Mulan (Yifei Liu)
Mulan (Yifei Liu)

Mulan: Une héroïne en avance sur son temps ***

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Mulan est le nouveau chapitre de l’adaptation en prises de vues réelles de classiques de l’animation de Disney. Cette mouture, signée Niki Caro, présente une héroïne qui rejette les stéréotypes féminins dans une société misogyne pour défendre l’honneur de sa famille et de son pays. Si la guerrière s’avère en avance sur son temps, elle s’avère un modèle très contemporain pour les jeunes filles d’aujourd’hui.

Contrairement au Livre de la jungle ou à La belle et la bête, qui ne s’éloignaient guère du récit initial, cette version du conte prend des libertés. Au revoir le dragon Mushu et bienvenue le chi — un don qui fait de Hua Mulan une acrobate hors-norme détenant une force intérieure dès son plus jeune âge.

Force est utilisé ici à escient — nous sommes chez Disney et les parallèles à tracer avec la saga Star Wars sont nombreux. Une mise en contexte s’impose toutefois avant d’aller plus loin.

À l’époque de la dynastie des Han (220 avant J.-C.), le pouvoir de l’empereur chinois est menacé par des envahisseurs du nord (des Hua), menés par Bori Khan (Jason Scott Lee). Pour défendre le territoire, l’empereur décrète qu’un homme par famille doit rejoindre l’armée.

Hua Mulan décide de se substituer à son père, un ancien héros de guerre diminué, en se faisant passer pour un homme (ce qui induit une intéressante réflexion sur l’identité de genre).

Au camp, l’étendue de son pouvoir ne restera pas longtemps dissimulée. Elle attire aussi l’attention de Xian Lang, la conseillère de Bori Khan. La puissante «sorcière» qui utilise son chi pour se métamorphoser tentera d’amener Mulan du côté obscur de la Force afin qu’elle puisse y déployer toutes ses capacités. Lorsque la jeune femme décidera de rester fidèle à la devise de sa famille — Loyale Brave Vraie —, elle s’évertuera à la conseiller de prendre sa place et ainsi de révéler sa vraie nature...

C’est donc sous sa réelle identité que Mulan mènera l’armée chinoise à la défense de l’Empereur (l’iconique Jet Li).

Dans le contexte, Mulan comporte plusieurs scènes d’arts martiaux, assez plaisantes. Mais ne vous attendez pas au faste spectaculaire de Tigre et Dragon (Ang Lee) ou du Secret des poignards volants (Zhang Yimou).

Peu importe ce qu’on pense de la stratégie de Disney d’offrir Mulan sur sa plateforme (au coût de 34,99$, à compter du 4 septembre), un constat s’impose : Mulan aurait gagné en amplitude, et donc en puissance d’impact, sur grand écran.

Pas seulement en raison de la superbe photographie, mais aussi parce que le long métrage comporte plusieurs scènes à grand déploiement, bien chorégraphiées (ce qui se révèle de plus en plus rare compte tenu des coûts et qui le sera encore plus au temps du coronavirus). Niki Caro (La femme du gardien de zoo) livre la marchandise.

Le long métrage comporte plusieurs scènes à grand déploiement

On peut toutefois déplorer que le scénario actualisé donne aussi peu d’épaisseur aux personnages secondaires, réduits à de simples faire-valoir, à l’exception de Xian Lang, jouée avec sa grâce habituelle par la grande Gong Li (Adieu ma concubine).

Gong Li interprète Xian Lang  avec sa grâce habituelle.

Cela dit, Mulan ne révolutionne rien. Il met de l’avant les inévitables valeurs de devoir, tradition, courage et respect de la famille. Ce qui n’a rien de mauvais en soi, mais ça manque de nuances. Sans compter que les personnages sont unidimensionnels.

Ça reste un bon divertissement, avec une fin satisfaisante où la légendaire Mulan ne repart pas au bras d’un prince. C’est déjà ça de gagné !

Au générique

Cote : ***

Titre : Mulan

Genre : Drame

Réalisatrice : Niki Caro

Acteurs : Yifei Liu, Donnie Yen, Tzi Ma

Durée : 1h55