« Mon plaisir, c’est d’ajouter plein de couches à Hyacinthe. Je m’en donne à cœur joie ! », lance Marie-Ève Beaulieu, qui fait partie de la distribution des Fourberies de Scapin.

L’amoureuse ténébreuse

Près de 350 ans après leur création, Les Fourberies de Scapin connaissent toujours autant de succès. Après plusieurs représentations — et supplémentaires — au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal en début d’année, la célèbre comédie de Molière s’arrête à Granby ce jeudi. Avec la Cowansvilloise Marie-Ève Beaulieu dans le rôle de la pauvre Hyacinthe.

« On était vraiment tristes de finir au TNM. C’était difficile, mais on savait qu’il y avait une suite. C’est toute une chance de pouvoir donner une deuxième vie à la pièce à travers cette tournée », explique la jeune femme, au sujet des dix dates qui se sont ajoutées partout au Québec jusqu’au 24 mars.

La comédienne est au cœur d’une impressionnante distribution, composée notamment de Benoit Brière, André Robitaille, Patrice Coquereau et Catherine Sénart. Elle se glisse dans les jupons de Hyacinthe, une orpheline dont Octave est tombé follement amoureux et qu’il a épousée en secret.

« Hyacinthe est l’amoureuse ténébreuse d’Octave [Sébastien René]. Elle est dans l’espoir de quelque chose de meilleur et, en même temps, elle transporte un côté plus sombre. Octave l’a vue en larmes sur la tombe de sa mère et est tombé amoureux “de la grâce particulière qu’elle avait à pleurer”, décrit Marie-Ève. C’est très poétique, tout en étant très drôle. »

Ce rôle de jeune amante l’a un peu prise par surprise, admet-elle. « Après avoir joué la méchante dans la série Faits divers, je craignais un peu de retomber dans quelque chose de plus facile. Mais au contraire, ça m’a fait un bien fou. Mon plaisir, c’est d’ajouter plein de couches à Hyacinthe. Je m’en donne à cœur joie ! », lance celle qui a déjà joué dans Le Malade imaginaire, Les Femmes savantes et Sweet Charity, entre autres.

Universel
Écrites dans la pure tradition de la commedia dell’arte, Les Fourberies de Scapin se déroulent à Naples. On y suit Octave et Léandre, tous deux engagés dans des idylles compliquées, contre la volonté de leurs pères respectifs. C’est là que le valet Scapin, rusé et manipulateur, entre en action pour trouver des solutions. Avec toutes les entourloupettes nécessaires !

Une pièce, croit la jeune femme, qui possède une résonance universelle.

« On retrouve un côté festif, déluré. En même temps, c’est d’actualité avec les dénonciations sur les injustices sociales. Ça revendique la liberté, l’égalité des sexes aussi. Tout cela avec tellement d’humour que les gens en ressortent ébaubis, charmés. C’est à la fois tout en profondeur et en légèreté. Ça nourrit le cœur et l’âme, tout en dilatant la rate ! »

Elle rappelle à quel point l’esprit de troupe était important pour Molière et que cela dépeint bien ce qu’elle et ses collègues vivent sur scène. « On ressent cette énergie d’ensemble parmi l’équipe. Le metteur en scène, Carl Béchard, s’est entouré de comparses qui lui ressemblent », ajoute Marie-Ève, en parlant de celui qui partage sa vie.

Anne Dupuis
Côté télévision, Marie-Ève Beaulieu profite encore de la popularité qu’a connue sa Anne Dupuis de Faits divers. Son avocate ratoureuse, maintenant sous les verrous, ne reviendra pas dans la prochaine saison, mais son retour dans l’histoire n’est pas exclu, laisse entendre la comédienne.

« J’étais tellement heureuse d’avoir joué ce rôle-là. Ça m’a ramenée à la télévision. Je croise plein de gens dans la rue et ils veulent me revoir dans ce personnage. Anne n’était pas une méchante pure et dure. C’était aussi plein d’humour. Les gens ont perçu et adoré ça. »

Elle est d’ailleurs en nomination au prochain gala des Zapettes d’or dans la catégorie « Meilleur (e) méchant (e) de l’année » aux côtés, notamment, du Granbyen Jean-François Ruel pour son rôle de Damien dans Fugueuse.

Tout cela, espère-t-elle, devrait lui ouvrir des portes dans cet univers où les auditions sont si difficiles à obtenir.

En attendant les offres, Marie-Ève Beaulieu travaillera sur un projet personnel qu’elle caresse depuis un long moment. « C’est un spectacle solo chanté et dansé. J’étais au conservatoire et on m’encourageait déjà à faire ça. Ça dort dans ma tête depuis longtemps. »