«Le répertoire des crooners semble facile à interpréter, mais ça ne l’est pas du tout, enchaîne-t-elle. Ça demande un laisser-aller qui commande une connaissance sur le bout de nos doigts des chansons à livrer.»

Marie-Ève Janvier et les Gentlemen: le «grand retour»

Mercredi prochain, Marie-Ève Janvier effectuera son «grand retour sur scène» pour une tournée d’une vingtaine de représentations du nouveau spectacle Forever Gentlemen, aux côtés de Garou, Roch Voisine et Corneille.

Il s’agira pour la chanteuse originaire de Roxton Pond d’une seconde incursion dans le monde des crooners des années 50 et 60, elle qui avait été l’artiste invitée lors de la première mouture de cette même tournée, en 2015.

Cette fois, cependant, elle fera partie intégrante du spectacle, et sera littéralement considérée comme «one of the boys». «C’est vraiment un spectacle à quatre. Je participe à 85 % du show, soit en duo avec l’un des gars, en interprétant des chansons en groupe, et même en solo, à deux reprises», fait-elle valoir. «On me considère vraiment comme une gentlewoman.»

C’est Roch Voisine, dit-elle, qui l’a contactée pour tâter son intérêt à participer au projet à la base masculin. «Ma réflexion a duré une demi-seconde», se rappelle-t-elle. «C’est vraiment un répertoire que j’affectionne particulièrement pour son élégance et son romantisme.»

Marie-Ève Janvier s’en donnera d’ailleurs à cœur joie sur scène en se faisant séductrice. «Dès mon entrée sur scène, en belle robe rouge, je jouerai les provocatrices. C’est en fait la grosse nouveauté dans la dynamique du spectacle d’avoir une fille sur scène. Les gars joueront beaucoup la carte de la séduction, à savoir qui va gagner mon cœur. C’est peut-être un peu cliché, mais ça cadre parfaitement avec l’époque, avec les propos des chansons. Je vais me payer la totale, car je me considère bien privilégiée de me faire courtiser par Garou, Roch Voisine et Corneille», raconte-t-elle en riant.

À l’ère des #MeToo et autres mouvements féministes, la jeune femme de 34 ans ne voit aucun pas de recul à accepter un tel rôle. «Au contraire! On associe souvent l’époque des crooners aux hommes. Mais on oublie qu’il y a eu beaucoup de grandes chanteuses comme Ella Fitzgerald et Natalie Cole, des femmes de caractère, des femmes de tête, qui ont su s’imposer. C’est tout à fait dans l’air du temps.»

Sa présence féminine permet également de toucher ce répertoire féminin trop souvent mis de côté quand on fait référence à cette époque d’ambiance feutrée, de smokings et de paillettes, ajoute-t-elle.

Les trois gentlemen: Garou, Corneille et Roch Voisine.

Premières amours

Marie-Ève Janvier fait davantage carrière en radio (Rythme FM) et en télévision (L’amour est dans le pré, dont une 8e saison vient d’être confirmée) depuis quelques années — sa dernière tournée sur scène remonte à 2013, à l’époque de Noël à deux, avec son amoureux depuis belle lurette Jean-François Breau. C’est pourquoi elle se considère d’autant plus chanceuse, comme chanteuse à la base, d’avoir reçu cette invitation des crooners, qu’elle considère comme une belle occasion de renouer avec ses premières amours.

«C’est un des plus beaux trips de gang que j’ai vécus dans ma vie. En plus, on a la chance d’avoir un big band, un orchestre de plus de 10 musiciens qui nous accompagne. C’est le fantasme de beaucoup de chanteurs. Ça n’existe presque plus, mais ça sonne tellement! Je me dis que j’aimerais passer ne serait-ce qu’un spectacle dos au public, juste à les regarder jouer et chanter avec eux», dit celle qui est en répétition depuis le début de la semaine en vue de la tournée qui s’amorce le 1er mai prochain.

«Le répertoire des crooners semble facile à interpréter, mais ça ne l’est pas du tout, enchaîne-t-elle. Ça demande un laisser-aller qui commande une connaissance sur le bout de nos doigts des chansons à livrer.»

S’individualiser

Quoi qu’il en soit, elle «savoure littéralement chaque seconde et chaque note» de cette expérience, qui durera en tout et pour tout un mois et demi. «Avec Léa [sa petite fille de 3 ans], je ne repartirais pas en tournée comme je le faisais avant. Ce contrat-là, c’est juste parfait.»

Pour l’instant, donc, on peut en déduire que le tandem Breau-Janvier a mis ses projets communs sur pause. «Il n’est pas complètement mort, se défend la moitié féminine du duo, mais disons que depuis quelques années, on sent le besoin d’individualiser nos activités professionnelles, de se réaliser chacun de son bord, d’explorer des avenues dans lesquelles on ne se serait pas nécessairement aventurés à deux. Et c’est bien comme ça! Ça permet de mieux se retrouver en tant que couple.»

«Je crois que notre duo professionnel est surtout né du désir du public, à la suite de Don Juan, de nous voir faire quelque chose ensemble, Jean-François et moi, poursuit-elle. Il y avait un besoin, un désir à combler auprès des gens, et on l’a fait. Mais là, on sent qu’on n’a plus nécessairement quelque chose à apporter. Si ça revient, on sautera sur l’occasion, mais pour l’instant, on ne sait plus trop ce qu’on pourrait faire ensemble. Il a ses Salebarbes (groupe formé avec Éloi Painchaud et Kevin McIntyre), je n’ai pas trop rapport là-dedans; j’ai ma radio et mon show télé. On alimente autre chose. J’aime ma vie comme elle est en ce moment. Avec sa certaine stabilité et ses incontournables imprévus.»

Le spectacle Forever Gentlemen sera à Québec les 14 et 15 juin au Capitole. Les détails et d'autres dates sur leur site Internet.