Marcel St-Martin a poursuivi une carrière comme fonctionnaire au ministère des Transports, sans jamais que sa passion pour le chant ne se tarisse.

Marcel St-Martin: soliste à 95 ans

À 95 ans, Marcel St-Martin a interprété le traditionnel Minuit Chrétien lors de la messe de minuit à la paroisse des Pères Trinitaires. Son chant le mène aussi à travers les centres d’hébergement pour aînés de la région, où il va à la rencontre de « ses petits-vieux  », tous plus jeunes que lui. Le 26 décembre, son fils et sa belle-fille nous ont accueillis dans leur salon pour une discussion avec cet homme dont la flamme de la passion brûle toujours.

Il peut se targuer d’avoir « un très grand répertoire » composé de classiques, de chants d’opéra et de certains morceaux populaires, le tout en français, en anglais et en italien. Ces chansons, il les a interprétées lors de mariages, de cérémonies religieuses, de funérailles et à bien d’autres occasions. « J’ai chanté dans toutes les églises de Granby », affirme-t-il. 

Il n’en était pas à sa première messe de minuit, encore moins son premier Minuit Chrétien, alors qu’il se souvient l’avoir chanté à 14 reprises dans différentes messes et dans les chaumières une année dans la paroisse Saint-Luc. 

Toutefois, l’église était moins pleine cette année. C’était la même chose l’année dernière, et les autres qui l’ont précédée. « Je trouve ça triste », déplore-t-il. 

Chanteur depuis 1935

« J’ai commencé en 1935, avec les frères du Sacré-Cœur. Plus tard, dans les années 40, je faisais partie de la chorale Sainte-Famille. Dans ce temps-là, c’était une chorale mixte, une grosse chorale », se souvient-il. 

Il a ensuite suivi des cours à Montréal auprès d’un « grand professeur », Albert Cornellier. « Je l’ai cultivé, ma voix », assure-t-il. 

La musique, elle, a fait partie de sa vie depuis plus longtemps encore. 

Pendant les années de la crise économique, la radio « était toujours branchée sur les chansons populaires françaises et j’en connais une panoplie », relate M. St-Martin, puisque sa mère en interprétait tout le temps dans la maison. Ses deux parents avaient de belles voix. Son père, Ulric St-Martin, a occupé le poste de chef de la police de Granby de 1942 à 1956.

Marcel St-Martin a poursuivi une carrière comme fonctionnaire au ministère des Transports, sans jamais que sa passion pour le chant ne se tarisse. 

Son fils aîné, Jean-François, a grandi dans les chants de son père. « Quand j’étais petit, je me souviens, il s’enfermait dans le salon et passait des fins de semaine à se pratiquer et à écouter sa musique classique. Le chant a toujours été dans la famille », raconte-t-il.

Il est aussi l’un des membres fondateurs du Chœur de l’Amitié, qui aura 50 ans en 2020. Chaque lundi soir, il y participe encore, incapable de mettre fin à cette habitude. 

Un des beaux souvenirs qu’il chérit, c’est d’avoir interprété le solo de la chanson Climb Every Mountain lors de leur concert avec l’Orchestre symphonique de Longueuil au Palace de Granby. 

Sa bru, Jocelyne Craig, garde dans son cœur le souvenir d’un spectacle qu’il a fait avec le Chœur classique au Palace, lors duquel le public en redemandait en scandant son nom. 

« Je me souviens de cette fois-là, le chef d’orchestre avait dit “qu’est-ce que vous voulez entendre” et tout le monde s’était mis à crier “Marcel ! Marcel ! ” Ça m’avait beaucoup ému », confie-t-elle. 

Son plus jeune fils, Rock, et sa petite fille Alicia font partie des Petits Chanteurs de Granby. 

La musique pour faire du bien

À une certaine époque, avec un groupe de chanteurs, ils se rendaient dans les chaumières de personnes démunies. « C’était émouvant, ils me faisaient des confidences. »

Il fait aussi partie d’un groupe qui chante dans les hôpitaux pour faire du bien aux patients. En solo, il fait la tournée de quelques centres d’hébergement pour aînés. « Je chante pour mes petits-vieux, mais je suis bien plus vieux qu’eux autres ! » dit-il en riant de bon cœur. 

Marcel St-Martin aurait bien aimé être professeur de chant, mais il n’a jamais appris à jouer du piano, ce qui a été « un boulet au pied » toute sa vie. 

Il compte s’inscrire à l’université du troisième âge pour la prochaine session. Quel cours va-t-il choisir ? « Celui avec le moins de rencontres ! » dit-il en s’esclaffant. 

Il offrira une prestation à l’église Sainte-Trinité avant la messe de 10 h le dimanche 29 décembre. 

Il interprétera alors la chanson Jésus de Nazareth de Charles Gounod. 

Une chose est claire pour Marcel St-Martin : il continuera de chanter « tant qu’il aura de la voix ».