Le fils et la veuve de Pierre Falardeau, Jules Falardeau et Manon Leriche, étaient présents au vernissage de l’exposition L’homme révolté. Ils sont ici en compagnie de Richard Leclerc (à droite de la photo), le responsable des expositions temporaires au Musée des communications et d’histoire de Sutton.

Le musée de Sutton célèbre Pierre Falardeau le révolté

Le Musée des communications et d’histoire de Sutton a donné vendredi soir le coup d’envoi à son exposition L’homme révolté, dédiée à Pierre Falardeau, dont on célèbre cette année le 10e anniversaire de décès.

Le vernissage, privé, s’est notamment tenu en compagnie de la veuve et du fils du réalisateur, Manon Leriche et Jules Falardeau.

Ces derniers ont d’ailleurs grandement contribué à ce que l’exposition soit rendue possible puisque la totalité des artefacts qui la composent proviennent d’eux, à l’exception des costumes d’époques portés par Sylvie Drapeau et Luc Picard dans 15 février 1839 et du flamboyant «suit» rouge à paillettes d’Elvis Gratton. Ce dernier a été prêté par le Musée de la civilisation de Québec.

À travers des affiches, des vieilles pellicules de film, des photos — dont plusieurs inédites de moments passés en famille ou sur les plateaux de tournage — et un montage vidéo préparé à partir d’un documentaire posthume sur Pierre Falardeau, le public est appelé à découvrir ou redécouvrir l’écrivain, le cinéaste ainsi que le réalisateur connu pour son côté polémiste et son œuvre consacrée à l’indépendance du Québec et à la liberté.

Outre sa célèbre série Elvis Gratton et ses films Octobre et 15 février 1839, on se rappellera entre autres Le Steak ou Le Party.

On peut également admirer certaines de ses fameuses chemises à carreaux, l’arbre généalogique des Falardeau, quelques armes et cagoules utilisées par les felquistes dans Octobre et même l’un des cendriers du fumeur invétéré qu’il était, un étui de vieille bobine dans lequel il écrasait ses Lucky Strike achetées aux États-Unis.

«Pierre aurait bein haï ça rentrer ici et voir sa face et son nom partout», soutient Mme Leriche, un sourire nostalgique sur le visage. «Mais l’important, c’est qu’on contribue à faire revivre son œuvre et ce qu’il voulait dire à travers elle, et qu’on n’oublie pas les causes qui lui étaient chères. C’est vraiment pour ça que j’ai accepté de me broyer le cœur à fouiller dans ses vieilles affaires. Ça a vraiment été dur, parfois…»

C’est par hasard qu’elle et Richard Leclerc, le responsable des expositions temporaires au Musée des communications et d’histoire de Sutton, se sont rencontrés. Durant un de ses allers à Montréal pour lesquels il accepte souvent de faire du covoiturage, celui-ci a appris que sa passagère était la veuve de Falardeau et que le couple possédait depuis 1976 une maison à Dunkin, dans les Cantons-de-l’Est.

Comme le Musée se fait un point d’honneur de toujours mettre en valeur des gens qui ont habité la région — on se rappellera Jehane Benoit, François Dompierre, Sol et Gobelet et les frères Vachon, entre autres —, l’offre de consacrer une exposition au réalisateur qui ne laissait personne indifférent s’est faite spontanément.

Une poignée d’honneurs

L’homme révolté s’installe donc à Sutton à compter de ce samedi 22 juin et jusqu’au week-end de l’Action de Grâces. Il s’agit du premier d’une poignée d’hommages qui seront rendus cette année à celui qui a été emporté par un cancer le 25 septembre 2009, à 62 ans.

À cette même date cette année, la Cinémathèque québécoise présentera une collection d’affiches politiques ayant appartenu au cinéaste ainsi qu’une rétrospective de son œuvre, laisse savoir Manon Leriche.

Une place Pierre Falardeau sera également inaugurée dans la rue Molson, à Montréal, et une œuvre du sculpteur Armand Vaillancourt y sera érigée, ajoute-t-elle.