Des représentations ici et en Europe, un spectacle leur rendant hommage, un album en préparation... les choses vont bien pour les Cowboys Fringants, qui n’ont rien perdu de leur énergie.

Les Cowboys Fringants: éternels joyeux lurons

Pour clore en force son premier festival Soif de musique, ce samedi, la Ville de Cowansville a fait appel à l’énergie contagieuse des Cowboys Fringants qui, à l’époque du défunt festival Musique en vue, avait fracassé tous les records d’assistance. C’était en 2007, selon nos archives...

« On a bien hâte, car ça fait un bout qu’on n’est pas allés à Cowansville. On espère que les gens qui nous aimaient avant vont revenir nous voir ! », lance Karl Tremblay quand on lui rappelle ce fait historique.

L’idée de jouer devant un parterre vide ne devrait pas être un souci pour un groupe de la trempe des Cowboys, reconnu pour enflammer les foules. Ils ne tiennent pourtant rien pour acquis. « On est extrêmement chanceux d’arriver quelque part et qu’il y ait encore des gens à nos spectacles après 23 ans. Il y a des jeunes qui nous ont connus toute leur vie et qui viennent s’amuser avec leurs amis. En fait, on est rendus à trois générations, des grands-parents aux petits-enfants ! On n’a pas changé notre recette et c’est sûrement la clé : les gens viennent nous voir pour faire la fête. »

Et pas seulement chez nous. Leur passage à Cowansville précèdera un court séjour en France et en Suisse, avant un retour au Québec pour prendre part au Festival du cochon de Sainte-Perpétue... Sapré changement de registre ! « On va en Europe depuis 2004, au moins une ou deux fois par année, mais on ne reste jamais très longtemps. On est allés en juin et on retourne quelques jours ce mois-ci. Notre stratégie, c’est quand on y est moins de cinq jours, on reste à l’heure du Québec. On se couche simplement aux petites heures du matin ! » lance le musicien le plus sérieusement du monde.

Avec une aura aussi festive, on a tendance à les associer davantage aux grandes manifestations en plein air. LE groupe de festivals par excellence, les Cowboys Fringants ? « Pas nécessairement. Avec les années, on a plus de 130 chansons à notre actif. C’est juste qu’en festival, on est plus limités dans le temps — on fait environ 90 minutes, comparativement à deux heures et demie ou trois heures de show en salle —, alors on sert une enfilade de nos plus grands succès. C’est pour ça que les gens embarquent autant. C’est fédérateur. »

Et histoire de mettre le public encore plus de son bord, Karl Tremblay et sa bande n’hésitent jamais à improviser, en répondant à quelques demandes spéciales ou en faisant monter un spectateur sur scène, si l’ambiance s’y prête. « Ce n’est pas rodé au quart de tour. On adore interagir avec le public, comme dans un gros party de famille. »

D’autant plus que les membres des Cowboys ont un peu ralenti la cadence ces dernières années, ce qui leur permet d’apprécier doublement chacune de leur réunion sur scène. « C’est ce qu’on aime faire dans la vie, alors quand ça fait une semaine qu’on n’a pas joué, on a hâte ! »

Ce samedi à Cowansville, Karl Tremblay et ses complices Jean-François Pauzé, Marie-Annick Lépine et Jérôme Dupras, seront accompagnés de trois autres musiciens pour maximiser l’expérience « festival ».

Un album en octobre

Les Cowboys achèvent par ailleurs la production de leur nouvel album, qui sera lancé le 4 octobre prochain. « On finit de le mixer », laisse entendre Karl Tremblay.

Il s’agira de leur dixième opus enregistré en studio et d’un quinzième en tout. Sans compter, ajoute le musicien, les deux albums parus au profit de la Fondation Cowboys Fringants, qui vient en aide à l’environnement.

Karl Tremblay décrit cette nouvelle offrande — dont le titre n’est pas encore choisi — comme « plutôt hétéroclite ». « Ça reste du Cowboys Fringants. C’est un mélange de chansons sociales, de chansons mélancoliques, de chansons à personnages, de chansons drôles... comme un beau melting-pot d’émotions. »

Avec ce nouvel album sous le bras, le groupe partira d’ailleurs en tournée dans l’Europe francophone, en mars 2020.

Joyeux calvaire

Mais parmi tout ce qui meuble leur vie ces temps-ci, c’est sans doute la grande première de Joyeux calvaire qui occupe le plus leur esprit. Le 17 juillet, à Trois-Rivières, les Cowboys Fringants assisteront au spectacle hommage Joyeux Calvaire que le Cirque du Soleil leur consacre tout l’été.

Étonnamment, ni Karl ni ses partenaires ne savent à quoi s’attendre. Ils découvriront le spectacle en même temps que tout le monde.

Karl Tremblay est bien conscient qu’il s’agit là d’un bel honneur pour une formation encore active dans le milieu. « Le fait qu’on est présents sur la scène musicale québécoise depuis plus de 20 ans et que les gens nous aiment a sûrement pesé dans la balance. Les rythmes et les goûts musicaux ont changé au fil des ans, mais il reste toujours les bons vieux Cowboys Fringants avec leurs bons vieux instruments ! »

La formation a donné carte blanche aux concepteurs de Joyeux Calvaire. Reste maintenant à voir ce qu’ils en ont fait. « J’ai vraiment hâte. J’ai d’ailleurs invité pas mal de monde à la première. Je ne suis pas inquiet ; c’est le Cirque du Soleil et ils ont l’habitude de faire de très belles choses. Je suis curieux de voir où ils vont aller, mais j’ai confiance », confie-t-il.

S’attend-il à un brin d’émotion ? « On n’est pas nostalgiques, car on est encore actifs. Je le vois plus comme une rétrospective de nos premiers 20 ans de carrière. »

VOUS VOULEZ Y ALLER ? 

Quand : ce samedi 13 juillet à 21 h 30

À partir de 18 h, Édouard Lagacé et ses invités, Bleu Jeans Bleu et Émile Bilodeau se succèderont sur la scène.

 : sur le terrain de l’école Massey-Vanier de Cowansville

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