Trois des artistes estampiers de la région qui exposeront lors du Mois de l’estampe : Muriel Faille, Christiane Roy et Bernice Sorge.

Les artistes estampiers sortent de l’ombre

Les artistes estampiers sont les grands oubliés des galeries d’art depuis plusieurs années. C’est pour leur redonner une certaine visibilité que l’artiste graveuse Christiane Roy a eu l’idée d’organiser en mai le Mois de l’estampe à la Galerie Art Plus de Sutton.

« Dans les années 80 et 90, on en voyait partout ! Mais aujourd’hui, il n’y en a plus nulle part. Même à Montréal, même en France », déplore la commissaire à l’exposition.

Son Mois de l’estampe regroupe ainsi près d’une centaine d’œuvres de 15 artistes estampiers québécois, dont quatre proviennent de la région : Michel Dupont, de Frelighsburg, Bernice Sorge, de Dunham, ainsi que Muriel Faille et Christiane Roy, de Sutton.

Cette variété d’exposants permet de présenter « pratiquement toutes les techniques », du burin à l’eau forte en passant par la sérigraphie, la lithographie, la manière noire et la pointe sèche, indique Mme Roy. « Il n’y a que l’estampe numérique qu’on n’acceptait pas », souligne-t-elle. « On n’a rien contre l’innovation, mais on voulait surtout faire connaître les techniques anciennes, qui ne devraient pas être oubliées après tant de siècles d’existence. »

Un petit cours d’histoire
C’est là toute la pertinence du Mois de l’estampe, qui se déroulera jusqu’au 27 mai. Visiter l’exposition, c’est non seulement découvrir les artistes « d’un monde parallèle » et leurs différents styles, mais également recevoir un petit cours d’histoire tout en se familiarisant avec des techniques ancestrales, démonstrations à l’appui.

« On pourrait croire que l’estampe est apparue en même temps que l’impression sur papier, mais en fait, elle existait dès le 5e siècle en Asie grâce au bois gravé », explique Christiane Roy.

L’invention de Gutenberg l’a toutefois démocratisée en Europe, puis elle a connu son essor au 19e siècle grâce à la lithographie. « Mais jusqu’alors, l’estampe avait une fonction utilitaire pour, par exemple, imprimer les images dans les livres, diffuser des connaissances. Ce n’est que vers la fin du 19e siècle que les artistes ont commencé à s’en servir pour de la création », fait valoir Mme Roy.

Aujourd’hui, bien que l’art de l’estampe demeure marginal, il est toujours bien vivant, et admirer les œuvres qui en découlent peut s’avérer franchement impressionnant. Certains artistes arrivent à créer des images d’une précision chirurgicale, aux détails infinis. « J’ai travaillé celle-ci sept jours sur sept pendant un mois », laisse savoir celle qui possède plus de 30 ans d’expérience dans le domaine en pointant l’une de ses créations au burin.

Le vernissage du Mois de l’estampe se tiendra ce samedi 5 mai, dès 14 h. L’événement coïncidera avec le « Print Day in May », lancé aux États-Unis et qui est aujourd’hui célébré par des artistes estampiers de partout sur la planète, chaque premier samedi du mois de mai de chaque année.

Des démonstrations de différentes techniques seront présentées lors de cette journée, mais également toutes les fins de semaine que durera l’exposition, indique la commissaire.