Un autre événement phare de la scène culturelle disparaît du calendrier. La 18e édition des Correspondances d’Eastman, prévue du 6 au 9 août, est annulée.
Un autre événement phare de la scène culturelle disparaît du calendrier. La 18e édition des Correspondances d’Eastman, prévue du 6 au 9 août, est annulée.

Les Correspondances d’Eastman annulées

Un autre événement phare de la scène culturelle disparaît du calendrier. La 18e édition des Correspondances d’Eastman, prévue du 6 au 9 août, est annulée. L’organisation travaille avec le P’tit bonheur de Saint-Camille afin d’organiser une programmation d’événements littéraires en ligne, sous la forme de cabarets littéraires numériques.

Entre 5000 et 7500 personnes participent chaque année à cette grand-messe littéraire, qui attire chaque année les écrivains chouchous du public, mais aussi les passionnés de lettres qui en profitent pour rédiger des missives.

L’événement se déploie sur 21 sites différents, dont les jardins d’écriture et le Cabaret d’Eastman, et fait gonfler pendant quelques jours la population d’environ 2000 personnes à Eastman.

La décision repose sur de nombreux facteurs, explique Raphaël Bédard-Chartrand, directeur des Correspondances d’Eastman. L’organisation devait dévoiler prochainement la programmation de l’événement. Selon une étude de provenance de 2018, environ 46 % des festivaliers dorment au moins une nuit sur les lieux. Les retombées se comptent par plusieurs centaines de milliers de dollars, évalue M. Bédard-Chartrand.

Même si le travail fait en amont est invisible pour le public, l’organisation a elle aussi été très touchée par la crise. « Nous fournisseurs de services sont arrêtés. Pour faire une édition, ça prend une année et demie de travail », note M. Bédard-Chartrand.

Il ajoute qu’on en arrivait à des phases très concrètes : la réservation des chapiteaux, la signature de contrats, le recrutement de bénévoles. La décision a aussi un impact sur la soirée-bénéfice qui se tient avant l’événement. Bon nombre de partenaires se retrouvent aussi dans une situation difficile. « Le fait que tout soit repoussé, ça repoussait les échéanciers. On travaille toujours avec le calendrier, c’est notre outil de travail numéro un », lance-t-il en ajoutant, par exemple, qu’il fallait décider si on achetait 35 000 dépliants à distribuer... sans savoir si les gens pourraient être présents.

Évidemment, il y a aussi tout l’enjeu de la santé et de la distianciation.

« Une grande partie du public, c’est le public à risque de complications. On a une responsabilité sociale, à la fois aussi pour nos bénévoles. »

Une présence malgré tout

Un des objectifs est de demeurer en lien avec la communauté.

« On veut avoir une présence culturelle, une présence pour qu’on ne nous oublie pas. On a de gros projets qui s’en viennent pour les années subséquentes. Ça nous permettra d’explorer le numérique », dit-il au sujet du partenariat avec le P’tit Bonheur de Saint-Camille. « On veut innover, pas faire seulement du copier-coller. »

Cette programmation en ligne pourrait être diffusée pendant les mêmes journées que devait avoir lieu le festival.

L’organisation souhaite aussi créer une plateforme en ligne de recherche de correspondants pour l’envoi de lettres entre les passionnés d’écriture et de lecture. L’objectif : contrer l’isolement. « J’ai été contacté par certains habitués qui me disaient que durant l’événement, c’est le seul moment où ils prenaient du temps pour écrire à leurs proches », commente le directeur général.

L’équipe est composée de deux personnes, en plus de l’embauche d’un stagiaire et un étudiant.