Le nom de Cynthia Coulombe Bégin circule de plus en plus au Québec. On pourra la voir cette fin de semaine au Symposium Couleurs urbaines de Granby.

La touche distinctive de Cynthia Coulombe Bégin

Quand on lui demande de se décrire comme artiste, Cynthia Coulombe Bégin utilise quelques mots qu’elle entend souvent à son sujet: éclatante, passionnée de son art, authentique... De beaux compliments pour cette peintre encore jeune, mais dont la carrière est déjà solidement établie.

En bonne fille de sa mère artiste Linda Coulombe, Cynthia Coulombe Bégin a commencé très jeune à dessiner, à peindre et à la suivre dans les symposiums. À 15-16 ans, elle exposait déjà.

«J’ai un intérêt pour l’humain, pour les gens, depuis que je suis toute petite, dit-elle. Les paysages, les natures mortes, ça ne m’intéressait pas. Je préférais peindre mes toutous!»

La trentenaire est née à Miami, a grandi à Saint-Isidore, avant de s’établir à Québec il y a dix ans. C’est à cette même époque, avec en main un DEC et un bac en arts plastiques, que sa carrière a pris un tournant professionnel.

Depuis, elle refuse de se cantonner dans un style monolithique.

«Au début, il y avait un côté très surréaliste dans mon oeuvre. Je peignais des parties du corps humain. C’était un peu étrange. Je me suis ensuite orientée vers des choses plus accessibles», raconte celle qui endosse le rôle de porte-parole du Symposium Couleurs urbaines de Granby cette fin de semaine.

Puis, Cynthia Coulombe Bégin — qui signe CCB — s’est concentrée sur les bouches et les yeux surdimensionnés.

Avec la série Rêve-moi, qu’elle expose à Boréart jusqu’au 25 août, elle présente des femmes aux regards brouillés. «Ce sont des rêveuses anonymes, plongées dans leur monde.»

Elle se penche aussi sur une série de corps sans visage, en noir et blanc, où la couleur vient littéralement enflammer leur chevelure.

«Mon style a toujours évolué, toujours bougé. J’essaie de me surprendre moi-même et de demeurer constamment éveillée à autre chose. Car peindre, c’est une façon de laisser sa trace.»

Instinctive, sa démarche demeure néanmoins une ode à la sensualité et au corps humain.

Son médium de prédilection : l’acrylique appliqué au pinceau, à la spatule et à la bombe.

Une partie de la collection de Cynthia Coulombe Bégin présentée actuellement à Boréart.

La prochaine Corno!

Impossible de ne pas y voir une certaine parenté avec le style distinctif de la regrettée peintre Corno...

«La première fois que j’ai entendu ce commentaire, j’avais 17 ans et je ne la connaissais même pas! J’ai alors cessé de peindre des corps durant un moment. J’ai toujours été très critique du travail de Corno... Mais si on me compare à elle aujourd’hui, je le prends comme un compliment. Ça peut paraître prétentieux, mais j’ose dire que c’est moi la prochaine Corno. Je suis ambitieuse!», lance-t-elle en riant.

La peintre de La Voix

Il est vrai que lorsqu’une occasion se présente, Cynthia Coulombe Bégin n’hésite pas à la saisir. Car il suffit parfois d’un coup de téléphone ou d’une rencontre pour changer le cours des choses.

Pour elle, le changement est arrivé par la visite à son atelier du réalisateur de La Voix, Jean-François Blais. Pour orner le nouveau décor de la saison 2019, on souhaitait qu’elle peigne en format géant (8 pieds sur 8 pieds!) le visage de chacun des quatre juges, Lara Fabian, Éric Lapointe, Marc Dupré et Alex Nevsky.

Depuis, l’artiste connaît un boom de popularité. On l’a notamment vue à l’émission Salut bonjour! réaliser en direct le portrait de l’animateur Gino Chouinard. Elle sera également présente pour peindre en direct lors des spectacles La Voix Expérience présentés au Capitole de Québec le mois prochain. Ses quatre portraits des coachs feront d’ailleurs partie du décor du spectacle. «Médiatiquement, ç’a été profitable. Ça m’a donné une belle notoriété.»

Car oui, son nom circule de plus en plus, sa signature devient reconnaissable et la demande pour ses oeuvres grandissante.

Mais avec la notoriété vient immanquablement une certaine pression de produire... «Souvent, ça me donne un élan, car je suis meilleure sous pression. Mais parfois, j’aime moins ça !»

Présente dans des galeries de Montréal, Québec, Toronto, Baie-Saint-Paul et Bromont, la jeune femme participe occasionnellement à des foires d’art internationales à l’extérieur du pays.

À Granby ce week-end 

Mais c’est à Granby qu’elle passe le week-end. Non seulement, Cynthia Coulombe Bégin aura son chapiteau au parc Miner, où elle peindra une oeuvre en direct; elle sera également présente à Boréart deux fois par jour, ce samedi et ce dimanche, pour y commenter son exposition solo.

Rêve-moi propose 18 toiles, dont des portraits et quelques toiles abstraites moins connues du public.

Et parce qu’elle est éclatante, passionnée de son art et authentique, la dame n’a qu’une idée en tête : rencontrer les gens !