Martin Lizotte a beau travailler surtout dans l’ombre, il sait certainement piquer la curiosité.

Martin Lizotte, plus qu’un pianiste

Martin Lizotte a beau travailler surtout dans l’ombre, il sait certainement piquer la curiosité. Quand il monte sur scène, il invite le public à une soirée «vins et fromages», durant laquelle il recherche «les meilleurs accords sons et images» grâce à son piano, des projections vidéo (qu’il a lui-même réalisées) ainsi qu’une «boîte à surprise de sonorités et de bidules fantaisistes qu’il incorpore à sa mise en scène».

«Les gens vont en avoir plein leurs yeux et leurs oreilles», promet-il au bout du fil. «J’improvise beaucoup, je me laisse toujours cette porte ouverte, et il m’arrive même de déborder du cadre de la musique pour partager tout ce qui me passe par la tête avec un brin d’humour.»

Avec lui sur scène, son fidèle complice Mathieu Désy, «le seul docteur en contrebasse au pays» et réalisateur de ses deux albums. «Il est hallucinant, il joue de la contrebasse à cinq cordes et réussit à aller chercher des effets de violoncelle je ne sais trop comment», soutient le musicien.

«Quand je compose, je cherche toutes les tournures possibles de mélodie. Je suis assez intuitif dans ma façon de travailler. Un peu comme un scientifique.»

Drôle de bibitte

C’est donc à une véritable aventure que Martin Lizotte convie les spectateurs désireux de découvrir la drôle de bibitte qu’il est. 

Pianiste, claviériste et compositeur depuis plus de 15 ans, il a travaillé — et travaille encore — avec bon nombre de noms de la scène musicale québécoise. Les Daniel Bélanger, Jean Leloup, Martin Léon, Bernard Adamus, Yann Perreau et Karkwa de ce monde.

Il a en parallèle composé des trames sonores de documentaires, et même pour des troupes de cirque.

Bizarrement, avant son premier album, Pianolitudes, qui a été sélectionné à l’ADISQ en 2014 dans la catégorie Album instrumental, il n’avait jamais été propriétaire d’un piano, raconte-t-il. «Je jouais toujours sur l’instrument des autres. J’avais un bon inventaire de claviers, par contre, mais je suis devenu père, et j’ai eu envie de quelque chose de plus épuré.»

Il s’est donc procuré son premier «vrai piano», et a eu envie d’enregistrer un disque. «Quand je compose, je cherche toutes les tournures possibles de mélodie. Je suis assez intuitif dans ma façon de travailler. Un peu comme un scientifique», illustre celui qui a d’abord tenté sa chance en sciences pures au cégep avant de s’inscrire en musique.

«C’est aussi une forme de méditation, enchaîne-t-il. Je pars à la recherche d’un certain état de grâce.» C’est peut-être parce qu’il y réussit qu’on dit de son deuxième album, Ubiquité, qu’il s’agit d’une «oeuvre modern classic vagabonde et mystique»...

À l’instar de la première, cette dernière offrande suit la naissance de son deuxième enfant. «Chaque pièce est liée à un moment particulier, un peu comme un bibelot qu’on rapporte comme souvenir de voyage», image-t-il. 

Ubiquité a également remporté en 2018 les prix d’Album expérimental aux GAMIQ et d’Album instrumental à l’ADISQ. Faits à souligner: ces honneurs arrivent 20 ans après avoir gagné son tout premier prix: la finale nationale de Cégeps en spectacle, en 1998, avec son trio Maelstrom.

Le disque est par ailleurs, vous l’aurez deviné, au coeur du spectacle inusité qu’il viendra présenter à la Maison de la culture de Waterloo, vendredi prochain.

Comme Martin Lizotte est devenu papa une troisième fois il y a peu, il y a fort à parier qu’un troisième album devrait voir le jour éventuellement. «Il faut que je m’y mette!», concède-t-il en riant.