Laurence Leboeuf et Patrick Hivon étaient les premiers choix de l’équipe pour incarner les rôles principaux et leur réponse a été positive.

Mont Foster: un thriller psychologique tourné dans la région

Tout a commencé par une balade en voiture. Louis Godbout roulait un jour d’hiver 2017 sur le chemin de Glen avec sa conjointe, son fils et sa bru, lorsque le garçon a fait remarquer à quel point le décor distillait une aura de mystère digne d’un film d’horreur. Il n’en fallait pas plus pour faire germer l’idée dans l’esprit du scénariste et réalisateur du long métrage Mont Foster.

« Le soir même, j’ai commencé à écrire. On a tourné quelques scènes à Knowlton, mais le gros du film a été tourné dans la montagne », raconte le Montréalais qui connaît bien la région. Fait amusant, l’inspiration lui est aussi venue... des dindons sauvages qui peuplent le mont Foster et les alentours de Saint-Étienne-de-Bolton.

« La veille, on avait vu un énorme dindon, alors à la blague, j’ai lancé qu’on pourrait en inclure dans le scénario et l’intituler Les dindons de la mort ! Mais il y avait vraiment quelque chose là, alors j’ai imaginé une histoire. »

Cette histoire, c’est celle d’un couple, Mathieu (Patrick Hivon) et Chloé (Laurence Leboeuf), qui se retire après un moment difficile pour panser ses blessures et se retrouver. Dans ce huis clos, la femme commence à avoir un comportement étrange et lui se questionne. « Ils ont chacun leur perspective de ce qui se passe. C’est un thriller psychologique, mais accessible à tout le monde, car il porte sur l’amour, le déni, le déséquilibre psychologique et la nature. »

Louis Godbout s’est aussi laissé inspirer par le poème Le roi des aulnes de Goethe dans lequel un père et son fils, à dos de cheval, traversent une forêt au galop. Alors que le fils voit des choses qui l’angoissent, le père ne le prend pas au sérieux. « C’est une oeuvre étrange et angoissante. Mont Foster est un peu comme une transposition de ce poème. »

Dotés d’un budget d’un peu moins d’un million de dollars, M. Godbout et sa petite équipe de production ont tourné en ordre chronologique du 25 septembre au 15 octobre, en pleine flambée des couleurs. « Il y avait un certain défi avec la météo, mais on a été assez chanceux. On a eu du brouillard et du soleil quand il en fallait. Et malgré quelques petits compromis, je suis assez satisfait ! »

Grâce à ses contacts personnels, il a lui été possible de louer une grande maison contemporaine dans la montagne. Oui, plusieurs scènes sont intérieures, mais le décor devient aussi un personnage en soi. « On va reconnaître la montagne et on va surtout reconnaître les Cantons-de-l’Est. La nature est très présente dans le film. »

Nouveau venu

Étonnamment, à 54 ans, Louis Godbout est un nouveau venu dans le milieu du cinéma. L’ancien professeur de philosophie et auteur a embrassé cette carrière grâce à son tout premier film, Coda, qui vient tout juste de paraître sur les écrans américains. Tout a commencé par un scénario qui reposait dans un de ses tiroirs, par l’envie de le voir produire, par un contact à Los Angeles, puis par l’embauche d’acteurs de renom.

« Pour mon premier scénario, je me suis retrouvé sur un plateau de tournage avec Patrick Stewart et Katie Holmes. C’était complètement surréaliste ! », admet-il en riant. Tourné en anglais, ce film de genre sera en salle pour quelque temps aux États-Unis. Un distributeur est présentement recherché pour le diffuser au Canada.

C’est donc fort de cette première expérience que Louis Godbout s’est lancé dans celle de Mont Foster, cette fois à titre de scénariste et de réalisateur. « J’ai vu ce que c’était un tournage et une salle de montage, et j’ai trouvé que c’était un métier très intéressant dans toutes ses dimensions », dit-il.

Il ne cache pas qu’avoir Laurence Leboeuf, Patrick Hivon, mais également Émile Proulx-Cloutier et Lucie Laurier comme têtes d’affiche n’est pas banal pour quelqu’un qui commence dans le métier. Laurence, pour une, a été conquise par le scénario. Elle et Patrick Hivon étaient les premiers choix de l’équipe et leur réponse a été positive. « Ce sont deux personnes extrêmement professionnelles, très intéressées par le rôle et non pas le flafla autour. Ç’a été une expérience extraordinaire avec eux. »

Le scénariste et réalisateur du film Mont Foster, Louis Godbout, connaît bien la région.

Déjà présenté au 43e Mostra Internacional de Cinema São Paulo au Brésil en octobre dernier, Mont Foster sera d’abord diffusé aux Rendez-Vous Québec Cinéma le 2 mars, avant de sortir en salle le 13 mars.

Louis Godbout espère que son long métrage rayonnera au-delà des principales villes du Québec et qu’il atteindra la région. On ne serait pas surpris non plus de le voir à l’affiche du prochain Festival du cinéma de Knowlton, en août 2020...