Bruno Robitaille aspire à ce que l’École nationale de la chanson soit reconnue­ comme une « vraie école supérieure d’art » dans son domaine, au même titre que l’École nationale de l’humour ou l’École nationale de cirque.

L’École nationale de la chanson veut accroître sa notoriété

Le directeur de l’École nationale de la chanson de Granby souhaite augmenter le rayonnement de l’établissement. Plus encore, il aspire à ce qu’elle « soit reconnue comme une vraie école supérieure d’art » dans son domaine, au même titre que l’École nationale de l’humour ou l’École nationale de cirque.

« La pédagogie, on l’a. L’expérience de l’industrie, on l’a. Là, on veut devenir un acteur plus important dans l’univers de l’industrie musicale, accroître notre notoriété », affirme-t-il lors d’un entretien avec La Voix de l’Est.

Bruno Robitaille ne fait pas que rêver ; il agit. Il a approché l’Association des écoles supérieures d’art de Montréal (ADÉSAM). Si celle-ci ne lui a pas ouvert toutes grandes ses portes sur le champ, elle lui a tout de même proposé un projet commun visant à valoriser la langue française dans les arts au Québec.

Les capsules d’entrevues et de prestations filmées par l’INIS il y a quelques semaines seront diffusées à compter du 18 mars.

M. Robitaille n’exclut pas non plus la possibilité de joindre éventuellement les rangs de l’association en ouvrant un « campus » à Montréal, si besoin est, mais assure qu’il n’est aucunement question que l’ÉNC quitte Granby. « On est né ici et on veut rester ici. Le siège social va rester ici. »

Mais ce n’est là qu’un tout petit aperçu du genre d’action qu’entend poser Bruno Robitaille pour accroître la notoriété de l’ÉNC. Depuis son entrée en poste, en 2015, plusieurs nouveautés ont vu le jour sous son égide, et d’autres s’en viennent, fait-il valoir.

« Quand je suis arrivé, j’ai fait quelques constats, explique-t-il. D’abord, que les étudiants ne faisaient pas beaucoup de scène. Quand tu veux devenir auteur-compositeur-interprète, il faut que tu donnes des shows. Ensuite, que l’école était et est encore mal connue. Il faut sortir, aller à la rencontre du public. D’où l’idée des Labos de l’École nationale de la chanson et l’ajout d’un spectacle de fin d’année au Théâtre du Petit Champlain à Québec [en plus des deux représentations à Granby et à l’Astral dans le cadre des Francofolies, NDLR]. »

Nouveau programme

Mais le plus grand changement à l’École nationale de la chanson réside probablement dans la diversification de son offre de cours. À l’attestation d’études collégiales dispensée depuis ses débuts se sont ajoutés depuis un an divers ateliers ponctuels de perfectionnement et d’autres programmes destinés non pas aux élèves « pré-émergents », mais aux artistes émergents et même établis. « On sait tous qu’il n’y a jamais rien d’acquis dans le métier, donc on a décidé de garder la même philosophie que pour l’école et on est là pour les aider et les outiller eux aussi », indique Bruno Robitaille.

Par exemple, La Traversée permet à quatre artistes franco-canadiens et quatre autres français et leur gérant respectif de bénéficier de rencontres avec des professionnels du milieu pour développer leur carrière d’un bord et de l’autre de l’Atlantique — maisons de disques, relations de presse, spectacles sur l’autre continent, etc.

Ce nouveau « programme » est rendu possible grâce au statut d’OBNL de l’École, celle-ci n’ayant existé sous cette forme qu’à sa première année de vie. « Il existait toujours, mais était inactif », mentionne le directeur.

À la tête du conseil d’administration de cet organisme à but non lucratif dépoussiéré se trouve François Tétreault, ancien président du C.A. et ancien DG du Festival de la chanson, qui avait fait le saut chez Orford Musique avant de se retirer, en 2017.

Pourrait-on donc éventuellement assister à un rapprochement entre l’ÉNC et le FICG ? « On va justement se rencontrer dans quelques semaines pour en discuter, laisse savoir M. Robitaille. Une chose est sure, c’est qu’il y a de la place et de l’intérêt de part et d’autre pour collaborer. »