Le Salon du livre de l’Estrie annule sa 42e édition en raison du climat d’incertitude qu’engendre la pandémie.
Le Salon du livre de l’Estrie annule sa 42e édition en raison du climat d’incertitude qu’engendre la pandémie.

Le Salon du livre de l’Estrie victime de la pandémie

La 42e édition du Salon du livre de l’Estrie, qui devait avoir lieu du 15 au 18 octobre 2020, est officiellement annulée, pandémie oblige.

Émilie Pinard, directrice générale de l’organisation, confirme que l’événement, tel qu’on le connait depuis plus de 40 ans, ne pourra pas se déployer au Centre de Foires cet automne.

Nageant dans l’incertitude, comme tous les acteurs du milieu culturel ces temps-ci, l’équipe ne met toutefois pas de côté l’option d’orchestrer le rendez-vous littéraire sous une autre forme.

« Une chose est sûre, notre équipe évalue tous les scénarios, et on est ouvert à plein de possibilités. On réfléchit également à l’ensemble des ressources financières, techniques et sanitaires pour pouvoir offrir un événement », soutient la directrice générale, sans vouloir s’avancer davantage en promettant une édition différente des précédentes.

« Au début du mois de juin, on va organiser une séance de travail avec les membres de l’équipe pour réfléchir plus en profondeur à toutes les options possibles », poursuit-elle.

Le moment de la réouverture des bureaux, qui sont fermés depuis avril, sera également discuté.

Situation précaire

L’organisation d’un événement d’une telle ampleur prend du temps et engendre des coûts importants, c’est pourquoi la décision d’annuler a été prise très rapidement, plusieurs mois avant sa tenue.

Cette décision prive l’organisation de sources de revenus importantes. Elle a donc invité le public à devenir membre du Salon du livre à moindre coût. « On a eu une bonne réponse de la population quand on lui a demandé son soutien. Ce n’est pas notre principale source de financement, mais ce n’est pas une source à négliger. On apprécie grandement la réponse qu’on a eue de la part des gens », exprime Mme Pinard.

L’industrie du livre au Québec était déjà précaire avant la crise, le domaine littéraire est donc particulièrement ébranlé.

« Dans une chaîne, si un maillon est affecté, ça crée un effet domino. Donc tout le monde est touché dans cette chaîne-là, que ce soit les auteurs, les salons ou les bibliothèques », affirme Mme Pinard.

Soutenir l’industrie québécoise

Le mouvement #jelisbleu, initié par l’autrice Nadine Descheneaux pour encourager l’achat de livres québécois, a vu le jour grâce à la volonté des citoyens de soutenir l’achat local en ces temps plus difficiles. Ce mouvement, plus pertinent que jamais, donne une lueur d’espoir à Émilie Pinard.

« C’est une très belle initiative. J’espère que les gens vont conserver leurs bonnes habitudes de consommation et qu’ils continueront de soutenir les librairies locales et indépendantes, car c’est important », indique-t-elle.