«C’est agréable de mettre en scène un texte avec des musiciens professionnels qui vont bien l’incarner», affirme l’auteur Christian Guay-Poliquin.

Le poids de la neige en musique

Imaginez un peu. Le roman «Le Poids de la neige» lu par son auteur, Christian Guay-Poliquin, et accompagné en musique par un quatuor à cordes. C’est ce que proposent les Correspondances d’Eastman, ce vendredi, pour permettre au public de découvrir — ou de redécouvrir — autrement cette oeuvre maintes fois primée.

Pour Christian Guay-Poliquin, ce spectacle est sa première présence à vie aux Correspondances. «C’est une lecture accompagnée d’extraits de musique classique choisis. En fait, on crée une nouvelle oeuvre avec des oeuvres existantes.»

Ce projet est celui du Quatuor Claudel-Canimex, et de sa directrice artistique Élaine Marcil. Il a fallu un moment avant qu’il se concrétise, mais dans le contexte des Correspondances, l’occasion était parfaite.

«Je trouvais l’idée super. J’aime la musique — je suis un gratteux de guitare de balcon. C’est agréable de mettre en scène un texte avec des musiciens professionnels qui vont bien l’incarner. La lecture, c’est une partie que j’aime vraiment parce qu’il y a un contact direct avec les gens et une obligation d’être dans ton corps, dans l’émotion. Et dans un cadre comme ça, c’est nouveau. Je trouvais que ça fitait au boutte.»

Avec son naturel désarmant, le romancier explique qu’il n’était pas question pour lui de lire Le Poids de la neige dans son intégralité.

«Au lieu de lire platement le roman, je prends le ‘‘premake’’. Avant d’écrire Le Poids de la neige, j’avais écrit une nouvelle où on retrouvait tous les éléments du roman. Je fais tout le temps ça au début pour voir si tout se tient. Je vais donc reprendre cette nouvelle — qui s’appelle Dix mille façons — et la gonfler un peu. C’est exactement l’histoire du Poids de la neige, mais plus rythmé, plus poétique. On est un peu moins dans le narratif, pour donner un rendu plus vivant.»

Bref, le public assistera à une représentation unique d’une heure et quart, où alterneront musique pure et lecture musicale.

«J’ai suggéré certaines ambiances, mais je ne suis pas une référence en musique classique. Élaine Marcil m’a présenté une liste d’extraits musicaux. Avec le quatuor, on aura répété et on saura exactement où on s’en va. On veut faire un truc cohérent pour amener le spectateur d’une émotion à une autre.»

Le public pourra notamment entendre les pièces Nocturne de Borodine et L’hiver de Vivaldi.

Et qu’est-ce qui fait que Le Poids de la neige se si prête bien à ce genre d’exercice? «Je crois que ce qui appelle ça, c’est le grand mythe de l’hiver qu’on connaît tous. Il y a quelque chose dans le silence hivernal et la contemplation de l’hiver qui se prêtent à ça. Je raconte des histoires où il ne se passe pas grand-chose, alors ajoutez de la musique, c’est correct!»

La vie continue pour Le Poids de la neige

Maintenant traduit en une dizaine de langues (dont l’anglais bientôt), Le Poids de la neige continue de faire des petits sur la scène internationale. En septembre, Christian Guay-Poliquin retournera en France pour une troisième tournée littéraire. Il sera entre autres du grand Festival America de Vincennes et passera par Nantes pour accepter un nouveau prix littéraire, celui de la renommée Librairie Coiffard.

Des projets pour le théâtre ou le cinéma? «Il y a bien bien des choses qui me tentent dans la vie, mais je manque de temps. Il faut dormir un minimum de six heures par nuit et faire la vaisselle, rigole le nouveau papa. J’essaie aussi de terminer ma thèse...»

Mais oui, un projet se dessine néanmoins au théâtre: la mise en scène éventuelle du Poids de la neige sous forme de monologue... joué par une femme dans le rôle de Matthias. «C’est une comédienne québécoise qui vit à Paris. Mais le projet est encore embryonnaire», glisse-t-il.

«Côté cinéma, on m’a approché... il y a des affaires en suspens, mais rien de confirmé. Je croise les doigts, mais ce n’est pas entre mes mains.»

Tout cela est bien agréable, mais l’auteur confie que ce qui le passionne en ce moment, c’est plutôt son prochain roman. «Je suis en plein dedans. J’en ai encore pour une bonne année et demie là-dessus pour une sortie quelque part en 2020... toujours avec La Peuplable comme éditeur, bien sûr.»