny Hallyday: sa veuve Laeticia joue l’apaisement

PARIS — La veuve de Johnny Hallyday, Laeticia, s’est engagée à tenir informés les deux premiers enfants de la star française, David Hallyday et Laura Smet, de la «construction» d’un caveau pour abriter le cercueil du chanteur, contesté par sa fille aînée, dans un communiqué lundi.

«Dans une volonté d’apaisement et de retour au dialogue, je m’engage à ce que David et Laura bénéficient d’informations régulières et transparentes quant à la construction et l’aménagement du caveau familial», écrit Laeticia Hallyday dans un communiqué transmis à l’AFP.

La veuve de Johnny, dont les relations avec les enfants aînés du chanteur sont tendues depuis le décès de ce dernier en décembre 2017, est en train de faire construire un caveau familial au cimetière de Lorient sur l’île française de Saint-Barthélemy, où repose le rockeur. Elle souhaite y faire transférer le cercueil blanc de son mari et père de ses deux filles, dès la fin des travaux.

«David et Laura, pleinement informés, pourront assister et participer à ces opérations, sans restriction. Ainsi, près de deux ans après sa mort, Johnny reposera dans ce lieu qu’il avait lui-même choisi», ajoute sa veuve.

L’autorisation d’exhumer le cercueil de Johnny Hallyday pour le transférer dans le caveau en construction avait été suspendue début octobre à la demande de Laura Smet.

«J’espère qu’un jour Laeticia comprendra qu’elle ne peut agir seule et que ce genre de décision suppose de discuter (...) Laura n’est pas opposée par principe à tout projet de sépulture, mais à condition d’être préalablement consultée», avait expliqué à l’AFP le 3 octobre Me Emmanuel Ravanas, son avocat.

«Avant sa disparition, Johnny a choisi d’établir sa dernière demeure au cimetière marin de Lorient sur l’île de Saint-Barthélemy et d’y prévoir la construction d’un caveau. S’agissant d’un lieu de paix et de recueillement, j’ai tenu à suivre les dernières volontés de mon mari sans chercher à blesser ni David ni Laura dans cette démarche», conclut Laeticia Hallyday dans son communiqué.

Musique

Une jeune star de K-pop retrouvée morte à son domicile

SÉOUL - Une jeune star de K-pop, militante des droits des femmes et victime d’une campagne de harcèlement en ligne, a été retrouvée morte à son domicile près de Séoul, a annoncé lundi la police sud-coréenne.

Le corps de Sulli, ancienne membre du groupe de K-pop f(x), l’un des plus connus de la pop sud-coréenne, a été découvert par son gérant. Les causes de la mort n’ont pas été déterminées, même si la piste du suicide est privilégiée, car la jeune femme de 25 ans souffrait d’une «dépression sévère», selon la police.

De son vrai nom Choi Jin-ri, la jeune femme était connue pour son engagement pour les droits des femmes et avait été la cible d’une campagne d’insultes et de harcèlement sur les réseaux sociaux.

Elle avait débuté avec f(x) en 2009, mais avait suspendu sa carrière en 2014 après cette campagne de harcèlement et s’était consacrée à son engagement féministe.

Sa mort a bouleversé la communauté des fans de K-pop, qui ont posté de nombreux hommages sur le compte instagram de la star. «Au paradis, tu n’auras pas à te défendre ou à faire comme si tout allait bien. J’espère que tu pourras ne penser qu’à toi», a écrit l’un d’eux, tandis qu’un autre saluait son «audace».

La Corée du sud est un des pays au monde qui a le plus fort taux de suicide, parmi les premières causes de décès chez les moins de 40 ans, selon de récents chiffres officiels.

L’industrie de la K-pop rapporte des milliards de dollars à la Corée du Sud et le gouvernement la soutient activement comme produit d’exportation.

Mais le monde de la K-pop est connu pour être hypercompétitif et très exigeant pour les artistes qui doivent enchaîner concerts, conférences de presse et événements de promotion, ainsi que répétitions et entraînements quand ils ne sont pas sur scène.

Musique

Dans les catacombes de Brooklyn, de la musique classique surgit d’outre-tombe

NEW YORK — Dans la profondeur des catacombes de Brooklyn, à New York, au fond d’un couloir étroit et obscur, parviennent les accords d’une musique qui, en ce lieu, paraît irréelle: un concerto pour cordes.

Andrew Ousley, qui a créé ce rendez-vous régulier, impertinemment appelé «La Mort du Classique», explique qu’il veut simplement conjurer le sort: il est trop tôt pour écrire les nécrologies du genre.

«La musique classique peut toujours être pertinente, elle peut avoir un impact sur les gens qui ne sont pas forcément le public auquel on s’attend», explique l’homme de 36 ans à l’AFP lors d’une répétition dans les catacombes du cimetière de Green-Wood, dans l’ouest de Brooklyn.

«Cette musique n’est pas morte», développe-t-il, «Je pense qu’il est important de l’habiller avec une expérience plus large. Surtout pour les gens qui n’ont pas l’habitude de la musique classique et de ses rituels, et qui se demandent nerveusement “Est-ce que je fais ce qu’il faut, est-ce que j’applaudis au bon moment?”»

Après avoir lancé en 2015 son programme des «Sessions de la Crypte», des concerts intimes tenus dans une église d’Harlem, Andrew Ousley a commencé l’année dernière à organiser des représentations dans les catacombes - vieilles de près de 150 ans et normalement fermées au public - du cimetière de Green-Wood, où reposent près d’un demi-million d’âmes, parmi lesquelles celles de l’artiste Jean-Michel Basquiat ou du compositeur Leonard Bernstein.

Ce lugubre repaire offre «une acoustique extraordinaire» avec «un son incroyablement généreux et optimisant pour la musique acoustique et classique, les cordes, la voix et le piano», s’enthousiasme-t-il.

Projection sur les arches 

Selon une étude du Fonds national pour les arts, une agence fédérale américaine, en 2017, seulement 8,6% des Américains adultes ont assisté à un évènement de musique classique. En 2002, ils étaient 11,6%.

Une autre étude de 2012 montrait qu’un tiers du public avait plus de 65 ans.

Ses représentations à lui, dans la crypte d’Harlem ou les catacombes de Brooklyn, attirent une audience variée en âge, assure Andrew Ousley.

Son défi: allier la qualité qu’attend de sa performance «quelqu’un qui a déjà vu 1000 représentations» et «être accueillant et aussi peu prétentieux que possible pour quelqu’un qui n’est jamais venu».

Le programme de cette semaine, une représentation du «Stabat Mater», oeuvre religieuse composée par l’italien Giovanni Battista Pergolesi en 1736, est assuré par l’Orchestre de cordes de Brooklyn.

Eli Spindel, son directeur artistique, reconnait que les institutions de musique classique ont parfois tendance «à être trop conservatrices».

«Mais ce qu’elles arrivent à réaliser est incroyable et ne pourrait pas être accompli par des responsables avec des petits budgets ou des petites salles», nuance-t-il.

«Pour une représentation de la Symphonie no 9 de Gustav Mahler, vous voulez des orchestres du plus haut niveau dans une grande salle».

Pour que le genre survive, résume-t-il, il faut qu’un savant mélange entre salles traditionnelles et représentations plus excentriques s’opère.

En plus du «Stabat Mater», seront également présentées cette semaine à Green-Wood l’»Adagio pour cordes», oeuvre mélancolique du compositeur américain Samuel Barber, et le «Fratres» de l’estonien «Arvo Part». Le tout, agrémenté de projection visuelle sur les arches des catacombes.

Le programme du moment se concentre donc sur le deuil, «la catharsis et comment trouver un sens à la perte de la vie», explique Andrew Ousley.

«On est dans une chambre très appropriée pour cette musique», souligne avec un sourire Eli Spindel.

Musique

De la musique de Prince à une réunion publique de Trump, les héritiers furieux

NEW YORK — Les héritiers du chanteur américain Prince ont dénoncé l’utilisation du morceau «Purple Rain» lors d’une réunion publique de Donald Trump à Minneapolis jeudi soir, rappelant que l’équipe de campagne du président américain s’était engagée à ne plus s’en servir.

«Le président Trump a joué Purple Rain de Prince ce soir à un événement de campagne à Minneapolis, après avoir confirmé, il y a un an, que l’équipe de campagne n’utiliserait plus la musique de Prince», ont écrit les ayants droit de l’artiste sur son compte Twitter.

«Les héritiers de Prince ne donneront jamais autorisation au président Trump d’utiliser des chansons de Prince», ont-ils ajouté.

À l’appui de leur message, ils ont publié la copie d’une lettre signée d’une avocate indiquant représenter Donald Trump.

«Pour éviter tout contentieux, nous vous écrivons pour confirmer que l’équipe de campagne n’utilisera plus la musique de Prince dans ses activités à l’avenir», écrit Megan Newton, du cabinet Jones Day, dans sa lettre, datée du 15 octobre 2018.

Sollicitées par l’AFP, l’équipe de campagne de Donald Trump et l’avocate n’ont pas donné suite dans l’immédiat.

Le tube de Prince a résonné jeudi dans le Target Center, la salle de Minneapolis où Donald Trump tenait une réunion publique, quelques minutes avant l’entrée en scène du président américain.

De nombreux artistes, ou leurs héritiers ont déjà demandé à l’ancien promoteur immobilier de ne pas utiliser leur musique durant ses réunions publiques.

Les Rolling Stones, Adele, Neil Young, R.E.M., Pharell Williams, Rihanna, Aerosmith ou Queen ont eux aussi dénoncé l’usage de leurs oeuvres pendant les rassemblements républicains.

Les responsables politiques américains peuvent obtenir des licences auprès des sociétés de droits d’auteurs (comme l’Ascap) qui les dispensent de demander la permission explicite aux chanteurs ou groupes concernés.

Lors d’une session de questions-réponses sur Twitter, Mick Jagger, chanteur des Rolling Stones, avait ainsi affirmé que, malgré ses demandes, les organisateurs des réunions de campagne de Donald Trump pouvaient «diffuser ce qu’ils voulaient».

La musique des Rolling Stones a d’ailleurs de nouveau été jouée jeudi soir à Minneapolis, à plusieurs reprises, en ouverture et en clôture de la réunion publique.

Le droit américain prévoit néanmoins la possibilité pour un artiste de demander que sa musique ne soit pas utilisée en faisant valoir que les responsables des campagnes laissent entendre «de manière erronée que l’artiste (...) soutient le candidat», selon l’association américaine de l’industrie du disque (RIAA).

La justice américaine n’a pas encore été amenée à trancher la question depuis le début de la campagne de Donald Trump en 2015.

Musique

Patrick Bruel visé par une nouvelle enquête, pour agression sexuelle

PERPIGNAN — Patrick Bruel est visé par une enquête pour «agression sexuelle» après une plainte déposée par une masseuse à Perpignan, dans le sud de la France, a indiqué vendredi à l’AFP le procureur Jean-Jacques Fagni, alors que le chanteur fait l’objet d’une autre enquête dans l’île française de Corse.

Les faits se seraient produits début juillet lors d’une séance de massage dans l’hôtel où M. Bruel séjournait à l’occasion de sa participation à un festival de musique à Argelès-sur-Mer (sud), a précisé le procureur, confirmant une information du journal régional l’Indépendant.

La jeune femme d’une trentaine d’années «a déposé plainte et l’enquête (...) est en cours», a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

Contacté par l’AFP, l’avocat du chanteur, Me Hervé Temime, a déclaré ne pas être au courant de cette plainte et de l’enquête concernant son client.

Le chanteur français est par ailleurs visé par une enquête préliminaire pour «exhibition sexuelle» et «harcèlement sexuel» après des accusations d’une autre masseuse d’un hôtel sur l’île de Corse, qu’il conteste. Selon le procureur de la République d’Ajaccio Eric Bouillard, le chanteur aurait rencontré la jeune femme sur son lieu de travail quelques heures avant un concert qu’il donnait à Ajaccio le 9 août, et son entourage aurait commandé une prestation de massage auprès de l’hôtel.

Musique

Plume Latraverse est de retour avec un nouveau spectacle

MONTRÉAL — Plume Latraverse est de retour avec un nouveau spectacle, «Séquelles», qu’il présentera en tournée dans plusieurs villes du Québec cet automne.

Ce spectacle intimiste s’inscrit dans la continuité de sa tournée «Récidives» où il revisitait des chansons méconnues de son vaste répertoire. «Séquelles» reprend la même approche acoustique, en misant sur les chansons à texte du répertoire de Plume.

Le chanteur sera une fois de plus accompagné de ses fidèles complices du Trio Laid: le guitariste Jean-Claude Marsan et le bassiste Grégoire Morency.

Opéra

Oriol Tomas: une «Traviata» tout en courbes

Une «Traviata» effervescente et sensuelle, signée par le metteur en scène Oriol Tomas, tient l’affiche cet automne à l’Opéra de Québec. Créée en mars à l’Icelandic Opera par une équipe de concepteurs québécois, la production est reprise dans la capitale avec une nouvelle distribution, mais avec le même souci esthétique et chorégraphique.

Oriol Tomas a hérité de l’enthousiasme de sa famille paternelle pour l’art lyrique. Il a passé son enfance à Barcelone, où il a assisté à des opéras et des spectacles musicaux dès son plus jeune âge. Lorsque ses parents «un peu bohèmes» ont décidé de traverser l’Atlantique pour émigrer au Québec, il avait tout juste neuf ans. Sa renommée grandissante comme metteur en scène d’opéra l’a toutefois entraîné à se trouver un pied-à-terre dans sa ville natale cette année.

Musique

«Saboteur» de Sandveiss: l'album de la survivance

Quatre ans après un prix GAMIQ, une tournée en Suède et avoir joué sur les Plaines avant Megadeth, Sandveiss lance son deuxième album. Leur vinyle est le premier à sortir des presses de la La Société des loisirs, petite entreprise indépendante à l’emplacement encore nébuleux, dans Saint-Roch.

Au bout du fil depuis la Floride, Luc Bourgeois, le seul membre original de la formation, nous expose le chemin semé d’embûches qui a (enfin) mené à la sortie de Saboteur. L’enregistrement a été amorcé en 2016, mais la sortie d’un EP et le départ de deux membres du groupe a mis le projet sur la glace pendant plusieurs années. Sans compter que Luc Bourgeois tourne presque à temps plein avec le groupe Bodh’aktan, où il joue de la cornemuse.

Musique

Le vent dans les voiles pour la Virée

CARLETON — La 19e Virée, l’événement automnal par excellence en Gaspésie, prendra son envol vendredi à Carleton-sur-Mer, avec trois spectacles de musique traditionnelle et un vernissage, les premières activités d’un événement qui en rassemblera une trentaine d’ici dimanche.

La Veillée de danse traditionnelle constitue le point culminant de vendredi, d’autant plus qu’elle sera animée par un groupe rompu au rythme de la Virée, De Temps Antan, mené par Ghislain Jutras au call. Le vernissage de l’exposition D’ici et d’ailleurs, au centre Vaste et vague, et une prestation du groupe É.T.É précéderont la Veillée de danse, qui sera suivie par Les Tireux d’roches.

Ces départs en force expliquent sans doute en partie l’affluence croissante de La Virée même après 19 ans, alors que bien des événements du même âge plafonnent ou déclinent.

«Les deux dernières Virées ont été marquées par des records d’assistance. Le taux d’occupation des spectacles est de 90 %. On s’entend que nos lieux de diffusion sont de capacité modeste, à 168 places au studio du Quai des arts, à 300 places au Centre de congrès et à 140 places au Naufrageur, mais on ajoute 4500 personnes participant aux activités extérieures. Nous avons reçu 7200 festivaliers l’an passé», note son coordonnateur, Samuel Téguel.

«Comment expliquer cette croissance? On a des propositions artistiques relevées et il y a un renouveau dans le milieu de la musique trad au Québec, qui n’a rien à envier à ce qui se passe ailleurs. Il faut réaliser que les Tireux d’roches et de Temps Antan sont les trois quarts du temps à l’étranger. Le marché québécois étant ce qu’il est, parce qu’en dehors des festivals trad, la musique et la chanson traditionnelles ont trop peu de place pour permettre à ces artistes d’exploiter leur talent, ils n’ont pas le choix de s’exporter. Les marchés extérieurs leur permettent de vivre», ajoute M. Téguel.

Marché régional

Le public régional s’affirme aussi. «On a assisté au développement d’un marché régional, d’un public curieux, qui vient voir et qui demande de voir autre chose, des spectacles plus rares, de la danse […] On a aussi fait une étude l’an passé et elle indique qu’il y a 38 % de touristes dans notre assistance», souligne-t-il.

La Virée reçoit aussi le plus gros marché public de l’année en Gaspésie, avec 60 exposants, des producteurs d’aliments du terroir et de métiers d’art. «La même étude révèle que ces exposants ont vendu pour 100 000 $ de produits en deux jours l’an passé. Si ce n’est pas vital pour certains d’entre eux, c’est tout près. Les touristes rappellent parfois après la Virée pour nous demander la provenance de tel produit», explique Samuel Téguel.

La Virée réussit depuis plusieurs années à donner une touche internationale à l’événement. Cette année, c’est Doolin’, une formation française de Toulouse, spécialisée en musique celtique, qui est invitée. Musique à bouches, MAZ, Henri Godon et le slameur, poète et romancier David Goudreault prennent aussi une belle place au programme.

Un atelier de danse traditionnelle, un chapiteau où une dizaine de spectacles sont offerts, une tente des vieux métiers, une rencontre folklorique pour musiciens de la région, des 5 à 7 musicaux, des activités pour enfants et la toujours populaire visite du cimetière de Carleton s’ajoutent à l’offre de la Virée.

Musique

Flavia Coelho, indignation et danse-remède

PARIS — Le mandat du président Jair Bolsonaro au Brésil suscite «indignation, rage et haine» chez Flavia Coelho, chanteuse qui répond avec DNA, album emballant où musiques urbaines et caribéennes se percutent.

La «danse-remède, c’est complètement latino-américain, tiers-mondiste», expose à l’AFP cette Brésilienne installée à Paris. «Si on n’a pas le ballon de foot ou la musique pour rigoler, qu’est-ce qu’on fait? Au Brésil, c’est dans notre ADN, tout ça c’est à l’intérieur de nous», poursuit-elle, référence au titre de l’album DNA («ADN» en portugais), qui sort le 18 octobre.

Cidade Perdida ( «Ville Perdue), chanson phare de son quatrième album, est un brûlot anticorruption où elle libère son flow en portugais, s’adressant autant à la tête qu’aux jambes.

«Au Brésil, ils détournent l’argent des cantines, des écoles, des fournitures scolaires. Moi-même pendant longtemps, j’ai été à l’école seulement pour bouffer, car il n’y avait rien à manger chez moi. Alors quand l’école ne suit pas, le trafiquant vient vers nous», raconte-t-elle dans un français impeccable, égayé par son accent carioca.

«Ce superhéros en nous»

«Au Brésil, il est difficile d’aller à l’école, moi j’ai commencé à bosser à 14 ans, mais d’autres enfants dès 5 , 6 ou 7 ans sont dans les usines, les champs».

L’album n’est pas centré que sur le Brésil. Levanta Dai («Relève-toi») évoque le Venezuela par ricochet. «Avec la crise dans ce pays, beaucoup de Vénézuéliens ont passé la frontière, mais j’ai été surprise, ils ont été très mal accueillis dans le nord du Brésil», déplore-t-elle.

En pleine réalisation de son album, Jair Bolsonaro a donc été élu. «Ce monsieur, dont je ne prononce pas le nom, a moins de 100 mots de vocabulaire», peste-t-elle.

Elle a «honte» pour les propos désobligeants tenus récemment par le dirigeant brésilien envers Brigitte Macron. «Mais c’est tellement lui, il a aussi dit que les ONG mettaient le feu en Amazonie...»

Pour ne pas déprimer, elle a inventé un sauveur imaginaire Billy Django, titre du second morceau. «Il faut réveiller ce superhéros en nous. La révolution doit partir de l’intérieur de chacun, malgré nos malheurs, nos douleurs».

Django, comme celui de Quentin Tarantino? «Oui, un peu, sourit-elle. C’est l’esclave qui se révolte, prend le dessus, défend sa famille. Mais mon Billy Django ne tue personne, même si j’ai déjà été confrontée à la violence, comme nous tous au Brésil. Mais il ne se laisse pas faire».

«Quartier libre»

La stigmatisation des minorités sexuelles est également dénoncée dans DNA. Comme dans Nosso Amor («Notre Amour»). «En Afrique, on met des photos des homos et LGBT à la Une des journaux! Et au Brésil, des gens de ma famille se cachent depuis toujours, ils avaient sorti un peu leur tête, mais ne peuvent plus le faire».

Mais tout n’est pas sombre. Menino Menina («Garçon Fille») chante une soirée où les genres importent peu, sans jugement, «c’était quartier libre, “tu fais ce que tu veux”». «C’était très fort pour moi de voir ma petite sœur, qui est lesbienne, être si libre, si spontanée».

No Baile («Au Bal») célèbre ces chargés de famille qui, après avoir trimé toute une vie, s’offrent une seconde jeunesse. «C’est une chanson par rapport à mon papa, et aux autres papas. Quand j’ai quitté la maison, j’ai découvert que mon père aimait sortir, prendre du plaisir».

«Aujourd’hui, quand on a 40-50 ans, 60, 70 ans, ça ne veut plus dire “un vieux”. 40 ans, ça arrive pour moi l’année prochaine, et je ne suis pas vieille», éclate-t-elle de rire. «On rajeunit, on n’est plus dans une société où le père ou la mère travaillent et c’est tout. Ce n’est plus du tout comme ça».

«L’important est de continuer à vivre», conclut-elle. DNA est conçu comme la bande-son de ce mantra.

Musique

Pour Rihanna, Trump est «la personne la plus malade mentalement aux États-Unis»

NEW YORK — La chanteuse et entrepreneuse Rihanna estime, dans un entretien au magazine Vogue publié mercredi, que «la personne la plus malade mentalement aux États-Unis aujourd’hui semble être le président» Donald Trump.

L’artiste barbadienne accuse le locataire de la Maison-Blanche de lier systématiquement à des troubles psychiques les fusillades perpétrées par des personnes blanches, mais de qualifier, parallèlement, d’actes terroristes celles dont les auteurs sont issus de minorités ethniques.

Le président américain a ainsi expliqué, en août, que les «maladies mentales» étaient à l’origine des tueries d’El Paso (Texas) et de Dayton (Ohio), menées par des tireurs blancs.

«Totalement raciste»

«Donald, vous avez mal épelé terrorisme», a lancé Rihanna. «Le fait que ce soit qualifié différemment à cause de la couleur de peau» de l’auteur, «c’est une humiliation. C’est totalement raciste.»

«Mettez un homme arabe avec la même arme, dans le même Walmart [la tuerie d’El Paso le

3 août s’est déroulée dans une succursale de l’enseigne], et jamais Trump n’en parlerait comme d’un problème de santé mentale», poursuit-elle.

Pour elle, «la personne la plus malade mentalement aux États-Unis aujourd’hui semble être le président.»

Sur le terrain politique également, la chanteuse confirme avoir refusé de se produire lors du prestigieux spectacle de la mi-temps du dernier Super Bowl, événement télévisé le plus suivi de l’année.

«Il y a des choses dans cette organisation [la NFL| avec lesquelles je ne suis absolument pas d’accord», explique-t-elle. «Et je ne voulais pas y aller et leur rendre service.»

Sa décision, dit-elle, est liée aux mesures de rétorsion dont a été victime le joueur Colin Kaepernick, devenu persona non grata dans la NFL.

Les propriétaires de clubs lui reprochaient d’avoir mis, plusieurs fois, un genou à terre lorsque jouait l’hymne américain, avant le coup d’envoi de rencontres.

Il entendait ainsi protester contre les discriminations visant, selon lui, les Noirs aux États-Unis.

«Je n’aurais pas osé», dit-elle au sujet du spectacle du Super Bowl. «Pourquoi faire? À qui cela aurait bénéficié? Pas les miens? Je ne voulais pas être une vendue.»

Musique

Alain Lefèvre joue l'«Empereur»: fééries impériales au Palais

CRITIQUE / L’occasion d’entendre le plus célèbre concerto de Beethoven, de voir à l’œuvre le pianiste Alain Lefèvre et d’apprécier l’Orchestre symphonique de Québec dans l’enceinte du Palais Montcalm équivaut, en musique classique, à un coup de circuit.

On aurait facilement pu prédire que la proposition ferait déborder la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm. Les 980 places (comparativement à 1875 à la salle Louis-Fréchette du Grand théâtre) ayant trouvé preneurs, l’OSQ a ouvert une supplémentaire en fin de matinée. La représentation fut moyennement courue, vu la plage horaire, et l’accès fut laborieux pour les automobilistes, dont les déboires de stationnement ont entraîné vingt minutes de retard.

Musique

De nouveaux honneurs pour Les Louanges

Décidément, les choses continuent de bien aller pour Vincent Roberge, alias Les Louanges. L’auteur-compositeur-interprète originaire de Lévis vient de recevoir le prix Slaight Music, présenté par le Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens.

Créée en 2017, la récompense «vise à reconnaître le succès actuel et potentiel d’un auteur-compositeur canadien en émergence dont la carrière est sur une pente ascendante». Sa consœur Lowell a reçu le même prix dans la catégorie anglophone.

Musique

«L’invitation au voyage»: étancher sa soif de poésie

CRITIQUE / «Là, tout n’est qu’ordre et beauté/ Luxe, calme et volupté.» Les vers qui terminent le poème «L’invitation au voyage» de Baudelaire résument bien l’heureux sentiment de réconfort allumé par le récital de Marie-Nicole Lemieux, Raymond Cloutier et Daniel Blumenthal. Dans un monde qui manque cruellement de poésie, il y a heureusement des porteurs de flambeaux.

Baignant dans une aura théâtrale assumée, sans applaudissement entre les pièces et sans que le flot des mots et de la musique ne soit interrompu par des entrées et des sorties, le trio a livré un spectacle sobre et délicat, enflammé et espiègle. 

Nous avons eu accès à la poésie de Baudelaire, à des textes connus comme L’Albatros, qui a ouvert le bal, Les hiboux et La mort des amants, mais aussi à des segments plus biographiques, où le comédien Raymond Cloutier, interprétant le poète maudit, évoquait la société parisienne, ses ennuis professionnels, sa soif d’absolu et sa vieille amie la douleur, toujours lancinante. Son «Enivrez-vous!» résonnait comme un appel à vivre étourdi et grisé, les sens en liesse.

Musique

Choir! Choir! Choir! invite les gens à chanter à la frontière américano-mexicaine

TORONTO — Le groupe canadien spécialisé dans la reprise de chansons en chorale, Choir! Choir! Choir!, se prépare à donner deux concerts simultanés à la frontière américano-mexicaine, dimanche.

Selon un événement affiché sur la billetterie en ligne Eventbrite, les chanteurs de tous les niveaux sont conviés à participer aux spectacles prévus au parc d'État Border Field à San Diego en Californie ainsi que dans la ville frontalière mexicaine de Tijuana.

Musique

«Vian toujours vivant», comme son appartement derrière le Moulin Rouge

PARIS — Sa collection de vinyles est toujours là, comme son bric-à-brac de bricoleur: l’appartement de Boris Vian, resté intact derrière le Moulin Rouge à Paris, a été ouvert à la presse jeudi pour annoncer les festivités du centenaire de sa naissance en 2020.

«Le voisin c’est Jacques Prévert, le propriétaire c’est le Moulin Rouge», décrit Nicole Bertolt, émue aux larmes, pour présenter cette trentaine de mètres carrés, à l’étage du 6 bis de la cité Véron, où l’auteur de «J’irai cracher sur vos tombes» et «L’Arrache-coeur» a vécu de 1953 à 1959, date de sa mort.

La directrice du patrimoine et mandataire pour l’oeuvre de ce touche-à-tout de génie a autorisé une visite exceptionnelle des lieux pour ponctuer sa conférence de presse dévoilant les évènements de 2020, rassemblés sous le mot d’ordre «Vian, toujours vivant».

Pour le grand public, et seulement sur demande par courrier à Mme Bertolt - beaucoup de demandes, peu d’élus - il faudra attendre les samedis 16 et 23 novembre pour une découverte commentée.

Une sortie à l’arrière du Théâtre Ouvert, 4 bis Cité Véron, permet d’accéder à un escalier étroit. Passée la porte d’entrée, l’émotion étreint le visiteur. Le large bureau où il travaillait est entouré d’étagères fabriquées par ses mains. Car il ne roule pas sur l’or et l’endroit est vide quand il s’installe avec sa seconde épouse Ursula dans ces anciennes loges du Moulin Rouge.

Les murs sont aujourd’hui toujours cachés par des centaines de livres, dictionnaires, tableaux surréalistes et instruments, comme ce piano-bastringue ou cette guitare-lyre.

La «quincaillerie» 

Direction la «quincaillerie». C’est une petite pièce qui renferme marteaux, clous et autres objets récupérés à droite à gauche: morceaux de chaînes de vélo, couvercles de boîtes en ferraille pendent ici et là.

On n’y reste pas longtemps, il faut vite sortir et refermer la porte pour «que l’odeur d’origine reste» comme le veut Mme Bertolt. Pour prendre l’air, direction la terrasse. La vue est exceptionnelle. À droite, l’appartement de Jacques Prévert - dont les volets sont tirés ce jeudi, interdisant tout coup d’oeil curieux à l’intérieur - et sur la gauche, le dôme de la coupole du Théâtre ouvert (dont l’intérieur est fait de bols renversés et dorés à l’or).

Et devant... le Moulin Rouge, «vu de dos, comme on ne le voit jamais», avec ses ailes de l’autre côté, comme l’a exposé un peu avant Nicole Bertolt.

Retour à l’intérieur, dans le salon. On s’arrête devant les 78 tours. Le jazz domine avec les séries des Oscar Peterson, Count Basie et autres Louis Armstrong. Mais en lorgnant un peu à côté, c’est un disque de Fernand Raynaud qui apparaît.

Figurines de Colin et Chloé 

Au plafond, un échiquier renversé, placé là par Mme Bertolt, car l’écrivain-musicien-metteur en scène adorait y jouer. Des objets attirent le regard. Comme ces deux petites figurines en métal aimanté, un petit garçon et une petite fille. Ils représentent Colin et Chloé, personnages de «L’Écume des jours» et sont en couverture de l’édition de poche. «Boris n’a jamais mis les pieds aux États-Unis, c’est Ursula, qui était danseuse, qui lui avait ramené de là-bas», nous souffle-t-on.

Un tableau avec des petites boîtes en métal collées dessus, ouvertures vers le visiteur, interpelle. «Il était malade du coeur depuis son adolescence, il prenait des cachets continuellement pour ça, il les a collées au mur», nous explique-t-on.

«Il avait dit à mon père, en 1954, qu’il ne vivrait pas au-delà de 40 ans», a raconté récemment à l’AFP Françoise Canetti, dont le célèbre producteur de père poussa Vian à chanter sur scène. Il est mort en 1959, d’une crise cardiaque, à 39 ans.

D’où une créativité débordante, dont l’appartement témoigne. On s’arrête devant une maquette de bateau née de son imagination, mais la visite est limitée dans le temps, d’autres personnes attendent dans la fébrilité au pied de l’escalier. Il faut partir.

Musique

L'album des Beatles Abbey Road de retour en tête du palmarès

LONDON — Le mythique album des Beatles Abbey Road est de nouveau en tête du palmarès 50 ans après sa première édition, battant par la même occasion le propre record du groupe du plus grand intervalle entre deux passages au sommet du classement.

Cette édition spéciale, sortie à l’occasion de son 50e anniversaire et enrichie de titres inédits, s’est hissée vendredi à nouveau à la première place. Lors de sa sortie, l’album était resté n°1 au Royaume-Uni pendant 17 semaines.

Le dernier album studio des Beatles, bien qu’il précède la sortie de Let It Be, enregistré avant, était sorti le 26 septembre 1969, six jours après que John Lennon eut informé ses partenaires qu’il quittait le groupe.  

L’iconique photo de la pochette, devenue l’une des plus célèbres de l’histoire de la musique, montre les quatre musiciens traversant un passage pour piétons devant les studios d’enregistrement Abbey Road, sur la rue du même nom. John Lennon ouvre la marche, suivi de Ringo Starr, Paul McCartney pieds nus et George Harrison.  

Fait inhabituel, le nom des Beatles ne figure pas en couverture.

« J’ai du mal à croire qu’Abbey Road tienne le coup après toutes ces années. Mais d’un autre côté, c’est un album vraiment cool », a tweeté Paul McCartney.

Musique

Klô Pelgag et l'OSQ: l'étoile symphonique

CRITIQUE / Klô Pelgag est venue livrer une version symphonique de son album L’Étoile thoracique, paru en 2016. L’auteure-­compositrice-interprète fantasmagorique n’avait pas donné de prestation depuis huit mois, puisqu’elle travaille sur un troisième album, mais rien n’y paraissait.

Vêtue d’une large robe brillante aux motifs floraux et d’espadrilles blanches à hautes semelles, la tête surmontée par deux toques de cheveux jaune soleil et le visage colorié, Klô Pelgag a donné son spectacle avec la fantaisie débridée qu’on lui connaît. Sans filtre, elle a «testé les limites» en parlant des fesses du chef Nicolas Ellis — pas troublé le moins du monde — et a saupoudré son spectacle d’anecdotes tronquées et d’allusions aux arbres, aux tabourets des humoristes et à Greta Thunberg, «contrôlée par le Pingouin dans Batman». 

Ses adresses au public n’ont toutefois pas interrompu l’élan de son périple symphonique. Les 13 chansons se sont enchaînées en suivant leur ordre sur l’album, exception faite d’Apparition de la Sainte-Étoile thoracique, une pièce instrumentale où les notes sont longuement martelées, qui a servi d’introduction.

Elle était accompagnée par les cordes et une section de cuivres de l’Orchestre symphonique de Québec, ainsi que par quatre complices. Marianne Bertrand aux harmonies vocales (et au violoncelle pour la chanson Les animaux), François Zaïdan à la guitare et Étienne Dupré à la basse, coiffés de perruques loufoques, et Pete Petelle à la batterie (et au xylophone pour Les mains d’Édelweiss).

Lorsque tout ce beau monde jouait de concert, la charge musicale déjà dense des chansons de Klô Pelgag était décuplée, fulgurante, épormyable. On accueillait les segments plus dépouillés en reprenant son souffle et en tendant l’oreille. L’alternance donnait l’impression d’être fouetté par des vagues.

Les arrangements sensibles et très variés de Mathieu Pelletier-Gagnon étaient en complète synergie avec les pièces originales. Des coups d’archet francs marquaient Le sexe des étoiles, alors que et des sons longuement tenus, comme un bourdonnement cosmique, marquaient le début d’Insomnie. On a surtout entendu les cuivres dans Chorégraphies des âmes, mais plusieurs séquences de notes courtes leur permettaient de donner des textures particulières aux mélodies. 

Le concert s’est déroulé dans une pénombre traversée de rayons de lumière un peu chaotiques. En arrière-scène, des projections, presque des courts-métrages expérimentaux, habillaient les chansons de dessins, de taches de couleurs où de décors oniriques.

Au rappel, Klô Pelgag a livré une de ses nouvelles pièces, piano-­guitare-basse, qui montrait que sa plume n’a rien perdu de son adresse et de son inventivité poétique.

Dans la foule enthousiaste de jeudi soir, plusieurs dizaines de spectateurs ont levé la main lorsqu’on leur a demandé s’il s’agissait de leur première fois à l’OSQ ou s’ils avaient moins de 30 ans. Il y avait toutefois de nombreuses places vides sur les côtés du parterre et le public a été invité, avec humour, à donner envie à d’autres de se procurer un billet pour la représentation de vendredi. On sent que l’OSQ a décuplé ses efforts pour charmer la jeunesse. Même l’attente avant les concerts a pris des airs de cinéma : questions quizz et dessins loufoques illustrant les consignes d’usage défilent sur un écran, entre les annonces des prochains spectacles.

Le programme sera repris le vendredi 4 octobre à 20h au Grand Théâtre.

Musique

L’exhumation du cercueil de Johnny Hallyday suspendue, à la demande de Laura Smet

GUSTAVIA — Les autorités de l’île française de Saint-Barth ont suspendu l’autorisation d’exhumer le cercueil du célèbre chanteur Johnny Hallyday, comme le souhaite sa veuve, à la demande de la fille du chanteur, a annoncé jeudi le président de la Collectivité, Bruno Magras.

Confirmant une information du Figaro, il a indiqué à l’AFP avoir reçu une demande par courriel de l’avocat de Laura Smet, la fille de Johnny Hallyday.

Laeticia Hallyday, la veuve de Johnny, est en train de faire construire un caveau familial au cimetière de Lorient à Saint-Barthélemy, juste à côté de la tombe où le rockeur emblématique repose depuis le 11 décembre 2017, près de la mer. Elle souhaite y faire transférer le cercueil blanc du chanteur, dès la fin des travaux.

«Laeticia a tenté de passer en force sans que Laura ne soit informée de rien. En l’absence d’informations sur ce sujet et suivant les textes applicables, le président Magras n’a eu d’autre choix que de surseoir à toute opération d’exhumation, aussi longtemps que les héritiers n’auront pas trouvé un accord unanime», a expliqué à l’AFP Me Emmanuel Ravanas, l’avocat de Laura Smet.

«J’espère qu’un jour Laeticia comprendra qu’elle ne peut agir seule et que ce genre de décision suppose de discuter... Mais pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, Laura n’est pas opposée par principe à tout projet de sépulture, mais à condition d’être préalablement consultée», a-t-il ajouté.

Laeticia Hallyday a acquis une concession et l’autorisation d’y construire un caveau familial peu après le décès du chanteur d’un cancer le 5 décembre 2017 à l’âge de 74 ans. Johnny Hallyday appréciait la tranquillité de Saint-Barth, où il possédait une villa avec sa femme.

Les relations entre Laeticia Hallyday et les aînés du chanteur, Laura Smet et David Hallyday, sont mauvaises.

Depuis plus d’un an, David Hallyday et Laura Smet ont engagé une bataille judiciaire au long cours contre Laeticia Hallyday, pour obtenir leur part d’héritage dont ils estiment avoir été privés par un testament rédigé aux États-Unis en 2014 dans lequel le chanteur lègue l’ensemble de sa fortune à sa dernière épouse et à leurs deux filles.

Musique

Mélanie Léonard: le chemin d'une cheffe

Mélanie Léonard a été la première femme à obtenir un doctorat en direction d’orchestre d’une université québécoise. Onze ans plus tard, elle assure la direction musicale de l’Orchestre symphonique de Sudbury et s’apprête à faire ses débuts avec l’Orchestre symphonique de Montréal et les Violons du Roy.

Mettre la main à la pâte avec l’orchestre de chambre de Québec, qu’elle écoute, suit et admire, lui permet de franchir un pas important dans sa carrière qui, pour l’instant, s’est surtout développée d’un océan à l’autre.

Musique

Liana : À son propre rythme

Quand on écrit des chansons, l’inspiration peut, semble-t-il, frapper à tout instant. Liana n’avait pas une plume en main quand la pièce «Forward», qui allait donner le ton à son premier album complet, lui est apparue. Plutôt une brosse à dents...

L’auteure-compositrice-interprète raconte l’anecdote en rigolant. Elle dans la salle de bains, Dominique Plante, son complice de création, qui grattait des accords de guitare dans la pièce d’à côté. Et la magie a opéré. «Je me brossais les dents et je me suis rendu compte que j’étais en train d’écrire quelque chose. Ç’a été comme attraper une idée par la queue et tirer dessus. C’est vraiment le feeling que j’ai eu. J’ai pris mon iPhone, j’ai écrit la chanson dans mes notes. C’est vraiment sorti d’un jet. J’étais déjà dans le processus de travailler l’album, mais il y a eu ce moment-là, vraiment spécial, qui a donné naissance à cette toune-là. Elle s’est écrite en 15 minutes», relate-t-elle.

Musique

Sab & Steph : Au-delà de conte de fées

Étiquetées instantanément en 2013 comme «les jumelles de “La voix”», les sœurs Sabrina et Stéphanie Barabé ne pouvaient pas faire trois pas dans la rue sans se faire reconnaître. Six ans plus tard, après avoir connu les hauts et les bas de l’industrie musicale, elles poursuivent leur rêve avec franchise et lucidité en lançant «Aux quatre vents», un minialbum bilingue de six chansons.

Celles qu’on connaissait auparavant comme Les jumelles Barabé se présentent désormais comme Sab & Steph. Elles avancent une motivation d’affirmer leur individualité, en somme, sans renier leur sororité. Comment le pourraient-elles, avec des visages si similaires qu’une peut déjouer le système de reconnaissance faciale de l’iPhone de l’autre et des voix difficilement différenciables en chanson… et en entrevue téléphonique!