Selon la productrice Sonia Despars, La Chute de Sparte «est une histoire universelle, le point de vue fort d’un personnage fort». «Tout le monde va se reconnaître et se rappeler son secondaire et tout ce qui vient avec... les amours, l’intimidation, etc. C’est une époque où juste survivre, c’est un sport!»

La Chute de Sparte: un travail de longue haleine

Sonia Despars a de quoi sourire. Après une première série télévisuelle, La Dérape, qui a connu un beau succès sur le Club Illico cet hiver, la productrice s’apprête à dévoiler le résultat de plusieurs années de dur labeur et son plus gros projet jusqu’à présent, le long métrage La Chute de Sparte.

«On a vraiment hâte de le montrer», lance avec enthousiasme celle qui a fondé Parallaxes en 2010 avec Marc Biron. «On a commencé à travailler sur ce film-là peu de temps après la mise sur pied de notre boîte de production, donc sa sortie — enfin! —, c’est l’accomplissement d’un travail de longue haleine.»

La Chute de Sparte est une adaptation du roman jeunesse du même nom écrit par Biz, un membre du groupe Loco Locass, qui a eu un succès monstre auprès des adolescents. Il a en effet été consacré trois fois best-seller au Québec depuis sa sortie en 2011, en plus de recevoir plusieurs prix. «Ça met de la pression, oui. Il y a des attentes et c’est normal», admet d’ailleurs Sonia Despars. Déjà, on le classe parmi «les gros films à se mettre sous la dent cet été», selon Cinoche.com...

Mais la Gardengeoise d’origine n’a pas peur; elle est fière de ce qui prendra l’affiche le 1er juin dans plus d’une trentaine de salles au Québec. «Le fait que le réalisateur s’inspire beaucoup du cinéma américain apporte un bel équilibre. Ça donne au film un fond populaire à un propos plus littéraire, dit-elle. On croit bien humblement qu’il pourra compétitionner avec les films américains.»

Le réalisateur, c’est Tristan Dubois. Il en est à son premier long métrage à titre d’auteur — il a coscénarisé le film avec Biz. Jusqu’à présent, Dubois avait réalisé surtout des longs métrages pour la télévision, ainsi que des courts métrages, vidéoclips, publicités et jeux vidéo.

À hauteur d’ado

Le film met également en vedette de nombreux acteurs qui commencent eux aussi dans le métier, ou qu’on voit très peu à l’écran. «On est très fier de notre casting, on n’a aucune tête d’affiche, mais tout le monde est bourré de talent», indique Mme Despars.

Lévi Doré (Au secours de Béatrice) incarne le personnage principal, Steeve Simard, qui entame sa dernière année à la polyvalente Gaston-Miron de Saint-Lambert. Outre la lecture et la musique, il n’a qu’un seul ami: Virgile (Jonathan St-Amand, 30 Vies). 

Mais un incident avec la grosse brute de l’équipe de football des Spartiates (Karl Walcott, Le Chalet, Junior Majeur) obligera l’adolescent de 16 ans à sortir de sa coquille... et ça implique une fille (Lili-Ann de Francesco, La Voix)!

«C’est une histoire universelle, le point de vue fort d’un personnage fort, relève Sonia Despars. Tout le monde va se reconnaître et se rappeler son secondaire et tout ce qui vient avec... les amours, l’intimidation, etc. C’est une époque où juste survivre, c’est un sport!»

«Chaque ado qui termine son secondaire est un authentique héros grec qui achève une quête, comme Ulysse revient à Itaque après 20 ans d’aventures harassantes. Avec le cégep qui commence, le meilleur est devant pour les torturés du secondaire. Il y a donc de l’espoir après La chute de Sparte», écrivent d’ailleurs les deux auteurs.

Ceux-ci se sont mis «à hauteur d’ado» pour raconter leur histoire, «de l’intérieur», «sans le jugement des adultes» sur l’amour, l’amitié et l’humour.

«Sous une assurance factice, la vulnérabilité des jeunes peut être très touchante. On ignore à quel point ils peuvent souffrir de l’agressivité et de la cruauté de leurs pairs. Cette violence confère une dimension tragique à l’adolescence. Les adultes regrettent souvent cette période à la fois insouciante et grave, où tout est amplifié par l’intensité des premières fois», disent-ils encore.

Une avant-première à Granby

Tourné à l’automne 2016, La Chute de Sparte mettra également en vedette les Asterix de Farnham, qui avaient été sollicités pour tourner les scènes de football, sous les conseils techniques de l’ancien des Alouettes de Montréal, Étienne Boulay. 

Un gros week-end de football avait été organisé, et des élèves de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand avaient servi de figurants pour la foule.

Pour les remercier, la production les a tous invités à l’avant-première qui se déroulera à Granby le 28 mai, en compagnie des artisans du film.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un film de football, avertit Sonia Despars, l’équipe de Farnham y joue un rôle «relativement important». «Vers la fin, il y a un pivot dramatique avec elle», avait laissé entendre le producteur Marc Biron, l’été dernier à La Voix de l’Est.

La Chute de Sparte prendra l’affiche partout au Québec le 1er juin.

LA DÉRAPE: UNE 2e SAISON CONFIRMÉE

Parallaxes s’est vu confirmer une deuxième saison de La Dérape cette semaine; les dix nouveaux épisodes seront tournés cet été pour une diffusion à l’hiver 2019 sur le Club Illico. «C’est un format qui nous convient bien, puisque c’est destiné à du visionnement en rafale, donc qui se rapproche davantage du cinéma que de la télévision», fait remarquer Sonia Despars, qui dit ne pas savoir pour l’instant si la série sera diffusée à la télévision prochainement.

UNE HISTOIRE VRAIE SUR UN GROS VOL AU MBAM

Les producteurs de Parallaxes travaillent également sur un autre gros projet de cinéma depuis quelque temps, à savoir un thriller policier basé sur une histoire vraie. «Un gros vol qui a eu lieu au Musée des Beaux-Arts de Montréal en 1972», précise Mme Despars. Dix-huit toiles de grands maîtres, aujourd’hui évaluées à plus de 50 millions $, avaient été dérobées. Il s’agit du deuxième plus grand vol en Amérique et il est toujours non résolu. Maxime-Claude L’Écuyer en sera le réalisateur.