Pierre Guitard a remporté le Festival de la chanson de Granby en 2017.

L’après-Granby de Pierre Guitard

Un an après avoir remporté le Festival international de la chanson de Granby, Pierre Guitard y reviendra ce soir le temps de quatre chansons. Quatre nouvelles chansons, qui figureront sur son album à paraître cet automne et qu’il nous interprétera en tant qu’artiste invité de la dernière soirée de demi-finales.

« Cette fois, je vais juste avoir du fun ! » lance d’entrée de jeu l’auteur-compositeur-interprète qui, rappelons-le, s’y est pris par trois fois avant de parvenir à la finale du concours.

« Je vais tellement savoir comment ils [les demi-finalistes] vont se sentir ! Je vais même sûrement en taquiner quelques-uns pour faire baisser la pression un peu. »

Gros changements
Depuis un an, Pierre Guitard est « en train de ramasser tous les prix » qu’il a remportés au Festival en 2017. Il a déménagé de son Nouveau-Brunswick natal pour s’installer à Montréal et se rapprocher de l’industrie, a signé avec une compagnie de disques, Rosemarie Records (Mara Tremblay, Joseph Edgar), a réalisé son album, dont le lancement est prévu le 4 octobre, a trouvé les musiciens avec qui il voulait travailler, s’est produit dans nombre de festivals et s’est rendu à Astaffort pour les 46es Rencontres, résidence d’écriture très courue de Francis Cabrel en France.

Non, gagner Granby ne change pas le monde sauf que... « Ça ne remplit pas mes salles, mais ça me donne les moyens pour qu’elles le soient dans quatre ans, disons, dit Pierre Guitard, lucide. En fait, juste le fait de ne pas avoir eu à me trouver un job pendant un an, ce qui m’aurait grugé beaucoup de temps, c’est énorme. J’ai vraiment pu me concentrer sur ce que je voulais vraiment faire. »

De la musique, donc. Et même si on a eu un bon avant-goût de son talent l’an dernier à travers trois chansons, le jeune homme affirme qu’il parviendra à nous surprendre.

« On reconnaîtra du Pierre Guitard, mais avec une énergie nouvelle, dit-il. C’est plus rock, avec plus de synthétiseurs, ça fitte plus dans les festivals que dans des salles d’après-midi comme je faisais avant. Bref, il y a un potentiel plus grand public et radio. »

Sans les barrières
L’auteur-compositeur-interprète nie avoir fait progresser son style pour plaire à la majorité.

« Le changement s’est fait seul à partir du moment où j’ai éliminé les barrières que je me mettais moi-même. Parce que je ne faisais pas de la grosse pop, je pensais que mon style restait inaccessible. En me mettant moi-même dans une case, je m’empêchais de me faire découvrir par un public qui aurait pu être intéressé par ce que je fais. Ce désir de parler à davantage de monde a fini par transparaître dans ma musique. »

Il y a autre chose, aussi. Une petite lueur d’espoir, dit-il, qui rajoute de la légèreté et de la lumière à ses textes toujours empreints d’amour et de tristesse.

« C’est sûr que quand t’as de l’argent dans ton compte et que t’as pas faim une journée sur deux, ça aide à être plus positif », souligne-t-il. « Et puis, ça va bien, aussi, dans ma vie personnelle et amoureuse. J’ai réduit ma consommation d’alcool, je fais plus d’exercice, je me suis mis dans un meilleur contexte, et ça va mieux partout. »