À défaut de rencontrer les artistes en personne, c’est en ligne qu’on pourra fréquenter le symposium Bromont en art cet été.
À défaut de rencontrer les artistes en personne, c’est en ligne qu’on pourra fréquenter le symposium Bromont en art cet été.

Le symposium Bromont en art passe de la rue à l’écran

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Habitués au succès et au fort achalandage du symposium Bromont en art, les organisateurs n’arrivaient pas à se résigner à tout annuler cet été. Il leur fallait trouver un moyen de soutenir les artistes, en faisant plaisir aux amateurs d’arts visuels, en manque de sorties culturelles. Voici donc le Festival des arts virtuel 2020.

Comme la majorité des rendez-vous estivaux, il était hors de question de conserver, cette année, la formule traditionnelle du symposium, avec sa centaine d’artistes et sa vingtaine de milliers de visiteurs agglutinés le long de l’étroite rue Shefford.

«En voyant cela, j’ai étudié le marché, j’ai regardé ce que d’autres expositions et symposiums faisaient à travers le monde. Selon mon estimé, on pourrait tenir l’événement virtuel durant deux ou trois semaines, peut-être plus», explique le cofondateur de Bromont en art, Rénald Cusson, qui partage l’aventure avec sa conjointe Marie-Claude Tétreault depuis le début, en 1998.

Pour ce faire, le site internet Bromont en art est en voie de subir un remodelage complet pour permettre la tenue de ce nouveau chapitre. Grâce à un octroi du gouvernement fédéral, la petite équipe travaille d’arrache-pied pour le rendre fonctionnel à compter du 17 août.

Pour ne pas trop alourdir la visite — et le travail des organisateurs —, seulement une trentaine d’artistes tiendront l’affiche de cette édition bien particulière dont le thème est «Nos artistes vous parlent et s’exposent».

Ainsi, ce n’est pas en déambulant à pied dans le village que les curieux iront à la rencontre des créateurs; ils se serviront plutôt de leur souris.

Visite et vente en ligne

En cliquant sur l’artiste de leur choix, les internautes pourront ainsi découvrir son parcours et sa démarche à travers un clip exclusif de quelques minutes, tourné expressément pour l’occasion. Ils auront également accès à au moins quatre de ses oeuvres.

Et si, à la suite d’un coup de coeur, l’envie d’acquérir une toile ou une sculpture survient, il sera possible de se la procurer en ligne.

«Il y aura aussi le tirage d’une ou de quelques toiles parmi les visiteurs», ajoute M. Cusson.

En septembre, un encan virtuel s’ajoutera à la programmation, histoire de donner une visibilité de plus aux artistes.

«Leur donner un coup de main faisait largement partie de notre réflexion. On voulait les aider. Les artistes québécois sont vraiment très bons et ils ont le droit de vivre de leur art. Malgré tout ce qui se passe, ils ne doivent pas laisser tomber!»

Celui qui baigne dans ce milieu depuis des décennies sait à quel point il est difficile pour eux d’être dans l’oeil public.

Pour cela, les réseaux sociaux seront aussi mis à contribution pour élargir la portée de l’événement.

Bon an mal an, Bromont en art demeure l’un des symposiums les plus importants et courus au Québec. Chaque exposant y vend en moyenne trois oeuvres. Rénald Cusson espère que l’approche virtuelle aura autant de succès. «J’ai confiance que les toiles se vendront aussi en ligne.»

Si tout se passe bien au cours des prochaines semaines, ce dernier prévoit d’ailleurs la création d’une plateforme de transactions en ligne. Permanente? «Du moins pour le temps que durera la pandémie», dit M. Cusson.