Une partie de la troupe du Théâtre du 3e décor du cégep de Granby.

Last call!

Cette année, les comédiens de la troupe de Théâtre du 3e décor du Cégep de Granby joueront une oeuvre collée à leur réalité. Bienvenue dans les coulisses de Last Call.

« Ce que je trouvais intéressant de cette pièce, c’est qu’elle a été écrite pour des jeunes de cet âge », explique la metteure en scène, Ariane Tremblay, qui enseigne la littérature au cégep de Granby.

Elle a un peu hésité, néanmoins, à leur présenter le texte en début d’année. Mais ses étudiants au parascolaire ont pris le projet à bras-le-corps.

Last Call a été écrite par le comédien et auteur Francis Sasseville pour la troupe du Théâtre Point, de l’UQAM, qui l’a jouée pour la première fois en 2016.

Il y est question de relations humaines, d’incommunicabilité, de désir, de solitude...

« Ça se passe dans un bar. Les personnages se contemplent, se toisent, et disent tout haut ce que les gens pensent tout bas quand ils s’entrejugent », résume Ariane Tremblay.

Le titre fait bien sûr référence à l’expression consacrée dans le milieu des boîtes de nuit. « En fait, le bar n’est qu’un prétexte. On l’image à travers l’éclairage et la musique. Le décor et la mise en scène sont vraiment minimalistes. »

On comprend donc que le message de Last Call pourrait se transposer dans n’importe quelle situation de la vie courante. Même dans les réseaux sociaux...

« C’est une pièce qui parle de la société d’apparences, de stéréotypes et de jugements », mentionne l’enseignante.

À la trame principale s’insèrent sept saynètes qui n’ont rien à voir entre elles, sauf une réflexion sur ce jugement et la souffrance qui y est liée.

La bonne nouvelle, selon la jeune femme, c’est que les personnages demeurent fiers et se tiennent la tête haute au milieu de tout ce bruit.

Théâtre sincère 
Pour interpréter Last Call, onze comédiens ont répondu à l’appel : Sabrina Angers, Jade Archambault, Gabriel Ayotte, Alexandra Boileau, Louis-Alexandre Foisy, Danahé Grenier, Mikaël Landry, Charles Phoenix, Florence Thibodeau, Philippe Warren et Ines Zongo.

« C’est une pièce qui parle beaucoup aux jeunes, fait remarquer Ariane Tremblay. C’est un théâtre honnête, sincère, mais pas moralisateur. C’est cru et incisif, mais pas vulgaire. Ça peut toutefois être dur par moment, même si c’est pour nous faire comprendre à quel point on peut être violents dans nos paroles. »

« Les jeunes ne sont pas toujours conscients de l’impact des mots qu’ils utilisent. Ça fait réfléchir », ajoute-t-elle.

Pour toutes ces raisons, elle suggère Last Call à un public âgé de 13 ans et plus.

La pièce est présentée deux soirs au Théâtre de poche du cégep. La représentation du samedi affiche déjà presque complet.

L’aventure ne s’arrêtera pas là, cependant. La troupe présentera un extrait de Last Call à l’Intercollégial de théâtre au Collège de Maisonneuve à Montréal à la fin avril.