L’artiste Joanne Lapointe présente sa première exposition solo ce mois-ci à Boréart. Mardi, elle s’affairait à y mettre la dernière touche.

Joanne Lapointe expose à Boréart

C’est fou ce qu’on peut faire avec un vieux chaudron écrasé, un moule à gâteau, un nid d’oiseau ou du fil de fer. Grâce à son imagination foisonnante, Joanne Lapointe créée des œuvres d’art à la fois modernes et poétiques dans lesquelles les objets recyclés tiennent la vedette. Avec son exposition Avatar, l’artiste « ressuscite la beauté ».

Dans son atelier de Brome, la dame collectionne quantité d’objets glanés tantôt au bord de la mer — parfois jusqu’en Islande —, tantôt en forêt, dans un vieux garage ou en bordure de la route. Pour elle, tout est prétexte à la création. Où les autres voient un déchet, Joanne Lapointe voit une trouvaille pour faire naître sa prochaine œuvre.

« Toute cette matière usée, rejetée, oubliée, est célébrée par un travail minutieux de réécriture. Un long processus de réassemblage délicat créé à partir de résidus naturels et industriels », dit-elle pour expliquer sa démarche, qu’on pourra voir jusqu’au 31 mars au centre d’exposition en arts visuels Boréart.

Affairée, mardi matin, à déballer ses œuvres et à guider les bénévoles de Boréart dans la délicate étape de l’accrochage, Joanne Lapointe avait le cœur léger. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on expose pour la première fois.

« Je suis très contente de voir mes tableaux-sculptures réunis dans une si belle salle ! » disait-elle en balayant l’espace du regard.

La Voix de l’Est a d’ailleurs été témoin d’un beau moment d’émotion lorsque l’artiste a découvert, les yeux dans l’eau, sa série d’œuvres de grand format mise en valeur par un véritable éclairage muséal. Sous la lumière des projecteurs, les dorés, les métalliques et la troisième dimension des objets brillaient soudainement d’un éclat nouveau.

« Lâchée lousse »

Graphiste de métier, Joanne Lapointe a toujours eu la fibre artistique hautement développée. Elle a notamment fait de la peinture décorative, du faux fini et de la restauration de meubles. « Mais je me lançais pour la première fois dans une production où je pouvais marier toutes ces expériences en même temps. Je pouvais vraiment me lâcher lousse ! », lance-t-elle en riant.

Elle a mis deux ans à mettre au monde sa collection de 37 tableaux sur bois intitulée Avatar, un terme synonyme de transformation et de métamorphose.

Le résultat est étonnant. Beaucoup de blanc crémeux, de bleu acier et de couleurs sombres viennent évoquer la mer et la terre. Sur la surface patinée, elle fixe des pièces rouillées, appose des plumes, du fil, du verre ou des galets... Ses tableaux en trois dimensions deviennent des petits paysages coiffés de noms évocateurs comme Aurore, Fleur de macadam ou Moby Dick.

Malgré les contrastes de tons, Joanne Lapointe a d’abord misé sur l’unité. « Il y a différents thèmes, mais la nature est omniprésente. »

Quand on lui fait remarquer qu’Avatar est dans l’air du temps et bien arrimé au discours environnemental actuel, l’artiste admet qu’elle est une « écologiste dans l’âme ». « C’est une question de conscience sociale... », dit-elle avec conviction, avant de préciser sa pensée. « Cette exposition n’est pas un statement environnemental. Je souhaite d’abord montrer qu’on peut porter un regard différent sur les objets. »

Le vernissage d’Avatar aura lieu le dimanche 10 mars de 13 h à 16 h.