L’improvisation est bien vivante à Granby. La BUCK compte cinq équipes cette année.

La BUCK: 20 ans de douce folie

Le monde de l’improvisation se porte bien à Granby. À preuve, la BUCK célèbre cette année sa 20e saison de dimanches soir déjantés.

« La tradition n’a jamais changé. On a presque toujours joué dans les bars le dimanche soir. Ç’a déjà été remis en question, mais c’est resté », indique Jean-Philippe Locas, organisateur et joueur de très longue date de cette ligue au nom rigolo. Ne cherchez pas de savant acronyme ici. À ses débuts, le mot buck se voulait une simple référence à un verre de bière, puis le logo a plus tard changé pour un panache d’orignal, explique-t-il.

Mis à part quelques changements ici et là, la BUCK — née à la suite de la disparition de son ancêtre, la LAIR — est toutefois demeurée fidèle à sa vocation première : le divertissement à l’état pur. Même le droit d’entrée de 3 $ n’a jamais augmenté !

Reprise

Un peu au ralenti durant quelques années, le monde de l’impro a repris du poil de la bête, assure Jean-Philippe Locas. Dans les écoles secondaires, où cette activité avait souvent disparu, on constate un regain d’intérêt. Même chose au Cégep de Granby, qui constitue pour la BUCK une véritable pépinière de talents.

« Depuis quelques années, c’est bien reparti. Au noyau de vétérans, des recrues s’ajoutent. On tient des camps de recrutement en début de saison et on doit refuser des joueurs. Je ne suis pas inquiet. La relève est assurée », se réjouit-il.

Cette année, pour la seconde fois de son histoire, la ligue compte même cinq équipes, au lieu de quatre. C’est donc vingt joueurs qui sautent dans l’arène chaque semaine au Pub du Village de Granby, qui a été le théâtre de la majorité des joutes de la BUCK en 20 ans.

Engagée dans les années 2000 au sein de la ligue de Développement régional d’improvisation (DRI), puis membre de l’Association provinciale d’improvisation depuis 2016, la BUCK n’a toutefois pas renouvelé son adhésion cette année, par manque de temps, précise M. Locas. Les matchs ont donc retrouvé leur teneur exclusivement locale.

Public en baisse

Bien que le bassin local d’improvisateurs soit foisonnant, et la réponse du public granbyen enthousiaste, Jean-Philippe Locas constate néanmoins une tendance d’achalandage à la baisse.

« Dans les bars en général, c’est plus tranquille. Et peut-être que le dimanche soir est vraiment devenu une soirée de télé au Québec... On a déjà attiré des foules de 80 à 100 personnes sans effort. Là, on attire en moyenne 50 à 75 personnes par soir. Longtemps, les 18 à 25 ans ont été très présents, mais on les voit moins », analyse le trentenaire, en ajoutant que la ligue compte heureusement d’assidus partisans.

Depuis le temps, la BUCK est d’ailleurs devenue un véritable club social pour plusieurs. Plus qu’une simple ligue d’impro, elle a généré de solides amitiés et de belles histoires.

Activités spéciales

Pour souligner en grand ses 20 ans, la ligue ajoutera quelques événements spéciaux à sa programmation régulière. À la fin du mois de février, les joueurs actuels affronteront quelques anciens joueurs de la LAIR dans un match hautement amical.

Le premier dimanche d’avril, on soulignera la fin de la saison par un face-à-face entre les quatre joueurs étoiles de 2018-2019 et les quatre meilleurs joueurs de tous les temps au sein de la BUCK, laisse savoir Jean-Philippe Locas.

Et si les organisateurs réussissent à rassembler les fonds nécessaires, il est aussi possible que Granby accueille un important tournoi d’improvisation, en mai prochain, auquel plusieurs villes seraient conviées.

« On cherche des commanditaires », glisse M. Locas.

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