La peintre Lise Montigny se laisse inspirer par un bijou, un rang de perles, un bout de dentelle, un joli bouton...

Les demoiselles étincelantes de Lise Montigny

Lise Montigny les appelle ses jeunes femmes. Reconnaissables entre toutes, exultant le romantisme et la féminité, elles sont devenues la signature de l’artiste-peintre. Tellement qu’aujourd’hui, les dames de sa collection prennent la pose aux quatre coins du monde.

Comment les décrire ? Opalescentes, iridescentes, richement ornementées de tissus, de bijoux et de cristaux, les femmes de Lise Montigny sont peintes à l’acrylique et recouvertes de laque, de façon à accrocher le regard. 

Un style unique en son genre qu’elle raffine sans cesse. « Ma technique change, car je ne veux pas être copiée... », glisse-t-elle.

Native de Granby, Lise Montigny revoit son enfance comme une succession de dessins et de bricolages. Elle se rappelle notamment le supplément Perspective du Dimanche Matin dans lequel elle découpait religieusement les reportages sur les artistes pour les mettre dans son « scrapbook ». C’est aussi par l’entremise de cette même publication qu’elle a découvert la Famous Artists School du Connecticut, qui offrait des cours par correspondance. « J’étais jeune ado et j’avais été acceptée. J’ai suivi ces cours durant quatre ans. J’ai encore mon calepin ! » lance-t-elle au bout du fil.

Celle qui habite maintenant à Longueuil baigne depuis l’enfance dans le domaine artistique. Au fil des ans, elle a suivi des cours d’étalagiste, perfectionné ses notions de peinture et d’aquarelle, tenu une boutique de métiers d’art et joint l’équipe de l’entreprise de matériel d’artistes DeSerres. C’est d’ailleurs lors d’un mini-salon d’arts tenu par les employés au siège social de la compagnie que le talent de Lise Montigny s’est dévoilé.

Après quelques minutes, toutes ses petites toiles avaient trouvé preneurs. « C’est là que je me suis dit pourquoi pas ? » dit-elle. 

Elle a d’abord proposé ses tableaux dans une boutique de Saint-Lambert où elle a connu du succès. Mais ses paysages du début ont lentement fait place à ses « demoiselles étincelantes » — et parfois insolentes, ajoute-t-elle. « Quand j’ai présenté cette série, c’est parti pour de bon. »

En 2012, elle s’est associée à la galerie montréalaise Le Luxart, avec qui elle collabore toujours. La galerie Québec Art l’expose également en permanence. 


Lise Montigny

Les dames aux bijoux

Et pourquoi peindre des dames ? « Parce qu’on peut changer leur apparence. Avec elles, il y a tellement de possibilités ! Chacune est différente », fait remarquer l’artiste dont les toiles se distinguent par leur grand format allongé. 

Elle raconte que c’est en peignant « doucement » durant un congé de maladie que l’idée des bijoux est apparue. En ajoutant à une toile une boucle d’oreille orpheline, elle venait d’entrer dans une nouvelle ère de création. 

En 2014, les bijoux et la belle dentelle s’invitent donc pour une série de cinq tableaux. « On était ailleurs et c’était nouveau... »

Depuis, elle se laisse inspirer par une boucle, un rang de perles, un bout de tissu, un joli bouton... « J’utilise plusieurs bijoux récupérés. Plus ils sont vintage, plus ils m’attirent. »

Lise Montigny confie avoir « trois fois du plaisir » en pratiquant son art. « Quand je trouve les objets, quand je peins la toile et quand quelqu’un l’achète. »

Selon les circonstances, la dame peut peindre annuellement jusqu’à 60 toiles, qui restent rarement en vitrine ou en atelier. Des clients du Canada, des États-Unis, des Émirats arabes unis, de l’Égypte, de l’Australie, du Japon, entre autres, ont chez eux des créations signées de sa main.

Mais pas question de s’asseoir sur ses lauriers. Dans son atelier à domicile, elle perfectionne son art, en tentant d’intégrer de plus en plus « la matière à son sujet ». Le fond de ses oeuvres s’enjolive et se colore davantage, elle joue avec les encres pour que ses demoiselles fassent corps avec la toile. « Je deviens aussi plus expressive avec leurs parures de tête. Parfois, on se surprend soi-même ! »