Milk & Bone: tournées vers l’avenir

Les filles du duo Milk & Bone ont beaucoup de plaisir par les temps qui courent. Non seulement ont-elles bâti « un spectacle qu’on voulait faire » pour partir en tournée avec leur deuxième album, Deception Bay, mais elles ont également « défié le timing » et s’apprêtent, à peine plus d’un an après avoir dévoilé leur nouveau matériel, à lancer un nouvel EP, réalisé en collaboration avec le producteur belge Alex Lustig.

aurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin en ont d’ailleurs dévoilé un premier extrait, Ride or Die, le 26 mars dernier. Un opus rétrowave à travers lequel le duo électro-pop montréalais explore de nouvelles sonorités, empreintes de la nostalgie des années 80.

« Alex, c’est un ami à moi. Il vient souvent à Montréal, et on a profité de l’un de ses passages pour se booker trois jours avec comme objectif de composer, écrire, mixer et enregistrer une chanson. On en a finalement fait huit », raconte Camille au bout du fil. 

« Ça fait qu’on s’est dit : profitons du timing ! Défions-le ! Pourquoi ne pas sortir un EP là, tout de suite ? »

Quatre chansons, dont Ride or Die est la première, verront ainsi prochainement le jour. Mais ce n’est pas la prémisse à un album complet, avertit celle qui est autrement connue sous le nom de KROY. « La création à deux est déjà assez intense, je ne nous vois pas amener une troisième personne dans notre dynamique. »

En tournée

Cette nouvelle chanson, comme une autre dont elle refuse de dévoiler « l’identité », seront d’ailleurs interprétées ce samedi, lors de leur spectacle au Théâtre Lac-Brome. Un spectacle qu’elles ont pris le temps de monter, qu’elles voulaient faire, qui leur ressemble et pour lequel elles ont investi dans un décor.

« La première tournée s’est un peu montée dans l’urgence. Peut-être qu’on aurait eu intérêt à prendre plus notre temps… Là, on l’a fait, et on a quelque chose qui ressemble à Milk & Bone aujourd’hui. On avait envie de danser, plutôt que d’être statique sur scène. De performer, plutôt que de simplement livrer notre musique. De connecter avec le public, d’aller à sa rencontre, de le faire participer », indique Camille Poliquin.

Le décor qu’elles ont adopté, « une structure qui nous sert de vaisseau spatial pour tenir tous nos instruments », les aide en ce sens. « Grâce à des jeux de miroirs et de lumières sur lui, il sert aussi à capter le regard des spectateurs lors de moments plus intimes, plutôt qu’il soit toujours braqué sur nous. C’est vraiment la traduction visuelle de notre musique », ajoute-t-elle.

Évidemment, le spectacle de cette deuxième tournée se concentre principalement sur les pièces qui composent Deception Bay. Cet album, lancé en février 2018, s’est mérité une place dans la longue liste des Prix Polaris, en plus d’une seconde nomination à l’ADISQ (Album anglophone de l’année) ainsi que le Juno de l’Album électro.

Si sur leur premier disque, Little Mourning (2015), les filles, à fleur de peau, dressaient davantage le constat de leurs déceptions humaines et amoureuses, cette fois-ci, elles partent de celui-ci pour continuer d’avancer, laissant présager ainsi un futur plus lumineux. « On a été déçues par rapport à ce à quoi on s’attendait, mais on se tourne vers l’avenir, on a envie d’aller voir plus loin ce qui s’y trouve », indique Camille.

« C’est drôle parce qu’en salle, on a l’impression que les gens sont sur la même vibe que nous, reprend-elle. Un peu comme si on vivait tout ça en même temps. »

Et puis quoi encore ?

Même si le succès leur tombe un peu dessus depuis leurs débuts en 2015, Laurence Lafond et Camille Poliquin sont loin de paniquer, encore moins de s’enfler la tête. « Il n’y a rien qui peut aller trop vite, on aime tellement ce qu’on fait ! On n’avait même pas prévu faire de la musique ensemble de manière professionnelle, alors tout ce qui nous arrive, ce n’est que du bonus. Ça ne va ni trop vite, ni trop lentement. On a de l’ambition, mais pas d’attentes élevées, on fait juste en profiter et c’est malade », avance cette dernière.

Mais si elle avait un souhait à formuler, c’est celui de percer l’Asie, un territoire « sur notre bucket list », affirme la moitié du duo qui se promène déjà en Europe et aux États-Unis.

« Chaque fois qu’on a l’occasion de le lancer dans l’univers, on le fait. »

En voilà une de plus !

VOUS VOULEZ Y ALLER ?

Quand : ce samedi 20 avril à 20 h

 : au Théâtre Lac-Brome

Billets : theatrelacbrome.ca

Milk & Bone sera également en spectacle sur la scène principale du nouveau festival Soif de musique à Cowansville le 11 juillet prochain. Pour infos et billets : http ://soifdemusique.com/