Les actrices Juliette Gosselin, Noémie O’Farrell et Mounia Zahzam forment le trio des Fabuleuses.

Mounia, la fabuleuse

Jusqu’où doit-on aller pour «réussir» dans la vie et cartonner sur les réseaux sociaux? C’est ce qu’Élizabeth et ses deux copines Laurie et Clara découvrent, le temps d’un été, dans Fabuleuses, le premier long-métrage de la réalisatrice Mélanie Charbonneau. Au coeur de ce trio de jeunes actrices, plusieurs reconnaîtront l’ex-Granbyenne Mounia Zahzam.

Pour cette première incursion au cinéma, la jeune femme de 30 ans ne pouvait rêver d’un plus beau rôle.

C’est son amie Noémie O’Farrell, qui incarne Laurie dans Fabuleuses, qui l’a recommandée à la réalisatrice Mélanie Charbonneau pour cette production. «Elle m’a appelée. On a pris un verre ensemble, elle m’a envoyé le texte et je suis passée en audition. Mélanie m’a dit : ‘‘commence tout de suite à te faire pousser les poils en dessous des bras’’!», raconte-t-elle.

Ah bon? «Élizabeth est un personnage fantastique. C’est une jeune femme féministe engagée, libre de corps et de pensée, qui veut encourager la femme à être encore plus libre et dénoncer toutes les publicités sexistes. Elle est très consciente de ce qui se passe dans le monde. Elle aime les filles. Et parallèlement à ça, elle est violoncelliste, ce qui veut dire que j’ai dû apprendre le violoncelle!» rigole Mounia.

En tournée de théâtre à ce moment, Mounia a donc dû se familiariser avec le maniement de l’instrument en accéléré, à raison d’au moins une heure et demie par jour pour avoir le bon doigté. «Ce n’est pas moi qu’on entend dans le film, mais on me voit jouer. J’ai travaillé fort pour que ça ait l’air vrai.»

Dans Fabuleuses, elle est aussi accompagnée de Juliette Gosselin, qui joue Clara, une star des réseaux sociaux, pourtant minée par la solitude. Son amie Noémie, elle, interprète Laurie, qui souhaite désespérément se faire embaucher dans un magazine numérique, mais qui n’a pas suffisamment d’abonnés sur le web pour obtenir le poste. Son Élizabeth, elle, farouchement opposée aux diktats, s’insurge contre ce phénomène, bien qu’elle y touchera un peu...

«C’est quelque chose qui est très présent de nos jours, même quand on passe des auditions. On nous demande si on est actifs sur les réseaux sociaux. C’est une réalité troublante», fait remarquer Mounia.

Quand elle a lu le scénario, elle avoue d’ailleurs s’être reconnue dans ce personnage qui ne sait pas trop où se situer par rapport à ces réseaux. «Ceci dit, ce n’est pas un film qui dénonce. On montre seulement trois réalités parallèles face au phénomène. Si ça avait été moralisateur, je pense que j’aurais refusé de le faire.»

Plusieurs années à Granby

Née en Algérie, Mounia est arrivée au Québec avec sa famille en 1997 à l’âge de huit ans. C’est en 2000 que les Zahzam se sont établis à Granby, où le travail a conduit le père.

«J’y ai vécu de 2000 à 2007, de la fin du primaire à la fin du secondaire», relate celle qui a fréquenté l’École secondaire du Verbe Divin.

Très jeune, elle savait déjà que le métier de comédienne était pour elle. «J’ai eu deux profs de théâtre, François Laramée et Mélissa Dion Des Landes, qui m’ont ouvert l’esprit et encouragée à me lancer là-dedans. Moi et Vanessa Borduas en fait. On était de très bonnes amies», dit-elle.

Son parcours théâtral l’a menée au Collège Lionel-Groulx, puis à l’École nationale de théâtre, qu’elle a quittée il y a quatre ans avec un diplôme en poche. Depuis, elle a surtout concentré ses énergies sur le théâtre, jouant dans plusieurs établissements de Montréal et même en France.

Elle s’est fait remarquer davantage du grand public dans la web-série Dominos, qui a remporté le prix de la meilleure série digitale à Cannes en 2018.

Énergie féminine

Le tournage de Fabuleuses s’est déroulé à Montréal en septembre dernier durant environ un mois et demi. «J’ai adoré l’expérience. On avait beaucoup de place pour la composition et la création. J’ai aimé créer mon personnage, trouver les nuances d’Élizabeth, trouver ce qui me rapproche d’elle et m’éloigne d’elle.»

Côté similitudes, elle a un peu retrouvé la Mounia de son adolescence à Granby. La fille révoltée, dit-elle, qui se cherchait «tellement».

La comédienne souligne le climat agréable qui régnait sur ce plateau majoritairement féminin. «Il y avait une énergie féminine très forte. J’ai eu l’impression d’avoir vraiment mis la main à la pâte; dans ce projet, je n’ai pas été seulement une interprète.»

Et ce qu’elle a pu voir à ce jour — un premier jet présenté en janvier dernier — lui a plu. «J’observais tout, mes doigts quand je jouais du violoncelle, tout! J’étais très stressée. Je voulais vraiment bien faire, car c’est une grosse production. Mais je suis contente de ce que j’ai fait. Je pense que je m’en sors pas mal!»

Fabuleuses sort le 23 août partout en province.