Benjamin Déziel joue dans la pièce Prochaine sortie cet été au Théâtre de l’Ancien Presbytère. Il donnera la réplique à Patrick Golau, Martin Gougeon et Andrée-Anne Lacasse.

L’heureux touche-à-tout

Les journées ne sont jamais assez longues dans la vie de Benjamin Déziel. Celui qui se décrit lui-même comme un «jeune comédien créateur qui bidouille bien des affaires» touche à tout avec un plaisir contagieux.

«J’écris, je mets en scène et je fais beaucoup de projets pour jeune public parce que ça me permet d’aller dans des univers éclatés, énumère le Granbyen de naissance. Ma passion, c’est la création, et ça va toujours être ça. Voir naître une idée, créer une histoire, c’est génial.»

Diplômé en interprétation théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe, Benjamin Déziel a joué au théâtre, bien sûr, mais on a aussi pu l’apercevoir à la télévision, au cinéma et sur le web. Il a aussi travaillé dans l’ombre comme scénariste et multiplié les formations d’appoint, notamment en mime, en comédie burlesque et en jeu clownesque.

Celui qui monte sur les planches du Théâtre de l’Ancien Presbytère de Granby cet été est aussi copropriétaire, avec un vieil ami, des Productions Quartier Cartier, une boîte de production de contenu audiovisuel, de contenu web et de pièces de théâtre.

«On peut faire de la publicité, du corporatif, des vidéos sur demande, tout plein de choses... Mais on a aussi une formation de comédiens. Les deux se complètent.»

Le jeune homme a vite compris qu’il avait tout intérêt à développer son côté multidisciplinaire, en se lançant en affaire. «Si on a moindrement la fibre entrepreneuriale et créatrice, c’est la solution pour vivre de notre métier», fait-il remarquer. Cela semble bien le servir, car son agenda est aujourd’hui rempli à ras bord.

Passion de jeunesse
Ce goût du jeu et de la création a pris naissance au contact de... Martin Gougeon, le grand manitou du Théâtre de l’Ancien Presbytère, qui fut son premier prof de théâtre. «À 7 ou 8 ans, j’ai vu un film avec John Candy, dont j’oublie le nom, et c’était clair que c’est ce que je voulais faire dans la vie. Ma mère m’a inscrit au cours de théâtre avec Martin. Tous les moves, tous les choix que j’ai faits par la suite étaient alignés pour devenir comédien.»

Avec un père joaillier et une mère artiste-coiffeuse, la création a toujours été omniprésente dans sa jeunesse. Et encouragée. «Mes parents ne m’ont jamais obligé à faire ce que je n’aimais pas. Je n’ai jamais senti qu’ils doutaient de mon choix. Bien sûr, on a abordé la possibilité que je n’aie pas de travail. Mais ça aura pris six mois après la sortie de l’école de théâtre pour leur prouver que je pouvais en vivre.»

Pas seulement. Dans un monde où de plus en plus d’artistes prennent position, Benjamin Déziel n’échappe pas à la tendance. «Je me pose énormément de questions dans la vie, sur les iniquités sociales, sur la diversité culturelle, sur la parité... Je suis un artiste engagé. Chacune de nos créations, autant que faire se peut, comporte la parité homme-femme. Je pense que c’est de notre devoir de forcer un peu les choses.»

Prochaine sortie
Cet été, Benjamin Déziel revient — encore — à ses premières amours en joignant la distribution de Prochaine sortie à l’Ancien Presbytère. On l’avait vu au même endroit dans Appel Sauvage en 2016 et Bienvenue Welcome l’an dernier.

Dans la production 2018, le jeune homme endosse «sept ou huit» rôles différents. «C’est plus difficile et le niveau de travail est plus demandant pour faire la nuance entre tous les personnages», explique-t-il.

Il aborde pourtant cette pièce «avec une confiance aveugle en Martin Gougeon, mais en me considérant comme un de ses bras droits. On a beaucoup de latitude. Je plonge chaque fois en me disant que je suis capable», dit-il.

Agréable, le théâtre d’été? «J’adore ces pièces. Surtout que Prochaine sortie est une comédie qui fait aussi réfléchir. Et c’est un peu comme des vacances pour moi, parce que je reviens à Granby, je vois mes parents, mes amis et je joue avec mes chums.»

Envers ce petit théâtre d’une soixantaine de places, il éprouve une réelle affection. La (très) grande proximité entre le public et les comédiens y est pour beaucoup. «Et aussi la profondeur des pièces que Martin propose», ajoute-t-il.

Rêver de cirque
Bien qu’il aimerait «avoir le temps de tout faire», Benjamin Déziel caresse un grand rêve, en lien avec sa formation en jeu clownesque et en mime: partir en tournée mondiale au sein d’une troupe de cirque. Éloize, Les 7 doigts, Alfonse... il se dit que peut-être, un jour, ses contacts dans le milieu lui permettront de joindre un grand spectacle circassien.

«Parce que le contact direct avec le public, c’est mon grand amour.»