Lise Létourneau au cœur de son exposition

L'artiste Lise Létourneau sort des sentiers battus

Visiter l’exposition Les lieux non dits de Lise Létourneau, c’est s’offrir un rendez-vous hors norme. Unique en son genre, l’artiste se soucie peu des conventions, préférant plutôt faire les choses à sa façon.

« Non, je ne suis pas très conventionnelle. Je n’ai jamais emprunté les sentiers battus », confirme la Sheffordoise en nous guidant à travers les œuvres fraîchement accrochées dans la salle immaculée du centre d’exposition Boréart.

Du 4 au 29 mars, Lise Létourneau y présente une rétrospective de son travail des 30 dernières années. « Ce qu’on voit ici, c’est le résumé de mon parcours. J’ai même sorti quelques œuvres des boules à mites », ajoute-t-elle, sourire aux lèvres, en se racontant.


« La nature a toujours été au cœur de ma démarche. »
Lise Létourneau

Diplômée de l’école des Beaux-arts, spécialiste en arts plastiques dans les Hautes-Laurentides, détentrice d’un certificat en arts visuels, mère de trois enfants, grande voyageuse... Au fil des années, la dame s’est tracé un chemin multidimensionnel. Mais sa carrière d’artiste a vraiment pris son envol dans les années 90.

Depuis, elle compte plusieurs expositions collectives et en solo, ici comme à l’étranger. Des collaborations aussi. À preuve, les six grands panneaux de voilage qui accueillent les visiteurs dès leur entrée dans la salle.

« C’est une installation à quatre mains réalisée avec une amie du Manitoba. On se racontait nos voyages, on s’échangeait des pièces de tissu. On fait le tour du monde à travers ces six voiles ! » explique Mme Létourneau.

L’art textile occupe manifestement une place de choix dans son œuvre. Ses interventions en nature aussi. « Ce sont deux volets, mais il y a comme une suite logique dans mon travail. La nature a toujours été au cœur de ma démarche. »

Après avoir longtemps vécu à la campagne « où il y avait des lacs et des rivières partout » et où la forêt lui servait d’inspiration, Lise Létourneau est devenue nomade, toujours en transit entre la ville et la campagne.

« C’est là que j’ai fait beaucoup d’art éphémère. À mon arrivée à Shefford, il y a quelques années, je me suis remise à l’art textile dans mon nouvel atelier. »

Entre les deux, donc, son cœur balance, mais sans l’envie de sacrifier l’un pour l’autre. Les visiteurs pourront d’ailleurs découvrir certaines œuvres éphémères qu’elle a créées in situ, puis immortalisées en photo. Des arbres tordus habillés de tissus zébrés, une immense souche enjolivée, des brindilles entrelacées dans l’eau... Elle s’inspire des lieux et leur donne une autre dimension.

On la croit lorsqu’elle affirme être une artiste « qui travaille à l’intuition et fait beaucoup d’exploration ». Pastel, encre, graphite, photographie, impression sur papier, impression sur soie, livres d’artiste, tous les médiums sont bons pour laisser libre cours à son imaginaire. « Tiens, ici, c’est mon voile de première communion ! Tout est prétexte à créer quelque chose ! »

Le vernissage de Les lieux non dits aura lieu chez Boréart le dimanche 8 mars de 13 h à 16 h en présence de l’artiste.