Cédric Landry a le mandat d’animer les quatre demi-finales et la finale du Festival international de la chanson de Granby.

L’animateur conteur des Îles

En plein cœur de sa tournée de spectacles, le conteur Cédric Landry a déposé ses valises pour quelques jours à Granby, le temps d’animer toutes les soirées du grand concours du Festival de la chanson. Une invitation qu’il n’avait pas du tout envie de refuser.

Mardi, Cédric Landry arrivait d’une série de huit spectacles en France. Sitôt sorti de l’aéroport, il a pris la direction de Granby, malgré la fatigue et le décalage horaire.

Dès le lendemain, il vivait son baptême du feu sur la scène du Palace. « Quand tu animes un événement, tu ne peux pas relâcher l’attention. Je vais me reposer après le Festival ! », a-t-il lancé jeudi, fier de sa première prestation.

Malgré le trac et la nouveauté, ce natif des Îles-de-la-Madeleine a bien tiré son épingle du jeu, mariant les inévitables textes imposés, la présentation des concurrents et les histoires de son cru.

« Je me sers des cartons, mais Érick-Louis Champagne, le directeur de la programmation du Festival, m’a donné carte blanche pour le reste. Alors j’improvise et je fais des bouts de numéros. »

Pour ajouter au défi, c’est aussi la première fois que Cédric Landry doit s’adapter aux changements de plateaux entre les prestations. Ça bouge beaucoup sur la scène. « Ce que j’aime du Festival, c’est justement que ça me sort de ma zone de confort. Et puis, j’aime le sentiment de participer à quelque chose d’important. De me dire que ça se passe ici et que j’en fais partie. »

Grâce à son expérience, il tente d’apporter une touche décontractée à la soirée, en ne perdant jamais de vue que les vedettes de la soirée, ce sont les auteurs-compositeurs-interprètes qui montent sur les planches. « Je veux d’abord mettre la lumière sur eux », dit-il en saluant la belle diversité des concurrents de l’édition 2019.

En quête de liberté

Selon lui, « le bateau est bien parti ». « Il faut maintenant que j’amène le monde dans mon univers. »

Il a l’air de quoi, son univers de conteur ? « Disons que c’est une quête de savoir ‘‘d’ou qu’on vient pour savoir d’ou qu’on s’en va’’. Je m’inspire de mon vécu. J’aime l’humour, mais j’aime aussi faire réfléchir », explique-t-il avec son charmant accent.

Le quadragénaire vient du milieu du théâtre. Le conte est arrivé plus tard dans sa vie, principalement pour combler sa volonté de liberté.

« J’avais envie de quelque chose de plus simple. Chez nous, aux Îles, dans chaque famille, il y a un guitariste, un violoniste et on raconte des histoires. En me mettant au conte, il y a cinq ans, je me sentais sur mon X. Et je suis content de faire ça à l’âge que j’ai. On dirait que je l’apprécie plus. »

Après l’entrevue, Cédric Landry s’en retournait profiter de son séjour à Granby. D’autant plus que sa conjointe est avec lui pour vivre le moment. « Être sur place, ça me permet de m’alimenter pour mes sujets de la soirée. Ça rend le spectacle plus organique. »

Voilà justement le directeur général du Festival qui s’amène avec une cuillère de bois et un grand bol d’aluminium, qu’il vient de dénicher à la demande de Cédric. Tout ce qu’il faut pour faire du bruit. « C’est le Grand tintamarre aujourd’hui en Acadie. On va fêter ça ce soir à la demi-finale ! »

Et une fois les quatre demi-finales passées, le conteur retournera chez lui, à Rimouski, quelques jours avant de revenir pour la finale du 23 août. « Je prends quelques jours pour me poser ; ça fait un mois que je suis parti de la maison ! »