Née en Allemagne le 14 juin 1923 dans une famille juive, Judith Kerr était arrivée il y a plus de huit décennies à Londres, à l’âge de neuf ans, après avoir quitté Berlin précipitamment.

Décès de l’écrivaine britannique Judith Kerr à 95 ans

LONDRES — L’auteure et illustratrice britannique Judith Kerr, décédée à 95 ans, avait fui, enfant, l’Allemagne nazie pour Londres, où elle était devenue une «conteuse brillante», accédant à la reconnaissance dès son premier livre, Le Tigre qui s’invita pour le thé.

Elle est décédée mercredi chez elle à la suite d’une courte maladie, a annoncé jeudi son éditeur, HarperCollins.

«C’était une artiste et une conteuse extrêmement talentueuse qui nous a laissé une œuvre extraordinaire», a déclaré Charlie Redmayne, le pdg de HarperCollins, sa maison d’édition depuis 1968, année de publication du Tigre. Ce livre pour enfants a depuis été traduit et vendu à plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde.

Sophie et sa maman prennent le thé dans la cuisine quand on sonne à la porte. Un énorme tigre s’invite à leur table, dévore le goûter, boit tout ce qu’il trouve, puis repart et ne revient jamais. Depuis sa publication, en 1968, cette histoire a été racontée à des générations d’enfants.

Née en Allemagne le 14 juin 1923 dans une famille juive, Judith Kerr était arrivée il y a plus de huit décennies à Londres, à l’âge de neuf ans, après avoir quitté Berlin précipitamment.

En février 1933, un policier anonyme appelle le père de Judith Kerr, Alfred Kerr, éminent critique de théâtre et dramaturge opposé au nazisme. «Mon père était cloué au lit avec la grippe et cet homme l’appelle et lui dit: “Ils veulent confisquer votre passeport, vous devez quitter le pays immédiatement”».

Alfred Kerr mesure immédiatement la gravité de la situation et prend le premier train pour la Suisse, où le rejoignent quelques jours plus tard sa femme et leurs deux enfants, un jour seulement avant la prise de pouvoir des nazis.

Judith Kerr a raconté cette fuite dans un roman intitulé Quand Hitler s’empara du lapin rose, un livre qui figure depuis des années au programme des écoliers allemands.

Deux écoles primaires portent aujourd’hui le nom de l’auteure, l’une à Berlin, non loin du quartier de Grunewald, où vivait la famille Kerr, et l’autre dans le sud de Londres.