Le Granbyen d'origine Michaël Robert (à gauche) est technicien aux décors pour le cinéma et la télévision. Il a notamment participé au film Nelly, qui sortira en salle le 20 janvier.

L'envers des décors

Le nom de Michaël Robert ne vous dit certainement pas grand-chose, mais sachez qu'il se trouve au générique de bien des productions cinématographiques et télévisuelles québécoises.
Le Granbyen d'origine est technicien aux décors depuis plus de 12 ans. Sur son CV figurent notamment les populaires émissions Série noire, Les Invincibles et La Galère, ainsi que les films Dans une galaxie près de chez vous 2, Tout est parfait, Les Maîtres du suspense, Ville-Marie, Lance et compte, Pee-wee 3D et, dernier en lice, Nelly, qui sortira en salle le vendredi 20 janvier. « En fait, je suis derrière les décors d'un film québécois sur quatre. J'en fais un ou deux par année », estime-t-il.
Ses tâches sont aussi variées que nombreuses. « Ma liste de description de tâches fait à peu près quatre pages recto verso en caractère 10 », image l'homme de 37 ans, sourire en coin.
Grosso modo, il s'occupe, sous les ordres du directeur artistique, de la mise en place des décors et des accessoires pour représenter le plus fidèlement possible les idées du concepteur, qui aura préalablement dicté la ligne directrice et choisi la couleur qu'il souhaitait donner au cadre. « Je ne suis pas l'idéateur, j'exécute », résume-t-il en quelques mots.
Parfois, il ne s'agit que de transporter du matériel et d'aménager l'espace. D'autres fois, il est appelé à dessiner des plans et à construire de toutes pièces. Tantôt encore, il peut être appelé à changer la signalisation d'une rue. « La variété des tâches, c'est ce qui me plaît le plus dans le métier, admet-il. Dans chaque contrat que je suis appelé à faire, je sais que je vais apprendre quelque chose de nouveau ou je vais avoir un truc à inventer. En plus, je ne travaille jamais avec les mêmes gens. Ça me stimule énormément. »
Il tire encore davantage de plaisir « quand les décors sortent de l'ordinaire », mentionne-t-il en citant en exemple le vaisseau de Dans une galaxie près de chez vous - « le projet pour lequel j'ai eu le plus de plaisir » - ou les cabanes de la fin du 17e siècle du film Le Poil de la bête (NDLR: une histoire de loups-garous sortie en 2010 mettant notamment en vedette Guillaume Lemay-Thivierge). « C'est encore plus intéressant de travailler lorsqu'il faut imaginer complètement les décors à partir de rien. »
Construire des clôtures
Michaël Robert a d'abord étudié en théâtre puis en sciences de la parole au Conservatoire Lassalle avant de s'inscrire à un cours de scénarisation. « J'avais l'ambition de devenir comédien... », glisse timidement celui qui fait partie de la BUCK, la ligue d'improvisation granbyenne, depuis ses tout débuts.
Un appel l'amènera toutefois à quitter les bancs d'école avant même d'avoir terminé sa première session à l'université. « On m'offrait de construire des clôtures pour une pub de Home Depot », raconte-t-il.
Le jeune homme, alors âgé de 24 ou 25 ans, effectuera quelques autres contrats publicitaires avant de se voir offrir un poste de technicien aux décors sur sa première série télé, Les Invincibles. Son premier film, Tout est parfait, lui donnera toutefois la piqûre pour le grand écran, domaine pour lequel il travaille pratiquement à temps plein depuis. « Je ne fais que des tournages de type cinématographique, jamais de studio à temps plein comme pour des émissions style Ramdam », indique celui qui a également quelques productions américaines à son actif, dont La Momie (date de sortie prévue pour le 9 juin) et Brad's Status. Ce dernier met en vedette Ben Stiller, entre autres, et a été tourné à Montréal l'automne dernier.
« Les tournages américains, c'est moins intéressant, avoue toutefois le Québécois, parce que mon poste sur un plateau québécois est divisé en cinq sur un plateau américain, donc je me retrouve avec beaucoup moins de défis et plus de contraintes. »
Dans ses rêves les plus fous, Michaël Robert aurait cependant beaucoup aimé participer au tournage de Blade Runner 2049, de Denis Villeneuve, s'il avait été fait à Montréal. « Et j'espère vraiment pouvoir être du prochain Dans une galaxie près de chez vous », termine-t-il.