« Welcome Bonheur, ça traduit exactement l'esprit dans lequel on se trouve », explique Steve Veilleux à propos de l'album de Kaïn à voir le jour cet automne.

Le renouveau de Kaïn

Kaïn s'est fait discret ces derniers temps. Les mauvaises langues parlaient même de la mort du groupe. Des rumeurs en ce sens circulaient d'ailleurs depuis quelques années. Mais ce n'est qu'une petite pause - une première en quinze ans d'existence ! - que les gars se sont octroyée. Ils en ont profité pour faire le point, explorer d'autres avenues, et se réinventer. Et ils nous reviennent avec un nouveau guitariste, un premier extrait d'un sixième album à voir le jour à l'automne et « un peu plus de sagesse » , prêts à prouver qu'ils ont encore leur place sur la scène musicale québécoise.
« Ce n'est pas la fin de Kaïn, loin de là ! » , assure le chanteur Steve Veilleux. On est comme des gamins en ce moment avec notre nouvelle tournée qui s'amorce. On a de nouvelles chansons à présenter, un nouvel esprit sur scène qui nous fait triper complètement, et on est réellement reconnaissant d'être encore là, 16 ans plus tard. On est conscient de la chance qu'on a. » 
Cette tournée s'arrêtera ce samedi, à Sainte-Cécile-de-Milton, lors du premier festival Milton en fête. Un événement coproduit par le chanteur, avec Jean-Louis Daigle. « Durant notre pause, chacun en a profité pour faire d'autres projets chacun de son côté. J'ai sorti un album solo, mais j'ai aussi commencé à produire des événements, et j'ai vraiment eu la piqûre » , raconte-t-il.
Quand M. Daigle l'a approché pour ce nouvel événement, il n'a pas su refuser. « Jean-Louis, c'est lui qui m'a donné ma première chance. C'est dans son bar à Granby que j'ai eu mes premiers publics qui n'étaient pas composés de mes amis. Puis, il y a eu le Festival de la chanson [en 2001 ; Kaïn avait remporté le Prix du public]. Granby, c'est vraiment là que tout a commencé. » 
Changement dans les rangs
Cinq albums et dix-sept nominations à l'ADISQ plus tard, la formation originaire de Drummondville avait besoin de renouveau. Le guitariste Patrick Lemieux a quitté, et John Anthony Gagnon Robinette a intégré les rangs. « Le départ de Patrick s'est décidé d'un commun accord. Depuis quelque temps, on avait beaucoup de divergences musicales. Il était réticent à aller toucher d'autres textures. Mais on travaillait ensemble depuis tellement longtemps qu'on ne le voyait probablement pas. C'est quand on est entré en studio que tout le monde l'a vraiment réalisé. On s'est assis, on en a discuté, et on en est venu à la conclusion qu'il valait mieux mettre fin à notre collaboration. Quand j'ai fondé le band avec Yannick (Blanchette) au début des années 2000, c'était pour avoir du fun. Quand le fun n'est plus là, il est temps de se recentrer, et c'est ce qu'on a fait. » 
Les gars avaient rencontré John Anthony dans un festival l'été dernier, et ils étaient tombés amoureux de son style, poursuit Veilleux.
« Il a une drive contagieuse, une énergie, un enthousiasme débordant... il apporte ce qui nous a longtemps manqué. » 
Au quatuor de musiciens se joint également un pianiste sur scène (en la personne de Guillaume Marchand), laisse savoir l'interprète d'Embarque ma belle.
Welcome bonheur
Après avoir souhaité la bienvenue à leur nouveau guitariste, les gars de Kaïn lanceront Welcome Bonheur, le titre de leur sixième album, dont le premier extrait, Comme un bum, a été dévoilé la semaine dernière. « Welcome Bonheur, ça traduit exactement l'esprit dans lequel on se trouve, explique l'artiste de 38 ans. On est probablement les adolescents qui ont eu l'existence la plus longue, mais dernièrement, on a acquis une certaine forme de sagesse. C'est facile de se perdre dans ce métier-là. Mais je crois qu'on a réussi à revenir à l'essentiel: la famille, les bonnes valeurs... » 
« On a évolué sur tous les plans : personnel, en tant que band, dans notre plume, dans notre musique... Et là, on est juste bien » , ajoute-t-il du même souffle.
Réalisé par Éloi Painchaud, l'opus, qui sortira le 15 septembre, a été influencé par des artistes comme Tom Petty et The Eagles, de sorte que le folk rock qui définit le groupe est teinté des années 70, laisse-t-on entendre dans un communiqué.
Malgré tous ces changements dont il parle, Steve Veilleux assure que les gens vont reconnaître leur bon vieux Kaïn. « Le noyau est là. Notre enrobage est plus musclé, plus appuyé, notre musique a pris un tournant, mais on ne l'a pas dénaturée complètement. »
Envie d'y aller?
Quand: ce samedi 10 juin
Où: au festival Milton en fête, qui se déroule au terrain de balle de Sainte-Cécile-de-Milton
Infos et billets : 450-777-8970 ou 450-531-5444
*Kaïn sera également en spectacle à la Maison de la culture de Waterloo le 4 novembre 2017. Infos et billets : www.mcwaterloo.com