Acquitté, l’auteur Yvan Godbout dit pouvoir «respirer de nouveau»

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Acquitté, l’auteur Yvan Godbout dit pouvoir «respirer de nouveau»

Christopher Reynolds
La Presse canadienne
L’écrivain Yvan Godbout, acquitté cette semaine des accusations de pornographie juvénile portées à cause de passages de son roman d’horreur, dit qu’il peut «respirer de nouveau».

«C’est un poids immense de moins sur mes épaules. Je ressens des émotions que je n’ai pas ressenties depuis un long moment», a-t-il déclaré lors d’une entrevue à La Presse Canadienne.

M. Godbout et son éditeur ont été acquittés d’avoir produit de la pornographie juvénile avec le roman d’horreur Hansel et Gretel.

Le juge Marc-André Blanchard de la Cour supérieure a aussi déclaré invalides des articles du Code criminel portant sur les infractions de pornographie juvénile.

«Les auteurs et les créateurs pourront respirer un peu mieux. Ils n’auront plus l’impression d’avoir une épée de Damoclès au-dessus d’eux», souligne M. Godbout au cours d’un entretien téléphonique.

Malgré tout, l’anxiété ressentie depuis 18 mois continue de peser lourd sur lui et sa famille. Il a dû payer le prix, autant financièrement que socialement, de ces procédures.

«J’ai perdu des amis», reconnaît le quinquagénaire.

Il relate les circonstances de son arrestation survenue en mars 2019 à 6h.

«J’étais complètement nu. J’ai dû me rendre à la salle de bain, encore dénudé. Et les policiers m’ont accompagné dans la salle de bain. C’était une sorte de cauchemar.»

M. Godbout a choisi de se coucher dans le sous-sol pour les deux à trois mois suivants, incapable de vivre avec le traumatisme vécu.

Son éditeur François Doucet considère que leur victoire judiciaire a une saveur aigre-douce.

«C’est complètement aberrant de se faire accuser sans preuve», a-t-il commenté.

Il a reçu des menaces de mort par courrier et sur les réseaux sociaux. Quand il était à l’extérieur du pays, la police a commis une erreur d’identité et arrêté un de ses fils.

«Un autre de mes fils a tenté de se suicider», raconte M. Doucet.

Édition Ada, la maison d’édition qu’il a fondé en 1992, s’est effondrée financièrement, ce qui lui a causé «d’énormes difficultés financières».

«Les supermarchés ont retiré mes livres de leurs tablettes. Nous éditions 350 livres par année, mais nous avons dû vendre nos immeubles, notre terrain.»

Plus de 40 personnes ont perdu leur emploi.

«Je me demande jusqu’où les procureurs fédéraux et provinciaux ont lu le marquis de Sade», s’est-il moqué.

Hansel et Gretel, un roman de 250 pages, relate le calvaire d’un frère et de sa sœur qui subissent des sévices physiques, sexuels et psychologiques dans le cadre d’une histoire d’horreur et de science-fiction.

Yvan Godbout avait fait valoir qu’un écrivain qui ne préconise ni ne conseille la pornographie ne devrait voir sa liberté d’expression restreinte par des accusations criminelles. Il avait ajouté que la loi sert à protéger les «enfants réels» et non ceux imaginés dans des œuvres de fiction.

La Procureure générale du Québec a reconnu que la loi viole la liberté d’expression, mais a plaidé que cette limite était justifiée pour protéger les enfants, parmi les membres les plus vulnérables de la société.

Dans son jugement de 53 pages, le juge Marc-Blanchard avait donné raison à l’écrivain et à son éditeur.

La province a 30 jours pour interjeter appel.

M. Godbout envisage de «rebâtir» sa vie avant de relancer sa carrière d’écrivain ou même d’intenter des poursuites.

«Pour le moment, je veux vraiment me concentrer sur ma famille et moi. Je n’ai pas été le seul à être blessé. Il y a mes proches et ma maison d’édition qui ont subi des dommages incroyables et pratiquement irréparables.»

Décès de l’écrivain français Denis Tillinac

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Décès de l’écrivain français Denis Tillinac

Agence France-Presse
PARIS — L’écrivain français Denis Tillinac est décédé à 73 ans dans la nuit de vendredi à samedi des suites d’une crise cardiaque, a-t-on appris auprès des éditions Plon.

Celui qui fut aussi journaliste et responsable d’une maison d’édition a signé plus de soixante d’ouvrages (romans, récits, essais, nouvelles, poésies, etc), dont son dernier Dictionnaire amoureux du Général (De Gaulle) aux éditions Plon (2020).

Un nouveau roman pour Josélito Michaud

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Un nouveau roman pour Josélito Michaud

La Presse Canadienne
Josélito Michaud présentera son roman Trois mois tout au plus, la suite de Dans mes yeux à moi, qui a inspiré la série télévisée Olivier, le 11 novembre prochain.

L’histoire de ce roman fera renouer le lecteur avec Olivier Dubreuil, devenu un animateur de télévision à succès, alors qu’il fête en grande pompe son 50e anniversaire pendant sa dernière émission de la saison.

L’écrivain Gabriel Matzneff définitivement privé d’aide publique

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L’écrivain Gabriel Matzneff définitivement privé d’aide publique

Hugues Honoré
Agence France-Presse
PARIS — L’écrivain français Gabriel Matzneff, visé par une enquête pour viols sur mineurs de moins de 15 ans, est définitivement privé de l’aide publique qu’il a longtemps touchée, ont indiqué jeudi les autorités françaises.

«Je peux vous assurer que Gabriel Matzneff ne touche plus son allocation», a déclaré la ministre française de la Culture, Roselyne Bachelot, au magazine Livres Hebdo au sujet de l’allocation pour écrivains à faibles revenus versée à partir de 2002 par le Centre national du livre (CNL).

<em>La grande traversée poétique</em>: Québec en toutes lettres fait voyager la poésie dans une vingtaine de pays

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La grande traversée poétique: Québec en toutes lettres fait voyager la poésie dans une vingtaine de pays

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
En attendant de dévoiler sa programmation complète, Québec en toutes lettres annonçait, mercredi, un premier événement international pour sa 11e édition : La grande traversée poétique. 200 poètes, dispersés dans une vingtaine de pays, se relaieront en vidéo, sur le Web, afin de créer douze heures de poésie en continu.

Parmi les auteurs participants, on retrouve notamment : Joséphine Bacon, Vanessa Bell, Sébastien Bérubé, Geneviève Boudreau, Nicole Brossard, Éric Charlebois, Anne-Marie Desmeules, Jean Désy, Laura Doyle Péan, Valérie Forgues, Mireille Gagné, Marie-Andrée Gill, Emma Haché, Lorrie Jean-Louis, Vincent Lambert, Jonathan Lamy, Annie Landreville, Tania Langlais, Thomas Langlois et plusieurs autres.

L’Américaine et le <em>Petit Prince</em>: une idylle de Saint-Exupéry dévoilée

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L’Américaine et le Petit Prince: une idylle de Saint-Exupéry dévoilée

Hugues Honoré
Agence France-Presse
PARIS — «C’est pour vous seule que je viens» : ainsi s’adressait l’auteur français Antoine de Saint-Exupéry à l’Américaine Jane Lawton qui écrira pour Walt Disney un projet d’adaptation du Petit Prince, selon une série de documents inédits présentés au Salon du livre rare de Paris.

Les biographes en savent extrêmement peu sur cette idylle des années 1938, 1939 et 1940 entre l’écrivain-aviateur français et «Miss Lawton».

Un libraire de l’ancien, Christophe Champion, a mis la main sur sept documents permettant de lui donner un prénom, mais aussi d’émettre quelques hypothèses sur cette relation, dont les détails restent mystérieux.

Ce que l’on apprend de ces sept pièces mises en vente, c’est que Saint-Exupéry et Jane Lawton se rencontrent à New York, en 1938 ou 1939, années où il effectue trois séjours dans la métropole américaine. Son mariage avec Consuelo, à cette époque, connaît des hauts et des bas.

«Il a conservé de leur première soirée ensemble une plume dorée qui devait provenir du chapeau ou de la tenue de Jane. Et il l’appelle Plume d’ange», raconte à l’AFP Christophe Champion, de la libraire Faustroll à Paris.

Qui est exactement cette Jane Lawton? Les historiens devront le déterminer, car le nom est répandu aux États-Unis, et la date de naissance inconnue.

Elle semble plus jeune que l’écrivain, qui approche de la quarantaine quand il la rencontre. C’est ce que déduit le libraire d’une dédicace sur l’«Exemplaire spécialement imprimé pour Mademoiselle Jane Lawton» de l’édition new-yorkaise de Pilote de guerre en 1942, car il s’y désigne comme «vieil ami».

«Pour Disney»

L’une des pièces exceptionnelles de l’ensemble est une lettre de deux pages non datée, mais très vraisemblablement d’octobre 1940. Saint-Exupéry explique : «Je vais venir faire un tour à N.Y. pour mon livre (à savoir Terre des hommes). «Je ne vous permets pas de rire si je vous dis que c’est pour vous seule que je viens — parce que c’est vrai», explique-t-il.

Nul ne sait quelle fut la nature de la relation, pas même les biographes qui ont tâché d’éclairer ces années essentielles pour sa vie et son oœuvre. Mais elle était très chère au romancier.

Dans un télégramme de décembre 1940, au moment où il s’apprête à retraverser l’Atlantique après la défaite de la France, il prévient : «Bien heureux vous revoir arrive SS Siboney [le navire militaire américain qui l’amène] ne le dites à personne croyez profonde amitié.»

«Il connaît pas mal de monde à New York, et ses mots laissent penser qu’il veut y passer sa première soirée avec elle, sans personne d’autre», d’après Christophe Champion.

Saint-Exupéry y restera jusqu’en 1943, méfiant face à la cause du général du Gaulle et se consacrant à l’écriture de Pilote de guerre, sur la débâcle de 1940, puis d’un conte. Il l’intitulera Le Petit Prince.

On savait qu’Orson Welles en avait acheté les droits d’adaptation en film dès 1943, puis s’était tourné vers Walt Disney pour y mêler du dessin animé. Disney, sans assurance sur sa marge de manoeuvre artistique dans le projet, avait décliné.

La librairie Faustroll présente, dans ce lot Jane Lawton, un synopsis de trois pages fidèle au conte, en anglais, écrit par la jeune Américaine. Son début : «Un pilote solitaire tombe en panne dans le Sahara. Après s’être acharné sur son moteur cassé finalement il s’endort.»

«C’est elle qui est à l’initiative, sûrement avec l’accord de ceux qui devaient le donner», commente le libraire. Ce scénario d’un possible classique du cinéma du XXe siècle, qui n’a jamais vu le jour hélas, a un destinataire rajouté à la main : «pour Disney».

Saint-Exupéry, lui, était mort pour la France au large de Marseille en juillet 1944.

<em>Le feu de Kigawôgan</em>: Un destin qui consume tout

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Le feu de Kigawôgan: Un destin qui consume tout

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Pour son premier livre, Marie-France David raconte le destin romanesque de Marie, jeune montréalaise dont l’avenir est mystérieusement connecté à celui d’une communauté autochtone en milieu rural. Le tout premier tome de la série Au cœur de nous est plus qu’une grande histoire d’amour. C’est un miroir. Sur soi, sur l’Autre et sur le lien entre les deux.

Marie-France David est nutritionniste auprès de communautés autochtones depuis plus de 25 ans. Au fil des ans, elle a d’ailleurs décidé d’y habiter et d’y prendre mari. Ces souvenirs, qui appartiennent maintenant au passé, l’ont amenée à coucher sur papier Au cœur de nous, une série qui lui aura pris près de neuf ans à réaliser.

Le feu de Kigawôgan met en place les bases de cette histoire d’amour à la fois douce et déchirante. Plus Marie découvre Kigawôgan — une communauté autochtone fictive — et plus elle entre en contact avec «des gens déterminants pour sa vie future». En plus de tomber amoureuse, elle rencontre également un personnage qui «la piste sur une autre façon de voir la vie», raconte l’écrivaine en entrevue au Soleil.

En elle

D’entrée de jeu, Marie-France David est claire, nette et précise: ce livre, qu’elle a écrit il y a plusieurs années, n’illustre ni la vie ni la culture particulière d’une des onze premières nations du Québec. 

«Moi, je ne suis pas autochtone, insiste l’auteure. Oui, je travaille, j’ai été mariée et j’ai déjà habité en milieu autochtone, mais ça ne fait pas de moi quelqu’un qui peut définir leur culture ou leur identité. Ce qui prime dans le livre, c’est l’histoire de cette fille qui a un lien unique avec les gens de [Kigawôgan], un lien de cœur. Marie sent que son destin est lié à cette communauté. […] C’est une histoire que j’avais en moi et que je devais sortir. On le verra dans les autres tomes, il y a vraiment toute une évolution du personnage.»

Au fil du livre, sans y mettre l’accent, Marie-France David décrit tout de même des problèmes d’alcool et de violence. D’une plume qu’elle souhaitait la plus respectueuse possible, elle aborde aussi l’époque des pensionnats. Sans entrer dans un débat politique «qui n’est pas [le sien]», soutient-elle, l’écrivaine souhaitait faire refléter, en trame de fond, les nombreux préjugés, toujours ancrés dans notre société, «même en 2020».

Des livres anciens «irremplaçables» volés en 2017 à Londres découverts en Roumanie

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Des livres anciens «irremplaçables» volés en 2017 à Londres découverts en Roumanie

AFP
Agence France-Presse
BUCAREST — Les procureurs roumains ont annoncé vendredi la découverte de quelque 200 livres anciens et incunables d’une valeur estimée à plus de 2,5 millions d’euros, volés en 2017 dans un entrepôt en Grande-Bretagne.

Des éditions princeps de Galilée et d’Isaac Newton, un incunable de Pétrarque, plusieurs éditions rares de Dante Aligheri ou encore 80 ébauches du peintre espagnol Francisco de Goya avaient été dérobés lors d’un spectaculaire cambriolage dans la nuit du 29 au 30 janvier 2017.

Les voleurs avaient pénétré par le toit dans un entrepôt à Feltham, près de Londres, avant de descendre 12 mètres en rappel, sans se faire repérer par les détecteurs de mouvements, ont indiqué les procureurs.

Ils ont fouillé pendant plusieurs heures parmi des milliers d’ouvrages qui devaient être acheminés vers les Etats-Unis en prévision d’une foire internationale des bouquinistes et sont ressortis par la même voie.

Quatre suspects roumains avaient été interpellés en juin 2019 lors d’une trentaine de perquisitions domiciliaires menées dans le nord-est de la Roumanie, tandis qu’une dizaines d’autres, dont les nationalités n’ont pas été précisées, ont été appréhendés en Grande-Bretagne.

Mais c’est l’arrestation en janvier à Turin (Italie) d’un Roumain, chef présumé de ce réseau, et sa collaboration qui «ont été décisives pour le succès de cette opération», menée conjointement par les polices britannique, italienne et roumaine, a indiqué Eurojust dans un communiqué.

Le butin a été découvert mercredi dans une maison du département de Neamt (nord-est). Selon des photos publiées par le parquet roumain, les ouvrages étaient emballés dans du plastique et cachés dans une fosse en béton, recouverte de gravats.

«Ces livres sont extrêmement précieux, irremplaçables, d’une énorme importance pour le patrimoine culturel international», a souligné la police britannique.

«Il s’agit d’un double succès, puisque les suspects ont été identifiés et interpellés et les trésors récupérés avant d’être mis en vente», s’est félicité Eurojust.

Selon les enquêteurs britanniques, une partie des suspects, membres d’un clan basé dans le nord-est de la Roumanie, auraient commis «onze autres cambriolages en Grande-Bretagne, utilisant généralement la même méthode d’effraction, lors desquels des biens estimés à 2 millions de livres (2,19 millions d’euros) ont été dérobés».

Le premier volume des mémoires de Barack Obama sortira après l’élection [VIDÉO]

Arts et spectacles

Le premier volume des mémoires de Barack Obama sortira après l’élection [VIDÉO]

Associated Press
NEW YORK — Le premier volume des mémoires de l’ancien président des États-Unis Barack Obama sortira le 17 novembre, deux semaines après le jour de l’élection américaine. Il s’intitulera A Promised Land et couvrira son ascension rapide et historique à la Maison-Blanche, ainsi que son premier mandat.

La date de publication du deuxième volume n’a pas encore été déterminée.

La première sélection du Goncourt dévoilée

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La première sélection du Goncourt dévoilée

Agence France-Presse
PARIS — Les romans d’Emmanuel Carrère, Sarah Chiche ou Lola Lafon sont dans la première sélection du prix Goncourt dévoilée mardi, qui compte 15 titres.

L’académie Goncourt a prévu de décerner son prix le 10 novembre, après avoir resserré sa sélection le 6 et le 27 octobre.

Quatre premiers romans en finale du Booker Prize

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Quatre premiers romans en finale du Booker Prize

Agence France-Presse
LONDRES — Quatre premiers romans figurent parmi les six ouvrages retenus en finale du Booker Prize, explorant des thèmes allant du changement climatique, au racisme en passant par les liens familiaux, ont annoncé mardi les organisateurs du prestigieux prix littéraire britannique.

L’écrivaine zimbabwéenne Tsitsi Dangarembga figure parmi les finalistes avec This Mournable Body, le troisième tome d’une trilogie débutée avec Nervous Conditions (À fleur de peau dans la version française), sur le parcours d’une jeune fille du Zimbabwe sombrant dans la pauvreté.

Margaret Atwood lauréate du prix d’excellence Richard C. Holbrooke

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Margaret Atwood lauréate du prix d’excellence Richard C. Holbrooke

Associated Press
CINCINNATI — Margaret Atwood, dont l’œuvre comprend La servante écarlate, qui imagine un avenir totalitaire cauchemardesque pour les États-Unis, remporte un prix pour l’ensemble de ses réalisations.

L’écrivaine et enseignante canadienne est la lauréate du prix d’excellence Richard C. Holbrooke, ont annoncé lundi les responsables du Dayton Literary Peace Prize. Le prix porte le nom du défunt diplomate américain qui a négocié les accords de paix bosniaques de 1995 conclus en Ohio.

<em>La Traversée des écrivains</em>: recueil de textes et de photos par plusieurs visions

L'Est du Québec

La Traversée des écrivains: recueil de textes et de photos par plusieurs visions

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Coucher sur papier une traversée automnale des montagnes gaspésiennes. C’est le défi qui a été lancé à dix artistes qui ont dû repousser leurs limites physiques et mentales afin de compléter les 120 kilomètres d’un parcours tout sauf ordinaire. Regroupant textes et photos à couper le souffle, cette «déclaration d’amour à la Gaspésie» est désormais disponible pour tous les amateurs de plein air de la province à la recherche d’un peu de nature.

En automne 2019, 200 passionnés de plein air, de paysages et d’air frais ont pris part à la septième édition automnale de la Traversée de la Gaspésie. À ces adeptes s’est ajoutée une dizaine d’artistes, écrivains, réalisateurs et autres, loin de se douter de l’ampleur du projet auquel ils avaient été invités. «Ils étaient prêts au défi physique, mais je pense qu’ils ont été saisis par l’ampleur des émotions que la traversée apporte», rapporte l’instigatrice du projet, l’autrice Geneviève Lefebvre. 

La traversée des écrivains, présenté sous la forme d’un recueil de textes et de photos, offre dix visions de la même histoire, vécue par dix personnes aux sources et parcours différents. La préface, signée par l’actrice Sophie Faucher, nous parle de l’amour que cette dernière porte à la péninsule. «Devant tant de beauté, de grandeur, on peut se sentir infiniment petit et en même temps, faisant partie d’un tout qui nous élève», écrit-elle. 

Construire des ponts

Si ce pèlerinage a permis aux auteurs de découvrir les magnifiques paysages des montagnes de l’arrière-pays gaspésien, c’est surtout au niveau des relations humaines et des émotions que le voyage a été le plus intense.

«Les rapports humains sont complètement différents, raconte Geneviève Lefebvre. Les discussions sont infiniment plus profondes, et les participants tombent rapidement dans l’intimité. Quelqu’un qui avoue ne pas aimer son travail, un autre qui raconte que son divorce est difficile ou qui ne sait pas quoi faire depuis que ses enfants ont quitté la maison, toutes les discussions sont bonnes à avoir parce qu’on a le temps d’écouter et de réfléchir.»

Au cours de la semaine de randonnée, des ponts solides se sont créés entre «deux mondes qui se côtoient rarement», soit les «intellectuels» que sont les auteurs et les «sportifs et mordus de plein air» que sont les participants réguliers de la Traversée de la Gaspésie. «C’est la rencontre entre le corps et la tête, deux pôles qu’on sépare souvent», note Mme Lefebvre. 

Des auteurs bien connus

Parmi les artistes qui ont participé au projet, on retrouve plusieurs auteurs dont les livres ont fait le tour du monde. L’auteur amquien Éric Dupont faisait partie de voyage, tout comme l’autrice de Québec Marie-Ève Sévigny. 

Plusieurs artistes gaspésiens ont participé à l’aventure, notamment la Matanaise Johanne Fournier, le journaliste et auteur Pierre Cayouette, de Bonaventure, et la psychiatre originaire de Rivière-au-Renard Marie-Ève Cotton, qui a notamment travaillé sur la série Cerebrum avec Richard Blaimert. L’autrice Roxanne Bouchard, qui vient justement de publier un polar se déroulant dans la péninsule gaspésienne, et l’ambassadrice de la littérature québécoise à Paris Jo Ann Champagne étaient aussi de la partie.

Pour finir, l’autrice et réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, dont le film La déesse des mouches à feu sera présenté au Festival de cinéma de la ville de Québec, était aussi de la traversée. 

LIRE AUSSI : Quelques projections en personne au FCVQ

La majorité des photographies dispersées dans le livre ont été prises par le photographe Charles Bilodeau ainsi que par deux étudiants du Cégep de Matane.

<em>Le petit prince est toujours vivant</em>: à lire avec le cœur

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Le petit prince est toujours vivant: à lire avec le cœur

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Baigné par le conte original, Le petit prince est toujours vivant pose dix grandes questions existentielles. Christine Michaud et Thomas De Koninck affrontent les tabous et abordent doucement et sans torture le sens de la vie, le bonheur, la beauté ou encore le divin. De quoi apaiser les adultes cherchant parfois des réponses qui se cachent sous le bout de leur nez.

«On a toujours besoin de s’interroger sur le sens de la vie et tout ce qui gravite autour. Mais ce qui est extraordinaire, c’est la capacité qu’ont déjà les enfants à poser les questions les plus profondes», affirme d’entrée de jeu Thomas De Koninck, professeur émérite à la Faculté de philosophie de l’Université Laval, en entrevue au Soleil.

Qu’est-ce que la beauté? Qu’est-ce qui nous donne envie de vivre? Qu’est-ce qu’une vie heureuse? Qu’est-ce qu’aimer?

Comme des enfants, les auteurs de Le petit prince est toujours vivant posent des questions qui laisseraient bouche bée bon nombre d’adultes. Or, devant ces bouches entrouvertes et ces paumes levées vers le ciel, Christine Michaud et Thomas De Koninck répliquent les mots «amour» et «amitié». Comme des enfants sages ­— et non pas naïfs.

«Éric-Emmanuel Schmitt fait l’analogie avec Mozart. La musique de Mozart est très simple en apparence, naïve on pourrait dire. Mais c’est une musique qui est belle, profonde et loin d’être superficielle. Paraît-il qu’elle est d’ailleurs très exigeante pour les orchestres [qui la jouent]. La question du sens de la vie, de la mort, c’est loin d’être naïf. Parce que si vous ne trouvez pas de sens à la vie... Qu’est-ce que vous faites? Vous vous autodétruisez», assure M. De Koninck.

Voilà donc ce qu’offre l’ouvrage : des réponses qui paraissent simples au premier abord, mais qui, une fois étayées et construites, ramènent à soi, à notre vie et à ce que nous en ferons. Loin du «guide rapide et efficace pour être heureux», l’œuvre de 200 pages, qui allie philosophie pure et psychologie positive, fait réfléchir et aide le lecteur à mettre en lumière certains pans de son existence.

Bien que ce type de questions existentielles soient généralement d’ordre personnel, le livre porte un fort aspect social et fait écho aux enjeux actuels, communs au monde entier. Même s’ils sont conscients des défis auxquels l’humanité fait face, Christine Michaud et Thomas De Knoninck prônent l’émerveillement et la nécessité de voir ce qu’il y a de bien autour de nous.

«C’est peut-être un effort qui nous est demandé de voir les élans de solidarité à travers tout le plus sombre qu’on perçoit, mais moi je crois profondément qu’il est possible de refaire le lien, de se reconnecter à ça [la solidarité]. On en a besoin plus que jamais. Mais il va aussi falloir que tout le monde s’y mette parce que c’est comme ça qu’on pourra atteindre un point de bascule et faire changer les choses», insiste Mme Michaud, également conférencière et animatrice.

Le livre illustre et propose de petits gestes simples, qui partent de soi, mais qui feront effet boule de neige devant le grand «défi humain» à nos portes, selon les auteurs.

Plongeon dans l’œuvre de Saint-Exupéry

Si l’ouvrage contient plusieurs citations de grands philosophes connus — Socrate, Aristote, Kant, Pascal, Camus, etc. —, il met davantage en lumière l’œuvre tout entière de Saint-Exupéry. Non seulement y cite-t-on Le Petit prince, mais aussi Citadelle, Vol de nuit, Terre des hommes, Pilote de guerre et plusieurs autres.

Selon Mme Michaud, les thèmes abordés dans le fameux Petit prince sont pourtant universels à l’ensemble des œuvres de Saint-Exupéry. Fait méconnu de son époque et d’aujourd’hui, Antoine de Saint-Exupéry a publié tout au long de sa vie.

Bien humblement, Le Petit prince est toujours vivant «rend ses lettres de noblesse à ce génie philosophique et littéraire». «Avant d’écrire, j’ai relu toutes les œuvres de Saint-Exupéry justement parce que je trouvais important de me baigner dans son univers, de voir quel type d’homme pouvait avoir écrit Le Petit prince. Je voulais savoir ce qui l’animait et quelles étaient ses grandes questions à lui», indique Mme Michaud.

«Le Petit prince a été traduit en près de 400 langues et dialectes. […] Saint-Exupéry est un génie. La justesse, la clarté et la profondeur de ses réflexions sont extraordinaires, lance avec passion M. De Koninck, passionné. Le succès immense de l’œuvre en témoigne. Je pense qu’il n’y a que la Bible qui ait été traduite autant de fois, sinon davantage. C’est un succès qui transcende tout. Et ce n’est pas seulement parce que c’est un conte de fées. Il y en a plein des contes du genre.»

Prix Renaudot : Olmi, Joncour et Rolin en lice

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Prix Renaudot : Olmi, Joncour et Rolin en lice

Agence France-Presse
PARIS — Véronique Olmi (Les évasions particulières), Serge Joncour (Nature humaine) et Jean Rolin (Le pont de Bezons) ont été inclus mardi dans la première liste de romans sélectionnés pour le prix Renaudot, qui doit être décerné le 10 novembre.

Le jury a choisi 14 titres, neuf écrits par des hommes, cinq par des femmes, plutôt à l’honneur en ce début de saison des prix littéraires. Ainsi retrouve-t-on, dans la sélection du Renaudot, Marie-Hélène Lafon et son Histoire du fils, qui déjà a obtenu le prix des libraires de Nancy lundi.

La maison d'Hemingway retombe sur ses pattes grâce à ses chats mutants

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La maison d'Hemingway retombe sur ses pattes grâce à ses chats mutants

Agence France-Presse
KEY WEST — En mal de touristes internationaux à cause de la pandémie, la maison où a vécu l'écrivain américain Ernest Hemingway dans l'archipel des Keys en Floride a dû licencier la quasi totalité de ses employés. Mais ses chats à six doigts attirent encore les curieux locaux.

Après la mort de Hemingway en 1961, sa demeure est devenue l'une des attractions touristiques majeures de Key West, île située à une centaine de kilomètres au sud de Miami et au nord-ouest de La Havane, où il n'y a pas grand chose à faire si ce n'est boire des margaritas, faire de la plongée et bronzer.

Les Rendez-vous du premier roman renaissent à Québec

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Les Rendez-vous du premier roman renaissent à Québec

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
À raison d’au moins une rencontre mensuelle, quelques dizaines d’amoureux de littérature pourront se réunir, à Québec, afin de débattre, d’échanger et de partager leurs impressions au sujet de seize nouveaux romans francophones.

Manam de la journaliste Rima Elkouri, Les falaises de l’auteure Virginie DeChamplain ou encore Ténèbre de l’écrivain Paul Kawczak ne sont que quelques exemples des livres qui seront au menu des clubs de lecture cet automne, de la France au Québec.

<em>Melania et moi,</em> un livre qui nourrit les spéculations sur la première dame américaine

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Melania et moi, un livre qui nourrit les spéculations sur la première dame américaine

AFP
Agence France-Presse
NEW YORK — Melania Trump et sa belle-fille Ivanka plus que jamais rivales, loin des images de la convention républicaine, montrant une famille unie derrière le président? Un livre sorti mardi, signé d’une ex-conseillère et amie de la première dame américaine, nourrit les spéculations sur les rivalités familiales à la Maison-Blanche.

Stephanie Winston Wolkoff fut proche de l’énigmatique Melania Trump jusqu’en 2018, lorsqu’elle tomba en disgrâce après la sortie d’informations sur les frais colossaux engagés pour la cérémonie d’investiture de Donald Trump en janvier 2017, qu’elle a coorganisée.

Son livre Melania and Me: The Rise and Fall of My Friendship With the First Lady («Melania et moi: grandeur et décadence de mon amitié avec la première dame»), est plein d’anecdotes et de citations censées lever une partie du voile sur cette ex-mannequin d’origine slovène qui a attendu six mois pour rejoindre son mari à la Maison-Blanche.

Melania Trump, aux apparitions publiques rares, est souvent présentée comme énigmatique: ses moues sont disséquées sur les réseaux sociaux et, sous le slogan #FreeMelania (Libérez Melania), certains voient en elle la victime d’un mari impossible.

Mme Winston Wolkoff la montre plus agressive. Selon elle, Melania Trump, 50 ans, surnommerait notamment sa belle-fille Ivanka «Princesse».

Elle l’aurait qualifiée de «serpent» et écarterait de sa garde-robe tout styliste que la fille aînée de Donald Trump aurait déjà porté, selon cette ex-collaboratrice de Vogue.

À l’en croire, Melania Trump saurait aussi peser sur certaines décisions du locataire de la Maison-Blanche.

Autopromotion «mensongère»

Sa porte-parole Stephanie Grisham a rejeté dès la semaine dernière le livre comme de l’autopromotion «mensongère», décrivant la «revanche» d’une femme qui aurait désormais rejoint le camp des ennemis du président.

Dans une entrevue lundi sur CBS, Mme Winston Wolkoff a reproché à la première dame de ne pas l’avoir défendue face aux accusations de dépenses abusives pour l’investiture, et a indiqué collaborer avec des enquêteurs fédéraux sur d’éventuelles fraudes commises à cette occasion.

Alors que la campagne présidentielle s’intensifie, l’ouvrage est promis au succès, comme d’autres «livres-révélations» sur la famille Trump. Le dernier en date était celui de Mary Trump, la nièce très critique du président.

Melania et moi était mardi quatrième au classement des meilleures ventes d’Amazon, juste derrière un livre attendu le 8 septembre, signé Michael Cohen, ex-avocat personnel de Donald Trump.

«Les Américains sont très curieux de leur première dame, et Melania étant particulièrement prudente, ils veulent en savoir plus», estime Katherine Jellison, professeure à Ohio University. «Et les tensions belle-mère/belle-fille sont très ancrées dans l’opinion [...] cela remonte à Cendrillon».

Taxée de transphobe, J.K. Rowling rend une récompense

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Taxée de transphobe, J.K. Rowling rend une récompense

Agence France-Presse
LONDRES — L’écrivaine britannique J.K. Rowling a annoncé rendre une récompense après que la présidente de l’organisation qui la lui avait remise a critiqué ses opinions sur les personnes transgenres.

L’organisation des droits humains Robert F Kennedy (RFKHR) avait remis l’an dernier le Ripple of Hope à l’auteure de la saga Harry Potter. Mais la présidente de cette organisation, Kerry Kennedy, a estimé que les opinions de l’écrivaine «réduisaient l’identité» des personnes trans.

Ces déclarations «insinuaient à tort que je suis transphobe», a dénoncé J.K. Rowling dans un texte publié jeudi sur son site. «En tant que donatrice de longue date à des associations LGBT et partisane du droit des personnes trans à vivre sans être persécutées, je réfute catégoriquement l’accusation selon laquelle je déteste les personnes trans ou leur veux du mal», a-t-elle poursuivi.

En raison de la «très grande divergence de vues» entre l’organisation RFKHR et elle, l’écrivaine affirme ne «pas avoir d’autre choix» que de rendre la récompense qui lui avait été attribuée.

En juin, J. K. Rowling avait été accusée d’avoir tenu des propos jugés insultants pour les personnes transgenres pour un tweet.

Elle avait partagé sur Twitter un article parlant des «personnes qui ont leurs règles», commentant ironiquement «Je suis sûre qu’on devait avoir un mot pour ces gens. Que quelqu’un m’aide. Feum? Famme? Feemm?»

Elle s’est ainsi attiré les foudres de certains internautes. L’acteur Daniel Radcliffe, interprète de Harry Potter au cinéma, s’était joint aux critiques. «Les femmes trans sont des femmes», avait-il martelé. «Tout propos affirmant le contraire efface l’identité et la dignité des personnes transgenres».

J.K. Rowling a dit avoir été «submergée de milliers de courriels de soutien reçus de personnes concernées par ces problèmes, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté trans, dont beaucoup se sentent vulnérables et s’inquiètent en raison de la toxicité entourant ces discussions».

Décès du scénariste de la BD Ric Hochet

Arts et spectacles

Décès du scénariste de la BD Ric Hochet

Agence France-Presse
BRUXELLES — Le romancier et scénariste belge André-Paul Duchâteau, connu pour la série de bandes dessinées des années 1960 Ric Hochet, est décédé mercredi à l’âge de 95 ans, a-t-on appris jeudi auprès des éditions du Lombard.

Duchâteau avait travaillé avec le dessinateur français Tibet dès 1955 sur les aventures du journaliste-détective Ric Hochet, qui paraîtront d’abord dans le journal Tintin. Suivront des dizaines d’albums à partir de 1963 dont l’action se situe en France ou en Belgique avec chacun plusieurs histoires (Le trésor des Marolles, Le nombre maudit, Silence de mort). Une intégrale en 20 tomes a été publiée par les éditions Le Lombard.

<em>Dix petits nègres</em> d’Agatha Christie change de titre

Livres

Dix petits nègres d’Agatha Christie change de titre

Alain Jean-Robert
Agence France-Presse
PARIS — Oubliez les Dix petits nègres. Le roman policier d’Agatha Christie, un des livres les plus lus et vendus au monde, change de nom, amputé du mot «nègre» dans sa version française, pour «ne pas blesser».

«Nous ne devons plus utiliser des termes qui risquent de blesser», s’est justifié sur la radio RTL, qui a révélé l’information, l’arrière-petit-fils de la romancière britannique, James Prichard, dirigeant de la société propriétaire des droits littéraires et médiatiques des œuvres d’Agatha Christie.

Le nouveau titre français qui sort ce mercredi aux éditions du Masque est Ils étaient dix.

Mais, il ne s’agit pas seulement d’un changement de titre. Le mot «nègre», cité 74 fois dans la version originale du récit, n’apparaît plus du tout dans la nouvelle édition traduite par Gérard de Chergé.

«L’île du nègre» où se déroule la machiavélique intrigue imaginée par Agatha Christie est devenue dans la nouvelle version «l’île du soldat» (comme dans les versions en anglais).

«Les éditions du Masque ont opéré ces changements à la demande d’Agatha Christie Limited afin de s’aligner sur les éditions anglaise, américaine et toutes les autres traductions internationales», a précisé l’éditeur contacté par l’AFP.

«La traduction a été révisée selon les dernières mises à jour de la version originale, mais l’histoire en elle-même ne change pas», a souligné l’éditeur.

«Quand le livre a été écrit, le langage était différent et on utilisait des mots aujourd’hui oubliés», a expliqué de son côté James Prichard.

«Politiquement correct»

Le célèbre roman d’Agatha Christie (1890-1976) dont le titre original est Ten Little Niggers (Dix petits nègres) fut écrit en 1938 et publié en 1939 en Grande-Bretagne. Dès sa sortie aux États-Unis au début de l’année 1940, il fut publié (avec l’accord de la romancière) sous le titre And Then There Were None (Et soudain il n’en restait plus).

La France où le livre fut publié pour la première fois en 1940 était l’un des rares pays (avec l’Espagne et la Grèce notamment) à conserver le titre Dix petits nègres.

«Au Royaume-Uni, (le titre) a été modifié dans les années 1980 et aujourd’hui nous le changeons partout», a rappelé M. Prichard.

«Mon avis, c’est qu’Agatha Christie était avant tout là pour divertir et elle n’aurait pas aimé l’idée que quelqu’un soit blessé par une de ses tournures de phrases (...) Ça a du sens pour moi: je ne voudrais pas d’un titre qui détourne l’attention de son travail. Si une seule personne ressentait cela, ce serait déjà trop!» a insisté l’arrière-petit-fils de la romancière.

Ce changement de titre intervient après qu’en juin, aux États-Unis, la plateforme de streaming HBO Max avait fait polémique en retirant temporairement de son catalogue le film Autant en emporte le vent en arguant que ce film (de 1939) «dépeint des préjugés racistes qui étaient communs dans la société américaine».

Le film a depuis été remis en ligne, avec une introduction présentant des éléments de contexte.

Adapté au cinéma (notamment avec Charles Aznavour) et à la télévision, Dix petits nègres est un best-seller mondial. Il s’est vendu à plus de cent millions d’exemplaires. «C’est l’un des plus grands succès de tous les temps, c’est son plus grand succès et c’est le livre de crime le plus vendu de l’histoire», a rappelé James Prichard.

L’annonce du changement de titre du roman d’Agatha Christie a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

«Il y a quelques mois encore, on était des milliers à rire de bon cœur des incultes qui s’indignaient de ce titre. Désormais, l’inculture triomphe et règne.  #dixpetitsnègres», a ainsi posté le philosophe Raphaël Enthoven sur son compte Twitter.

Pour le journal Le Figaro il s’agit d’«un nouveau triomphe du politiquement correct».

Interrogé sur France Inter, François Busnel, présentateur de l’émission littéraire de France 5 La grande librairie, a jugé «absurde» ce changement de titre.

«On peut tout lisser, mais un livre se replace dans son temps [...] Au lieu de juger, on devrait lire», a-t-il dit.

L’écrivaine libanaise Dima Abdallah récompensée

Livres

L’écrivaine libanaise Dima Abdallah récompensée

Agence France-Presse
PARIS — La primo-romancière libanaise Dima Abdallah a reçu lundi le prix Envoyé par La Poste, qui récompense un premier roman, pour son livre Mauvaises herbes, récit bouleversant d’une enfance durant la guerre civile et magnifique histoire d’amour entre une petite fille et son père.

Publié chez Sabine Wespieser, le roman sort en librairie jeudi. Le prix, doté de 2500 euros (3900 $), sera remis à la lauréate, âgée de 43 ans, le 8 septembre lors d’une cérémonie au Musée de La Poste.

Un artiste recopie à la main le journal de Ratko Mladic

Livres

Un artiste recopie à la main le journal de Ratko Mladic

Sally Mairs
Agence France-Presse
BELGRADE — Pendant près de quatre ans, les journées de Vladimir Miladinovic ont commencé irrémédiablement par un même rituel: un café et le journal d’un des criminels de guerre les plus notoires des Balkans, Ratko Mladic.

Mot pour mot, l’artiste-plasticien a recopié laborieusement, à la main, 400 pages de ce journal, qui débute en 1992, sur de grands papiers blancs qui tapissent désormais les murs de la galerie Eugster à Belgrade.

Rédigées dans un langage strictement militaire, les notes de Ratko Mladic ne sont pas des griffonnages fous auxquels on pourrait s’attendre d’un homme souvent qualifié de «personnification du mal». Il s’agit plutôt de notes résumées et soignées, touchant à la politique, à des questions militaires, avec de sobres commentaires et remarques.

«Au final, nous pourrions dire que c’est même banal, un langage banal qui ne dit rien, mais en même temps dit pas mal de choses», explique à l’AFP Vladimir Miladinovic.

Récrire le journal était «une démarche visant à se confronter au passé sur lequel nous sommes toujours obligés de nous pencher aujourd’hui, 25 ans après la guerre», ajoute le plasticien de 39 ans.

Car si la justice fait son chemin, les plaies des conflits qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie restent ouvertes.

Certes, Mladic a été condamné en 2017 par la justice internationale à la perpétuité notamment pour le génocide de Srebrenica à la fin du conflit en Bosnie (1992-95) - son procès en appel doit débuter le 25 août.

Passé turbulent

Mais l’héritage de l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, aujourd’hui âgé de 77 ans, reste un sujet de controverses.

De nombreux Serbes le considèrent en effet toujours comme un héros et reprochent à la justice internationale d’avoir réduit les conflits des années 1990 à une lutte du bien contre le mal.

Le gouvernement serbe, qui coopère à contre-coeur avec le Tribunal de La Haye, n’a jamais renié Mladic, ni reconnu le génocide de Srebrenica.

En juillet 1995, les troupes de Mladic y ont massacré systématiquement 8000 hommes et garçons musulmans.

Lorsque le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné Mladic, le président serbe Aleksandar Vucic a appelé à «se tourner vers l’avenir».

Miladinovic a lui choisi d’emprunter une autre voie en examinant au quotidien des archives, entrant dans le moindre détail du passé turbulent de son pays.

Dans ses oeuvres précédentes, l’artiste avait déjà recopié des documents et journaux, tels qu’une liste d’objets découverts dans les fosses communes liées au conflit au Kosovo (1998-99).

Sa dernière exposition, intitulée Le carnet, n’est toutefois que la dernière incarnation en date du journal qui a sa propre histoire.

Il comprend en tout 18 cahiers, découverts par des enquêteurs du TPIY il y a 10 ans derrière un faux mur dans le foyer de la femme de Mladic.

À l’époque, le général est encore en cavale et ne sera arrêté qu’en 2011 après 16 ans de clandestinité.

Écrit en serbe à la main, en alphabet cyrillique, il est alors transformé en une version numérique par une équipe de graphologues et ensuite traduit en anglais et en français pour les besoins du TPIY.

Dans le cadre de son projet, Miladinovic a retraduit ces textes en serbe depuis l’anglais.

Nier et effacer

Une des entrées du journal répertorie le nombre exact de Serbes dans différentes villes de la Bosnie, un décompte qui fait penser au nettoyage ethnique qui s’en est suivi lorsque Mladic a mis en forme l’entité à majorité serbe dans des régions également habitées avant le conflit par des Croates et des Musulmans.

«Nous avons un État à portée de main, il faut juste le saisir», écrit-il en rapportant une conversation avec Momcilo Krajisnik, un leader politique des Serbes de Bosnie, lui aussi condamné par la justice internationale.

Les points de vue personnels de Mladic sont difficiles à déceler. À un moment, il écrit sous les mots «ma contribution» une liste de choses nécessaires au peuple serbe en Bosnie.

Les mots «Unité», «main d’oeuvre et officiers», «des fonds pour mener la guerre» et «alliés» figurent sur cette liste.

L’exposition de la galerie Eugsberg a suscité plus d’intérêt à l’étranger, ce qui ne surprend pas Vladimir Miladinovic. «Elle s’efforce de faire le contraire de ce que la société veut faire, oublier, nier, effacer des sujets aussi importants du passé», dit-il.

«Le 12 août, j’achète un livre québécois»: une journée folle pour les librairies indépendantes [VIDÉO]

Livres

«Le 12 août, j’achète un livre québécois»: une journée folle pour les librairies indépendantes [VIDÉO]

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
«C’est Noël!» Alors que le Québec assiste à des matchs de hockey des séries éliminatoires, les libraires, eux, vivent un 23 décembre à la mi-août. Les librairies indépendantes de Québec et de Lévis ont vu leurs ventes exploser dès la matinée grâce à l’événement «le 12 août, j’achète un livre québécois», des chiffres qui, malgré tout, dépassent ceux des années précédentes.

Pandémie ou non, «un 12 août, c’est un 12 août», affirme Ghislain Chouinard, fondateur de la librairie Chouinard à Saint-Romuald. Avec un stationnement rempli en tout temps et un «roulement incessant» en boutique, M. Chouinard est presque certain d’atteindre une augmentation de 25 % de ses ventes par rapport au 12 août 2019. À 15h30, il comptait déjà une augmentation de 15 %.

Sur la rive nord, le constat est le même : Christophe Gagnon-Lavoie, copropriétaire de la Librairie du Quartier estime faire trois à quatre fois ses ventes de l’année dernière. Même à la librairie Pantoute, où l’on sent que la journée est un peu plus tranquille que celle du 12 août 2019, les ventes du jour se classeront certainement parmi les meilleures du mois d’août, assure Benoît Vanbeselaere, responsable des communications pour Pantoute.

Il faut dire qu’avec la COVID-19, plusieurs librairies comme le Pantoute ou la Librairie du Quartier ont décidé de ne pas organiser d’activité spéciale afin d’éviter les rassemblements et d’assurer le respect des règles de santé publique.

Les bibliothèques qui éliminent les frais de retard se multiplient au pays

Livres

Les bibliothèques qui éliminent les frais de retard se multiplient au pays

La Presse Canadienne
HALIFAX — De plus en plus de bibliothèques publiques à travers le pays abandonnent les amendes pour les documents rapportés en retard.

Toutes les bibliothèques de la Nouvelle-Écosse qui rouvrent leurs portes après les fermetures liées à la pandémie ont aboli les frais de retard. À la fin du mois de juin, la bibliothèque publique de Vaughan, en Ontario, a aussi annoncé qu'elle cesserait d'imposer des amendes aux retardataires. Les réseaux de bibliothèques publiques d'Edmonton et de Calgary ont également changé leur politique à ce sujet.

L'Association des bibliothèques publiques du Québec soutient l'élimination des frais de retard, en soulignant qu'ils peuvent représenter une barrière économique pour les personnes défavorisées, en particulier les jeunes.

L'association indique que 148 bibliothèques publiques de la province ont complètement éliminé les amendes jusqu'à maintenant, ce qui représente 16 % des établissements. Elle présente sur son site internet une carte interactive où sont recensées toutes les bibliothèques québécoises ayant franchi le pas.

Certaines ont aboli les amendes pour des clientèles spécifiques, comme les enfants à Saint-Lambert ou les personnes âgées dans les bibliothèques de Longueuil. Le réseau des 45 bibliothèques publiques de Montréal ne s'est pas joint au mouvement pour le moment.

Musique: un livre sur le festival de Manseau

Arts

Musique: un livre sur le festival de Manseau

André Duchesne
La Presse
À l’initiative du maire Guy St-Pierre et de l’historien Jacques Crochetière, un ouvrage sur le festival pop de Manseau sortira dans les prochaines semaines, question de commémorer le fameux évènement musical tout en insistant sur le fait que l’échec a été celui de l’organisation et non de la municipalité. 

« Le but est d’essayer de montrer que nous ne sommes pas les responsables de ce flop », dit M. St-Pierre, qui, aujourd’hui, possède la terre où a eu lieu le festival et sur laquelle il cultive des canneberges. 

« J’ai l’impression qu’au moment de donner son accord, le conseil municipal a cru que la venue de ce festival permettrait de créer de l’emploi. Et que celui-ci reviendrait d’année en année, raconte Jacques Crochetière, 61 ans, né à Manseau et qui vit maintenant à Lévis. À cette époque, il y avait à Manseau toutes sortes de commerces qui n’existent plus aujourd’hui. » 

À lire également: Manseau: le Fyre québécois

Consultez notre édition numérique du dimanche 26 juillet pour lire la version complète de cet article

Juan Marsé, le «narrateur né» de Barcelone

Livres

Juan Marsé, le «narrateur né» de Barcelone

Laurence Boutreux
Agence France-Presse
MADRID — Le romancier espagnol Juan Marsé, décédé samedi à 87 ans, avait été consacré de son vivant comme un magnifique narrateur de sa ville de Barcelone, théâtre d’une enfance au temps du franquisme, sans cesse réinventée dans ses livres.

«La littérature est un règlement de comptes avec la vie» qui est rarement comme on l’espérait, disait ce citadin au visage buriné et au regard noir tour à tour ironique et mélancolique, auteur de quinze romans en près de soixante ans.

L’un des plus célèbres, Teresa l’après-midi (1966) est la chronique d’une passion transgressive et finalement calamiteuse entre un fils de pauvre qui voudrait ne plus l’être et une étudiante des quartiers chics.

Une œuvre inacceptable pour l’Espagne puritaine et «nationale catholique» de Francisco Franco, où la censure trancha : «le roman présente différentes scènes scabreuses, son fond est franchement immoral et il y fait de nombreuses mentions politiques à caractère gauchiste».

Un livre notamment inspiré de son séjour dans les années 60 à Paris, où il donna des cours de conversation en espagnol à Teresa, fille du pianiste Robert Casadesus.

Dans un autre roman écrit en 1973, Adieu la vie, adieu l’amour, Marsé introduisit tout un pan d’histoire de la résistance antifranquiste à Barcelone à partir de 1945 : «un manifeste pour la liberté d’expression», selon l’écrivain Antonio Muñoz Molina, d’abord primé et publié au Mexique avant d’être édité en Espagne après la mort de Franco en 1975.

«C’est un écrivain et un narrateur né», disait de lui son agente littéraire Carmen Balcells, décédée en 2015, à laquelle Marsé avait promis 10 % de ses cendres s’il disparaissait avant elle...

Ouvrier bijoutier

Juste après sa naissance en 1933, sa mère meurt et son père, chauffeur, propose le nouveau-né à un couple sans enfant. Le bébé est ainsi adopté par une infirmière et un «dératiseur» de cinémas et devient Juan Marsé Carbo.

Dans l’après-guerre civile, remportée en 1939 par les troupes nationalistes de Franco, son père adoptif va en prison comme «rouge» (communiste) et républicain, racontera-t-il.

Lui-même quitte l’école dès ses 13 ans pour devenir ouvrier en joaillerie : «le besoin d’apporter un autre salaire à la maison me libéra d’un collège ennuyeux où l’on ne m’apprenait qu’à chanter le Cara al sol [hymne de l’extrême droite et du franquisme] et réciter le rosaire», dira-t-il.

À 24 ans, pendant son service militaire, il esquisse son premier roman : Enfermés avec un seul jouet (1960), centré sur une jeunesse bourgeoise désorientée après la guerre civile.

L’ouvrier épate d’autant plus le monde littéraire que «presque tous les écrivains, du moins à Barcelone, étaient issus de la bourgeoisie», a-t-il relevé.

Dès lors il ne va plus cesser de reconstruire dans ses romans le quartier populaire de son enfance, mêlant baraques et terrains vagues, et souvent, faire revivre la Barcelone réprimée sous la dictature : républicaine, catalaniste, laïque.

Parlant le catalan en famille, il écrivait en espagnol et valorisa toujours ce qu’il appelait «la dualité culturelle et linguistique de la Catalogne». Il critiquait durement le mouvement indépendantiste — qui l’ennuyait profondément — comme la projection d’«une Catalogne qui n’existe pas».

Marsé a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Planeta 1978 pour La fille à la culotte d’or.

En 2008, à la réception du prix Cervantes, il s’était revendiqué «amoureux inconditionnel de la fiction». Celle qui, disait-il, parvient à avoir «plus de poids et de solidité que le réel, plus de vie propre et plus de sens».

La nièce de Trump vend presque 1 million de livres le premier jour

Arts et spectacles

La nièce de Trump vend presque 1 million de livres le premier jour

Agence France-Presse
NEW YORK — Le livre de la nièce du président américain sur le clan Trump, dont le frère de Donald Trump a tenté, en vain d’empêcher la sortie, s’est vendu à plus de 950 000 exemplaires aux États-Unis le premier jour de sa sortie, mardi.

Trop et jamais assez (Too Much and Never Enough), dont la version française sortira en octobre, présente Donald Trump comme un menteur pathologique et un personnage narcissique.

L’auteur William Boyd pense avoir trouvé la maison de James Bond

Arts et spectacles

L’auteur William Boyd pense avoir trouvé la maison de James Bond

Agence France-Presse
LONDRES — L’auteur britannique William Boyd a affirmé jeudi avoir découvert la maison où habitait James Bond à Londres — une information jamais dévoilée par le créateur du personnage — en examinant minutieusement la vie de Ian Fleming et ses célèbres ouvrages.

Dans les années 1950 et 1960, Ian Fleming a écrit au total 14 livres sur James Bond, dont deux recueils de nouvelles, mais n’a jamais révélé l’endroit exact où il vivait, même s’il avait ouvertement dit que son charismatique agent secret habitait dans le quartier londonien de Chelsea.

Lancement du livre <em>Blanc.</em> : le quotidien des Ursulines en photo

Livres

Lancement du livre Blanc. : le quotidien des Ursulines en photo

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
MATANE – Une vingtaine de personnes ont pris part au lancement virtuel du livre «Blanc.» de Geneviève Thibault. L'ouvrage photographique de 174 pages raconte la vie quotidienne des Ursulines précédant leur déménagement du monastère du Vieux-Québec.

Pendant de courts séjours répartis sur deux ans, la photographe de Matane s’est intéressée à cette page importante de l’histoire de ce lieu historique national du Canada construit en 1642.

Le lancement, qui s'est tenu sur la plateforme Zoom, a notamment réuni des Ursulines, l'ethnologue Jocelyne Mathieu et Robert Hébert des Éditions Cayenne. «Les mots me manquent, tellement je suis émue, s'est exclamée Sr Pauline Duchesne. Nos sœurs ont ouvert leurs portes et leur coeur à la photographe.

Chaque objet qu'elle a photographié lui semblait un moment unique. Mme Thibault aura été la témoin de cette période de détachement, mais aussi d'espérance.»