Émile Schneider

La cabale d’Émile Schneider

L’acteur Émile Schneider s’est servi des médias sociaux, vendredi, pour attirer l’attention sur son prochain film, Les Fleurs oubliées, et inviter ses connaissances à demander qu’il soit présenté au Cinéma Élysée de Granby. « C’est mon douzième long métrage et aucun n’a encore été projeté dans ma ville natale. S’il y a un volume élevé d’appels, ils n’auront pas le choix de le mettre à l’affiche », a écrit le jeune homme sur sa page Facebook.

Ce dernier partage la vedette du nouveau long métrage d’André Forcier avec une impressionnante brochette de comédiens dont Roy Dupuis, Yves Jacques, Juliette Gosselin, Pascale Montpetit et Christine Beaulieu. Les Fleurs oubliées sort en salle le 25 octobre prochain.

Or, Émile Schneider craint que l’oeuvre passe inaperçue à Granby. Il ne se gêne pas pour inciter les gens — avec toutes les coordonnées à l’appui — à contacter directement l’Élysée ou le siège social de Ciné Entreprise, qui possède six cinémas au Québec, dont celui de Granby.

Il affirme que l’oeuvre de Forcier vaut le détour. « C’est surtout parce que c’est un film magnifique, réalisé par un de nos plus grands réalisateurs, accompagné par sa famille. C’est un film d’une grande poésie, qui doit être vu par le plus de monde possible. Le film touche aussi à des sujets sensibles qui concernent particulièrement notre région. On y parle de révolution agricole, de monoculture, de l’exploitation des travailleurs et travailleuses étrangers, des pesticides systémiques qui bousillent nos sols, empoisonnent l’eau que nous buvons et qui tuent les abeilles. L’hydromel y coule à flots et les fleurs y explosent de partout. On y rit fort, on y pleure, on y voyage », décrit-il.

Chez Ciné Entreprise, on explique que la décision de présenter ou non Les Fleurs oubliées ne sera prise que le 22 octobre, soit quelques jours avant la sortie officielle du film.

Au siège social de l’entreprise, Andrea Skafar précise que le choix de présenter ou de maintenir une oeuvre en salle était généralement fait le lundi pour la programmation du vendredi suivant. « Les films sont négociés à la semaine », affirme-t-elle, en soulignant qu’elle n’est pas responsable du volet programmation de l’entreprise.

Selon elle, il n’est pas impossible cependant que la diffusion d’un film se fasse à la pièce, c’est-à-dire dans une salle en particulier du réseau Ciné Entreprise.

Le choix de l’exploitant

Chez Filmoption International, qui s’occupe de la distribution du long métrage au Canada et à l’étranger, on dit espérer que Les Fleurs oubliées s’arrêtera à Granby.

« Nous, on offre le film et Granby est sur notre wish list, mais c’est difficile d’avoir une confirmation maintenant. C’est encore tôt », laisse entendre le vice-président Distribution et ventes chez Filmoption, Andrew Noble.

Celui-ci note que le Cinéma Élysée possède moins de salles et moins d’écrans que d’autres situés dans les grandes villes de la province. « On espère qu’ils le programmeront. Il faut toutefois comprendre qu’il y a un volume extraordinaire de films disponibles. Ça met beaucoup de pression sur les exploitants de salles. Ils font de gros efforts pour plaire à tous. Mais il faut qu’il y ait du monde dans leurs salles, que les films à l’affiche soient populaires. C’est une question de rentabilité. »


« C’est un film d’une grande poésie, qui doit être vu par le plus de monde possible. Le film touche aussi à des sujets sensibles qui concernent particulièrement notre région. »
Émile Schneider

M. Noble fait par ailleurs remarquer que cet automne, un nouveau film québécois sort presque chaque week-end. C’est beaucoup pour un marché somme toute limité.

« Et on sait que les Québécois vont voir en moyenne un ou deux films québécois par année... », glisse-t-il avec réalisme.

Andrew Noble souligne cependant la singularité de l’oeuvre d’André Forcier. « C’est un réalisateur unique et original, mais accessible, qui décrit à merveille la réalité québécoise. »

L’homme est d’avis que la pression populaire pourrait influencer la présentation ou non des Fleurs oubliées à Granby.

« Ça peut attirer l’attention sur le film et exercer une influence positive... La campagne que mène Émile Schneider est exceptionnelle et je l’encourage. »