Le retrait des quatre confessionnaux a permis de faire quelques découvertes intéressantes, notamment une signature d'Ozias Leduc, en date du 20 mai 1906.

Les oeuvres d'Ozias Leduc restaurées enfin dévoilées

Le travail aura été de longue haleine, mais il en aura valu la peine. Ce samedi, les 18 oeuvres d'Ozias Leduc qui ont été restaurées l'automne dernier à l'église Saint-Romuald de Farnham seront enfin dévoilées au grand public.
Même s'il reste quelques détails à fignoler, le gros de la restauration est achevé, laisse entendre Sylvie Grenier. « Si on a tenu à accélérer le dévoilement, c'est qu'on sollicite les gens depuis deux ans et on voulait leur montrer enfin à quoi a servi leur générosité », spécifie la responsable du comité chargé de la restauration des oeuvres
D'emblée, en passant les portes de l'établissement de culte, on remarque la minutie et la qualité du travail effectué par les spécialistes du Centre de conservation du Québec sur les 14 tableaux du chemin de croix du Christ et les quatre toiles accrochées jadis au-dessus des confessionnaux. Jadis, dit-on, car ces confessionnaux ont aujourd'hui disparu du décor. « Ils ont été retirés suivant les conseils des spécialistes pour dévoiler le reste des quatre toiles, qui descendaient sur les murs derrière », explique Mme Grenier.
Chaque alcôve ainsi créée sera aménagée en quatre chapelles distinctes. Celle de saint François d'Assise deviendra le Salon de réconciliation, lieu qui servira en quelque sorte de confessionnal. L'installation d'un panneau permettra un peu d'intimité. La chapelle de sainte Anne invitera les gens à se recueillir au pied d'une statue de la sainte concernée, restaurée elle aussi, tandis que celle réservée à saint Antoine de Padoue accueillera le cierge pascal et la vasque servant aux baptêmes. Finalement, la chapelle de saint Louis de Gonzague servira de lieu d'adoration et abritera une sculpture représentant la dernière cène.
Le retrait des confessionnaux a par ailleurs permis de faire quelques découvertes intéressantes, à commencer par de petites niches qui suscitent bien des questions puisque personne n'a la moindre idée de leur utilité et de l'idée de départ derrière leur aménagement. Dans la chapelle de saint François d'Assise, on a même découvert une signature d'Ozias Leduc, en date du 20 mai 1906, ainsi que son « journal de bord ».
Autres projets
Effectuée en novembre et décembre derniers, la restauration des 18 oeuvres d'Ozias Leduc peintes entre 1905 et 1912 a coûté quelque 40 000 $ avant taxes. Le Conseil du Patrimoine religieux du Québec a octroyé une subvention de 32 732 $, et le reste de la somme a été amassée grâce à des dons de citoyens, d'organismes, de municipalités et de commerçants, en plus de quelques activités de collecte de fonds. « Ça a tellement bien marché qu'on a réussi à récolter autour de 36 000 $ », s'étonne et se réjouit Sylvie Grenier.
Profitant de fonds disponibles et d'ouvriers déjà sur place, le comité de restauration a pris la décision d'autoriser la restauration d'une autre oeuvre qui avait été endommagée par une infiltration d'eau, soit celle de la Sainte Vierge, dans l'une des chapelles situées de chaque côté du choeur. Cette opération a coûté 3000 $ supplémentaires. À cela s'ajoutent quelques milliers de dollars pour des travaux connexes, dont le sablage des planchers et l'éclairage.
Il reste néanmoins quelque 5000 $ d'amassés en trop, et si les donateurs donnent leur accord, Mme Grenier aimerait bien les voir transférés au prochain projet de restauration, à savoir celui de l'orgue Casavant centenaire, « qui a bien besoin d'amour lui aussi », indique-t-elle.
Évalué à près d'un million de dollars, il ne répond pas aux critères pour recevoir une subvention du Conseil du Patrimoine religieux du Québec, mais nécessite néanmoins des travaux évalués entre 40 000 $ et 50 000 $. « Dès l'automne, on aimerait lancer notre campagne de financement pour nous occuper de lui maintenant », laisse savoir Mme Grenier.
Éventuellement, « dans nos rêves les plus fous », la restauration des autres oeuvres d'Ozias Leduc - il y en a 34 en tout dans l'église Saint-Romuald - est également envisagée, bien que quatre d'entre elles, soit les icônes des quatre évangélistes situées de chaque côté de la nef, soient jugées irrécupérables. La prochaine sur la liste serait l'imposante Sermon sur la montagne, peinte derrière le choeur, souhaite-t-elle.
Le dévoilement officiel des 18 oeuvres d'Ozias Leduc restaurées se fera ce samedi 13 mai après la messe de 17 h, à l'occasion d'un 5 à 7. Marie-Hélène Naud, spécialiste en histoire de l'art et membre du comité pour la restauration des oeuvres d'Ozias Leduc, sera sur place pour fournir quelques explications. Vin et bouchées seront servis.