Vicky Audet et Lily, le personnage au cœur de ses futurs livres pour enfants.

Lily et les choses de la vie

Depuis deux semaines, une certaine Lily fort rigolote trône sur le lit de Vicky Audet. Sorti tout droit de son imaginaire, son dessin est devenu une peluche et deviendra bientôt un livre pour enfants. Ou toute une série, si les choses vont comme l’auteure/illustratrice le souhaite.

Car derrière Lily, il y a l’histoire très personnelle de Vicky Audet. À l’automne 2017, une dépression et un problème d’anxiété généralisée plongent la jeune femme dans une période sombre de sa vie. À l’hôpital de jour, elle fait la rencontre de deux infirmières « extraordinaires » à qui elle doit une fière chandelle. « Quand elles nous parlaient, je me disais que ce n’était pas aux adultes qu’il fallait apprendre certaines choses, mais aux ‘‘p’tits loups’’. Des choses comme savoir demander et accepter de l’aide, par exemple. Des trucs banals que je n’avais jamais appris. »

En allant mieux et en « se retrouvant », Vicky Audet a redécouvert le plaisir de dessiner, de bricoler et d’écrire. Elle a aussi renoué avec Lily, le petit personnage qu’elle crayonnait depuis 15 ans. « Je me suis dit que j’allais mettre dans la bouche de Lily des histoires et des situations qui m’étaient arrivées. »

L’entrepreneure, qui est aussi cuisinière à domicile, est convaincue de l’importance d’expliquer tôt aux enfants certaines notions de base pour leur permettre de s’épanouir. Son premier livre, Lily et les muffins parfaits, aborde la fameuse anxiété de performance.

Même si les aventures de son petit personnage visent surtout les 5 à 9 ans, l’auteure affirme que les plus jeunes et les plus vieux s’y retrouveront aisément. Ses histoires comptent une dizaine de pages, mais ne sont pas avares de mots, dit-elle, convaincue que les jeunes ont une capacité de compréhension qu’on sous-estime parfois. « Il y a beaucoup de texte et même un petit lexique à la fin pour expliquer certains mots. »

Douze plaquettes sont déjà écrites et cinq sont illustrées. On y croise Lily, son frère, sa sœur, son papa, sa maman, son meilleur ami Victor et sa famille autour desquels s’articulent des histoires sur la persévérance, l’importance d’accepter le soutien des autres et la bienveillance envers soi-même.

Son intention, ajoute-t-elle, n’est pas de voir son nom imprimé sur un livre. Elle souhaite plutôt rejoindre le plus grand nombre possible de p’tits loups et de familles. « J’espère que les parents comprendront aussi mon message. »

Et parce qu’elle a un lien naturel avec les enfants, Vicky Audet serait tout à fait à l’aise d’aller à leur rencontre dans les garderies et les écoles. Pour lire ses histoires, mieux outiller les petits et jaser de son histoire.

Non, elle n’a pas de formation en psychologie, mais elle est convaincue que son expérience peut jouer en sa faveur. « Les moments gris de ma vie, j’ai décidé de les transformer en beaux et bons moments à travers Lily. »

Campagne de sociofinancement

Pour réaliser son rêve, Vicky Audet a lancé cette semaine une campagne de sociofinancement baptisée « Vicky et les aventures de Lily ». En moins de 48 heures, près de 1000 $ avaient été amassés sur les 6000 $ espérés. En comptant les dons privés, sa cueillette frôlait les 1500 $. « Je suis un peu sans voix. Il y a des donateurs que je ne connais même pas ! » se réjouit la jeune femme qui a choisi la voie de l’autoédition.

Celle-ci estime à environ 2000 $ le coût de production de chaque histoire, publiée à 500 copies. L’impression de la première ne fait donc plus de doute dans son esprit. Si l’objectif est atteint, trois histoires pourraient voir le jour, de quoi lui permettre d’aller rencontrer des jeunes avec du matériel entre les mains. « Mon but, c’est d’avoir une première copie sous mon arbre de Noël », ajoute-t-elle quand on lui demande son échéancier de publication.

Et parce qu’elle a à cœur de redonner un peu de ce qu’elle a reçu, elle promet que 10 % des profits de la vente des aventures de Lily seront versés à un organisme œuvrant en santé mentale.