En septembre, Chris Velan a lancé son septième album solo.

L’heure des bilans pour Chris Velan

Peut-être que son nom ne vous dit rien. Pourtant, Chris Velan roule sa bosse depuis des années dans le monde de la musique et s’attire les éloges. Avec son septième album sous le bras, l’auteur-compositeur-interprète montréalais s’amène dans le coin cette semaine avec son pop-rock teinté de folk.

En fait, Chris Velan est peu comme chez lui dans les Cantons-de-l’Est. Il possède, depuis quatre ans, un pied-à-terre à Sutton, une municipalité qu’il fréquente depuis toujours. C’est d’ailleurs dans le petit studio qu’il a aménagé sous les combles de sa maison, en plein coeur de l’hiver, que son plus récent album a été créé de A à Z avec une poignée de musiciens triés sur le volet.

Amateur Hour, c’est le nom qu’il a choisi pour cette offrande sortie en septembre dernier et qui commence à poindre à travers le flot ininterrompu de musique qui inonde le marché. « L’offre est tellement grande sur l’Internet qu’il faut un certain temps pour que l’album circule et soit découvert. Mais jusqu’à maintenant, les critiques sont positives. Ils ont remarqué une certaine évolution. C’est toujours ce que je cherche à faire », se réjouit le guitariste/chanteur, qui se produit en anglais, mais qui n’a pas à rougir de son français.

Il lui a fallu « plus ou moins un an » pour mettre en mots et en musique les compositions d’Amateur Hour. En pleine crise de la quarantaine — c’est lui-même qui le dit —, Chris Velan a puisé l’inspiration dans sa propre vie. « J’ai remis en question mes histoires et mes croyances, négatives ou positives. Ç’a lancé un processus de lâcher-prise, comme une tentative d’aller profondément dans ma relation avec moi-même pour mieux me comprendre », dit-il.

Il a d’ailleurs déjà décrit Amateur Hour comme un album de rupture avec lui-même (« a breakup album with myself »). Une déclaration qu’il explique ainsi : « Il y a des sentiments de perte, de douleur et de laisser-aller, comme dans une rupture avec quelqu’un. La forme, les thèmes, le vocabulaire sont pas mal les mêmes, mais là, c’est avec les personnages en moi qui ne servent plus. J’ai fait un bon ménage... »

Cela s’accompagne également d’un changement d’attitude, à commencer par la plus grande liberté qu’il s’accorde désormais de faire ce qu’il veut.

Tourmenté ou décontracté, Chris Velan ? « La musique qui sort de moi est généralement positive, bien que les thèmes soient plus sérieux. C’est une dualité que j’ai appris à accepter avec le temps. »

Avant de se faire le grand saut en solo en 2003, Chris Velan avait notamment fait partie du groupe reggae Equalizer. Au détour de la conversation, il nous apprend également qu’il a été avocat pour un bref instant. « Mais ma passion pour le droit n’était pas assez forte, c’est la musique qui a gagné », affirme celui qui s’est mis à la guitare à neuf ans et a découvert l’écriture de chansons à 14 ans. « La musique a toujours été là. »

À Frelighsburg

Vendredi, le musicien investira le bistro culturel Beat & Betterave de Frelighsburg. Malgré sa taille modeste et son éloignement des grands centres, l’établissement propose, depuis son ouverture en 2015, une programmation étonnante, avec des artistes de la trempe de Fred Fortin, Milk & Bone, Bernard Adamus, Martha Wainwright, Lisa LeBlanc, Safia Nolin et compagnie.

Dans cette salle qu’il connaît bien, Chris Velan promet une « célébration » intime où le plaisir sera au rendez-vous. En plus de ses musiciens, le chanteur sera accompagné de la Dunhamienne Kim Albert aux harmonies vocales.

Cette tournée canadienne se poursuivra toute l’année d’un océan à l’autre, annonce-t-il.

Quant à la signification de la pochette de son album, sur laquelle on voit un corps d’humain surmonté d’une tête de léopard, le mystère persiste.

« C’est juste une image qui est entrée dans mon imagination et j’ai suivi cette inspiration. Quand je vous disais que j’avais décidé d’être plus libre ! », conclut Chris Velan.