Kéno Beauregard a lancé les ateliers en octobre dernier. Une douzaine ont eu lieu à ce jour.

L'art du modèle vivant

Depuis la fin octobre, Kéno Beauregard propose à ses collègues artistes un concept ancestral, mais somme toute peu commun. Chaque vendredi, ils exercent leur art autour d’un modèle vivant.

À ce jour, 12 ateliers ont été organisés, chacun regroupant une poignée d’amateurs et de professionnels. «J’ai de l’espace pour une quinzaine d’artistes. Mon local peut être adapté pour les accueillir», assure Kéno B, qui les reçoit dans l’atelier qu’il partage au Centre culturel France-Arbour avec Marie-Ève Roy de l’entreprise Les Mollets frisquets.

En cela, il offre non seulement à la petite communauté artistique de Granby une activité originale et formatrice, mais il s’assure également d’un revenu.

Petite précision ici : le peintre et dessinateur a préféré opter pour des modèles vivants, qui posent non pas nus, mais costumés.

«Partout où c’est offert, ce sont des modèles nus. Mais ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec ça. Et puis, ça évite la redondance», indique l’organisateur. À Granby, les participants ne connaissent le thème de l’atelier que quelques jours avant sa tenue.

Un boxeur, une ninja, une Mexicaine vêtue du drapeau de son pays, une triathlète, une bohémienne, une «lady» du Moyen-Âge... les thèmes varient de semaine en semaine. Un petit costumier est même offert sur place pour inspirer les modèles dans leur transformation.

Au fil des mois, quelques personnes — surtout des femmes — ont accepté de devenir modèles pour quelques heures. «Le fait que nos modèles soient costumés me permet d’engager des modèles amateurs qui, l’espace d’un après-midi, peuvent incarner un personnage qui les passionne. C’est un trip pour ces modèles d’un jour.»

Durant trois heures — à raison de deux sessions de vingt minutes et d’une plus longue à la fin —, ceux-ci acceptent de rester immobiles pendant que les participants les couchent sur toile ou sur papier.

Quelques modèles ont pris part à plus d’un atelier, dit-il. «C’est plus difficile de trouver des hommes. Il faut avoir envie d’essayer quelque chose de nouveau, d’incarner un personnage ou — pourquoi pas? — de promouvoir leur métier en portant leur uniforme. Ça n’a pas besoin d’être compliqué. Et c’est démocratique; on est ouvert aux suggestions.»

Il n’est pas dit, par ailleurs, qu’il n’offrira pas d’atelier de modèle nu, si la demande se fait sentir.

À chacun sa formule

Malgré des débuts modestes, l’activité pourrait prendre de l’ampleur. Kéno Beauregard se réjouit de voir régulièrement de nouveaux artistes se joindre aux ateliers. Ceux-ci s’adonnent autant au collage, au dessin graphite qu’à l’aquarelle et à la peinture à l’huile. Même la tablette numérique est parfois utilisée comme outil artistique.

«Faire du modèle vivant, ça nous empêche de rouiller. Ça permet de garder la main; c’est comme un entraînement pour artistes», fait-il remarquer, en constatant qu’une belle assurance se développe chez ceux qui participent à ce genre d’atelier. Grâce au temps de pose plus long, ils peuvent essayer des choses, multiplier les apprentissages, en développant leur rapidité d’exécution et la gestion de leur temps.

«Chacun s’ajuste et trouve sa propre formule.»

Selon lui, les artistes travaillent consciencieusement, mais dans une ambiance détendue et «à la bonne franquette».

Avec 87 membres sur la page Facebook du groupe, le potentiel est bien là. «J’espère que ça va grandir. Je préfère faire les choses lentement, mais bien», termine le peintre, qui offre aussi des cours de dessin académique aux adultes et aux enfants.

Les ateliers de modèles vivants se tiennent le vendredi de 13h à 16h au Centre culturel France-Arbour, 279 Principale à Granby, local 313. Pour connaître les détails et les coûts, on visite la page Facebook «Atelier de modèle vivant Granby». Au besoin, Kéno B peut fournir du matériel.