Dans son atelier des Lofts Bedford, Marilyn Bergevin-Armand invente des courtepointes comme à l’époque de nos aïeules, mais dans un style minimaliste et très moderne.

Marilyn Bergevin-Armand: un bout de tissu à la fois

Marilyn Bergevin-Armand a trouvé sa place au milieu d’une mer de fil et de tissu de toutes les couleurs. Dans sa quête de l’essentiel, la jeune femme a suivi son instinct pour pratiquer l’art ancestral de la courtepointe. En lui ajoutant sa touche bien contemporaine.

Établie à Dunham depuis trois ans avec son conjoint, elle a officiellement lancé Le point visible en octobre dernier, grâce entre autres au programme Soutien aux travailleurs autonomes. En avril, sa petite microentreprise a d’ailleurs mérité le prix Coup de cœur du volet « Création d’entreprise » du Défi OSEntreprendre dans Brome-Missisquoi.

Initiée très jeune à la couture par sa grand-mère, Marilyn a pourtant fait un grand détour avant de revenir à sa passion. Après une maîtrise en relations internationales, elle a travaillé en gestion d’entreprises, jusqu’à ce qu’une remise en question s’impose. « J’étais en train de me brûler dans mon travail et je commençais à avoir des signes de burn-out. J’étais jeune et je ne voulais pas entrer dans ce moule. J’avais envie de faire quelque chose qui me plaisait vraiment », explique-t-elle. 

Entre son rêve de démarrer son entreprise textile et la réalité, il n’y avait qu’un pas qu’elle a franchi avec détermination. « Aujourd’hui, je travaille encore beaucoup, mais je ne vois pas les heures passer ! Je cherche un équilibre dans ma vie et c’est la voie qui me rejoint le plus. Je tripe sur mon métier ! »

Ce qu’elle fait, dans son atelier des Lofts Bedford, ce sont des courtepointes comme à l’époque de nos aïeules, mais dans un style minimaliste et très moderne. 

« J’ai redécouvert la technique de la courtepointe et je voulais l’approfondir. C’est une vieille méthode qu’on n’utilise plus. Pourtant, ça permet de créer des choses qui durent des générations grâce aux surpiqûres qui font que le tissu ne bouge plus. »

Aux côtés de sa complice France du Cercle de fermières de Cowansville, elle en a appris tous les rudiments durant deux ans. Et comme pour bien des jeunes adultes, le volet écologique et durable de la courtepointe a pesé dans la balance. « Mon but est de récupérer le textile. Quatre-vingts pour cent de mes tissus sont neufs, mais de seconde main », affirme celle qui s’approvisionne notamment des surplus d’entreprises et de designers.

Résultat : son atelier regorge de tissus de qualité, multicolores, et de matières variées, qui n’attendent que ses doigts pour se transformer en couettes, en jetés, en doudous, en sacs, en napperons, en trousses et même en vêtements ! « La courtepointe n’est pas qu’une couverture ; c’est une technique qui permet de faire plein de choses », rappelle l’artisane.

Contrairement aux grands-mères qui cousaient à la main, Marilyne peut heureusement compter sur une surpiqueuse en main libre, qui lui permet de travailler plus rapidement, en y ajoutant les motifs de son choix. Tous les morceaux de tissu sont toutefois découpés et assemblés de sa main. 

Devant la gamme infinie d’étoffes et de motifs possibles, chaque œuvre est unique en son genre et confectionnée selon les désirs de ses clients. « Les gens cherchent surtout un mood », constate la courtepointière.

Une création de la courtepointière

Des kits à faire soi-même

Jamais à court d’idées, Marilyn vient de lancer ses premiers kits de courtepointe à faire soi-même. « Je sais que c’est un peu compliqué de s’équiper, alors je fournis un ensemble clé en main avec le tissu récupéré précoupé, la bourre, les épingles, le patron et le manuel d’instruction. Ça ne prend que du fil, des ciseaux, une machine à coudre et savoir coudre en ligne droite... »

Un tel kit — de niveau débutant/intermédiaire — permet d’apprendre les rudiments de la courtepointe à la maison et promet, assure-t-elle, des heures de plaisir. Avec, au final, une doudou pour enfants exclusive. 

Des kits pour confectionner des jetés et des couvertures sont aussi dans ses plans.

Le point visible est accessible sur Facebook, Instagram, Pinterest et sur le site lepointvisible.com