La présidente fondatrice des Printemps meurtriers, Johanne Seymour, s'est dite « triste, oui, mais très fière » de ce qu'elle a accompli pendant cinq ans.

Les Printemps meurtriers sont morts

Les Printemps meurtriers sont morts. Après avoir annoncé une pause pour 2017 en janvier dernier afin de repenser l'avenir du festival, l'organisation a laissé savoir mercredi qu'elle mettait fin à l'événement.
« Après avoir analysé la situation en profondeur et avoir exploré les différents scénarios susceptibles d'assurer la pérennité du festival, le conseil d'administration des Printemps meurtriers de Knowlton­ en est venu à la conclusion que, dans le contexte économique actuel, il serait impossible à court et moyen terme d'assurer la survie du festival. La douloureuse décision a donc été prise de cesser définitivement les activités de la corporation », peut-on lire sur la page Facebook des Printemps meurtriers.
Contactée par La Voix de l'Est, la présidente fondatrice du festival voué au roman policier, Johanne Seymour, explique que la décision s'est prise lundi soir, lors d'une assemblée spéciale des membres du comité organisateur. C'est le manque de relève et surtout de ressources financières qui auront eu raison de l'événement, malgré - ou à cause de ? - une croissance d'année en année. La cinquième édition, en 2016, avait d'ailleurs attiré 1450 amateurs de romans noirs et policiers, un achalandage record. 
« Le festival progressait très bien, on y travaillait fort. Mais voilà, on est à bout. L'épuisement des troupes et le manque de relève auront eu raison des Printemps meurtriers. Il aurait fallu engager quelqu'un pour travailler là-dessus à temps plein, on était rendus là. Mais on n'avait pas les sous pour », dit-elle, lançant du même souffle un plaidoyer pour davantage d'investissement en culture. « Il faut que plus d'argent soit investi en culture, à tous les niveaux, et surtout en région. »
Parmi les scénarios explorés pour assurer la pérennité du festival, Mme Seymour mentionne que les Printemps meurtriers ont approché d'autres organismes pour créer des associations. « Mais ils sont aux prises avec les mêmes problèmes que nous, ils vivent tous les mêmes frustrations. »
«Triste, mais très fière»
Quoi qu'il en soit, l'auteure résidant à Potton ne garde aucune amertume. Au bout du fil, elle s'est dite « triste, oui, mais très fière » de ce qu'elle a accompli pendant cinq ans.
« J'ai investi énormément de temps, même de l'argent au début. Caroline (Lafrance, la directrice générale) aussi. La communauté d'auteurs de polars s'est resserrée énormément, on a créé beaucoup de contacts à l'étranger, on a donné une certaine notoriété au polar québécois, et je sais que des auteurs ont pu en profiter. »
Elle déplore toutefois la « difficulté à attirer les gens d'affaires ». « Trop peu d'entre eux sont intéressés à contribuer à la culture ; ils préfèrent investir dans un immense stade... »
Mme Seymour aurait également souhaité « un mouvement de solidarité un peu plus grand de la part du milieu littéraire ».
Elle espère par ailleurs qu'« à très court terme, quelqu'un d'assez fou fasse renaître le festival ailleurs ».