Musique

Jain: madame 100 000 volts

CRITIQUE / Rien ne semble pouvoir venir à bout de l’énergie de la pétillante Jain. À sa troisième visite en moins d’un an dans la capitale, la Française a survolté le parterre de l’Impérial avec une prestation électrisante et visuellement soignée.

Fin seule sur scène, mais entourée d’un imposant dispositif d’éclairage et de projections, la musicienne a démontré qu’elle manie ses machines de main experte… Et qu’elle s’avère encore plus redoutable pour captiver, voire soulever son public. Comme elle prêche par l’exemple et que son dynamisme est contagieux, on vous confirme que ç’a sautillé ferme à l’Impérial, sur scène comme dans la salle. L’exercice a certes culminé en fin de parcours pendant le méga succès Makeba (et son concours de qui saute le plus haut), mais disons que l’heure et demie précédente avait pris des allures de solide période d’échauffement!

Un public familial — Jain fait visiblement craquer les jeunes filles — et fort enthousiaste emplissait l’Impérial pour accueillir la Française, qui amorçait mardi le pan québécois de sa présente tournée : elle nous arrivait des États-Unis, où elle s’est notamment produite au festival Coachella, et elle est attendue à Montréal mercredi et jeudi. 

Avant même que la chanteuse ne mette les pieds sur scène, les fans scandaient son nom avec insistance. Et ils ne se sont jamais privés de faire entendre leur voix par la suite, que ce soit par la longue ovation qui a suivi l’excellente Inspecta (dans laquelle Jain se réapproprie la chanson-thème d’Inspecteur Gadget), pour reprendre en chœur les vers de Alright, pour se prêter à un chouette exercice de création de boucles sonores en direct pendant Come ou pour suivre les consignes de notre habile dompteuse de foule au début du rappel… Un mouvement de bras et le tour est joué!

La chanteuse, qui a troqué la robe au col Claudine pour la combinaison de travail bleue en lançant l’été dernier son deuxième album solo, Souldier, a butiné dans son répertoire et a offert un très chouette voyage musical entre l’Afrique, les Émirats arabes unis (la rencontre a été lancée dans les sonorités arabisantes d’Abu Dhabi), Cuba et Paris. Mais aussi entre l’électro-pop dansante et métissée, quelques chapitres bien groovy (Dynabeat, notamment) et de mordants segments rappés (Star et ses couplets mitraillés). 

«Vous êtes fatigués? Parce que je peux continuer longtemps comme ça!» a gentiment menacé Jain à un public qui en redemandait. Les retrouvailles ont donc été aussi sportives que joyeuses. Et si de nombreux spectateurs ont quitté l’Impérial en nage, ils avaient aussi le sourire fendu jusqu’aux oreilles. 

Eli Rose

En début de soirée, la Québécoise Eli Rose, qu’on a d’abord connue au sein du duo Eli et Papillon, a fait très bon usage de la vitrine qui lui était proposée devant les fans de Jain pour faire connaître son projet solo, sur lequel elle bosse depuis deux ans, selon ce qu’elle a confié. Mettant de l’avant une électro-pop à la fois souple et percussive (le prochain extrait Carrousel, attendu le 3 mai, en a montré le plus bel exemple), la blonde artiste est visiblement tombée dans les goûts musicaux de la foule, qui lui a, à son tout premier spectacle (c’est elle qui l’a dit...), offert un accueil plus que chaleureux. Gageons qu’elle a gagné quelques admirateurs supplémentaires, mardi soir.

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Salebarbes: de l’Acadie à la Louisiane

Ç’a commencé par trois gars (Jean-François Breau, Éloi Painchaud et Kevin McIntyre) qui ont arpenté le Canada pour les fins de l’émission Prise de son de Radio-Canada. Entre deux tournages, ils ont eu envie de faire de la musique ensemble. Voilà la genèse de Salebarbes, joyeuse escapade dans le répertoire des Acadiens de la Louisiane à laquelle se sont joints le frangin Jonathan Painchaud et «le prince du country en Acadie» George Belliveau.

L’été dernier, ces musiciens qui ont poussé entre le Nouveau-Brunswick et les Îles de la Madeleine ont immortalisé une festive soirée tenue au bistrot madelinot des Pas perdus. Ce qui ne devait être qu’un document d’archives est devenu un véritable album (en magasin vendredi) que Salebarbes transpose ces jours-ci sur les planches. Retour sur l’aventure avec le compositeur, arrangeur et réalisateur Éloi Painchaud, qui savoure ce moment hors de son studio et ses retrouvailles avec la scène.

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Les mémoires de Prince paraîtront le 29 octobre [VIDÉO]

NEW YORK — Les mémoires sur lesquels travaillait Prince au moment de son décès paraîtront le 29 octobre.

Random House a confirmé lundi à l’Associated Press que The Beautiful Ones combinera le manuscrit inachevé de Prince avec des photos rares, des «scrapbooks» et des paroles de chansons. Annoncé pour la première fois quelques semaines avant son décès en 2016, le livre de 288 pages comprendra une introduction de l’écrivain new-yorkais Dan Piepenbring, que Prince avait choisi comme collaborateur. Les mémoires seront publiés dans le cadre d’un partenariat exclusif avec la succession de Prince.

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La musique latine explose aux États-Unis

INDIO — Depuis que la vague «Despacito» a envahi les ondes, les postes de télévision - et surtout les écrans d’ordinateur et de téléphone -, la musique latine s’est démocratisée aux États-Unis, ses grandes vedettes étant maintenant en têtes d’affiches des festivals.

Un nombre inédit de chanteurs hispaniques se sont ainsi produits cette année à Coachella, le plus célèbre des festivals américains.

Le Colombien J Balvin, référence du reggaeton, et Bad Bunny, vedette portoricaine de trap latine, ont fait danser la foule en se produisant en tant qu’artistes principaux, et non plus comme invités.

Surtout, ces nouvelles vedettes chantent en espagnol - un reflet de ces 41 millions de personnes aux États-Unis dont l’espagnol est la langue natale - alors que leurs prédécesseurs, Ricky Martin, Shakira ou Gloria Estefan, utilisaient les deux langues.

«Je suis très fier de ce que je représente, de ce qu’a réussi la communauté latino en parlant la langue qu’on parle dans mon pays», a déclaré la fin de semaine dernière Bad Bunny, en espagnol évidemment, sur la scène principale de Coachella.

«On est là» 

À 25 ans, son style, mélange de reggaeton et de trap, style de rap du Sud des États-Unis, fait un tabac en Amérique.

«Ça a pris 15 ans pour que le reggaeton arrive à Coachella. On est là», s’est exclamé pour sa part J Balvin, devant un parterre de drapeaux de pays d’Amérique latine.

J Balvin, reconnu dans le monde latino depuis près d’une décennie, deviendra également cet été le premier chanteur hispanique à avoir son nom en haut de l’affiche du célèbre festival Lollapalooza, à Chicago.

Beaucoup d’experts attribuent cet énorme succès de la musique latine à l’explosion du streaming, devenu la tête de gondole de l’industrie de la musique.

Selon l’association américaine de l’industrie du disque, les revenus du genre ont bondi de 18 % en 2018, pour atteindre 413 millions $.

«Toute discussion autour du marché de la musique latine commence avec un mot: le streaming», a écrit sa directrice des opérations, Michele Ballantyne.

Ce passage vers la consommation immatérielle en ligne «s’est fait encore plus rapidement que le changement global du marché américain de la musique», ajoute-t-elle.

En effet, la plateforme vidéo YouTube a annoncé en décembre que huit de ses 10 clips les plus vus à travers le monde en 2018 étaient des morceaux chantés en espagnol.

Le chanteur portoricain et dominicain Ozuna, relativement peu connu en France, mais énorme vedette dans les Caraïbes, apparaît dans quatre d’entre eux.

Il s’est récemment plaint, dans un entretien au magazine de référence Billboard, que tout soit «tout le temps en anglais».

«Si j’ai la chance d’avoir autant de fans et de pouvoir aider la culture et les artistes latinos à devenir mainstream, je ne vais pas être égoïste et tout abandonner parce que j’ai appris l’anglais», a-t-il ajouté.

Réaction à Trump

C’est surtout le contexte politique dans lequel il se produit qui rend cet essor de la musique latine d’autant plus notable: l’administration Trump a fait de la lutte contre l’immigration venue d’Amérique latine sa priorité, et le président, qui appelle de ses voeux un mur à la frontière avec le Mexique, a déjà été accusé d’avoir tenu des propos racistes contre les Mexicains.

Sur la pelouse californienne de Coachella la fin de semaine dernière dernier, les festivaliers sont venus en masse pour voir la chanteuse chilienne Mon Laferte.

L’une d’entre eux, Andrea Castillo, 25 ans et originaire de San Diego, a expliqué vouloir voir la musique latine dépasser la sphère de la simple «minorité».

«Notre génération se bat pour ce qu’elle veut, et ça inclut la musique», a-t-elle expliqué.

«Le langage n’est plus quelque chose qui nous sépare», a pour sa part déclaré Mon Laferte à l’AFP.

Selon elle, les vagues de commentaires négatifs du gouvernement américain contre les immigrés latinos ont «déclenché une forte opposition».

«Plein de gens nous soutiennent, sont très sympathiques et veulent parler notre langue», a-t-elle argué.

Sur scène, la musicienne de 35 ans succédait au groupe mexicain Los Tucanes de Tijuana.

«Quand ils sont arrivés j’étais hyper heureuse, j’ai crié “Où sont mes Mexicains?!”», a expliqué la festivalière Andrea Castillo. «Honnêtement, c’était assez émouvant».

Musique

Du métro parisien au Printemps de Bourges

BOURGES — Du souterrain à la lumière: avec son synthétiseur à hauteur d’épaule et sa voix déchirante d’où sort un raï romantique, l’Algérien Mohamed Lamouri s’est fait un nom dans le métro parisien au point de prendre le train jusqu’au Printemps de Bourges.

Les usagers de la ligne 2 qui parcourt le nord de la Capitale d’est en ouest et inversement connaissent son visage, marqué par une cécité quasi totale. Et plus d’un a été hypnotisé par son vibrato éraillé et ses mélodies mélancoliques qui composent la bande originale de leurs trajets quotidiens.

Parmi eux, Benjamin Caschera, cofondateur en 2013 du collectif La Souterraine, qui a réussi là où tous les autres acteurs de l’industrie se sont cassé les dents: attirer Mohamed Lamouri dans son écurie.

«Plein de gens m’ont abordé, des producteurs m’ont fait des propositions. Mais je n’avais jamais donné suite, question de confiance», raconte l’artiste algérien de 36 ans, qui chantait samedi à Bourges.

Un petit saut dans l’inconnu somme toute incomparable avec celui qu’il fit en 2003 à 21 ans, en décidant de ne pas rentrer au pays après un court séjour en France où il accompagnait à la darbouka (percussion à main) une chorale arabo-andalouse en tournée.

«J’aurais dû finir mes études là-bas. Mais j’ai décidé de rester ici. Mon oncle et ma tante, qui vivent à Pavillon-sous-Bois, m’ont accueilli», raconte-t-il.

Jusqu’alors, Mohamed Lamouri vivait dans sa région natale de Tlemcen près de la frontière marocaine. La musique, il tombe dedans en regardant la populaire émission Bled Music dont il reprend ensuite les tubes a capella, quand il n’accompagne pas des musiciens qui jouent de l’oud dans la rue.

Autodidacte, il apprend à jouer de la darbouka à cinq ans et du synthétiseur à onze. Avant de parfaire son apprentissage grâce à un professeur de luth de son école pour non-voyants.

«Mais à cette époque-là en Algérie, c’était difficile de faire de la musique», dit celui qui reste marqué par l’assassinat en 1994 de son idole Cheb Hasni, vedette du «raï love» dont il reprend des chansons.

Musique

Adele et son mari Simon Konecki se séparent

LONDRES — La chanteuse britannique Adele et son mari Simon Konecki se sont séparés, rapportaient samedi les médias britanniques, citant un communiqué des représentants de la vedette.

«Adèle et son partenaire se sont séparés», déclarent dans ce communiqué Benny Tarantini et Carl Fysh. «Ils s’engagent à élever leur fils [Angelo, 6 ans, ndlr] ensemble avec amour» et demandent le respect de leur «vie privée», ajoutent-ils, sans plus de précision quant à la cause de cette rupture.

La chanteuse aux 15 Grammy Awards avait confirmé en mars 2017 qu’elle s’était mariée, lors d’un concert à Brisbane, en Australie, mettant fin à des années de spéculation sur son union avec Simon Konecki, un ancien financier qui a fondé l’organisation caritative drop4drop, pour promouvoir l’accès à l’eau potable dans le monde entier.

Musique

BTS, premier groupe coréen en tête des palmarès britanniques

LONDRES — Le groupe de K-pop BTS, groupe adulé dans le monde entier, a battu un nouveau record vendredi, en devenant le premier groupe sud-coréen à prendre la première place dans du palmarès britannique, avec son album «Map of the soul: Persona».

L’album des sept garçons de BTS (abréviation de Bangtan Sonyeondan, qui signifie «Boy scouts résistants aux balles») s’est hissé directement en tête des ventes au Royaume-Uni.

Récemment, leur clip Boy With Luv a battu un record sur YouTube en cumulant 74,6 millions de vues en 24 heures.

La chanson s’est placée numéro 13 des ventes de simples vendredi au Royaume-Uni.

Physiques avenants, tenues soignées et chorégraphies méticuleusement orchestrées, les vedettes de BTS sont l’une des exportations musicales les plus lucratives et les plus connues de Corée du Sud.

Ils sont devenus en 2018 le premier groupe de K-pop à se placer en tête du Billboard, le classement hebdomadaire des 200 meilleures ventes d’albums aux États-Unis.

Le groupe, en tournée dans des stades du monde entier, doit se produire à Londres les 1er et 2 juin, et au Stade de France les 7 et 8 juin.

Selon un institut coréen, environ 800 000 touristes ont choisi la Corée du Sud comme destination l’an dernier à cause de BTS, soit plus de 7% du nombre total de visiteurs.

Musique

Le groupe de hip-hop latino Cypress Hill dévoile son étoile à Hollywood

LOS ANGELES — Le groupe américain de hip-hop latino Cypress Hill a dévoilé jeudi son étoile sur le «Walk of Fame» d’Hollywood à Los Angeles, la ville où ils ont formé leur groupe il y a plus de trois décennies.

«C’est complètement surréaliste», s’est exclamé Lawrence Muggerud, allias DJ Muggs, en parlant à l’AFP. «Nous venions ici quand nous étions enfants, nous regardions ces étoiles. Nous n’avons jamais pensé que nous en aurions une un jour».

«Nous représentons le hip-hop, les Latinos, la musique, les rêves. C’est merveilleux de fêter ça avec la famille», a-t-il ajouté, plus de 30 ans après la formation du premier groupe latino à avoir obtenu un disque de platine aux États-Unis, marquant la vente de plus d’un million de disques. Ils ont depuis vendu plus de 18 millions d’albums.

«Avant la musique, j’étais dans un gang, et il n’y a pas beaucoup de moyens d’en sortir, comme vous savez - c’est généralement la prison ou le cimetière», explique Lawrence Muggerud, avec Louis Freese, allias B-Real, à ses côtés.

«Mes frères ont vu quelque chose en moi et m’ont dirigé vers la musique et nous avons formé Cypress Hill», ajoute-t-il.

Musique

Johnny Cash honoré d'une statue au Capitole américain

WASHINGTON — Une statue de Johnny Cash, légende de la musique country, va faire son entrée au Capitole américain à Washington, son état natal de l’Arkansas ayant décidé de remplacer ses actuelles figures controversées, associées à la suprématie blanche.

Chaque État américain entrepose deux sculptures dans la salle des statues (Statuary Hal»), une grande galerie située à l’intérieur du Capitole, bâtiment accueillant le Congrès des États-Unis.

Les deux figures du siècle dernier qui y représentent l’Arkansas ont récemment fait l’objet de vives critiques, avec en toile de fond un mouvement réclamant de faire tomber les symboles des États confédérés, territoires ayant défendu l’esclavage pendant la guerre de Sécession.

Ancien État membre de la confédération, l’Arkansas a annoncé que l’une de ses deux statues représenterait désormais Johnny Cash, une icône dont les titres, interprétés avec sa légendaire voix grave, ont traversé les générations.

L’auteur de I Walk the Line, décédé en 2003 à Nashville, sera accompagné dans cette salle des statues du Congrès par Daisy Bates, une journaliste noire américaine, figure de la lutte pour les droits civiques, après un vote en ce sens au Sénat de l’Arkansas.

Daisy Bates a joué un rôle important dans le combat de neuf élèves noirs de Little Rock pour être intégrés dans un lycée de la capitale de l’Arkansas, où le président Eisenhower avait envoyé l’armée en 1957 pour permettre leur intégration.

Le gouverneur actuel de cet État, Asa Hutchinson, un républicain, a salué Mme Bates comme étant une source d’inspiration, et décrit la période de la lutte pour les droits civiques comme «une partie essentielle de notre histoire qui en dit beaucoup sur notre courage et sur nous en tant qu’État».

«La plupart de ceux impliqués dans la discussion se sont entendus sur le besoin de changer les statues avec des représentants de notre histoire plus récente», a ajouté l’élu conservateur.

Les statues de James Paul Clarke, un sénateur et gouverneur de l’Arkansas ayant soutenu avec force la ségrégation au tournant du XXe siècle, et d’Uriah Rose, un avocat ayant appuyé la confédération, vont donc être retirées.

Arts et spectacles

Le jazz s’éclate à Québec en juin [VIDÉO]

Une centaine de musiciens, une trentaine de spectacles, une dizaines de salles du centre-ville, le Festival Québec Jazz en juin met la barre haut pour sa première édition. Les prestations du trompettiste Christian Scott aTundeAdjuah, du bassiste et ex-membre d’UZEB Alain Caron et de la légendaire chanteuse américaine Sheila Jordan s’annoncent comme les moments forts de l’événement, présenté du 20 au 30 juin.

Les codirecteurs artistiques Simon Couillard et Patricia Deslauriers ne cachent pas leur enthousiasme à l’idée de combler les amateurs de la note bleue avec une autre performance phare, soit le concert du Brad Mehldau Quintet, le 25 juin, au Grand Théâtre. Le pianiste américain est considéré comme l’un des musiciens de jazz les plus influents des deux dernières décennies.