Rébecca Brilvicas a été transformée en geisha le temps d’une soirée.
Rébecca Brilvicas a été transformée en geisha le temps d’une soirée.

L’univers japonisé de Rébecca Brilvicas

L’artiste Rébecca Brilvicas pourra bientôt exprimer publiquement toute l’affection qu’elle porte au Japon. De retour d’une résidence artistique dans ce pays, elle présentera cet été l’exposition À travers la nature à l’École d’art de Sutton. Ou Shizen o tōshite, si vous préférez.

Du 5 juillet au 30 septembre, la peintre accrochera ses oeuvres dans l’atrium du centre d’art de la rue Principale Sud. Le thème : le wabi-sabi, un mot-valise, dit-elle, évoquant la beauté de l’éphémère et la mise en valeur des choses imparfaites.

«Ce que je fais est très wabi-sabi...», note celle qui, au Japon, a notamment eu l’occasion de développer la technique du sumi-e, où l’encre de Chine est diluée à la faveur de jolis dégradés.

Niché dans la nature, en pleine campagne près de la ville de Komoro, le lieu de sa résidence artistique a ravi le côté contemplatif de la dame. «J’aimais la routine que j’ai développée autour de ma pratique, comme allumer un feu le matin et méditer. J’ai pu créer un vrai rituel chaque jour de création. J’étais vraiment bien.»

Elle n’était pas seule sur place. À la dernière minute, une bonne amie, elle aussi «artiste et planteuse d’arbres», a pu l’accompagner dans l’aventure. Mais mis à part un locataire de l’immeuble et une globe-trotteuse de passage dans le coin pour apprendre le japonais, les deux femmes ont pu créer en toute quiétude.

Neuf oeuvres nées là-bas feront d’ailleurs partie de l’exposition de Sutton. Rébecca y ajoutera aussi deux ou trois petites peintures datant de ses débuts dans l’art zen. Toujours peintes en noir et blanc, ses toiles sont couchées sur du papier de riz.

L’artiste au travail lors de sa résidence au Japon

Au Japon, l’offre de matériel artistique l’a d’ailleurs laissée pantoise. «Je ne m’attendais pas à voir autant de choix d’encre de Chine et de papier de riz. J’étais comme une enfant dans un magasin de bonbons, mais qui ne savait pas du tout quoi prendre, car tout était uniquement écrit en japonais!» D’autant plus que dans cette municipalité située à deux heures de route de Tokyo, personne ou presque ne parlait l’anglais.

N’empêche, Rébecca Brilvicas ne tarit pas d’éloges envers le peuple qu’elle a côtoyé. Invitée régulièrement à partager des repas de famille, elle a pu apprécier la nature «chaleureuse et accueillante» des Japonais. La dame et sa consoeur ont même fait l’objet d’articles dans des journaux locaux. Et elle n’est pas près d’oublier cette soirée où les convives l’ont transformée en geisha!

Pour le vernissage d’À travers la nature — dont la date n’est pas encore connue —, Rébecca Brilvicas se promet d’ailleurs de porter l’une des vestes de kimono qu’elle a rapportées du pays du Soleil levant.

Bref, cette expérience de 51 jours à l’autre bout du monde a enrichi sa vision et l’a rendue plus sereine face à sa vocation d’artiste visuelle, fait-elle remarquer. «C’est comme si la pratique de mon art avait fait un nouveau bond. J’ai appris beaucoup plus que je pensais, surtout techniquement. Ça m’a confirmé que j’avais confiance en ma pratique. Ça m’a ancrée. Je sais que je suis à ma place.»

Elle souhaite maintenant partager son savoir avec les gens de la région. En plus de son exposition, l’artiste offrira également des ateliers de calligraphie «méditative», le samedi, toujours à l’École d’art de Sutton. C’est aussi à cet endroit qu’elle animera des camps de jour, cet été, sous le thème du wabi-sabi.

On peut la joindre au 450 775-8338.