«Je suis un gars qui aime le changement, donc j’aime la diversité dans nos projets. On fait de la menuiserie, de la soudure, du moulage. On touche à tout», souligne Benoit Giguère.
«Je suis un gars qui aime le changement, donc j’aime la diversité dans nos projets. On fait de la menuiserie, de la soudure, du moulage. On touche à tout», souligne Benoit Giguère.

Le goût de changer de décor de Benoit Giguère

Le Waterlois Benoit Giguère a fait mille et une choses dans la vie, mais il n’a jamais perdu son intérêt pour la conception de décors. Il a aujourd’hui pignon sur rue dans sa ville natale.

Travailleur de l’ombre, il joue du marteau et du tournevis pour créer les habillages d’une foule de productions publicitaires, cinématographiques et même circassiennes.

Au moment du passage de La Voix de l’Est dans son atelier de la rue Foster, lui et son collaborateur de longue date, Patrick Binette, construisaient une imposante tour composée de vieilles portes de bois. La structure en hauteur accueillera des acrobates lors du spectacle de cirque, de danse et de musique Jusqu’à ce qu’on meurt (Until We Die) de Brigitte Poupart et Dave St-Pierre, qui sera présenté en 2021.

Un peu partout dans le vaste espace, des matériaux témoignent des autres contrats passés ou en cours. Une énorme plateforme de danse inclinée attend qu’ils y ajoutent des «murs» pour donner l’illusion d’un toit en ville.

Plus loin, une baignoire qu’ils ont modifiée pour les besoins d’un film... Pour une publicité de Vidéotron, ils ont récemment construit un radeau et un deltaplane spécialement adaptés au concept.

«Je suis un gars qui aime le changement, donc j’aime la diversité dans nos projets. On fait de la menuiserie, de la soudure, du moulage. On touche à tout», souligne M. Giguère.

Formé en arts plastiques, ce dernier avait lancé un premier atelier de décors, Bengi Productions, en 2002. On l’avait aussi vu à la Maison des jeunes de Waterloo, puis aux commandes de l’organisme Les trouvailles de Marguerite. Le hasard l’a d’ailleurs ramené dans le même local, qu’il loue depuis juillet dernier.

Plus récemment, l’homme et sa conjointe avaient lancé la Fruiterie Aux belles récoltes à Waterloo, qui a fermé ses portes l’an dernier. «Ça fonctionnait bien, mais ce commerce était un projet de couple. En raison de la forte demande pour la conception de décors, je ne pouvais pas m’y consacrer complètement», dit-il.

Il faut en effet comprendre qu’à travers ses autres occupations, il est demeuré associé à cet univers. «Je n’ai jamais arrêté, même quand j’étais entrepreneur en construction.» Car oui, il a aussi fait cela!

De l’ampleur

Si ses contrats de décors ont longtemps été d’ordre commercial et événementiel, ils tendent à prendre de l’ampleur depuis quelques années. «Patrick est à Montréal et il s’occupe de décrocher les contrats. Il fait aussi la scénographie, qu’on réalise ensuite en atelier. En fait, on est trois gars qui collaborent depuis très longtemps. On est complémentaires.»

Leur talent ne se déploie pas seulement en atelier. Ils doivent aussi, parfois, travailler directement sur les sites de tournage. Inventer des murs et des panneaux décoratifs, ajouter une fenêtre, modifier un lieu pour lui donner une autre apparence... Ils en mènent large.


« Plus ça va, plus on connaît des gens, et plus ils veulent travailler avec nous »
Benoit Giguère

Pour le film Famous, qui abordera la vie de Céline Dion, l’équipe a justement dû transformer plusieurs lieux de tournage, parfois pour rappeler une époque spécifique.

Le film Jeune Juliette a aussi profité de leur savoir-faire. Pour le théâtre, ils ont notamment collaboré à la pièce Antigone.

Un autre projet est dans l’air, excitant au possible pour Benoit Giguère. «Ce serait une voiture à transformer, à la Mad Max. Un vrai rêve de ti-cul!»

«Plus ça va, plus on connaît des gens, et plus ils veulent travailler avec nous», ajoute-t-il.

Et bonne nouvelle, être en région ne semble pas nuire à ses affaires. Qu’il se serve de matériaux neufs ou recyclés, il n’a pas à chercher midi à quatorze heures.

«On a une cour à métal, des cours à bois, des écocentres à proximité. Tout est à portée de la main!»