Le Montréalais Alex Kasimer-Smibert, le Monctonais Éric Maillet et le Cowansvillois Zacharie Bachand forment le trio de folk expérimental « post-steinbeckien » Perfect Perfect. Ils viennent de lancer Old Songs, leur deuxième opus.

Le folklore américain revisité

Zacharie Bachand est un nostalgique. Son folk expérimental s’inspirait déjà largement des événements des années 30 et 40 sur le premier album de son band, Perfect Perfect; mais voilà qu’il nous revient avec un mini-album qui remonte encore plus loin dans le folklore américain, jusqu’au 19esiècle.

Pour enregistrer les six pistes qui figurent sur Old Songs, lancé en mars dernier, le Cowansvillois et ses deux acolytes, le Montréalais Alex Kasimer-Smibert et le Monctonais Éric Maillet, ont effectué de nombreuses recherches pour dénicher les premiers enregistrements de compositions anciennes — de la chanson traditionnelle au vieux gospel américain —, auparavant transmises de bouche à oreille sur plusieurs générations. « Il y avait beaucoup de répertoire religieux, mais aussi des chansons plus spéculaires », note le guitariste de 23 ans.

« On écoutait ces vieux enregistrements qui datent des années 20 pendant plusieurs minutes pour s’imprégner de leur essence, puis on enregistrait nos interprétations improvisées de ces chansons-là », explique-t-il.

Le EP est donc essentiellement composé de premiers enregistrements, dans la plus pure tradition jazz, fait-il remarquer. « Ça fait assez longtemps qu’on joue ensemble pour que la chimie opère rapidement. »

Aller plus loin
Longtemps, pour Perfect Perfect, c’est un peu moins de deux ans. Les gars se sont rencontrés à l’Université McGill, où Zacharie Bachand termine sa dernière année en jazz. Le premier album du trio — éponyme — est d’ailleurs largement teinté de ce que les musiciens ont appris durant leur formation académique, concède Bachand. « Ce sont des compositions originales avec une mélodie forte, des harmonies et beaucoup d’improvisation. »

Le matériel a aussi été largement inspiré de l’époque où le folk, qui a bercé son enfance, a pris racine, au milieu de la Grande Dépression, ce qui fait dire au guitariste, un peu à la blague, qu’il fait de la musique « post-steinbeckienne ». « On peut aussi dire post-impressionniste », glisse-t-il sourire en coin.

Pour Old Songs, il avait envie d’aller plus loin. « Je voulais apprendre à la source ce vieux matériel qui m’inspirait beaucoup, dit-il. Je voulais qu’il fasse partie de mon langage musical. »

Les deux avenues, dit-il, se rejoignent dans le sens qu’ils sont des « représentations abstraites » du passé.

Pour présenter le fruit de son plus récent exercice musical, Perfect Perfect a entamé cette semaine, à Montréal, une tournée canadienne. Le trio s’arrêtera à la Brasserie Dunham ce samedi 2 juin avant de mettre le cap sur les Maritimes, où il donnera trois spectacles. Il reprendra ensuite la route pour l’Ontario, où six prestations sont à l’agenda.

Au retour, Zacharie Bachand aimerait bien enregistrer un troisième opus.