Au fil de la trame narrative, Francine Champagne met à profit ses 16 années d’expérience à titre de greffière à la chambre criminelle du palais de justice de Granby, en intégrant au récit des éléments dont elle a été véritablement témoin au cours de sa carrière.

Le Mouton noir: tribulations d’un «gentil bandit»

C’est au centre communautaire Lucien-Parent que la Bromontoise Francine Champagne­ nous a donné rendez-vous pour nous présenter son premier roman, Le mouton noir, librement inspiré du vol à main armée et de la prise d’otages ayant eu lieu en ces murs il y a près de 40 ans jours pour jour, alors que l’édifice abritait la Caisse populaire Desjardins de Bromont.

L’inspiration est partie d’une simple rencontre lors des Rendez-vous culturels hebdomadaires tenus chaque jeudi au centre. 

« J’y ai rencontré une dame qui tricotait et qui s’appelle Claire Duruisseau, relate celle qui avait auparavant publié son autobiographie en 2016. Elle m’a confié qu’elle avait été otage à ce moment-là. J’y ai aussi rencontré un autre otage, René Pincince. Ils ont accepté de me raconter leur histoire. »

Forte de ces deux témoignages, et de celui de Brigitte Grégoire qui, à l’époque, était une adolescente dont la résidence familiale aurait servi de quartier général aux policiers durant la délicate opération, Francine Champagne s’est mise à écrire son roman, un processus qui s’est échelonné sur environ deux ans.

Réalité romancée

Attention toutefois aux historiens en herbe : s’il s’inspire et relate certains moments du braquage de 1979, Le Mouton noir n’en est pas une représentation fidèle. Il s’agit plutôt d’un récit fictif prenant ancrage sur le célèbre crime ayant tenu en haleine toute la communauté pendant une cinquantaine d’heures.

Ainsi, le tout se déroule dans la municipalité fictive de Shefford Station. 

L’histoire s’articule autour d’un personnage n’ayant jamais existé dans la vraie vie, Henry Moffat Jr, fils d’un Canadien français et d’une Irlandaise catholique, né dans le village de Brome. Considéré comme le mouton noir de sa fratrie — d’où le titre de l’ouvrage —, Moffat prendra rapidement la route de la délinquance, voguant de crime en crime, jusqu’à ce qu’il se retrouve, bien malgré lui, impliqué dans le braquage d’une caisse populaire.

« Henry sera le chauffeur des voleurs, explique Mme Champagne­. Les bandits sont arrivés à 10 h 20, alors que la voûte ouvrait seulement dix minutes plus tard. C’est ce qui a mené à la prise d’otages. »

« On se rappellera qu’il y avait des travaux d’excavation tout juste devant la caisse populaire, poursuit l’auteure. C’est un des contremaîtres qui a communiqué avec les policiers. »

Au fil de la trame narrative, Mme Champagne met à profit ses 16 années d’expérience à titre de greffière à la chambre criminelle du palais de justice de Granby, en intégrant au récit des éléments dont elle a été véritablement témoin au cours de sa carrière. L’évasion d’un prévenu en pleine salle de cour et certaines paroles prononcées par des personnages sont notamment inspirés de procès auxquels elle a assisté.

Cela lui a aussi permis d’expliquer le processus judiciaire à ses lecteurs, dont certains ne seront pas familiers avec les différentes étapes d’un procès.

Comme le roman se termine avec un rebondissement qui laissera les lecteurs sur leur faim, Francine Champagne annonce qu’elle travaille d’ores et déjà sur la suite de son Mouton noir. « Mes enfants ne voulaient pas qu’Henry meure ! lance l’écrivaine. Alors je lui fais vivre autre chose... Il est gentil au fond. C’est un gentil bandit. »

Le lancement officiel du roman de Mme Champagne aura lieu ce dimanche de 13 h 30 à 15 h à la bibliothèque de Bromont. Il est possible de se procurer un exemplaire du livre en lui écrivant un courriel à francine.champagne@bell.net.