Le bédéiste français Jean-Marc Rochette vient de lancer deux nouveaux albums, «Le Loup» et «Transperceneige Extinctions».

Jean-Marc Rochette promis aux cimes, rattrapé par la BD

BRUXELLES — Aspirant guide dans sa jeunesse, stoppé net par un terrible accident de montagne, Jean-Marc Rochette, dessinateur culte du «Transperceneige», qui publie deux nouveaux albums, est devenu sur le tard une vedette de la bande dessinée.

Avec son regard bleu glacier, ses profondes pattes d’oie et sa barbe argentée, Jean-Marc Rochette, 63 ans, a de faux airs de guide de haute montagne. Mais ce destin, auquel il a voué sa jeunesse dans la région de Grenoble, s’est un jour heurté à un rocher, qui a atterri sur son visage en pleine ascension d’un sommet alpin.

Grièvement blessé, choqué, il abandonne ses rêves de montagne. Il deviendra artiste, dessinateur, auteur, comme il le raconte dans le poignant Ailefroide, album autobiographique sorti il y a un an chez Casterman.

Son franc-parler montagnard, lui, est toujours là. Une parole assurée, brute comme ses dessins. Par exemple, quand il raconte à l’AFP, lors d’une tournée de promotion à Bruxelles, la genèse de Loup, sa nouvelle BD qui décrit la lutte pour un territoire entre l’animal et un berger qui lui ressemble étrangement.

À l’origine, une rencontre dans sa vallée avec un berger victime d’une attaque de loup, qui lui décrit «les brebis agonisantes», «la charogne en putréfaction».

«Le type a dû tuer lui-même ses bêtes. C’était apocalyptique. Je me suis dit “C’est incroyable, c’est du Jack London!”» poursuit-il.

Classique immédiat

L’homme contre le loup : Rochette s’efforce d’éviter tout jugement sur ce sujet explosif. À peine concède-t-il être «plus pour la gestion du conflit que pour l’éradication» de l’animal.

Il met en avant sa «fibre écologique», dont son œuvre est empreinte.

Dans le Transperceneige, la saga qui le fait connaître au début des années 80, c’est un cataclysme climatique qui conduit pendant des décennies les passagers d’un train — toute l’humanité survivante — à un voyage sans but à travers les étendues gelées d’une terre ravagée. La lutte pour la survie y est impitoyable.

Scénarisée par Jacques Lob, l’œuvre éditée par Casterman, tout comme Loup, devient un classique immédiat de la BD d’anticipation.

La suite est plus rude. Ses albums se vendent peu. Au tournant des années 90, c’est L’Équipe, où il dessine le plus beau but et le plus bel essai de la semaine, qui le fait vivre.

Faute de succès dans la BD, il se décide, la cinquantaine approchant, «sans attaches familiales», à quitter la France dans les années 2000, pour tenter «l’aventure» à Berlin et se consacrer à la peinture.

Mais le destin le rattrape : à des milliers de kilomètres de là, dans une minuscule librairie de Séoul, le réalisateur coréen Bong Joon-ho, passionné de BD, tombe par hasard sur le Transperceneige.

Série Netflix

«J’ai tout lu d’une traite, debout dans la boutique. J’étais très jeune, mais je me suis dit: “Un jour, je l’adapterai au cinéma”», racontait le Coréen lors de la sortie du film en 2013.

La critique encense le long-métrage, tourné en anglais avec Chris Evans. Le film cartonne en Corée — 9 millions d’entrées — et relance dans le monde entier l’intérêt pour l’œuvre d’origine.

«Ça m’a sauvé», affirme Jean-Marc Rochette, ravi de le Palme d’or tout juste remportée par Bong Joon-ho pour son nouveau film Parasite.

«Sans lui, Le Transperceneige aurait été enterré. Ça a mis de la lumière sur moi et m’a permis de faire Ailefroide», déjà vendu à près de 60 000 exemplaires, un excellent chiffre pour une BD d’auteur.

Rochette partage désormais sa vie entre Paris l’hiver, où il dessine, et la région alpine de l’Oisans l’été, celle de son enfance, où il écrit. «On voit les Écrins de mon potager», sourit-il.

Et après 30 ans d’arrêt, il grimpe à nouveau, d’abord «des voies faciles», puis l’été dernier la Meije, une montagne du massif des Écrins.

Il profite aussi de cette renaissance pour sortir de nouveaux albums du Transperceneige, dont Extinctions, premier tome d’un antépisode en trois volumes, qui paraît parallèlement au Loup.

Un nouveau coup de projecteur se profile : une série adaptée de ses BD d’anticipation, avec Jennifer Connelly, est annoncée sur Netflix pour 2020.

Livres

Parution d'un roman inédit (et inachevé) de Françoise Sagan

PARIS — Un roman inédit et resté inachevé de Françoise Sagan, «Les quatre coins du coeur» sort en librairie jeudi près de quinze ans après la mort de l'auteure de «Bonjour tristesse».

Publié chez Plon, Les quatre coins du cœur n'avait pas été annoncé dans le programme de l'éditeur qui entend profiter de ce «coup» éditorial avec un tirage exceptionnel de 70 000 exemplaires.

Le petit monde de l'édition avait bruissé ces derniers mois de rumeurs autour de la sortie d'un ouvrage inédit d'un auteur décédé. Quelques magazines avaient évoqué pour ce livre-mystère un tirage faramineux (et improbable) de 250 000 exemplaires

On retrouve dans le roman signé Françoise Sagan le style distancié et sarcastique qui fait le charme de son œuvre. Mais on reste aussi sur sa faim. Le roman garde un gout d'inachevé.

Les personnages et les décors apparaissent un peu surannés. Fils d'un riche industriel tourangeau ayant fait fortune dans les légumes, Ludovic Cresson est victime d'un terrible accident de voiture (on pense évidemment à celui qui a failli couter la vie à la romancière en avril 1957). Avant l'accident, son couple battait déjà de l'aile. Marie-Laure, son épouse «sophistiquée et sans culture» dédaigne cet homme diminué. La mère de Marie-Laure, Fanny (dont le mari Quentin est mort dans un accident d'avion) n'est pas insensible au charme de son gendre...

C'est Denis Westhoff, le fils de la romancière, qui signe la préface de l'ouvrage.

Il raconte avoir découvert le manuscrit de ce roman presque par «miracle» après la mort de sa mère en 2004 étant donné que tous les biens de la romancière avaient été «saisis, vendus, donnés ou acquis de manière douteuse». L'ouvrage, en deux volumes "dactylographiés, avait été tellement photocopié que le contour des lettres n'était plus tout à fait net», ajoute le fils de la romancière.

«Le texte m'avait confondu par son écriture violemment saganesques, son caractère parfois impudent, sa tonalité si baroque et le rocambolesque de certaines péripéties», met en avant Denis Westhoff qui reconnait aussi avoir retouché l'ouvrage.

Le manuscrit était «privé de certains mots, parfois même de passages entiers», se justifie-t-il pour expliquer ses interventions. Denis Westhoff indique avoir apporté «les corrections qui [lui] semblaient nécessaires en prenant soin de ne pas toucher au style, ni au ton du roman».

Le texte s'achève sur le début d'une grande soirée où l'on suppose que les masques pourraient tomber. Mais on ne le saura jamais.

Livres

Snowden a écrit son livre avec l'aide d'un romancier

PARIS — Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden a travaillé «pendant de longs mois» avec le romancier Joshua Cohen pour écrire son livre «Mémoires vives» qui vient de paraitre dans une vingtaine de pays, a-t-on appris jeudi auprès de l'éditeur français du romancier.

«Joshua Cohen, l'auteur de David King s'occupe de tout a travaillé pendant de longs mois dans le secret absolu avec Edward Snowden pour écrire son livre Mémoires vives», ont indiqué les éditions Grasset à l'AFP confirmant ainsi une information publiée par The New Republic.

Dans son dernier numéro, le bimensuel américain a révélé que l'ancien employé de l'agence américaine de renseignement NSA a écrit ses mémoires «avec l'aide d'un romancier». Selon le magazine, l'auteur de David King s'occupe de tout a voyagé en Russie «au cours des huit derniers mois pour aider Snowden à organiser et à améliorer son récit».

Au début de son livre, Edward Snowden remercie Joshua Cohen.

Il n'est pas rare que des personnalités fassent appel à des écrivains reconnus pour les aider à tenir leur plume. «Snowden et Cohen sont tous deux obsédés par la façon dont la technologie s'est transformée et a transformé la société», explique The New Republic.

Joshua Cohen, 39 ans, a publié onze livres depuis 2005 (dont trois traduits en français). D'origine ukrainienne et hongroise, pétri d'influences européennes (Joyce, Beckett, Kafka) et de littérature juive (Bellow, Agnon, Celan, Yoel Hoffmann), Joshua Cohen fait partie des meilleurs auteurs américains de la décennie selon le magazine littéraire américain Granta.

Dans un de ses livres (non traduit en français), Book of numbers, Joshua Cohen racontait l'histoire d'un écrivain nommé Joshua Cohen chargé d'écrire l'autobiographie d'un milliardaire des nouvelles technologies nommé... Joshua Cohen.

Son dernier roman publié en français, à l'occasion de la rentrée littéraire, David King s'occupe de tout s'intéresse à la crise des subprimes, la crise du logement, le recouvrement des dettes...

Publié en français au Seuil Mémoires vives raconte l'histoire d'Edward Snowden et les raisons qui l'ont poussé en 2013 à transmettre des dizaines de milliers de documents secrets à plusieurs médias, révélant au passage l'existence d'un système de surveillance mondiale des communications et d'internet opérée par la NSA.

Inculpé aux États-Unis pour espionnage et vols de secrets d'État, privé de passeport, Edward Snowden réside en Russie où son permis de séjour a été reconduit jusqu'en 2020.

Il a demandé la protection de plus de vingt pays, dont la France et l'Allemagne, refusée pour une raison ou une autre.

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JK Rowling donne 19 millions$US pour combattre la sclérose en plaques

LONDRES - La créatrice de Harry Potter, J.K. Rowling, a annoncé jeudi un don important pour combattre la sclérose en plaques, dans une clinique qui porte le nom de sa mère.

Le don de 18,8 millions $ US permettra de donner plus d’ampleur au centre de recherche associé à l’Université d’Édimbourg, en Écosse. La mère de l’écrivaine souffrait de sclérose en plaques et est morte à l’âge de 45 ans.

Mme Rowling y était allée d’une première contribution en 2010 pour fonder la clinique Anne Rowling à l’université.

L’auteure a dit être encouragée par les progrès réalisés et fière de voir que la clinique ne procède pas uniquement à des recherches importantes, mais offre aussi «une aide concrète et pratique sur le terrain aux gens atteints de sclérose en plaques».

Les livres Harry Potter ont connu un succès mondial.

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Un dixième Québec en toutes lettres bien rempli [VIDÉO]

Incursion dans la bibliothèque d’Alexandre Jardin, parcours multisensoriel, spectacle mêlant piano et science, journée familiale : la dixième présentation de Québec en toutes lettres fera la part belle à des activités surprenantes, pour «faire de Québec une ville de littérature à part entière», a souligné Dominique Lemieux, directeur du festival.

Depuis juillet, on savait déjà qu’un auteur chouchou des Québécois, Alexandre Jardin, serait de la partie pour cette nouvelle mouture, qui s’étendra du 17 au 27 octobre. Mardi, on a pu apprendre que le moment phare de sa présence sera un spectacle, samedi le 26 octobre à l’Impérial Bell. 

Dans la bibliothèque d’Alexandre Jardin proposera une mise en lecture et en musique de souvenirs littéraires et d’extraits de l’œuvre du coloré personnage, par Émilie Bibeau et Benoît McGinnis, entrecoupée d’un entretien entre l’auteur et Claudia Larochelle. L’animatrice, véritable passionnée de l’œuvre de Jardin, se promet déjà une belle rencontre. «C’est un être charismatique, je serai sous le charme comme vous tous, j’ai vraiment hâte de lui parler», a-t-elle lancé, en conférence de presse.

En plus de donner une classe de maîtres, Jardin participera à la série des Heures du thé, des rencontres d’auteurs. Marie Laberge et Dominique Fortier figurent aussi au programme. 

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«Les testaments»: Margaret Atwood révèle la suite de «La Servante écarlate» [VIDÉO]

LONDRES — L’écrivaine canadienne Margaret Atwood a présenté mardi à Londres «Les testaments», suite très attendue de «La Servante écarlate», une dystopie misogyne terrifiante qui s’est érigée en véritable manifeste féministe à l’ère du mouvement #MeToo.

«C’est le genre de choses qui s’échappent du livre pour entrer dans le monde réel. L’auteur a zéro contrôle dessus», a malicieusement commenté la romancière de 79 ans lors d’une conférence de presse, sans cacher ses opinions féministes.

Pour nombre de ses admirateurs, comme Melisa Kumas, Néerlandaise de 27 ans, son oeuvre est «un avertissement» sur les violences faites aux femmes.

Margaret Atwood «me pousse à devenir plus consciente de la politique qui m’entoure, à faire plus attention à l’actualité [...] pour m’assurer que le pire n’arrive pas», a confié la jeune femme à l’AFP lors du lancement du livre dans une librairie londonienne, tout de rouge vêtue pour rappeler l’uniforme des «Servantes écarlates».

Margaret Atwood aura mis près de 35 ans à imaginer cette suite, inspirée par les questions que lui posaient ses lecteurs. Des événements ont aussi alimenté sa réflexion.

«J’y pensais dans les années 90, puis le 11 septembre [2001] a changé» la société, dit-elle. «Vous ne vous souvenez peut-être pas, mais il était une fois [un monde] où il n’y avait pas de sécurité dans les aéroports... On est devenus plus craintifs», a relevé l’écrivaine, également influencée par la crise financière de 2008 ou la victoire du président américain Donald Trump en 2016.

Ce second tome, mis en vente mardi, s’annonce déjà comme un best-seller : il a été sélectionné pour le Booker Prize 2019, la plus prestigieuse récompense littéraire britannique, et son adaptation en série est déjà en cours.

Il devrait suivre la voie du premier tome, dont la série télé à succès diffusée en 2017 a relancé les ventes, avec huit millions de copies dans le monde pour l’édition anglaise. La traduction française des «Testaments» paraîtra le 10 octobre chez Robert Laffont.

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Boris Johnson qualifié de «porc ignorant», par l'auteur John Le Carré

LONDRES — Le maître britannique du roman d’espionnage John Le Carré a brossé dans son dernier ouvrage le portrait du premier ministre Boris Johnson en «porc ignorant» et qualifié le Brexit de «folie», d’après des extraits publiés samedi dans le quotidien The Guardian.

Se déroulant en 2018 et intitulée Agent Running in the Field, le roman raconte l’histoire de Nat, un agent de 47 ans du MI5, le service de renseignement britannique, en proie au doute quant à l’avenir de son pays et qui révèle à sa fille ses choix de carrière.

À cette époque, Boris Johnson est encore ministre des Affaires étrangères, un poste qu’il a finalement quitté en juillet 2018, en signe de protestation contre la stratégie de la première ministre Theresa May sur le Brexit, pour finalement prendre son fauteuil un an plus tard.

Décrivant une Grande-Bretagne en «chute libre», Nat fait l’inventaire des raisons qui l’amènent à douter de l’absence de pouvoir démocratique dans son pays.

«Un cabinet minoritaire de Tories (le parti conservateur) de dixième plan. Un porc ignorant en tant que ministre des Affaires étrangères que je suis censé servir. Le Labour (le parti travailliste) n’est pas mieux. De la pure folie ce Brexit», affirme Nat à sa fille.

Le roman sera disponible en Grande-Bretagne le 17 octobre, soit deux semaines avant la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne. Devenu premier ministre en juillet, Boris Johnson veut sortir de l’UE le 31 octobre, avec ou sans accord de divorce.

John Le Carré est un écrivain europhile de stature internationale. Il a notamment participé, au même titre que des dizaines d’autres romanciers, à un appel à soutenir l’Union européenne lors des élections européennes de mai dernier, remportées en Grande-Bretagne par le parti du Brexit de l’europhobe Nigel Farage.

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Le roman d’Amélie Nothomb s’installe en tête des ventes de livres

PARIS — En lice pour le Goncourt, «Soif», le dernier roman de la Belge Amélie Nothomb a pris la tête des ventes de livres (tous formats confondus) selon le classement GfK/Livres Hebdo à paraître vendredi dans l’hebdomadaire des professionnels du livre.

Publié par Albin Michel et bénéficiant d’un tirage de 180 000 exemplaires, le 28e opus de la romancière belge est l’unique roman de la rentrée à figurer dans le très sélectif Top 20 des meilleures ventes de livres.

Dans son roman, retenu mardi par le jury du prix Goncourt, Amélie Nothomb se met dans la peau de Jésus juste avant sa crucifixion.

Concernant le classement des meilleures ventes dans la seule catégorie roman en grand format, Amélie Nothomb est naturellement en tête (devant le Suédois David Lagercrantz qui signe le sixième opus de la saga Millénium).

On retrouve dans ce classement d’autres auteurs retenus par l’académie Goncourt comme Jean-Paul Dubois («Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon», L’Olivier, 3e) ou Karine Tuil («Les choses humaines», Gallimard, 5e).

Également en lice pour le Goncourt, «Rouge impératrice» (Grasset) de Léonara Miano fait son entrée dans ce classement à la 36e place.

Yann Moix occupe la 4e place du classement en catégorie roman pour «Orléans» (Grasset). L’animateur controversé a été écarté de la sélection du Goncourt pour «au moins trois raisons», selon le président du jury Bernard Pivot: une deuxième partie du texte moins bonne sur le plan littéraire, la «polémique familiale» sur les accusations de torture, et enfin, la crainte que le jury soit accusé sur les réseaux sociaux «de faire la promotion de l’antisémitisme».

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Margaret Atwood et Salman Rushdie sélectionnés pour le Booker Prize

LONDRES — Margaret Atwood et Salman Rushdie figurent parmi les écrivains sélectionnés pour le Booker Prize 2019, prestigieuse récompense littéraire britannique, selon la liste des six finalistes publiée mardi.

La romancière et poétesse canadienne est nominée pour «Les Testaments» («The Testaments»), la suite très attendue de «La Servante écarlate» («The Handmaid’s Tale»), qui doit sortir dans les prochains jours en Grande-Bretagne (en octobre en France).

Le président du jury, Peter Florence, a qualifié «Les Testaments» de «roman sauvage et magnifique qui nous parle aujourd’hui avec conviction et puissance». «Atwood a placé la barre exceptionnellement haut. Elle s’envole», a-t-il salué.

«La Servante écarlate», dystopie publiée en 1985, est devenue une série TV à succès en 2017 qui a relancé les ventes du roman, dont l’édition anglaise a atteint huit millions de copies dans le monde entier.

Souvent citée pour le prix Nobel de littérature, Margaret Atwood, 79 ans, a déjà remporté le Booker Prize en 2000 pour son roman historique «Le Tueur Aveugle».

Lauréat du Booker Prize lui aussi, en 1981 pour «Les Enfants de minuit», Salman Rushdie, 72 ans, est sélectionné pour «Quichotte», version moderne de l’épopée picaresque du héros de Cervantès transposée en Amérique.

Les autres finalistes

- Le Nigérian Chigozie Obioma pour «L’Orchestre des minorités» («An Orchestra of Minorities»). L’auteur avait déjà été nominé en 2015. À propos d’un éleveur de poulets dans une petite ville du Nigéria, il s’agit d’»un conte aux proportions odysséennes qui fait battre le coeur», selon la membre du jury Afua Hirsch.

- L’Anglo-Nigériane Bernardine Evaristo pour «Girl, Woman, Other» (non traduit en français), chronique de la vie de familles noires en Grande-Bretagne.

- L’Américaine Lucy Ellmann pour «Ducks, Newburyport», un roman-fleuve de 1.000 pages bâti autour du monologue d’une femme au foyer de l’Ohio.

- Elif Shafak, l’écrivaine la plus lue en Turquie, pour «10 Minutes 38 Seconds in This Strange World», sur les souvenirs d’une prostituée dans les bas-fonds d’Istanbul.

Le Booker Prize, qui consacre des oeuvres de fiction en anglais, sera attribué le 14 octobre.

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Ronan Farrow publie un livre sur l’affaire Harvey Weinstein

PARIS — Lauréat du Pulitzer pour son enquête sur l’affaire Harvey Weinstein, le journaliste américain Ronan Farrow publiera le 17 octobre un livre racontant comment le producteur déchu a tenté de faire taire ses victimes, a-t-on appris lundi auprès de son éditeur français.

Intitulé Les faire taire (Catch and Kill), le livre du fils de l’actrice Mia Farrow et du cinéaste Woody Allen «dévoile les systèmes implacables mis en place par les prédateurs pour faire taire leurs victimes», a précisé Calmann-Levy qui le publiera en français deux jours après sa sortie aux États-Unis.

Le livre (traduit de l’anglais par Perrine Chambon et Elsa Maggion) est sous-titré «Mensonges, espions et conspirations : comment les prédateurs sont protégés».

Journaliste au New Yorker, Ronan Farrow, 31 ans, a publié en octobre 2017 une longue enquête sur les agissements de l’ancien magnat de Hollywwod Harvey Weinstein. Le retentissement a énormément alimenté le mouvement #MeToo.

Le journaliste a reçu pour cette enquête (avec les journalistes du New York Times, Jodi Kantor et Megan Twohey, qui ont, les premières, publié une enquête sur Harvey Weinstein) le prix Pulitzer dans la catégorie «journalisme de service public». Le livre est publié aux États-Unis par Little, Brown and Company.

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Nouvelle controverse pour l’écrivain polémiste Yann Moix

PARIS — «Affabulateur», «antisémite», «négationniste» : l’écrivain français Yann Moix, habitué des polémiques et des propos très clivants, est une nouvelle fois plongé en pleine controverse.

«J’assume, j’endosse tout. Ce que j’ai fait à l’époque avec trois ou quatre cons, on était des types complètement paumés» : une nouvelle fois dans la tourmente, le romancier primé et habitué des plateaux de télévision a été contraint mercredi, dans le quotidien Libération, d’avouer qu’il avait été l’auteur dans sa jeunesse non seulement de caricatures antisémites, mais également de textes négationnistes.

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«Millénium — La fille qui doit mourir»: le sixième et ultime tome est sorti

STOCKHOLM — C’est la dernière séquence : «La fille qui doit mourir» met un point final à la série criminelle suédoise «Millénium» créée par Stieg Larsson et il en est fini de la sensationelle hackeuse Lisbeth Salander.

Cet ultime opus, publié simultanément fin août dans une trentaine de pays, clôt une série de six romans formant une passionnante critique sociale de la Suède contemporaine, des menaces du progrès technologique sur les libertés et des violences faites aux femmes.

Écoulée à quelque 100 millions d’exemplaires dans le monde, Millénium a été créée par Stieg Larsson, un journaliste d’investigation spécialiste des mouvements d’extrême droite, décédé d’une crise cardiaque en 2004 juste après avoir rendu les trois premiers manuscrits.

Larsson ne connaîtra ni l’immense succès de librairie de sa saga, ni ses adaptations au cinéma et en bande dessinée, ni la bataille juridique entre ses ayant-droits et sa compagne.

Après la publication des trois premiers tomes (Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2005), La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (2006), La reine dans le palais des courants d’air (2007), un auteur à succès, David Lagercrantz, reprend la plume avec la bénédiction du frère et du père de Larsson.

Ce qui ne me tue pas (2015) et La fille qui rendait coup pour coup (2017) se vendront à 14 millions d’exemplaires.

Après ce sixième volet, «pour moi, c’est fini, assure David Lagercrantz, mais je suis convaincu que Lisbeth est immortelle et qu’elle va continuer à vivre d’une manière ou d’une autre à la télé, au cinéma ou dans d’autres livres».

Car Millénium, c’est d’abord Lisbeth Salander, hackeuse de génie, antihéroïne punk, enfant martyr des violences conjugales, écorchée asociale et bisexuelle qui rend une justice de l’ombre, expéditive, définitive.

Double masculin

Son double masculin est le journaliste d’investigation Mikael Blomkvist, animateur de la revue Millenium, auquel Stieg Larsson a prêté ses obsessions, son goût pour les archives et les nomenclatures, son aversion au matérialisme et à l’abus de pouvoir.

Dans La fille qui doit mourir, Lisbeth est à Moscou pour régler les dettes de famille sur fond de fake news, de «trolls», de manipulations génétiques et de persécution des homosexuels en Tchétchénie.

Sur son site, l’éditeur suédois Nordstedts l’assure : le tome 6 est «l’ultime volet de la série Millénium».

La compagne de Stieg Larsson, Eva Gabrielsson, s’était insurgée quand Lagercrantz, fils d’un intellectuel des beaux quartiers, avait repris la série imaginée par un journaliste militant d’origine provinciale très engagé à gauche et qui dédaignait les mondanités.

Exclue de sa succession car ils n’étaient pas mariés, elle n’avait pas eu gain de cause. David Lagercrantz, lui, n’a aucun regret.

«J’ai bien fait»

«Avec le recul, j’ai bien fait de continuer [l’œuvre de Stieg Larsson], cela a mis en lumière [ses] livres et [son] action politique», affirme le quinquagénaire qui compte utiliser sa tournée de promotion pour évoquer les «menaces contre la démocratie».

Larsson, qui écrivait pour le magazine antiraciste suédois Expo et vivait sous la menace constante des groupuscules néonazis, «avait compris avant tout le monde les dangers de l’extrême droite», souligne-t-il.

Biographe du footballeur Zlatan Ibrahimovic et du mathématicien Alan Turing, David Lagercrantz veut tourner la page Millénium.

«Trois livres, c’était juste ce qu’il me fallait. Si j’avais continué, cela aurait été plus par habitude, estime le romancier. C’est énorme et je suis heureux d’avoir pu approfondir le mythe», ajoute-t-il.

La fille qui doit mourir a fait l’objet d’un accueil critique mitigé.

«C’est une fin tout à fait acceptable [...] mais maintenant ça suffit», juge le quotidien suédois Svenska Dagbladet tandis que Le Monde estime que l’épilogue «boucle parfaitement ce qui doit l’être».

Livres

Quand Bob Dylan n’était que Bobby

NEW YORK — Du premier blues chanté en colonie de vacances à la tournée «Rolling Thunder Revue», l’ami d’enfance de Bob Dylan a tout vu. Il publie aujourd’hui ses mémoires, un ouvrage fourmillant d’anecdotes sur la légende vivante qui a gardé tout son mystère.

C’est en 1953 que Louie Kemp rencontre celui qui n’est encore que Bobby Zimmerman dans une colonie de vacances pour adolescents juifs, dans le nord du Wisconsin.

Bobby, qui a grandi dans la petite ville minière de Hibbing, dans le Minnesota voisin, n’a que 12 ans, mais il est déjà toujours affublé de sa guitare. «Il nous disait tout le temps qu’il allait être une star du rock», raconte Louie Kemp à l’AFP. «Il l’a tellement dit que je l’ai cru. (...) Il avait tout simplement un talent musical naturel, combiné à une volonté incroyable».

La suite appartient à l’histoire, bien sûr. Mais Louie Kemp, aujourd’hui âgé de 77 ans, a trouvé nécessaire de raconter sa vision personnelle du prix Nobel de Littérature dans cet ouvrage intitulé Dylan et moi: 50 ans d’aventures, avec l’accord de l’artiste.

«Ce serait égoïste de ma part d’emporter toutes ces anecdotes et ces aventures avec moi dans la tombe», dit-il. «Il m’a fait confiance parce qu’il savait que je n’avais pas d’arrières-pensées».

«Quand on devient célèbre, c’est difficile de se faire de nouveaux amis en qui on peut vraiment avoir confiance», ajoute-t-il. «Dans notre cas, les liens sont si anciens que ce n’était pas un souci».

Bobby Zimmerman, devenu Bob Dylan sur le campus de l’université du Minnesota, rejoint rapidement Greenwich Village, le quartier bohème de New York. C’est Joan Baez qui le fait connaître en l’invitant à jouer lors de ses concerts.

«La première chanson de lui que j’ai entendue, c’était Blowing in the Wind et je me suis dit : c’est lui qui a écrit ça? Comment il a fait?» se souvient M. Kemp. «Cela a épaté tout le monde, y compris moi».

«Les pieds sur terre»

«Et puis il a continué à en sortir, comme de l’eau qui sort du robinet», raconte-t-il. Bob Dylan, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, est aussi l’un des plus prolifiques avec plus de 350 chansons.

La vedette invite son ami Louie à produire sa célèbre tournée Rolling Thunder Revue de 1975-1976, au centre du dernier film de Martin Scorsese. Bob Dylan, qui voulait se rapprocher de son public, avait rassemblé un groupe d’artistes prestigieux pour donner des concerts dans des petites villes d’Amérique du Nord.

«Il n’a pas l’ego de la plupart des gens du spectacle», dit Louie Kemp de son vieil ami aujourd’hui âgé de 78 ans. «En ça, il n’a jamais changé. Il a toujours eu les pieds sur terre». «Il faut lui rendre justice : la célébrité ne l’a jamais changé».

Dans ses mémoires, Louie Kemp raconte plusieurs anecdotes amusantes comme lorsque l’acteur américain Marlon Brando s’est trouvé au bord du malaise après avoir mangé trop de raifort à son dîner de mariage, en 1983. Bob Dylan, qui était son témoin, a enchanté l’assistance avec un concert improvisé.

«Nos relations étaient celles de deux amis. Il se trouve que l’un d’eux est Bob Dylan», conclut-il. Mais «pour moi, il sera toujours Bobby Zimmerman».

Le Mag

La Librairie Morency ouverte dans Limoilou

La Librairie Morency a tourné une page importante de ses 26 ans d’existence en ouvrant ses portes sur la 3e Avenue dans Limoilou.

La bouquinerie a quitté le centre commercial Fleur de Lys pour s’installer dans un local trois fois plus petit (3000 pieds carrés). Que les lecteurs se rassurent, ils ne devraient pas trop y perdre au change dans ce déménagement qui a nécessité «neuf vans de 28 pieds». 

«Nous avons le même choix, juste en quantités plus petites», assure la propriétaire Élisabeth Morency, qui adore déjà son nouvel environnement. «Les gens ici sont tellement accueillants. La moitié des clients nous souhaite la bienvenue dans "leur" Limoilou. C’est un accueil extraordinaire, je n’ai jamais vu ça!» 

Adresse : 657, 3e Avenue à Québec (on attend toujours le permis pour afficher l’enseigne extérieure). 

Info : morency.leslibraires.ca ou @libmorency sur Facebook.

Livres

L’ultime essai de Toni Morrison publié en français en octobre

PARIS — L’ultime essai de l’écrivaine américaine Toni Morrison, «The Source of Self-Regard», paraîtra en français le 3 octobre sous le titre «La source de l’amour-propre», a-t-on appris mercredi auprès de son éditeur.

«Christian Bourgois Editeur publiera The Source of Self-Regard sous le titre La Source de l’amour-propre, traduit par Christine Laferrière. La sortie est prévue au 3 octobre 2019», a indiqué à l’AFP Clément Ribes, directeur éditorial de Christian Bourgois, la maison d’édition qui a fait connaître l’oeuvre de la romancière aux lecteurs francophones.

Publié en février aux États-Unis, l’ultime essai de l’écrivaine disparue dans la nuit de lundi à mardi, à l’âge de 88 ans, aborde les sujets politiques et sociaux d’aujourd’hui (émancipation des femmes, place des minorités dans la société américaine, rôle de l’argent et des médias, racisme et xénophobie...) mais aussi la question de la création artistique et notamment littéraire.

La romancière couronnée par le Nobel de littérature évoque la figure de Martin Luther King et rend un hommage appuyé à l’écrivain et dramaturge James Baldwin (1924-1987), un des plus grands auteurs américains du XXe siècle et militant des droits civiques, contraint à l’exil en France à la fin des années 1940 pour fuir le racisme dans son pays.

Elle porte également dans cet essai un regard critique sur son oeuvre et sur celle d’autres artistes comme le peintre Romare Bearden (1911-1988), la documentariste et militante des droits civiques Toni Cade Bambara (1939-1995) ou encore le metteur en scène Peter Sellars.

Selon son éditeur américain, Penguin Random House, l’essai de Toni Morrison constitue «un ajout lumineux et essentiel à l’oeuvre» de l’écrivaine.

Livres

Des nouvelles inédites de Proust publiées en octobre

PARIS — Des nouvelles inédites de l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922) seront publiées le 9 octobre sous le titre «Le mystérieux correspondant et autres nouvelles inédites», a-t-on appris lundi auprès des éditions de Fallois.

Ces neuf textes, rédigés alors que Proust était âgé d’une vingtaine d’années, auraient dû figurer dans son premier livre, Les plaisirs et les jours (1896), mais avaient été finalement écartés par l’auteur.

Les nouvelles ont été mise au jour par le créateur des éditions de Fallois, Bernard de Fallois, décédé l’an dernier, grand spécialiste de l’oeuvre de Marcel Proust, déjà à l’origine de la découverte d’un roman composé entre 1895 et 1899 et resté inédit, Jean Santeuil (publié chez Gallimard en 1952), ainsi que du texte Contre Sainte-Beuve finalement publié en 1954.

«Avec ce recueil de nouvelles et de textes divers entièrement inédits nous remontons aux sources de la Recherche du temps perdu», la grande oeuvre de Marcel Proust, ont souligné les éditions de Fallois dans un communiqué.

«Ces textes, explique l’éditeur, portent la marque d’un travail approfondi [...] La plupart de ces courts récits obéissent aux lois du genre : mise en scène d’une situation, péripéties, chute finale [...] On y voit le jeune écrivain multiplier les expérimentations narratives suggérées parfois par ses lectures mais déjà résolument engagé dans le processus de création qui annonce par bien des signes l’œuvre future.»

«Ces pages inédites n’ont pas la perfection de la Recherche mais précisément elles nous aident à la mieux comprendre en nous révélant ce que fut son début», estiment les éditions de Fallois.

Pourquoi Proust n’avait-il pas retenu ces textes? «Sans doute considérait-il qu’en raison de leur audace, ils auraient pu heurter un milieu social où prévalait une forte morale traditionnelle», suggère notamment l’éditeur.

Le thème dominant de ces œuvres, précise l’éditeur, c’est l’analyse de «l’amour physique si injustement décrié». «La prise de conscience de l’homosexualité y est vécue sur le mode exclusivement tragique, comme une malédiction», ajoute l’éditeur.

Le volume (180 pages, plus 8 pages fac-similés) est complété par un ensemble de documents présentés par l’universitaire Luc Fraisse sur les sources de la Recherche.

Livres

Alexandre Jardin pour les 10 ans de Québec en toutes lettres

Pour marquer ses 10 ans, le Festival littéraire Québec en toutes lettres pourra compter sur la présence de l’auteur français Alexandre Jardin. Des invités des éditions précédentes seront aussi rassemblés pour «Cabaret souvenir», qui ouvrira le festival le 17 octobre.

L’auteur du Zèbre et des Coloriés, aussi cinéaste et pamphlétaire, participera à plusieurs événements de Québec en toutes lettres qui ne sont pas encore dévoilés. La programmation complète de cette édition anniversaire (du 17 au 27 octobre) sera connue le 11 septembre.

Après une Édition noire (2016), Écrire Québec (2017) et La splendeur du vertige (2018), la thématique de cette année sera Pour la suite du monde. Le pouvoir de la littérature pour préserver la beauté et intervenir sur l’avenir du monde y sera exploré.

Livres

Margaret Atwood sur la longue liste du prix Booker

LONDRES — Margaret Atwood, lauréate du Booker, est à nouveau en lice pour l'obtention du prix convoité pour une œuvre de fiction.

Margaret Atwood a gagné en 2000 pour Le tueur aveugle et est nommée cette fois pour The Testaments, une suite de La servante écarlate.

Livre

La liste des classiques du Polar

Le Dahlia noir, James Ellroy

Ce livre est l’une des plus célèbres enquêtes du XXe siècle, celle d’un formidable auteur qui n’a pas hésité à mélanger réalité et fiction. James Ellroy tente aussi d’exorciser le meurtre de sa mère dans ce roman élégamment écrit, mais porteur d’une violence sourde dans sa description de la corruption et de la dépravation. Un incontournable. Éric Moreault

Livres

Il était une fois des drag queens qui lisaient des histoires aux enfants

RIVERSIDE — Longs cheveux blonds, justaucorps à paillettes ou robe parsemée d’arcs-en-ciel, Athena et Scalene lisent des livres à une quinzaine d’enfants dans une librairie de Riverside, paisible petite ville de Californie intérieure. L’histoire pourrait s’arrêter là s’il ne s’agissait de deux drag queens.

«Nous avons un message: donner aux jeunes les moyens de devenir de braves gens et d’accepter les autres tels qu’ils sont», résume pour l’AFP Athena Kills, un étudiant de 22 ans répondant pour l’état civil au nom de Jovani Morales.

L’atelier lecture est organisé dans le cadre de la Drag Queen Story Hour, une initiative lancée en 2015 aux États-Unis dans quelques bibliothèques ou écoles à travers le pays.

Loin des bastions LGBTQ de San Francisco ou de New York, qui célébrait cette semaine sa World Pride en grande pompe, la petite librairie Cellar Door Books a rejoint le mouvement voici tout juste un an.

En ce samedi matin, pas de militantisme, ni aucune référence au genre ou à la sexualité. Mais un robot cherchant à comprendre ce qu’est l’amour, des princesses, un tyrannosaure... Les deux drag queens se contentent de lire quelques livres classiques pour la jeunesse, en théâtralisant juste ce qu’il faut pour capter et retenir l’attention des enfants.

Clowns et ultraconservateur

«Je crois que le simple fait que nous soyons ici envoie déjà un message, qu’on peut être ce qu’on veut et que ça ne pose aucun problème», estime Athena.

Des problèmes, le jeune homme dit pourtant en avoir connu toute sa vie. «En tant que drag queen, et plus généralement en tant que gai, j’ai connu le rejet, y compris au sein de ma propre famille. J’ai grandi avec ça», reconnaît-il, regrettant de «ne pas avoir eu de modèle» auquel s’identifier.

«C’est pour ça que c’est important pour moi d’être là aujourd’hui», sourit Athena, avec cuissardes jaune citron et extravagants faux cils charbonneux.

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Livres

Le prix America à Jesmyn Ward pour «Le chant des revenants»

PARIS — La romancière américaine Jesmyn Ward a reçu mardi le prix America du meilleur livre américain pour «Le chant des revenants», un récit aussi puissant que déchirant autour d’une famille noire du Mississippi rongée par la drogue et la hantise de la prison.

Professeur d’anglais (elle a été la première de sa famille à fréquenter l’université), Jesmyn Ward, 42 ans, avait déjà été récompensée pour ce livre par le prestigieux National Book Award en 2017.

Elle est la seule femme à avoir reçu deux fois cette distinction considérée comme la plus importante récompense littéraire des États-Unis. Certains critiques américains n’hésitent pas à en faire l’héritière de la lauréate du prix Nobel de littérature, Toni Morrisson.

Traduit de l’anglais par Charles Recoursé, Le chant des revenants (Sing, Unburied, Sing) est sorti en français chez Belfond en février. Une femme prénommée Leonie (Noire et toxicomane, parfois brutale) décide d’emmener ses enfants dans le nord du Mississippi pour aller chercher leur père (Michael, un «petit blanc» issu d’une famille raciste) qui va être libéré de prison.

Vers le pénitencier

Le récit fait alterner les voix de Leonie, de son fils Jojo, un gamin de 13 ans, et de Richie, un fantôme qui ne parle qu’à l’oreille de Jojo.

À 13 ans, Jojo (pour Joseph) est d’une incroyable maturité. La première phrase avec laquelle on le découvre est «j’aime bien penser que je sais ce que c’est la mort».

Élevé par ses grands-parents maternels, notamment son grand-père prénommé River, Jojo prend soin de Kayla sa petite sœur embarquée elle aussi vers le pénitencier de Parchman.

Si la ségrégation raciale appartient au passé, dans le sud des États-Unis ses séquelles demeurent.

Au fil du récit, on apprend qu’un cousin de Michael a tué Given le frère de Leonie quand il était adolescent. L’assassin blanc n’a pas été puni pour ce crime. Chaque fois qu’elle se drogue (et elle se drogue souvent), Leonie voit apparaître le fantôme silencieux de son frère assassiné.

River, qui a séjourné à Parchman quand il était jeune homme, demeure douloureusement hanté quant à lui par le souvenir d’un compagnon de détention, le fameux Richie, emprisonné alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

«Pendant plus de 300 ans, les Américains noirs ont été traités comme du bétail», accuse Jesmyn Ward dans le nouveau numéro d’America à paraître mercredi.

«C’est une tendance qui dure depuis des siècles et qui est incrustée dans les fondations mêmes de l’Amérique», ajoute la romancière dont le frère, «homme noir de 18 ans», a été mortellement blessé par un conducteur ivre en octobre 2000. Le chauffard, blanc, a été arrêté par la police, mais simplement condamné pour délit de fuite.

«Je me demande souvent à quel point le verdict aurait été différent si c’était mon frère qui l’avait renversé», s’interroge Jesmyn Ward.

Livres

Un squelette anti-morosité

Au déferlement de mauvaises nouvelles, au chaos qui semble s’installer dans notre monde et aux sentiments de colère, d’inquiétude et de désarroi que suscite notre époque, Éric Gauthier a décidé de répondre par… un squelette de la Rome antique, qui reprend vie dans le Montréal du XXIe siècle.

Autrement dit, au lieu de déprimer, le romancier a fait le pari de s’amuser. D’opposer le fantastique et le magique à la tristesse de la réalité. Pour un écrivain qui est également conteur, l’exercice n’a pas été trop difficile.

Livres

Un nouveau roman de la série «Hunger Games» en chantier

NEW YORK — Une décennie après avoir apparemment terminé sa série «The Hunger Games», Suzanne Collins s’apprête à ramener les lecteurs à Panem. Un roman se déroulant 64 ans avant le début des événements de sa trilogie, vendue à plusieurs millions d’exemplaires, sera en librairies l’an prochain.

Le roman, actuellement sans titre, devrait sortir le 19 mai 2020. Suzanne Collins a déclaré dans un communiqué lundi qu’elle remonterait aux années qui ont suivi les soi-disant Jours sombres, l’échec de la rébellion de Panem. L’écrivaine a mis en scène sa série dans une dystopie post-apocalyptique où les jeunes doivent se battre et se tuer, en direct à la télévision.

«Avec ce livre, je voulais explorer l’état de la nature, qui nous sommes et ce que nous voyons comme nécessaire à notre survie», a-t-elle déclaré. «La période de reconstruction, dix ans après la guerre, communément appelée les Jours sombres [...] permettra aux personnages de s’attaquer à ces questions et de définir ainsi leur vision de l’humanité.»

Le livre se situe bien avant la naissance de l’héroïne de Hunger Games, Katniss Everdeen, interprétée par Jennifer Lawrence dans la franchise cinématographique ayant généré des milliards de dollars. La porte-parole des éditions Scholastic, Tracy van Straaten, a refusé de commenter le contenu du nouveau livre au-delà de ce qui a été décrit dans l’annonce de lundi.

Livres

Martin Michaud: sous la surface

Les affaires vont rondement pour l’auteur Martin Michaud. Le créateur de la populaire télésérie policière «Victor Lessard» vient de voir un autre de ses romans renaître, cette fois sous forme de bande dessinée, une première pour lui. Son éditeur européen, le Belge Dimitri Kennes, issu de l’univers de la bédé, a eu «un coup de coeur» pour «Sous la surface», paru en 2013.

«Je suis très excité par ce projet, mais je ne veux pas m’attribuer le mérite qui ne me revient pas», lance l’auteur originaire de Québec, en référence à la précieuse collaboration du dessinateur Marco Dominici et du scénariste Gihef. «J’ai eu un travail plus effacé. J’étais là comme une espèce de chien de garde.»

Livres

Serge Bouchard: à la mémoire de Bernard Arcand

Bernard Arcand a été comme un frère pour Serge Bouchard. À peu près du même âge, excellents communicateurs, les deux anthropologues ont formé une paire remarquable dans les années 90 à l’animation de l’émission «Le lieu commun et le déjà vu», à la radio de la Première chaîne de Radio-Canada.

Le destin a voulu que la mort fauche Arcand en janvier 2009. Cancer du pancréas. L’anthropologue de 63 ans laissait derrière lui plusieurs travaux inédits, dont une thèse de doctorat sur les Cuivas, une tribu de chasseurs-cueilleurs nomades qui vit dans les Llanos, en Colombie.

Livres

Légère baisse globale des ventes de livres en 2018 au Québec

MONTRÉAL — Les librairies du Québec ont maintenu leurs ventes de livres l’an dernier, mais globalement, les recettes de bouquins ont encore un peu reculé, révèle l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ).

Ce résultat s’inscrit d’ailleurs dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années, note l’ISQ.

Les librairies québécoises se sont toutefois démarquées en 2018: leurs ventes de livres neufs ont totalisé 397 millions $, ce qui représente même une légère hausse (près de 1 % ou 3,1 millions $ de plus) par rapport à l’année précédente, a calculé l’organisme.

Ce n’est par contre pas le cas des autres vendeurs de livres, qui ont connu une baisse en 2018.

Bref, en tenant compte de tous les points de vente, les recettes pour ventes de romans, de biographies, d’essais et de livres de recettes et de référence ont baissé de 1 % durant cette période, passant de 620 millions $ en 2017 à 614 millions $ en 2018.

Car outre les librairies, il existe une diversité de points de vente pour les livres.

Les détaillants de grande diffusion - notamment les grandes surfaces à rabais, les grands magasins, les kiosques à journaux et les pharmacies - ont vendu pour 76 millions $ de livres neufs en 2018, soit une baisse de 9,8 millions $ par rapport à l’année précédente.

Les éditeurs qui ont vendu directement aux consommateurs ont encaissé 2 millions de moins en 2018 qu’en 2017.

L’ISQ cite différentes hypothèses pour expliquer cette baisse des ventes: les Québécois dépenseraient moins qu’il y a cinq ans pour acheter des livres, ils s’en procurent une partie auprès de détaillants web situés hors Québec, comme Amazon.ca, et aussi, le prix des livres au Québec aurait baissé en moyenne.

Ces statistiques proviennent d’une enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications. L’enquête mesure la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques.

Livres

70 ans plus tard, «1984» fascine toujours

LONDRES — Soixante-dix ans après sa parution, «1984», le roman glaçant du Britannique George Orwell fascine toujours les lecteurs, en particulier les plus jeunes, férus de dystopies et immergés dans les réseaux sociaux.

«Certains étudiants sont toujours choqués par le livre [...], d’autres le trouvent fascinant», souligne Michael Callanan, professeur d’anglais au collège Parmiter à Watford, au nord-ouest de Londres. «C’est le paradoxe de ce livre, bien qu’il ait 70 ans, il a gardé sa fraîcheur», ajoute cet enseignant qui participe à l’organisation du prix Orwell de la jeunesse, destiné à inciter les jeunes à exprimer leurs opinions politiques.

Écrit en 1948 — d’où son titre inversant les deux chiffres de la décennie — et publié le 8 juin 1949, «1984» décrit un futur où le Parti règne dans un pays totalitaire sous l’œil inquisiteur de «Big Brother». Le passé a été réécrit et une nouvelle langue empêche toute pensée critique.

Pour Jean Seaton, directrice de la fondation George Orwell, qui perpétue la mémoire et les réalisations de l’écrivain, mort en 1950 à 46 ans, son chef d’œuvre était «incroyablement prescient».

Comment ne pas voir dans les «Deux minutes de la haine», rituel lors duquel la population d’Océania est incitée à détester l’Ennemi du Peuple, les «gens déversant leur haine sur les réseaux sociaux», déclare à l’AFP cette professeure d’histoire des médias à l’Université de Westminster.

Boom grâce à Trump

En sept décennies, le livre n’a jamais vraiment disparu du paysage et a même connu des hausses des ventes.

En 2017, l’utilisation par une conseillère de Donald Trump, de l’expression «faits alternatifs», terme employé dans 1984, lui avait ainsi fait une énorme publicité, provoquant de nouvelles réimpressions de l’ouvrage, qui s’était déjà écoulé à 30 millions d’exemplaires aux États-Unis depuis sa parution.

Au Royaume-Uni, le livre a connu deux récents pics de vente : en 2013, après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance étatique et en 2017 après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Cette année-là, les ventes ont grimpé de 165 % par rapport à l’année précédente, affirme la maison d’édition Penguin Books à l’AFP.

Pour Michael Callanan, qui enseigne depuis 30 ans, «ces deux dernières années, avec la montée de Trump, il y a une partie non négligeable d’étudiants qui s’inquiète beaucoup de la direction que prend le monde».

Culture populaire

Jean Seaton souligne de son côté que le livre a marqué les esprits «même de ceux qui ne l’ont pas lu» tant il a influencé la culture populaire, des films à la musique en passant par les jeux vidéos.

Les termes de «Big Brother», de «novlangue» sont entrés dans le langage courant au point qu’une nouvelle traduction de l’œuvre parue l’an dernier chez Gallimard et remplaçant certains termes et slogans — «novlangue» devenant ainsi «néoparler» — a fait sourciller certains.

Quand ils ouvrent le livre pour la première fois, les élèves de M. Callanan «reconnaissent immédiatement certaines choses comme la “doublepensée” ou la “police de la pensée”, des formules d’Orwell qui sont dans l’air du temps et que les gamins ont entendues», explique l’enseignant.

Le livre séduit d’autant plus qu’il s’inscrit dans un intérêt plus vaste du public pour les dystopies, ces fictions qui imaginent un avenir cauchemardesque, à l’image des séries à succès La servante écarlate ou Black Mirror, des films Hunger Games, et des romans Divergente ou U4.

M. Callanan a l’habitude de dire à ses élèves que George Orwell est le «grand-père» de ces œuvres plus récentes.

1984 reste un classique que «les gens lisent quand ils sont jeunes puis relisent quand ils sont plus âgés, accédant à une compréhension différente des choses», observe Jean Seaton. «Les gens le lisent à la recherche d’indices sur ce qu’ils devraient redouter aujourd’hui.»

Livres

Libre penseur de la nature et de l'éducation, Michel Serres s'éteint

PARIS — Le philosophe français Michel Serres, décédé samedi à 88 ans, s'est intéressé à toutes les formes du savoir, «un pied dans les sciences, un pied dans les humanités», anticipant les bouleversements liés aux nouvelles technologies de la communication.

Mathématiques, sociologie, histoire... Cet analyste brillant à l'accent rocailleux a repoussé les limites de la philosophie pour en explorer les contours, dans une langue compréhensible par le plus grand nombre.

Né le 1er septembre 1930 à Agen (sud-ouest de la France), fils d'un marinier, il entre à l'École navale en 1949, puis à la prestigieuse École normale supérieure en 1952, creuset des intellectuels français. Agrégé de philosophie trois ans plus tard, ce spécialiste de Leibniz, bouleversé par le bombardement d'Hiroshima en 1945, entreprend pourtant une carrière d'officier de marine, sillonne l'Atlantique et la Méditerranée, et participe comme enseigne de vaisseau à la réouverture du canal de Suez.

Il quitte la marine en 1958 et se tourne vers l'enseignement. À Clermont-Ferrand (centre de la France), où il côtoie Michel Foucault, puis à la Sorbonne, où lui, le philosophe, enseigne l'histoire des sciences.

Car Michel Serres a toujours opéré au-delà des frontières des disciplines universitaires. «Un philosophe ne peut se faire entendre sans les sciences et les lettres : à moins d'avoir acquis cette formation, il est désormais inaudible», expliquait-il.

Ses cours d'histoire débutent «avec zéro étudiant», mais peu à peu son auditoire s'étoffe. Et si ses premiers livres passent inaperçus, la notoriété vient dans les années 1980, avec la série intitulée Hermès, Les cinq sens, prix Médicis de l'essai en 1985, ou Éléments d'histoire des sciences (1989).

Dans Les cinq sens, il écrit qu'«il n'y a rien dans l'intellect si le corps n'a roulé sa bosse, si le nez n'a jamais frémi sur la route des épices».

À partir de 1984, il enseigne la philosophie à l'université californienne de Stanford, où il passe une partie de l'année.

Michel Serres place l'environnement au centre de sa réflexion, s'interroge sur «le passage du local au global» et porte un jugement résolument optimiste sur le développement des nouvelles technologies.

Révolution douce

En 1990, il est élu à l'Académie française, où il est reçu sans la traditionnelle épée, «en signe de paix». Il devient dès lors une figure intellectuelle familière et touche un plus large public.

Dans Le contrat naturel (1990), il propose de bâtir un nouveau droit pour réguler les rapports entre l'homme et la nature. Et Le tiers-instruit (1991), réflexion brillante sur l'éducation, l'impose comme un spécialiste de la question. Edith Cresson, première ministre, le charge de préparer «l'Université de France», qui doit délivrer un enseignement à distance des savoirs fondamentaux.

Mais son rapport jugé «utopique» est accueilli fraîchement. «On appelle utopique ce que l'on ne comprend pas», rétorque-t-il. «Nous sommes à l'an zéro d'une nouvelle manière de partager le savoir», analyse-t-il en 1996, en relevant que les moyens modernes de communication bouleversent la nature même de l'enseignement.

Son parcours le conduit à s'intéresser aussi bien aux Origines de la géométrie (1993) qu'à La légende des anges (1993) ou au créateur de Tintin, dont il fut l'ami pendant plus de 20 ans (Hergé, mon ami,2000).

Michel Serres a écrit au total quelque 80 ouvrages.

À un âge avancé, ce philosophe de la révolution douce continuait à publier un ou plusieurs livres par an — son dernier ouvrage, Morales espiègles, est paru en février.

En 2012, Petite Poucette (clin d'oeil à la maestria avec laquelle certains utilisent leurs pouces pour taper sur leurs portables) se vendit à plus de 270 000 exemplaires. Partant du postulat qu'un nouvel humain est né, le philosophe y analyse les mutations politiques, sociales et cognitives qui accompagnent cette «nouvelle révolution».

«En regard de ce que j'ai vécu durant le premier tiers de ma vie, nous vivons des temps de paix. J'oserai même dire que l'Europe occidentale vit une époque paradisiaque», malgré le terrorisme, a-t-il assuré à l'occasion de la sortie de Darwin, Bonaparte et le Samaritain, une philosophie de l'histoire (2016), essai très libre entre réflexion et poésie, à rebours du catastrophisme ambiant. Du pur Michel Serres.

Musique

La belle obsession de Geddy Lee

Timbres, disques, objets associés au baseball, bouteilles de vin... Geddy Lee l’admet d’emblée, il porte le «gène du collectionneur». Mais celui qui a marqué des générations de mélomanes au micro et à la basse de Rush n’avait jusqu’à récemment jamais été tenté de collectionner des instruments de musique. C’était avant qu’une offre ne vienne, selon ses propres dires, déclencher son obsession.

Quelque 250 basses plus tard, le musicien a décidé de documenter sa collection dans le bien nommé Geddy Lee’s Big Beautiful Book of Bass, un ouvrage de 400 pages illustré par le photographe Richard Sibbald. Il y détaille l’histoire de l’instrument et de son évolution technique, en plus d’interviewer d’autres collectionneurs et des bassistes de renom (John Paul Jones, Adam Clayton, Les Claypool et Robert Trujillo, notamment).

LIVRES

Deux prix Bédélys pour des auteurs québécois au 8e Festival BD de Montréal

MONTRÉAL - Deux bédéistes québécois ont remporté des prix Bédélys décernés vendredi soir dans le cadre du 8e Festival de la BD de Montréal (FBDM) qui bat son plein en fin de semaine au parc La Fontaine.

Il s’agit de Catherine Ocelot, qui s’est vu décerner le Bédélys Québec pour son livre La Vie d’artiste qui aborde les thèmes de la réussite, l’échec, l’angoisse et le doute à travers un récit d’entretiens menés avec différents acteurs du milieu culturel québécois. 

Daniel Pelchat a, pour sa part, reçu le Bédélys indépendant pour son premier album intitulé «La Fois où je suis tombé au carrefour», un court récit aux accents psychédéliques. 

Le Festival BD a aussi récompensé des auteurs étrangers. Le Bédélys étranger a été remis à l’auteur anglais Joff Winterhart pour Courtes Distances et l’Américaine Molly Knox Ostertag a reçu le Bédélys jeunesse pour Le Garçon sorcière.

Quelque 12 000 visiteurs sont attendus au Festival BD de Montréal d’ici dimanche et plusieurs en profiteront sans doute pour faire dédicacer leur livre parmi les 175 artistes sur place, dont le bédéiste français Yoann qui s’est vu confier en 2009 avec son collègue Fabien Vehlmann la réalisation de la série classique Spirou et Fantasio.

«Les amateurs de bandes dessinées francophones et anglophones auront l’occasion de rencontrer des vedettes», a indiqué la directrice générale du festival Johanne Desrochers, ce qui est souvent le cas lors de ce genre d’événement. Mais ce qui est particulier au Festival BD de Montréal, c’est que celui-ci se démarque aussi par l’importance qu’il accorde aux plus petits acteurs de ce marché en plein essor au Québec.

«Cette année, les autoéditeurs et les petites maisons d’édition occupent 58 tables parmi nos exposants, ce qui démontre toute l’effervescence de la communauté actuelle», affirme Mme Desrochers.

«Le festival est bilingue depuis quatre ans et on a près de 25 auteurs anglophones sur le site, du Canada et des États-Unis, mais le rayonnement du festival s’agrandit puisqu’on a aussi trois maisons d’édition françaises qui se sont inscrites au festival, ajoute-t-elle.

Pour tous les goûts

Le FBDM propose ainsi des ateliers pour tous les âges, de l’initiation au dessin manga, à la caricature de l’actualité, au brunch manga réservé aux enfants, entre autres. En plus des kiosques de 80 exposants, il y a de l’animation, des tables rondes et des rencontres avec des artistes sous forme de conversations avec le public, dont celles avec le Montréalais Michel Rabagliati et le Français Yoann.

«Ces rencontres sont très agréables parce que c’est dans un petit salon avec un animateur qui pose des questions et les gens peuvent participer à la conversation», souligne Mme Desrochers.

«Delaf et Dubuc, ce sont les auteurs de la série Les Nombrils. On connaît bien la série, mais on a moins souvent l’occasion de discuter avec ses auteurs québécois et apprendre à les connaître. Même chose pour Michel Rabagliati qui est l’auteur de la série Paul, qui aime bien parler avec son public et il est toujours très généreux de son temps», souligne Johanne Desrochers.

«Il y a aussi Yoann, un artiste français qui a repris la série Spirou. Il va nous parler du défi de reprendre cette série culte», poursuit-elle.

Le Festival BD de Montréal a donc pris de l’ampleur au fil des ans, mais ses organisateurs poursuivent le travail pour «redonner à la bande dessinée la place qu’elle mérite dans la culture à Montréal et ailleurs».

De plus en plus, la bande dessinée prend sa place, reconnaît Mme Desrochers qui souhaite «que la bande dessinée prenne toute la place qu’elle mérite et que Montréal devienne une plateforme d’échanges internationale en bande dessinée».