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Livres

Affaire Matzneff: une autre victime sort du silence

PARIS — Près de trois mois après la publication du Consentement de Vanessa Springora, une autre femme ayant eu, adolescente, une relation sous emprise avec l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff est sortie du silence mardi, accordant un entretien au New York Times.

Francesca Gee, 62 ans, revient sur les trois années passées auprès de l’écrivain, alors qu’elle avait 15 ans et lui 37, puis comment il a utilisé, contre son gré, son image et ses lettres dans ses écrits, y compris son essai défendant la pédophilie Les moins de seize ans.

«Il n’a cessé de se servir de moi pour justifier l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents», a-t-elle écrit dans un manuscrit refusé notamment par Grasset, éditeur du Consentement.

Comme Vanessa Springora avant elle, Francesca Gee a rencontré Gabriel Matzneff pour la première fois en 1973, alors qu’elle était avec sa mère, et a vécu avec lui trois ans avec l’aval de ses parents.

De cette expérience qu’elle qualifie de «cataclysme», elle en a tiré en 2004 un manuscrit, refusé par tous les éditeurs sollicités.

C’est le choc provoqué par la parution et le succès du Consentement qui l’a conduite à sortir du silence. «Elle a fait le travail, je n’ai plus à m’en préoccuper», a-t-elle d’abord pensé, avant de changer d’avis. «Une ou deux semaines plus tard, je me suis rendu compte que je faisais totalement partie de cette histoire.»

Ancienne journaliste, elle travaille actuellement sur un nouveau manuscrit après avoir passé des années à demander que des photos d’elle et ses anciennes lettres soient retirées des ouvrages de Matzneff.

Arts

Le prix France-Québec dévoile ses trois finalistes

Le prix littéraire France-Québec a dévoilé mardi ses trois romans finalistes : Sauvagines, de Gabrielle Filteau-Chiba, Ta mort à moi, de David Goudreault et Kukum, de Michel Jean.

Le jury devait effectuer son choix à partir d’une liste de huit titres qui avaient été annoncés en décembre dernier, parmi lesquels se trouvaient le roman Rang de la croix, de Katia Gagnon; La mort de Roi, de Gabrielle Lisa Collard; Tempêtes, d’Andrée A. Michaud; Le Mammouth, de Pierre Samson et L’apparition du chevreuil, d’Élise Turcotte.

Livres

Mort d’Uderzo, père d’Astérix 

PARIS - Dessinateur au trait de génie, Albert Uderzo, est mort mardi avec la certitude qu’Astérix et ses turbulents amis gaulois, qu’il inventa en 1959 avec René Goscinny, emblème de la culture française internationalement connu, lui survivront longtemps.

«On ne me reconnaît pas dans la rue. Je pourrais passer derrière une affiche sans la décoller. Les personnages peuvent devenir des mythes, mais pas nous, leurs pères», disait le co-inventeur du rival mondial de Tintin et de Mickey.

Portant le poids des ans avec prestance et un détachement amusé, Albert Uderzo sera finalement resté un homme peu connu, de caractère réservé et d’allure tranquille, préférant parler de son travail que de lui.

Grand amateur de Ferrari (une vingtaine ont transité par son garage), ce fils d’un couple d’immigrés italiens résidait dans un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine. Il était riche, grâce aux quelque 370 millions d’albums vendus dans le monde (traduits en 111 langues ou dialectes), une quinzaine de films (animation et cinéma), un parc de loisirs, des jeux vidéos, des produits dérivés par centaines.

La mort en 1977, à 51 ans, du grand scénariste René Goscinny, lors d’un test d’effort effectué pour un bilan de santé, l’affecta beaucoup. Ils ont publié ensemble 24 albums. Grâce à eux, la bande dessinée a conquis le grand public.

Uderzo a ensuite quitté Dargaud, son éditeur historique, pour fonder sa propre maison, les éditions Albert-René, et reprendre le flambeau pour huit Astérix en solo (sans compter les albums anniversaires et de récits courts).

«On ne m’a pas fait de cadeaux. Oui, bien sûr, je souffre d’un complexe "Goscinny", mais on me le crée aussi», disait-il en référence à la presse jugeant ses albums moins bons que ceux du tandem. Pourtant, ils ont fait un tabac auprès du public.

À l’instar d’Hergé pour Tintin, Uderzo ne voulait pas de nouveaux Astérix après sa mort. Il a finalement changé d’avis. En 2011, souffrant d’un rhumatisme articulaire à la main droite, il passa le relais (en accord avec Anne Goscinny, unique ayant-droits de son père) à des auteurs plus jeunes, tout en suivant de près leur travail, là encore couronné de succès.

«Ma main n’était pas faite pour ce métier, racontait-il. Regardez les "patasses" que j’ai ! Ce sont des mains de charcutier, j’ai de gros os, comme mon père. J’ai encré tous mes dessins au pinceau, ce qui requiert beaucoup d’adresse. J’ai dû miner ma main en travaillant comme ça».

Conflit avec sa fille

Né le 25 avril 1927 à Fismes (Nord-Est), Albert naît avec douze doigts. L’anomalie sera corrigée par une opération. Son père était luthier. L’enfance, à Paris, est modeste, mais heureuse.

Le jeune homme, qui est daltonien, découvre le dessin à la Société parisienne d’édition qui publie «Les pieds nickelés». Après la guerre, il lance des héros comme «Belloy l’invulnérable», «Flamberge», «Clopinard» ou «Arys Buck», un hercule accompagné (déjà) d’un petit compagnon casqué. Il travaille, entre autres, pour France-Dimanche et France-Soir.

C’est une période de vache enragée : «vivre de la BD était très dur à l’époque, disait-il, et j’ai dessiné une quantité astronomique de planches pour régler les fins de mois».

En 1951, il rencontre Goscinny, début d’une collaboration fraternelle de 26 ans. Ils créent «Jehan pistolet» le corsaire, puis «Oumpah Pah» le peau-rouge.

En 1959, dans un HLM de Bobigny en banlieue parisienne, où habite Uderzo, entre cigarettes et pastis, ils inventent un nouvel univers tout en «ix», avec une bande d’irréductibles Armoricains. L’idée proviendrait des séjours en Bretagne pendant la guerre du frère aîné d’Albert, Bruno, désireux d’échapper au STO (Service du travail obligatoire).

Anti-archétype du Gaulois viril, Astérix fait son apparition dans le premier numéro du magazine «Pilote» en octobre 1959, à la page 20. Le numéro s’arrache. Cette même année, Uderzo crée, avec le scénariste Jean-Michel Charlier, «Les aventures de Tanguy et Laverdure», un succès (c’est le frère cadet d’Albert, Marcel, qui s’occupa en partie des couleurs).

En 1961, paraît «Astérix le Gaulois», premier album d’une longue série. Rapidement, le dessinateur aux traits si expressifs ne se consacrera plus qu’aux aventures du Gaulois à gros nez et de ses amis, archétypes des Français.

En 2008, c’est «La zizanie», titre du 15e album, qui résume tristement le dur conflit entre Albert Uderzo et sa fille unique, Sylvie. Ils se déchirent autour de la prise de contrôle par Hachette Livre de 60% des éditions Albert-René, dont Sylvie détient les 40% restants. Après sept ans de guerre ouverte et de procédures judiciaires, ils se sont réconciliés en 2014, mais, disait-il, cette affaire «m’a miné».

Livres

Les mémoires de Woody Allen finalement publiés

NEW YORK — Les mémoires de Woody Allen seront finalement publiés, deux semaines après le retrait d’Hachette. Sous la pression, l’éditeur Arcade Publishing a annoncé la sortie du livre lundi, selon plusieurs médias américains.

Contacté par l’AFP, Arcade Publishing, filiale du groupe Skyhorse, n’a pas donné suite immédiatement, pas plus que l’agent littéraire de Woody Allen.

Les droits du livre, intitulé Apropos of Nothing (À propos de rien) avaient initialement été acquis par Grand Central Publishing, filiale du groupe Hachette, qui avait annoncé le 2 mars sa publication prochaine, à la surprise générale.

Tollé

Mais l’annonce surprise avait suscité un tollé, alimenté par le journaliste et auteur Ronan Farrow, le propre fils de Woody Allen.

Ronan Farrow reprochait à Grand Central Publishing et à Hachette de ne pas avoir pris davantage de précautions avec cette autobiographie, notamment en ce qui concerne les accusations d’agression sexuelle qui visent Woody Allen.

Fille adoptive du metteur en scène, Dylan Farrow affirme avoir été abusée sexuellement par Woody Allen en 1992, alors qu’elle était âgée de 7 ans, ce que son père adoptif a toujours réfuté.

Affirmant qu’Hachette n’avait pas effectué les «vérifications» nécessaires, Ronan Farrow avait indiqué qu’il ne souhaitait plus travailler avec l’éditeur, dont une autre filiale, Little, Brown and Company, avait publié son dernier ouvrage, Les faire taire.

Plusieurs employés d’Hachette avaient manifesté devant le siège de Grand Central Publishing, à New York, pour faire part de leur désapprobation.

Quatre jours après l’annonce de la sortie prochaine du livre, Hachette avait fini par renoncer à le publier.

«En cette époque étrange, où la vérité est trop souvent balayée comme fake news, nous éditeurs préférons laisser un artiste respecté s’exprimer, plutôt que de céder à ceux qui veulent le faire taire», a écrit la cofondatrice d’Arcade Publishing, Jeannette Seaver, dans un communiqué transmis au site Variety.

Le livre évoque la vie personnelle et professionnelle de Woody Allen, aujourd’hui âgé de 84 ans.

L’ouvrage n’était pas disponible lundi sur les grands sites de vente en ligne.

Selon le site The Hollywood Reporter, qui cite des extraits de ces mémoires, Woody Allen y assure qu’il n’a «jamais levé le petit doigt sur Dylan».

«Ça a été une invention du début à la fin», affirme le réalisateur.

Livres

Impasse sur le Festival Québec BD

La liste des annulations d’événements culturels se poursuit sous l’effet de la crise sanitaire. Au tour de l’organisation du Festival Québec BD de faire l’impasse sur sa prochaine édition, qui devait avoir lieu du 11 au 19 avril.

«C’est une décision difficile à prendre que d’annuler un événement sur lequel on travaille depuis près d’un an, mais dans le contexte actuel, nous croyons que c’est la bonne, a fait savoir mardi, dans un communiqué, le directeur de l’événement, Thomas-Louis Côté.

Afin de ne pas pénaliser les artistes inscrits à la programmation, Québec BD s’engage à verser des cachets à ceux «pour qui des activités avaient été confirmées et qui ne seront malheureusement pas reportées».

«Cette annulation est une décision que nous prenons pour la sécurité des créateurs et créatrices qui sont le coeur de notre événement, précise M. Côté. Nous ne souhaitons pas qu’ils soient pénalisés, surtout dans une période où ils devront vivre avec d’autres annulations d’activités culturelles.»

Si l’ensemble des activités et expositions prévues est annulé, le festival proposera des «alternatives numériques» pour certaines d’entre elles et en reportera d’autres plus tard cette année. Les spectacles Meurtre à l’impro et le conte dessiné Les festins imaginaires seront accessibles en ligne durant la période prévue pour l’événement. La remise des Prix Bédéis Causa aura également lieu comme prévu, mais dans une forme «réinventée et numérique».

La pièce Ailleurs que maintenant et Planches de femmes, en hommage à Claire Bretécher, décédée le 10 février, sont reportées, tout comme le Grand Quiz BD et l’Après-midi Crazy Theory. Des informations supplémentaires seront disponibles sous peu sur le site et la page Facebook de l’organisme.

La 33e édition du Festival Québec BD devait se décliner dans une trentaine de lieux à Québec, fort d’une programmation comportant quelque 130 animations et ateliers, 24 expositions, 8 spectacles et plusieurs autres activités. Plus de 125 auteurs et autrices d’ici et d’ailleurs étaient attendus à l’événement.

Livres

Une ville, un livre: Francis Desharnais à l'honneur

La seconde édition de l’événement littéraire Une ville, un livre déploiera pendant tout le mois de mars une programmation axée autour de l’oeuvre gagnante, La petite Russie, de Francis Desharnais.

La bibliothèque Aliette-Marchant accueillera une exposition consacrée à l’ouvrage. Des planches originales de la bande dessinée seront mis en valeur, ainsi que des documents d’archives qui ont servis d’inspiration à l’auteur. Le vernissage se tiendra le dimanche 8 mars, à 15h.

Régal

Éveiller sa curiosité culinaire avec Inès

Inès Gauthier a publié son premier livre, Cuisine avec Inès, alors qu’elle n’avait que 12 ans! La voilà de retour, un an et demi plus tard, avec un nouvel ouvrage consacré aux saveurs du monde.

La jeune passionnée propose 50 recettes faciles à réaliser pour les cuistots en herbe, dont une douzaine de recettes en pot idéales pour les lunchs. Inspirée par ses propres voyages et par ses amis, Inès explore plus de 20 villes ou pays dans l’assiette: poulet Huli-Huli à l’ananas (Hawaï), colombo de morue et de crevettes (Martinique), crème catalane (Espagne), boulettes de veau à la ricotta fraîche (Italie) et feuilleté égyptien n’en sont que quelques exemples. Astuces et tranches de vie agrémentent le livre coloré.

Livres

Mort de Clive Cussler, romancier et chasseur d’épaves

LOS ANGELES — Clive Cussler, romancier américain spécialiste des romans d’aventures et lui-même chasseur d’épaves, est mort à l’âge de 88 ans, a annoncé mercredi sa famille.

Auteur de plus de 80 livres, souvent des thrillers autour du monde de la mer et des bateaux, comme Renflouez le Titanic! ou Sahara, Clive Cussler avait vendu des millions d’exemplaires dans le monde entier.

«C’est avec le coeur lourd que je veux partager cette triste nouvelle que mon mari, Clive, est mort lundi», a écrit son épouse Janet Horvath sur sa page Facebook.

«Je veux vous remercier, vous ses admirateurs et ses amis, pour tout votre soutien, les bons moments et les aventures que vous avez partagés avec lui», a-t-elle ajouté.

Les causes du décès, qui serait survenu à son domicile en Arizona, n’ont pas été communiquées.

De nombreux romans de Clive Cussler mettaient en scène l’aventurier Dirk Pitt, prénommé d’après le propre fils de l’écrivain. Comme son créateur, Dirk Pitt collectionnait les voitures de sport et se lançait dans d’intrépides aventures maritimes.

Passionné d’histoire maritime, en particulier par les naufrages et les trésors immergés, Clive Cussler avait créé une ONG spécialisée dans la recherche d’épaves. Il l’avait baptisée NUMA (National Underwater and Marine Agency), le nom donné dans ses romans à l’organisation fictive pour laquelle travaille Dirk Pitt.

Parmi la soixantaine d’épaves célèbres localisées par NUMA figurent notamment le Carpathia, paquebot qui avait porté secours aux naufragés du Titanic, et le sous-marin allemand qui avait torpillé le Lusitania au large de l’Irlande en 1915, aboutissant à l’entrée en guerre des États-Unis dans le premier conflit mondial.

Livres

Christine Eddie: renchausser l'espoir

Christine Eddie n’apprécie guère les entrevues. Et comme il y a six ans qu’elle n’a pas publié de nouveau roman, l’exercice la rend doublement nerveuse en ce vendredi matin. Sur la table du café, l’autrice a déposé Un beau désastre. De sa douce voix, enrhumée, elle se livre néanmoins volontiers sur ce très joli récit initiatique choral. Il se penche sur le destin de M.-J., ado ténébreux et inquiet en ce sombre XXIe siècle, qui va trouver les interstices pour faire pénétrer la lumière dans son quartier…

Quarante-cinq années se sont écoulées depuis que la Française de naissance, Montréalaise d’enfance et Acadienne d’adolescence s’est établie à Québec «par amour. C’est très original!» rigole-t-elle.

Arts

Nouveautés pour le Salon international du livre de Québec

Les billets d’entrée pour le Salon international du livre de Québec (SILQ) seront en vente dès le vendredi 21 février. 

Afin d’améliorer leur service et répondre aux commentaires des années précédentes, le SILQ rendra ses billets disponibles sur la plateforme lepointdevente.com. «Une modulation du prix d’entrée permettra une plus grande flexibilité et une fluidité accrue du flot de visiteurs», peut-on lire dans le communiqué.

Dans le but de répondre à une autre populaire demande, le SILQ a créé un passeport valable pendant les cinq jours du salon, au coût de 11,50 $. Il sera possible de se le procurer seulement sur la plateforme de vente en ligne entre le 21 février le 12 avril.

Une entrée réservée aux détenteurs de ce passeport permettra une entrée plus rapide au salon. 

Le prix d’un billet journalier s’élève à 6,75 $, alors que le billet pour une journée de fin de semaine coûte 8,75 $. L’entrée demeure gratuite pour les jeunes de 12 ans et moins. 

Autre annonce à surveiller : l’offre globale de l’évènement sera bonifiée cette année, une nouvelle programmation est à prévoir avec plusieurs activités inédites et des points de vente améliorés. Cette programmation sera dévoilée le 17 mars. 

Livres

Matzneff sera jugé en septembre 2021 pour «apologie» de la pédophilie

PARIS — L’écrivain français Gabriel Matzneff, visé par une enquête pour viols sur mineurs, sera en outre jugé le 28 septembre 2021 pour apologie de crime à Paris devant une chambre du tribunal correctionnel spécialisée dans les affaires de presse et de liberté d’expression.

L’écrivain a été cité à comparaître par l’association de prévention de la pédophilie l’Ange Bleu. Cette procédure permet à une victime de convoquer directement l’auteur présumé devant le tribunal, sans qu’une enquête préalable ne soit menée. C’est à la victime de collecter les preuves de culpabilité de l’auteur présumé des faits. Dans sa citation à comparaître, que l’AFP a pu consulter, l’association évoque trois articles parus entre fin décembre et début janvier dans les hebdomadaires l’Obs et L’Express, ainsi que dans le quotidien le Parisien, et accuse l’écrivain d’avoir fait l’apologie d’actes pédophiles «et précisément de crime de viol aggravé» en évoquant la relation qu’il a eue avec Vanessa Springora.

Cette dernière, éditrice, a publié début janvier un livre, Le consentement, dans lequel elle met en cause l’écrivain de 83 ans pour ses relations avec des mineurs.

Cette publication sur leur relation dans les années 80 alors qu’elle n’avait pas encore 14 ans a entraîné l’ouverture par le parquet de Paris d’une enquête préliminaire pour «viols commis sur mineur» de moins de 15 ans.

L’attirance revendiquée de Gabriel Matzneff pour les «moins de 16 ans» et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu’il a racontée dans des livres, a pendant longtemps été tolérée dans le monde littéraire parisien.

Un appel à témoins pour retrouver d’autres victimes a été lancé mardi et une perquisition a eu lieu mercredi dans les locaux des éditions Gallimard à Paris dans le cadre de cette enquête, a appris l’AFP de source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart.

Les enquêteurs recherchaient des passages écrits de l’écrivain ne figurant pas dans ses ouvrages publiés, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.

Dans un entretien à l’ex-site Biffures, en 2008, M. Matzneff déclarait avoir «autocensuré» des «passages» de ses écrits qui risquaient d’être «jugés spécialement scandaleux» et les avoir mis «en sécurité dans un coffre de banque».  

Livres

Les autres jours: un espace de discussions sur toutes les facettes littéraires

Quand on pense au monde littéraire, on pense au livre, et à l’histoire qu’il raconte. Le domaine rassemble pourtant plusieurs autres facettes, de la typographie jusqu’aux illustrations ou à la reliure.

L’organisme Les autres jours offrira un nouveau lieu de rencontres et de discussions sur le savoir-faire littéraire à Québec dès le 22 février. L’objectif est de partager l’amour du livre, d’en repenser la forme et d’explorer le geste de raconter.

«Le projet vient d’une volonté d’ouvrir la réflexion sur le livre au grand public, élargir nos frontières. On veut réfléchir au geste de créateur du livre, valoriser toutes les facettes», explique Christiane Vadnais, responsable de la recherche et du développement aux éditions Alto.

L’idée pour Les autres jours vient d’elle et surtout du président fondateur des éditions Alto, Antoine Tanguay. Ils espèrent générer des interrogations sur tous les métiers qui participent à la création du livre, comme l’expérience narrative ou la microédition, avec plusieurs activités ou ateliers.

Le premier événement aura lieu le 22 février. Le célèbre auteur de bande dessinée Michel Rabagliati (série Paul) viendra partager sa passion pour la typographie dès 14h. Tous les détails de la programmation sont disponibles sur la page Facebook Les autres jours ou lesautresjours.com

«La typographie, c’est rare qu’on va en parler alors que c’est un aspect fondamental dans le lien qu’on a avec le livre», ajoute Mme Vadnais.

On nous dit que derrière chaque police se cache une riche histoire...

Ces différentes activités donneront lieu à des rencontres pour les amateurs de livres, mais aussi pour différents professionnels. «Un lieu de rencontre pour les artistes entre eux, qui sont souvent dans leur propre monde, alors qu’ils participent à la création d’un même produit.»

Toutes les activités s’organiseront en collaboration avec différents partenaires du milieu culturel, et l’organisme promet une riche programmation l’automne prochain.

Le livre papier moins populaire?

Chose certaine, le livre papier a plus de compétition qu’avant. Une multitude de choix s’offre aux lecteurs pour consommer une histoire, des formats artisanaux ou innovants, que ce soit l’univers numérique, le podcast ou le livre audio.

«On s’alarme rapidement par rapport aux chiffres sur le livre, croit Mme Vadnais. Il y a de plus en plus de production, mais beaucoup de gens sont encore très “bibliothèque”, il faut continuer à stimuler ça.»

Même que selon elle, les différents moyens de raconter «s’embrassent» plus qu’ils se nuisent. 

«On passe tellement de temps derrière les écrans qu’on va trouver dans le papier quelque chose de différent. On peut profiter de l’écran sans trahir le papier, ou profiter du papier sans trahir les écrans.» De vrais bibliophiles, il en existe encore une tonne et Les autres jours souhaitent les rassembler dans les prochaines semaines.  

Livres

Mort de Claire Bretécher, la diva des «frustrés» [PHOTOS]

PARIS — Avec son humour féroce et son coup de crayon assassin, la dessinatrice française Claire Bretécher, morte lundi à 79 ans, a épinglé les tics et les modes d’une époque à travers des personnages souvent ridicules, ces «frustrés» qui ont fait d’elle la première vedette féminine de la BD.

Quadragénaires bavards, femmes larguées, adolescentes insupportables... L’autrice a souvent pioché ses cibles dans son entourage, cette «gauche caviar» des années au pouvoir du président François Mitterrand (1981-1995), ces snobs, ces intellectuels bidons et leurs ados geignards, qu’elle côtoyait.

Claire Bretécher, c’est d’abord un don d’observation exceptionnel : «Je passe mon temps à regarder les gens. Leur tronche, leur allure». Une façon unique de repérer leurs travers et leurs manies et de les mettre en boîte. Avec un sens de la dérision que cette solitaire, qui a toujours fui les interviews télévisées, s’applique d’abord à elle-même.

Née à Nantes (ouest) le 17 avril 1940, elle voit vite dans le dessin la possibilité d’échapper à un milieu provincial étriqué qu’elle abhorre. Direction Paris, où elle place ses premières planches dans les magazines Tintin, Spirou, puis Pilote pour lequel elle crée en 1969 le personnage de Cellulite, une princesse aux grands pieds et au nez carré flanqué d’un père libidineux.

Seule femme dans le milieu alors très masculin de la BD, cette blonde longiligne impose son style et son humour. Mais le cadre est déjà trop étroit pour elle. En 1972, elle crée «L’Écho des savanes», avec Marcel Gotlib et Nicolas Mandryka, qui marque sa période la plus libre. Un an plus tard, elle publie sa première planche des «Frustrés», point de départ d’une longue collaboration avec le magazine Le Nouvel Observateur.

Livres

George Steiner, le philosophe corrosif, est mort

PARIS — Il pouvait parler de Kafka, Homère, Dostoïevski, de la Shoah ou de la pornographie avec la même fougue, sans jamais être superficiel. Le philosophe George Steiner mort lundi à Cambridge (Grande-Bretagne) à l’âge de 90 ans était un «honnête homme», élégant , érudit et subtil.

Grande voix du XXsiècle, l’essayiste était né à Paris en 1929 de parents juifs viennois. Pour échapper au nazisme, il avait rejoint avec ses parents les États-Unis en 1940 où il a acquis la nationalité américaine (tout en gardant sa citoyenneté française).

Livres

Une ville, un livre: «La petite Russie» l’emporte

La bande dessinée «La petite Russie» sera à l’honneur à l’occasion de la seconde édition de l’événement littéraire Une ville, un livre.

L’œuvre de Francis Desharnais, qui a été choisie parmi trois autres candidats, s’inscrit dans une initiative visant à encourager le public de Québec à lire un même livre et à en discuter afin de s’ouvrir à la littérature d’ici. L’auteur, résident de Limoilou, s’est inspiré du livre de son grand-père pour raconter son récit se déroulant à l’époque de la colonisation de l’Abitibi, dans un village baptisé «la petite Russie». 

Le livre a été choisi «pour ses qualités littéraires, son potentiel à rejoindre un large lectorat et l’universalité des thèmes qu’il aborde — attraits que son succès au vote populaire vient confirmer», indique-t-on dans un communiqué. 

Les autres finalistes pour cette seconde édition étaient Shuni de Naomi Fontaine, Saint-Jambe d’Alice Guéricolas-Gagné et Françoise en dernier de Daniel Grenier. 

L’an dernier, Marie-Renée Lavoie l’avait emporté avec son roman Les chars meurent aussi. 

Plusieurs activités reliées au livre récipiendaire auront lieu au cours du mois de mars. 

La programmation d’Une ville, un livre sera dévoilée le 2 mars sur le site www.unevilleunlivre.ca  

Livres

Vanessa Springora entendue dans l’affaire Matzneff

PARIS — L’éditrice française Vanessa Springora qui a dénoncé dans un livre sa relation sous emprise quand elle était mineure avec l’écrivain Gabriel Matzneff, était entendue mercredi par les enquêteurs à Paris, a-t-on appris de sources proche de l’enquête et judiciaire, confirmant une information du «Parisien».

L’éditrice de 47 ans, qui n’a jusqu’ici pas souhaité porter plainte, était auditionnée par les policiers de l’Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP), chargés de l’enquête visant l’écrivain, aujourd’hui âgé de 83 ans.

Vanessa Springora a publié début janvier un roman autobiographique, Le Consentement, où elle décrit comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff alors qu’elle n’avait pas encore 14 ans, dans les années 80. Le 3 janvier, le lendemain de la parution du livre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «viols commis sur mineur» de moins de 15 ans.

L’ouvrage de Vanessa Springora décrit aussi un homme au comportement de prédateur, faisant du tourisme sexuel en Asie.

«Au-delà des faits décrits par Vanessa Springora», manifestement prescrits la concernant, l’enquête doit s’attacher «à identifier toutes autres victimes éventuelles ayant pu subir des infractions de même nature sur le territoire national ou à l’étranger», avait indiqué le 3 janvier le procureur de Paris Rémy Heitz.

Vanessa Springora est la première à témoigner parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, dont le comportement, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien. En 2013, il avait obtenu le prix Renaudot essai.

Dans une entrevue à BFMTV diffusée mercredi, Gabriel Matzneff a affirmé «regretter» ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu’«à l’époque», «jamais personne ne parlait de crime».

«C’était il y a plus de 40 ans. [...] Vous étiez là comme voyageur et vous aviez des garçons et des filles jeunes qui vous draguaient et vous sautaient dessus, sous l’œil bienveillant de la police», a-t-il dit dans cet entretien accordé en Italie, où il se trouve depuis que l’affaire a éclaté.

L’écrivain a dit ne pas avoir «envie de lire» le livre de Vanessa Springora. Il avait estimé début janvier dans une lettre ne pas mériter «l’affreux portrait» publié par l’éditrice.  

Livres

Bande dessinée: à Angoulême s’ouvre une année du 9e art

ANGOULÊME — Grand rendez-vous annuel des amoureux du 9e art, le Festival d’Angoulême signe, à partir de jeudi, le lancement officiel de l’année de la BD en France, marquée toutefois par l’inquiétude de dessinateurs et scénaristes peinant à vivre de leurs planches.

Le président Emmanuel Macron est attendu jeudi et a prévu de déjeuner avec des auteurs. La dernière visite d’un chef d’État au festival d’Angoulême remonte à 1985, avec François Mitterrand.

Mais la profession n’est pas au mieux de sa forme et plusieurs organisations professionnelles dont le Syndicat des auteurs ont invité les auteurs présents à Angoulême à «poser leurs crayons» vendredi.

Pour tenter d’apaiser une inquiétude qui pourrait se transformer en colère, le ministère de la Culture vient de rendre public un rapport commandé il y a un an. Constatant que «l’État ne peut assister sans réagir à la paupérisation des artistes auteurs», le rapport liste 23 recommandations visant à améliorer et clarifier la situation désastreuse des auteurs de BD alors que, paradoxalement, le secteur se porte bien.

Son chiffre d’affaires a en effet été de 276,2 millions d’euros en 2018, avec près de 44 millions d’albums vendus.

53 % des auteurs de BD vivent avec moins que le salaire minimum légal d’environ 1200 euros. Plus d’un tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Les femmes sont encore plus mal loties : 50 % des autrices vivent sous le seuil de pauvreté. L’accès des auteurs aux droits sociaux n’est pas toujours garanti.

Du concret

Franck Riester fera connaître les propositions qu’il retient du rapport lors de la première quinzaine de février.

«Ce rapport est un vrai changement de paradigme», s’est félicitée la Ligue des auteurs professionnels qui rassemble notamment de nombreux auteurs de BD. «Il va falloir maintenant que ce rapport soit suivi de faits, de concret», a ajouté l’association.

Le SNE, syndicat professionnel des éditeurs, n’a pas commenté le rapport.

Quelque 2000 auteurs et autrices sont attendus à Angoulême jusqu’au 2 février. De nombreuses expositions dont, pour la première fois en France, une rétrospective consacrée à l’Américain Robert Kirkman, créateur de la série Walking Dead, seront présentées au public. Première dessinatrice de BD nommée à l’Académie des Beaux-Arts, Catherine Meurisse (par ailleurs en lice pour le Grand prix d’Angoulême) aura également droit à une grande exposition.

Livres

Margaret Atwood offrira un recueil de poésie

TORONTO — L’écrivaine canadienne Margaret Atwood retrouve ses racines littéraires avec un premier recueil de poésie en plus d’une décennie.

La maison d’édition McClelland & Stewart a annoncé lundi que le nouveau recueil de Margaret Atwood, Dearly, sera publié à l’automne.

Livres

Nouveau Joël Dicker en mars

PARIS — L’auteur suisse de best-sellers Joël Dicker a annoncé sur son compte Instagram la parution en mars de son nouveau roman, «L’énigme de la chambre 622».

Le livre, publié par les éditions De Fallois, sera mis en vente en Suisse le 17 mars puis en France le 25 mars, a précisé l’écrivain âgé de 34 ans en présentant également son programme de dédicaces en Suisse, France et Belgique de mars à juin.

Une Suisse pas si tranquille

L’auteur de La vérité sur Harry Québert, récompensé par le Grand prix du roman de l’Académie française et le Goncourt des lycéens, Le livre des Baltimore et de La disparition de Stéphanie Mailer est un des auteurs francophones les plus lus.

Selon son éditeur, l’intrigue du roman se déroule en Suisse. Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais. Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire... C’est une Suisse «pas si tranquille que ça» que vont découvrir les lecteurs.

Selon des données de GfK pour le magazine professionnel Livres Hebdo, La disparition de Stéphanie Mailer (2018) s’est vendu à plus de 700 000 exemplaires, tous formats confondus.

La vérité sur Harry Québert (2012) s’est écoulé en grand format et en poche à près de 2 millions d’exemplaires et a été adapté en série télévisée par Jean-Jacques Annaud en 2018. Le livre des Baltimore (2015) a été vendu à près de 900 000 exemplaires.

Livres

Un autre éditeur arrête la commercialisation d’un livre de Matzneff

La maison d’édition française Stock a annoncé jeudi l’arrêt de la commercialisation du livre «Un diable dans le bénitier» de Gabriel Matzneff, sulfureux auteur à succès français rattrapé à 83 ans par un scandale de pédophilie.

Stock est le quatrième éditeur après Gallimard, La Table ronde et Léo Scheer à cesser la commercialisation d’ouvrages de l’écrivain sous le coup d’une enquête préliminaire en France pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.

Publié en 2017, Un diable dans le bénitier est un recueil rassemblant des chroniques publiées sous ce titre dans l’hebdomadaire Le Point par l’écrivain. Le directeur du Point a annoncé dimanche que l’écrivain avait décidé de cesser sa collaboration au magazine.

«Il nous a écrit le 8 décembre pour dire qu’il arrêtait. C’est lui qui l’a décidé, il savait probablement que le livre de Vanessa Springora allait sortir donc il nous a envoyé ce courrier», a indiqué Étienne Gernelle sur la radio France Culture.

Mardi, les éditions Gallimard avaient décidé d’interrompre la vente du journal de l’auteur, publié depuis trente ans par cette maison. Une première, suivie par les éditions de La Table ronde. Cette maison avait publié cinq volumes du journal de Gabriel Matzneff, entre 1979 et 1992.

Mercredi, les éditions Léo Scheer avaient également annoncé la fin de la commercialisation du volume du journal de l’auteur, Les Carnets noirs 2007-2008, et de l’ouvrage Les moins de 16 ans qui évoquent les pratiques pédophiles de l’écrivain.

L’attirance revendiquée de Gabriel Matzneff pour les « moins de 16 ans » et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu’il a racontée dans de nombreux ouvrages, a pendant longtemps été tolérée dans le monde littéraire parisien. Il a ainsi été distingué en 2013 par le prix Renaudot essai.

La justice française a ouvert une enquête préliminaire pour viols sur mineurs de moins de 15 ans à l’encontre de l’écrivain au lendemain de la parution du livre Le consentement de l’éditrice française Vanessa Springora.

Dans cet ouvrage, cette femme de 47 ans raconte comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff à l’âge de 13 ans, la relation sous emprise qu’elle a eue ensuite avec lui et les blessures que cela a infligé à sa vie.

Le consentement est le 10e livre le plus vendu en France, selon des données à paraître vendredi dans Livres Hebdo.

Livres

Gallimard retire de la vente le journal de Matzneff évoquant ses pratiques pédophiles

PARIS — L’éditeur Gallimard a décidé de ne plus vendre le journal de l’écrivain français Gabriel Matzneff qu’il publiait depuis 30 ans, suite au succès en librairie du témoignage de Vanessa Springora qui jette une lumière crue sur les pratiques pédophiles de l’écrivain.

Les éditions de La Table Ronde (groupe Madrigall, contrôlé par Antoine Gallimard), qui ont publié cinq volumes entre 1979 et 1992 du journal dans lequel l’écrivain évoque notamment ses relations sexuelles avec des enfants et des adolescents, ont également cessé la commercialisation de ces livres.

«La souffrance exprimée par Madame Vanessa Springora dans +Le Consentement+ fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle», affirme mardi dans un communiqué la maison d’édition française.

Les exemplaires encore présents en librairie, dont le dernier volume «L’Amante de l’Arsenal» sorti mi-novembre, vont ainsi être rappelés. Il s’en était vendu seulement «quelques centaines d’exemplaires», a précisé l’éditeur.

Depuis le début de l’affaire, le dernier volet du journal de l’écrivain s’est néanmoins arraché dans les librairies. Il se classait ainsi mardi à la 3e place dans la catégorie biographies chez Amazon.

C’est la première fois que Gallimard prend une telle mesure, a indiqué à l’AFP la maison d’édition.

L’écrivain de 83 ans est visé depuis vendredi par une enquête pour «viol sur mineur» de moins de 15 ans, ouverte 24 heures après la sortie du livre de Vanessa Springora, directrice des éditions Julliard.

Dans «Le Consentement» publié chez Grasset, cette femme de 47 ans raconte comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff à l’âge de 13 ans, la relation sous emprise qu’elle a eue ensuite avec lui et les blessures que cela a laissées dans sa vie.

«À 14 ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de 50 ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposé vivre à l’hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter», raconte Vanessa Springora dans son livre, qui s’est hissé dans le top 5 des ventes physiques et numériques sur Amazon France.

Elle décrit aussi un homme au comportement de prédateur, faisant du tourisme sexuel en Asie, ce dont il rend compte dans ses propres ouvrages.

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Mauvaise passe pour le dessin de presse

PARIS — Cinq ans après la tuerie à «Charlie Hebdo» en France et malgré la vague de soutien à la liberté d’expression qui s’en est suivie, le dessin de presse reste un genre menacé dans le monde, entre des journaux de plus en plus frileux et des réseaux sociaux prompts à l’indignation.

«Partout, un vent mauvais souffle sur la satire et le dessin de presse en général, et 2019 aura été une année noire dans ce domaine», déplorent Claire Carrard, directrice de la rédaction de Courrier international, et Kak, président de l’association Cartooning for Peace.

Le coup de tonnerre de 2019 est venu du prestigieux New York Times, qui a décidé en juin d’arrêter toute publication de dessins de presse dans les pages de son édition internationale, après une polémique liée à une caricature jugée antisémite.

Bien qu’il n’en soit pas l’auteur, le dessinateur historique du journal, le Suisse Patrick Chappatte, se retrouve sur la touche.

«Nous vivons dans un monde où la horde moralisatrice se rassemble sur les médias sociaux et s’abat comme un orage subit sur les rédactions. Cela oblige les éditeurs à prendre des contre-mesures immédiates, paralyse toute réflexion, bloque toute discussion», déplore-t-il dans une longue tribune.

Au sein de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, où la publication de caricatures a été payée au prix fort il y a cinq ans avec une attaque qui a fait 12 morts, on se demande si «le dessin satirique est une forme de la liberté d’expression en voie de disparition», dans un récent hors série Caricature, mode d’emploi.

«On a l’impression que le dessin est de moins en moins toléré, que c’est une forme d’expression qui même au sein des médias est encombrante. Un peu trop atypique, un peu trop libre...» explique à l’AFP le directeur de rédaction Riss. «Même dans les grands journaux, les dessins deviennent extrêmement consensuels, il n’y a pas beaucoup de prise de risque éditoriale.»

L’hebdomadaire était devenu la cible des islamistes après avoir publié plusieurs caricatures de Mahomet, en 2012, 2011 et en 2006, où il reproduit, comme plusieurs journaux européens, celles du quotidien danois Jyllands-Posten.

Les republierait-il aujourd’hui? «On pourrait le faire, mais quel sens ça aurait?» se demande Riss.

«Aujourd’hui, la notion de blasphème a dépassé le cadre des simples caricatures. Beaucoup de choses sont ressenties comme du blasphème ou de l’agression», juge celui qui doit régulièrement défendre l’esprit satirique du journal, comme en décembre face à l’armée française après des dessins sur la mort de 13 militaires au Mali.

Comme plusieurs confrères, il pointe le rôle amplificateur des réseaux sociaux.

«La pression des réseaux intimide les médias traditionnels. (...) C’est la panique. Ce qu’on oublie, c’est que Twitter n’est pas notre lectorat. C’est un amplificateur de colère», analyse Patrick Chappatte dans Courrier International.

Censure 

«La survie économique reste un problème, et les hordes numériques qui manipulent le politiquement correct pour faire triompher leur intolérance et leur fermeture d’esprit représentent aussi un danger contre lequel il faut lutter», abonde son confrère du Nicaragua Pedro Molina, aujourd’hui en exil.

Genre prisé aux XIXe et XXe siècle, la caricature pâtirait en outre d’une image vieillotte.

«Quand on dit que c’est un genre en désuétude, c’est comme si on disait que la liberté d’expression est un genre en désuétude», rétorque Juin, jeune dessinateur chez Charlie Hebdo, rappelant que «c’est un genre qui a toujours été menacé», notamment par la censure politique au siècle dernier.

Une censure qui persiste aujourd’hui dans de nombreux pays, où des dessinateurs sont menacés, licenciés, poursuivis en justice voire emprisonnés.

Cartooning for Peace, avec l’appui d’organisations comme Human Rights Watch ou Reporters sans frontières, milite pour la reconnaissance du dessin de presse comme un droit fondamental par l’UNESCO.

Riss n’est pas convaincu par la démarche : «Je pense que la liberté d’expression est déjà une valeur fondamentale suffisante.»

«Ce genre a de l’avenir si les dessinateurs ont le courage de donner à leur dessin de la force. Si c’est juste pour faire des dessins gentils qui ne dérangent personne, autant ne rien dessiner du tout», tranche le directeur de Charlie.

Livres

Affaire Matzneff: l’affrontement de deux époques

PARIS — Il y a ceux qui découvrent les faits, abasourdis, et ceux qui savaient sans trop voir le mal: les révélations, à paraître jeudi, d’une éditrice séduite, adolescente, par l’écrivain Gabriel Matzneff font s’entrechoquer, en France, deux époques et deux regards sur la pédophilie.

Le goût autoproclamé de l’écrivain âgé de 83 ans pour les «moins de 16 ans» et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie avait jusqu’ici très peu fait ciller. La sortie du livre Consentement de Vanessa Springora, 47 ans, est en train de changer la donne.

L’écrivaine et éditrice y raconte comment elle a été séduite, à 14 ans, par le presque quinquagénaire, au milieu des années 1980, et le poids de cette histoire sur sa vie, ponctuée de dépressions.

Pour sa part, Gabriel Matzneff a défendu dimanche «la beauté de l’amour que nous vécûmes Vanessa» et lui-même, et dénoncé «de si injustes et excessives attaques».

La veille, le ministre de la Culture Franck Riester avait rappelé que «l’aura littéraire [n’était] pas une garantie d’impunité», en apportant son «soutien» à «toutes les victimes» de l’écrivain.

Autre signe de cette bascule: une séquence où Bernard Pivot, célèbre animateur d’émissions culturelles et littéraires, reçoit en entrevue Gabriel Matzneff, est devenue virale (près de 900 000 vues) et fait scandale, près de 30 ans après sa diffusion. Il y est interrogé de manière badine sur ses conquêtes sexuelles. À l’exception de l’écrivaine québécoise Denise Bombardier, lui lançant qu’il aurait «des comptes à rendre à la justice», personne ne réagit.

Tentant de se défendre, Bernard Pivot a plaidé le principe du «autre temps, autres moeurs», affirmant que dans «les années 70 et 80, la littérature passait avant la morale».

«Nous sommes plus ou moins les produits intellectuels et moraux d’un pays et, surtout, d’une époque», a-t-il ajouté, provoquant une vague d’indignation.

«Un peu honte» 

«J’ai l’âge d’avoir connu une époque où se disait ce genre de choses à la télévision. Matzneff, Gide, on se foutait de leur gueule, mais on n’était pas plus révolté que ça. Des pédophiles assumés. J’ai un peu honte. Même plus que ça», a concédé Bruno Gaccio, humoriste, scénariste et producteur de télévision.

Avant d’être unanimement condamnée, la pédophilie a été tolérée — voire plus — dans les années 1970 par des intellectuels invoquant la liberté sexuelle et l’héritage de Mai 68 avec son slogan «il est interdit d’interdire».

Des pétitions ont été signées comme une, en 1977, relayée par le quotidien Libération, pour défendre trois hommes poursuivis pour des agressions sexuelles sur des enfants de 12-13 ans. Parmi les signataires figuraient les anciens ministres Jack Lang et Bernard Kouchner, un des célèbres «French doctors».

Cette tolérance s’est poursuivie dans les années 1980 avant que le vent ne tourne dans les années 1990, menant à la condamnation unanime de la pédophilie et au mea culpa des journaux l’ayant défendue.

Un retournement lié à l’émergence de témoignages de victimes et à la multiplication des associations de défense des enfants, souligne Pierre Verdrager, auteur d’un livre sur «comment la pédophilie est devenue scandaleuse». «On commence à prendre conscience que cette libération des corps peut poser des problèmes quand elle concerne la sexualité des enfants avec les adultes», affirme le sociologue.

Jamais condamné 

Néanmoins, «la liberté d’expression est importante. Je rappelle que Matzneff n’a pas été condamné», estime Étienne Gernelle, le directeur de l’hebdomadaire Le Point, où l’écrivain tient une chronique.

«Les mêmes journaux qui, il y a 30 ans, disaient que l’amour avec les enfants c’est bien, au nom d’une morale soixante-huitarde, voudraient virer ces mêmes gens», souligne-t-il.

Et de dénoncer un climat où certains appellent à rayer de la carte les artistes mis en cause dans des affaires de violences sexuelles.

Ce phénomène, baptisé «cancel culture» dans le monde anglo-saxon, concerne autant le réalisateur Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol, juste avant la sortie de son dernier film à l’automne, que le peintre Gauguin (1848-1903), en raison de ses relations sexuelles avec des adolescentes tahitiennes.

Pour Pierre Verdrager, la parution du livre de Vanessa Springora marque «une étape importante», «car c’est avec la prise de parole des victimes que la question pédophile a évolué».

Livres

Affaire Matzneff: Denise Bombardier salue le courage de l’éditrice Vanessa Springora

MONTRÉAL — La romancière québécoise Denise Bombardier, qui avait fustigé dès 1990 l’attirance sexuelle de Gabriel Matzneff pour les jeunes adolescents, a salué le livre «courageux» et «remarquable» de l’éditrice Vanessa Springora sur ses relations passées avec l’écrivain.

«C’est un livre remarquable, courageux, d’une écriture chirurgicale», commente-t-elle pour l’AFP.

Dans ce roman autobiographique, Consentement, Vanessa Springora décrit comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff, presque quinquagénaire, alors qu’elle n’avait même pas 14 ans.

«Elle raconte comment il l’a sodomisée, la première fois elle avait 13 ans et demi, elle croyait qu’il l’aimait, ensuite sa vie a été un enfer», relève Mme Bombardier. La propre mère de l’adolescente «savait qu’il était pédophile» et le recevait malgré tout «parce qu’il était un des bonzes de la littérature française».

Depuis plusieurs jours circule sur les réseaux sociaux une vidéo où Bernard Pivot interroge sur un ton badin l’écrivain, dans son émission Apostrophes en mars 1990, sur son attirance sexuelle pour les «moins de 16 ans».

Seule invitée à réagir, Denise Bombardier marque les esprits en jugeant que Gabriel Matzneff aurait «des comptes à rendre à la justice» s’il n’avait pas une telle «aura littéraire».

Denise Bombardier a expliqué, lors d’une série d’entrevues, avoir reçu un courriel de Vanessa Springora la remerciant d’avoir été la seule à dénoncer publiquement les agissements de Gabriel Matzneff.

«Vanessa dit que [mon intervention] lui a donné la force, au bout de 30 ans, d’écrire et de se décider à parler», explique-t-elle.

«J’ai fait ce que j’avais à faire», note-t-elle, rappelant que cette intervention lui a valu de nombreuses critiques à l’époque au sein du milieu littéraire parisien. «Dans ce monde-là, ils parlaient de moi comme la mal-baisée», rappelle l’auteure québécoise à l’AFP. «Je n’ai plus jamais eu de critique dans le Monde».

«Il y a encore quelques jours [l’ancienne directrice des pages littéraires du Monde] Josyane Savigneau a soutenu Matzneff et dit que j’étais une purge, l’écrivain Frédéric Beigbeder a dit qu’il resterait son ami : ces gens-là appartiennent à une caste complètement à part», regrette-t-elle.

«Ce qui me réjouit, c’est de voir comment les jeunes générations sont scandalisées de se rendre compte que c’était comme ça en France», ajoute-t-elle. «On pensait que #MeeToo était un phénomène nord-américain, en France ça marche aussi», se félicite-t-elle.

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Suicide de l’écrivain norvégien Ari Behn, ex-mari d’une princesse

STOCKHOLM — L’écrivain norvégien Ari Behn, ex-époux de la princesse Martha Louise de Norvège, est décédé mercredi à l’âge de 47 ans, a indiqué son agent à l’AFP, précisant qu’il s’était suicidé.

«Il a mis fin à ses jours aujourd’hui», a écrit Geir Hakonsund dans un courriel à l’AFP.

Ari Behn avait publié en 1999 son premier livre, un recueil de nouvelles intitulée Trist som faen (Triste comme l’enfer). Il est l’auteur de plusieurs romans et pièces de théâtre.

Il est devenu célèbre en 2002 après avoir épousé la princesse Martha Louise, et les deux époux ont écrit ensemble un livre sur leur mariage intitulé Fra hjerte til hjerte (Coeur à coeur).

Ils ont eu trois filles avant d’annoncer leur divorce en août 2016.

Ari Behn a publié en 2018 son dernier livre, «Inferno», où il relate sa lutte contre des troubles mentaux.

Livres

Un #moiaussi dans le monde des Lettres en France?

PARIS — Pavé dans la mer d’huile des lettres françaises : l’éditrice Vanessa Springora décrit dans un roman autobiographique sa relation sous emprise à 14 ans avec le sulfureux écrivain Gabriel Matzneff, connu pour son attirance pour «les moins de 16 ans».

Le goût proclamé de l’auteur, aujourd’hui âgé de 83 ans, pour les jeunes filles et les jeunes garçons est au cœur de son oeuvre et n’a jamais fait ciller le monde de l’édition. Et jamais l’un des adolescents séduits n’avait pris la parole.

Jusqu’à aujourd’hui : Vanessa Springora, la nouvelle directrice des éditions Julliard, raconte sur 200 pages comment elle a été séduite adolescente par l’auteur, alors presque quinquagénaire (elle le nomme G.).

Paru le 2 janvier, Le consentement (Grasset) sort dans un contexte de dénonciation des violences sexuelles en France, après une nouvelle accusation de viol visant le réalisateur franco-polonais Roman Polanski et celles d’agressions et de harcèlement sexuels de l’actrice Adèle Haenel envers le cinéaste Christophe Ruggia.

Sans acrimonie ni victimisation, Vanessa Springora évoque l’ambivalence d’une époque où la libération sexuelle flirtait avec la défense de la pédophilie, la fascination exercée par l’écrivain sur le milieu littéraire, ses proches et elle-même, puis le poids de cette histoire sur sa vie, ponctuée de dépressions.

Et de décrire une emprise qui se poursuit sur le terrain littéraire : l’écrivain écrit beaucoup et couche sur le papier ses conquêtes et aventures sexuelles, y compris avec des garçonnets au cours de voyages en Asie.

«Comme si son passage dans mon existence ne m’avait pas suffisamment dévastée, il faut maintenant qu’il documente, qu’il falsifie, qu’il enregistre et qu’il grave pour toujours ses méfaits», écrit Vanessa Springora, qui signe là son premier livre.

Époque révolue?

La sortie de l’ouvrage relance le débat entre défenseurs de l’écrivain, dénonçant une forme de puritanisme voire un procès fait à une époque révolue, et ceux défendant les victimes de violences sexuelles. Et remet un coup de projecteur sur la notion de consentement sexuel.

«Comment admettre qu’on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant? Quand on a ressenti du désir pour cet adulte qui s’est empressé d’en profiter? Pendant des années, je me débattrai moi aussi avec cette notion de victime», écrit-elle.

«C’est vrai. Les ados sont en demande de tester leur pouvoir de séduction, qu’on leur dise qu’ils sont sexy ou beaux. Et c’est votre putain de rôle d’adulte de leur mettre des limites immédiates», a réagi sur Twitter la féministe Valérie Rey-Robert, auteure d’un livre sur «la culture du viol à la française».

Aux antipodes, Josyane Savigneau, membre du jury Femina et ancienne patronne du Monde des Livres, a évoqué une «chasse aux sorcières» en mettant en ligne le long article du Monde sur Matzneff publié cette semaine, pour lequel elle a refusé de répondre.

Apostrophé par Denise bombardier

Lauréat du prix Renaudot essai 2013, l’écrivain a longtemps été une figure prisée du milieu littéraire, invité à la télévision pour s’épancher, sans trop choquer, sur ses attirances sexuelles, comme l’illustre une séquence de l’émission littéraire Apostrophes avec Bernard Pivot, très partagée sur les réseaux sociaux.

Il y est interrogé sur ses attirances. Seule la romancière canadienne Denise Bombardier intervient, le comparant à ces «vieux messieurs» qui attirent les enfants avec des bonbons.

Gabriel Matzneff, encore chroniqueur aujourd’hui au Point sur la spiritualité et les religions, n’a jamais été condamné par la justice, rappelle Le Monde, évoquant un «malaise» dans le milieu littéraire.

L’âge de la majorité sexuelle est fixé à 15 ans en France. En ­dessous, toute relation sexuelle avec un majeur équivaut à une «atteinte sexuelle» (à ne pas confondre avec agression sexuelle ou viol).

Dans sa loi contre les violences sexuelles d’août 2018, le gouvernement a renoncé à instaurer un âge minimal de consentement à un acte sexuel, promis à 15 ans, décevant très fortement les associations. Dans deux affaires ces dernières années, des fillettes de 11 ans avaient été considérées comme consentantes par la justice, provoquant un vif émoi.

«J’espère apporter une petite pierre à l’édifice qu’on est en train de construire autour des questions de domination et de consentement, toujours liées à la notion de pouvoir», explique dans l’Obs Vanessa Springora, qui précise avoir commencé à écrire son livre «bien avant l’affaire Weinstein» fin 2017.

Sollicité par l’entremise de son éditeur, Gabriel Matzneff n’a pas souhaité répondre à l’AFP. Dans un message à l’Obs, il fait part jeudi de sa «tristesse» au sujet d’un «ouvrage hostile, méchant, dénigrant, destiné à [lui] nuire».

Livres

Les disparus de 2019: littérature

Tout comme en 2018, 2019 a été marquée par la perte de plusieurs grands noms de la colonie artistique. Voici quelques-uns de ceux à qui nous avons dit au revoir au cours des derniers mois, mais qui resteront bien vivants à travers leurs œuvres.

Yves Préfontaine (31 mars, 82 ans)

Livres

Nos personnalités de l'année: Christiane Vadnais

L’auteure de «Faunes», un livre à la prose luxuriante où d’inquiétantes et fabuleuses mutations sont à l’oeuvre, a eu une année marquée par les prix. Christiane Vadnais a brillé pour sa plume, mais aussi pour ses implications diverses qui permettent de faire rayonner la littérature et Québec comme ville littéraire de l’UNESCO. La jeune trentenaire poursuit sur sa lancée, avec un nouveau roman et une création numérique en chantier.

Q Ton meilleur souvenir de 2019?

Livres

Nobel: plus d’un million de livres d’Olga Tokarczuk vendus en Pologne

VARSOVIE — Les livres de la Polonaise Olga Tokarczuk se sont vendus à un million d’exemplaires dans son pays depuis que l’Académie suédoise a décidé en octobre de lui décerner le prix Nobel de littérature, a indiqué mercredi l’éditeur polonais de l’écrivaine.

«Avant l’annonce de la décision de l’Académie suédoise les ventes des livres d’Olga Tokarczuk étaient estimées à environ un million d’exemplaires, au total. Depuis le 10 octobre, nous avons doublé ce résultat en introduisant sur le marché un million d’exemplaires supplémentaires», a déclaré Marcin Baniak, chef de la promotion de la maison Wydawnictwo Literackie, cité par le quotidien Rzeczpospolita. 

«L’intérêt [pour ses livres] est donc énorme», dans ce pays de 38 millions d’habitants, a-t-il ajouté. Olga Tokarczuk, 57 ans, a été récompensée par l’académie pour «une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, symbolise le dépassement des frontières comme forme de vie». 

Engagée à gauche, pro-­Européenne, écologiste et végétarienne, régulièrement boudée et critiquée par les conservateurs nationalistes au pouvoir en Pologne, Olga Tokarczuk est la quinzième femme à recevoir la prestigieuse récompense depuis sa création en 1901.